In vino

IN VINO, au ciel il n'y a pas de vin, buvons-le sur terre

William Forestier et les conclusions de la commission Attali Actualité

19/11/2007 - 09:09

Le secteur artisanal redoute l'instauration de la loi de la jungle.

Un défenseur du vrai capitalisme
Un défenseur du vrai capitalisme
« L'artisanat propose un choix de société. M. Attali propose une société sans choix »
Quelle opinion les Français ont-ils de l'artisanat ? La question est posée tous les deux ans par le FNPCA (Fonds National du Promotion et de Communication de l'Artisanat). Les résultats de l'édition 2007 du baromètre IFOP, réalisée en juillet dernier, mettent en évidence le rôle majeur de l'artisanat en faveur de l'économie française, de la formation et de l'emploi des jeunes.
Ces chiffres confirment l'image positive de l'artisanat et des artisans auprès du grand public et des jeunes par la reconnaissance réaffirmée de son poids économique, son rôle sur le plan de l'emploi et de la formation des jeunes, mais aussi l'attirance des jeunes vers ses métiers.
Si l'opinion publique semble comprendre l'importance d'un secteur qui rassemble 920 000 chefs d'entreprises en France, les grands penseurs, les anciens sherpa, restent éloignés des réalités de l'artisanat. Aussi, je souhaite commenter certains points du rapport Attali pour apporter mon éclairage d'artisan installé en milieu rural dans un département à 1 h 45 de Paris par TGV (ce n'est pas si loin.) et à qui les chefs d'entreprise ont confié le soin de gérer une chambre consulaire exclusivement dédiée à l'Artisanat.
Revente à perte
La suggestion de mettre fin à l'interdiction de revente à perte ou la déréglementation des soldes, est proprement aberrante. Elle tend à instaurer la loi de la jungle en laissant faire la « libre concurrence » entre les loups et les agneaux. Elle permet aux grands groupes d'afficher des prix d'appel en faisant leurs marges sur d'autres produits. Au final, le consommateur achètera plus cher le même panier et la concurrence disparaîtra avec effet direct sur le chômage.
Le principe d'interdiction de revente à perte et son corollaire, la réglementation des soldes est un fondamental indispensable de la réglementation du marché lorsqu'il existe une différence importante de taille entre les opérateurs. Sa remise en cause conduit à casser la saine concurrence entre tous les acteurs du commerce.
Ce n'est donc pas dans une modification des dispositions législatives mais dans un meilleur contrôle de leur application qu'il faut chercher les moyens de rétablir cette concurrence.
La suppression des procédures d'autorisation d'implantation des surfaces commerciales (lois Royer-Raffarin), procède de la même illusion. Elle conduira inéluctablement à la création de zones commerciales dont l'urbanisme agressif défigure le paysage et à la désertification des centre-villes.
Les lois actuelles n'ont certes pas enrayé la multiplication des grandes surfaces commerciales, et il est nécessaire de réformer la législation, notamment en intégrant les règles de l'urbanisme commercial dans l'urbanisme général. Mais les commissions départementales d'aménagement commercial sont essentielles pour la définition des Schémas de Développement Commercial et donc l'équilibre des territoires.
Urbanisme commercial
Je souligne que l'artisanat et le commerce de proximité, par leur implantation, apportent des éléments essentiels à notre société, qu'il s'agisse de qualité de vie, d'intégration sociale, de développement durable ou du combat contre la désertification rurale. Cela passe par une nouvelle politique d'urbanisme commercial, respectueuse de la libre concurrence et favorable aux entreprises de proximité, mais certainement pas par une déréglementation générale.
Adoptée le 5 juillet 1996, la loi dite 'Raffarin' avait pour but d'assurer une concurrence plus loyale dans la vente au détail, notamment à l'égard du petit commerce. Sa remise en cause engendrerait une vive concurrence entre grandes enseignes et multiplirait à coup sûr les m2, mais l'impact sur les prix reste à prouver. Et 'quid' de l'artisanat de proximité dans ces conditions ?
Sur le département de la Côte-d'Or, le maillage commercial est déjà conséquent ; Peut-on envisager demain, avec une telle déréglementation, que chaque commerce de proximité soit remplacé par un supermarché ?
Au contraire de ce projet Attali, il me semble plus judicieux de réviser la composition des commissions départementales d'équipement commercial : en Côte d'Or, par exemple, plus de 90 % des dossiers obtiennent un avis favorable.
Le loup et l'agneau
Concernant les délais de paiement par la grande distribution, l'ensemble des Chambres de Métiers de France, défendront fortement ce principe de bon sens de limiter les délais exagérés de paiement des PME imposés par la grande distribution. Il s'agit là d'une exception française qui pèse lourdement sur l'équilibre financier de nos petites entreprises, dont la mission n'est pourtant pas de prêter de l'argent à des groupes puissants. Ici encore, la dérèglementation laisse la concurrence libre entre le loup et l'agneau !
L'artisanat est un modèle économique et un modèle social qui doit être conforté. L'économie de proximité, indispensable à la cohésion sociale, à la qualité de vie des Français et au développement équilibré du territoire est un facteur clé de croissance La relance de la croissance ne saurait passer par la dérèglementation dans une société où les grands groupes n'agissent qu'en fonction d'objectifs de profit à court terme.
L'artisanat propose un choix de société. M. Attali propose une société sans choix.
William FORESTIER
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Texte paru dans le quotidien le bien public le 13 novembre 2007



Rédigé par frederic bobard le 19/11/2007 à 09:09 | Permalien | Commentaires (0)


A l'heure de la vente des vins de Beaune Special vente des vins 2007

17/11/2007 - 09:25
A l'heure de la vente des vins de Beaune
Cette année, c'est l'acteur Richard Berry qui présidera les festivités de la vente des vins. La plus grande vente de charité au monde qui se déroule, chaque année, à Beaune,capitale des vins de Bourgogne en côte d'or, le troisième week-end de novembre.
Le compteur tourne. En 2007, la 147 ème Vente des vins fera entendre sa voix, orchestrée depuis plus de deux ans par la célèbre maison anglo-saxone Christie's, propriété d'un français richissime, François Pinaud.
La plus grande vente de charité du monde, vénérable institution bourguignonne, a déjà un long passé derrière elle puisque son acte de baptême est signalé en 1820. Cette année là, le ministère des finances avait préconisé que les vins des domaines des hospices de Beaune soient vendus aux enchères. C'est en 1859 que devait avoir lieu la première vente aux enchères telle qu'elle existe encore aujourd'hui et qui n'a été interrompue que par quelques évènements graves. En effet, il n'y a pas eu de vente des vins en 1910 (pas de récolte). Elle fut ajournée en 1916, suspendue entre 1939 et 1942. Elle fut remplacée en 1956 et 1968 par une vente en soumission cachetée.

L'idée de génie: qui permet à cette vente, d'un autre temps, d'exister encore aujourd'hui c'est d'avoir invité les acheteurs à venir à Beaune plutôt que d'aller à leur rencontre.

Les Hospices de Beaune orchestre cette manifestation vineuse le troisième week-end de novembre. Au fil du temps, cette « maison où l'on soigne » s'est constitué un formidable patrimoine viticole de quelques 60 hectares grâce à Nicolas Rolin et Guigone de Salins, sa femme, qui ont donné à l'Hôpital la somme considérable à l'époque de 1 000 livres de rente sur la saulnerie de Salins.

Depuis l'origine, la vente des vins des Hospices de Beaune se faisait selon une coutume ancienne, attachée à l'utilisation d'une bougie. L'article 3 du cahier des charges de la vente précise : « l'adjudication sera prononcée par le commissaire- priseur après l'extinction d'un seul feu, sans nouvelle enchère survenue pendant sa durée ». La procédure d'adjudication sera ensuite modifiée par l'utilisation du marteau dans la deuxième partie de la vente pour en accélérer le rythme. Le grand toilettage a eu lieu en 2005, quand Christie's a pris en main l'évènement avec au catalogue outre les ventes des traditionnelles ventes de primeur, la mise aux enchères d'une sélection de vins en bouteille provenant de la réserve personnelle et prestigieuse des Hospices constituée des millésimes les plus anciens. Cette année, le téléphone et l'internet font leur entrée dans les ordres d'achat avec un nouveau dispositif baptisé, grâce à la magie du marketing, « Christie's live ».

Christie's
L'arrivée de l'opérateur anglo-saxon a boosté les prix au grand bonheur du Président des Hospices de Beaune, Alain Suguenot. Pourtant, 2005 avec seulement 10 %, avait déçu hormis, par exemple, les batard-montrachet dont les prix se sont envolés : 52 000 € la pièce soit 56 % de plus par rapport à 2004. Et le journal économique local, le Journal du Palais, de titrer « Christie's peut mieux faire ». 2006, a amplifié, pourtant, le prix de la pièce de vin de plus de 16 %.

Outre un effet baromètre sur le prix des vins de Bourgogne, les enjeux financiers de cette vente de Charité ont une incidence directe dans les comptes même de l'Hôpital de Beaune. Elle lui permet d'investir dans des programmes de travaux importants pour moderniser le centre hospitalier. Ainsi la restructuration des urgences qui a coûté 8 millions d'€ a été financée aux deux tiers par les revenus des précédentes ventes des vins.

Ces enchères qui n'ont pas de prix savent pourtant entretenir une atmosphère propice aux gestes gratuits, charitables et sans arrière-pensée, à quelques semaines des fêtes de Noël. La fameuse pièce de la charité est un moment fort de la vente.


La chronique de la pièce de la charité millésime 2002 :
Bernard Pivot, un fidèle de la vente Il est 16h 30, quand la pièce de la charité, un beaune 1er cru cuvée Dames Hospitalières, est mise en vente. « Mise à prix 10 000 € » lance le commissaire priseur, après que les deux présidentes ont présenté les associations bénéficiaires. : « 7 à 97 ans » et « Equilibres et Populations ». « Nous comptons sur votre générosité « lancent les deux marraines de charme, Chiara Mastroianni et Elsa Zylberstein. Dés que les enchères faiblissent elles n'hésitent pas à s'emparer du micro pour enflammer la vente. Après 10 500 €, 11 000 €, puis 12 000 €, on passe aux choses sérieuses : « 30 000 € » annonce un négociant. Une offre saluée par un tonnerre d'applaudissements. Puis, rapidement, on atteint les 45 000 €. « On ne va pas s'arrêter là » lance alors Chiara Mastroianni. « Nous sommes deux associations et ce n'est pas un nombre pair » renchérit Elsa Zylberstein. « Donnez un peu d'espoir » poursuit t-elle, tandis que Bernard Pivot exhorte à son tour les acheteurs : « offrir ces deux belles femmes, c'est tout de même mieux que d'entretenir une danseuse ! » « Éventuellement, on peut envisager un diner en tête à tête », poursuit Elsa Zylberstein. Et les enchères reprennent 46 000, puis 48 000 €. La barre des 50 000 € est franchie sous un nouveau tonnerre d'applaudissements. Les enchères montent encore d'un cran : 51 000 €. Finalement, la flamme s'éteint, et le marteau du commissaire-priseur s'abat alors qu'elles ont atteint 52 000 €. L'heureux acheteur, M Laurent Max de la maison Louis Max à Nuits-Saint-Georges est invité à rejoindre la tribune. « Vous pouvez les embrasser « lui lance Bernard Pivot.

Résultats de la vente des vins depuis 2000

2000 : 727 pièces : 34 588 598 F

2001 : 696 pièces : 25 228 106 F

2002 : 691 pièces : 3 480 000 €

2003 : 560 pièces : 3 423 000 €

2004 : 699 pièces : 3 026 000 €

2005 : 789 pièces : 3 789 000 €

2006 : 688 pièces : 3 793 000 €




Rédigé par frederic bobard le 17/11/2007 à 09:25 | Permalien | Commentaires (1)


Jonathan Nossiter: résister au formatage du vin et du cinéma Actualité

26/10/2007 - 06:31
Un amoureux de la belle ouvrage
Un amoureux de la belle ouvrage
Je ne resiste pas au plaisir de reproduire le texte de Pierre Haski de "Rue 89" qui analyse le dernier livre de Jonathan Nossiter.

Jonathan Nossiter a deux passions: le vin et le cinéma. Il a été sommelier, et fait des films. Et il porte un regard croisé sur ces deux univers qui peuplent ses rêves, un regard sévère et bienveillant, à la fois désespéré et plein d'espoir.

Cet Américain de 46 ans aux allures d'éternel adolescent, fils d'un journaliste qui en a fait un citoyen du monde (né aux Etats-Unis, il a grandi à Paris, vécu en Asie et est désormais installé et marié au Brésil, où il élève ses trois enfants), s'est surtout fait connaître avec Mondovino, un documentaire incisif sur le vin présenté en compétition à Cannes en 2004. Mais il est aussi réalisateur de trois longs métrages (qui ressortent en coffret DVD ces jours-ci), vient d'achever le tournage du quatrième, et, dans cette vie bien remplie, sort un nouveau travail sur le vin: un livre joliment intitulé "Le goût et le pouvoir", balade évocatrice et inspirée dans des lieux et avec des gens qui touchent à l'univers du vin à Paris.

L'occasion pour lui de revenir sur la maladie commune qui contamine les deux univers qui le passionnent: le vin et le cinéma. Tous deux, estime-t-il, sont des "produits" culturels qui subissent depuis les années 80 les assauts croisés du marché et de la mondialisation, et qui sont devenus le terrain d'affrontement entre les forces de la standardisation et celles de la résistance du "terroir" ("au sens noble du terme, pas dans son sens franchouillard", s'empresse-t-il de préciser à chaque fois dans son français impeccable). Ecoutez-le, il parle avec passion:



A ce constat sombre, Jonathan Nossiter apporte le contrepoids, le constat qu'il est encore possible de faire de "bons" films et de "bons" vins, que les outils technologiques le permettent aujourd'hui comme rarement auparavant et qu'il y a de plus en plus de gens pour avoir envie de les produire. Une "résistance" au rouleau compresseur culturel et commercial global qui ne va toutefois pas sans difficultés:



Cette résistance s'incarne souvent dans des hommes ou des femmes qui, dans des coins improbables de cette planète, découvrent ou redécouvrent des valeurs enfouies ou refoulées. Et, dans cette économie globalisée, parviennent à faire exister des "niches" de qualité et d'éthique qui maintiennent intact le fil avec l'Histoire et en assurent la permanence. Jonathan Nossiter raconte ici l'histoire d'un vin de Vénétie et d'un autre du sud du Brésil, unis sans le savoir par une histoire commune qui connait une véritable renaissance:



A méditer avant d'ouvrir une bouteille ou d'aller au cinéma. Des actes culturels et commerciaux auxquels Jonathan Nossiter nous invite à réfléchir. Il l'écrit dans l'introduction de son livre:

"Le combat pour l'individualité du vin, pour la survie du goût individuel face aux forces du nivellement, du pouvoir impersonnel (surtout lorsqu'il est exercé par une poignée d'individus), est donc un combat -comme celui qui se livre dans le monde du cinéma- qui nous concerne tous."

Un combat dans lequel il nous incite aussi à nous engager.

► Jonathan Nossiter, le goût et le pouvoir, ed. Grasset. 413 pages, 19,50€. En librairie le 30 octobre.

► Coffret DVD avec les trois films de Jonathan Nossiter en dehors de Mondovino: "Resident Alien", "Signs & Wonders", et "Sunday". Coffret MK2, 2007.



Rédigé par frederic bobard le 26/10/2007 à 06:31 | Permalien | Commentaires (1)


Le Loupiac, compagnon des bons repas Actualité

24/12/2006 - 09:49
Inoubliable
Inoubliable
Déjà, l'année dernière, en famille, nous avons pu apprécier la richesse d'un vin liquoreux: le LOUPIAC.

Sa douceur fait du Loupiac un bon compagnon pour les après-midi entre amis et les apéritifs, et sa touche fruitée lui réserve une place de choix tout au long des repas.

Nous avons constaté qu'il délivrait vraiment ses arômes d'agrumes, de miel et d'acacia sur les mets relevés comme les fromages forts ou le foie gras qui étaient servis pour le repas de Noel. Sa longueur sucrée mariée à une petite pointe d'acidité, souligneront parfaitement les volailles, les viandes blanches et les poissons fins en sauces

Il se déguste à température fraîche, 8 à 9°, mais non glacé.

Ma sélection:Château Les Roques Loupiac 1999. Scea Château du Pavillon à Loupiac

Cette année, nous aurons deux bouteilles de ce nectar pour le Réveillon.


Tags : loupiac

Rédigé par frederic bobard le 24/12/2006 à 09:49 | Permalien | Commentaires (1)


Thomas Jefferson ambassadeur du vin Actualité

11/11/2006 - 10:38
Des américains avaient compris que notre vin était plus qu'une boisson, et en n'aucun cas de pouvait être standardisé. Lisez à ce sujet :"Thomas Jefferson, ambassadeur du vin, ou l'histoire des vins américains côte Est". Il est vrai que ce père fondateur des Etats-Unis était à l'opposé des conceptions euro-américaines actuelles, puisqu'il considérait que : "Pour tout homme, le premier pays est sa patrie, et le second, c'est la France".
Même les fédéralistes sont contre : "Pourtant, avec cet accord, elle semble être en contradiction avec la politique de qualité qu'elle souhaite développer par ailleurs" et "cet accord risque de ne pas garantir les principes même qu'elle entend défendre". Lire :


Tags : vin

Rédigé par frederic bobard le 11/11/2006 à 10:38 | Permalien | Commentaires (0)


Recul des réformes européennes Actualité

07/10/2006 - 12:24

Suite au mécontentement des viticulteurs européens, la Commission européenne a décidé, lundi 18 septembre, de reporter à 2007 sa proposition de réforme du secteur viticole annoncée en mai dernier.

Les viticulteurs de la plupart des Etats Membres de l'Union européenne refusent les mesures proposées par la Commission européenne en mai dernier pour réduire les excédents de vin de l'Union européenne et en accroître la qualité face à la concurrence de plus en plus forte des vins du Nouveau Monde.

La principale cause de ce rejet concerne surtout l'une des mesures préconisées par Bruxelles dans cette réforme, celle de l'arrachage volontaire massif de vignes. Pour réduire la surproduction de vin qui entraîne de grosses quantités de perte, la Commission européenne avait émis l'idée de demander aux viticulteurs européens d'arracher en 5 ans 400.000 hectares de vignes, soit près de 12% des 3,4 millions d'hectares cultivés dans l'UE. Pour indemniser les producteurs de vin, la réforme proposait de compenser l'arrachage par des aides à hauteur de 2,4 milliards d'euros issues du budget communautaire.

Malgré cette aide, les principaux producteurs européens de vin, dont la France, l'Italie et l'Espagne, se sont fortement opposés à cet arrachage volontaire estimant qu'il ne revenait ni aux viticulteurs ni à la Commission européenne de prendre une telle décision mais aux Etats membre afin de veiller à l'équilibre régional.

D'autres pays estiment que la période de 5 ans est trop courte et que l'arrachage, si il est nécessaire, devrait pouvoir se faire plus progressivement.

Réunis hier à Bruxelles, les 25 ministres de l'Agriculture ont finalement réussi à convaincre la commissaire européenne à l'agriculture, Mariann Fischer Boel, de repousser la prise de décision à janvier 2007. D.A.



Tags : viticulture

Rédigé par frederic bobard le 07/10/2006 à 12:24 | Permalien | Commentaires (0)


Henri Jayer est mort.... Actualité

07/10/2006 - 12:21
Henri Jayer est mort....
Henri Jayer, considéré comme l'un des plus grands vignerons de la Bourgogne de l'après-guerre, est mort, mercredi 20 septembre, des suites d'un cancer de la prostate.
Agé de 84 ans, il avait cessé son activité en 1989, mais il restait une conscience de la viticulture bourguignonne qu'il aura profondément marqué de sa personnalité : "Les grands vins de Bourgogne, possédant à la fois finesse et élégance, ont toujours une jolie robe couleur rubis", disait-il avec une pointe d'humour et de modestie.
Henri Jayer ne se destinait pas à la viticulture. En 1939, ses deux frères étant mobilisés, il dut quitter l'école dès l'âge de 16 ans pour se consacrer à l'exploitation de la petite propriété familiale.
Ce n'est qu'un peu plus tard, après avoir rencontré Marcelle Rouget, elle-même fille de vigneron, et passé son diplôme d'études supérieures d'oenologie de la faculté de Dijon, qu'il prit conscience des principes qui devaient ensuite guider toute sa vie professionnelle.
Ayant observé que les qualités d'un climat, mot qui désigne en Bourgogne le produit d'un terroir et le microclimat qui lui est propre, dépendaient de l'équilibre entre un sous-sol d'éboulis glaciaires, un matériel végétal sain et une agriculture respectueuse des principes de la nature, Henri Jayer avait très tôt manifesté sa réticence à l'égard des apports massifs de potasse en vigueur dans les années 1970, parce qu'ils tendaient à réduire les potentialités aromatiques des cépages.

VINIFICATEUR EXCEPTIONNEL

En s'attachant à ne cultiver que des vieilles vignes (pinot noir) aux rendements mesurés, il a servi de modèle aux plus exigeants de ses collègues.
Vinificateur exceptionnel, s'efforçant de procéder à la vendange au bon moment en évitant la surmaturité, il avait pour habitude de refuser toute "vendange verte" (pour réduire le rendement), d'érafler intégralement la récolte et d'utiliser 100 % de bois neuf "de la forêt de Tronçais, uniquement".
Partant à l'origine d'une propriété de 3,5 hectares sur Vosne-Romanée, Nuits-Saint-Georges et Echézeaux, Henri Jayer avait peu à peu étendu son domaine en révélant de nouveaux climats, comme le Cros Parantoux, une ancienne friche dont il fit "pratiquement un richebourg", assure Guy Renvoisé, fin connaisseur des vins de Bourgogne.



Tags : henri jayer

Rédigé par frederic bobard le 07/10/2006 à 12:21 | Permalien | Commentaires (0)