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Le rêve américain brisé de Catherine, retour en France...



crise systémique : le bâteau américain coule tel le radeau de la méduse
crise systémique : le bâteau américain coule tel le radeau de la méduse
Tout va très bien Mme la Marquise diffuse un témoignage très intéressant qui démontre, si nécessaire, que vraiment tout n'allait pas si bien chez nos amis américains.

"  Aujourd'hui, je voudrais juste témoigner... pas un avis, pas une contribution "d'experte", juste un vécu, une réalité !

En 1989, jeune mariés, mon mari et moi décidons de "tenter notre chance" aux USA.

D'abord comme beaucoup, nous faisons des petits boulots (restaurants, commerces, enseignement...), installés dans le Middle West, d'abord dans l'Iowa puis l'Indiana pour petit à petit "construire notre rêve américain" et nous intaller dans l'Ohio.
Nous trouvons alors un boulot "sérieux" en 1994 dans une des "real-estate" les plus importants du coin (Sibcy-Cline pour ne pas la citer), lui à terme, en tant que "Account Executive" - Insurance Services - (comprenez en gros "agent d'assurance" sur les maisons vendues ) et moi en tant que "Realtor" (comprenez en gros "agent immobilier").

TRÈS bien installés, "rêve américain acquis", argent facile et sans compter ... nous obtenons la nationalité américaine en 1998.

Phoenix en Arizona est pratiquement à vendre

10 à 15 % s'en sortent, et les autres !
10 à 15 % s'en sortent, et les autres !
Deux enfants naissent alors (aujourd'hui âgés de 9 et 6 ans), de nationalité américaine et HEUREUSEMENT aussi française (mais uniquement parce que mon mari a insisté, à l'époque, pour que nous fassions le nécessaire pour cela.
Très honnêtement, si cela n'avait tenu qu'à moi, ils n'auraient été "que" américains parce que je ne pensais VRAIMENT pas rentrer en France, un jour). Mes enfants ne parlent d'ailleurs pas le français et ne connaissent pas la culture française .... uniquement limités au virtuel et superficiel US :

(Tout ça pour die que contraints et forcés par la crise (et là bas le mot "crise" paraît faible), nous sommes rentrés en France il y a 2 mois ... et Y RESTERONS !

Pourquoi ?
Je suis sidérée comment en Europe l'information, bien que plus exacte et plus complète qu'aux USA (qui cherche désespérément à cacher la vérité à la population, reste néanmoins très en-dessous de la vérité.
Actuellement, la vérité, est que les USA sont dans un état de délabrement le plus total. A l'exception de la classe la plus aisée (et de plus en plus aisée), soit peut être 10 ou 15 % de la population, le reste est en débâcle sociale et économique.

Des millions de personnes sont ou vont être sans ressources ni abri
Certaines villes sont désertées à 75 % et pas des moindres. A Cleveland, par exemple, il doit rester 1/3 de la population, la ville paraît être une ville fantôme sans plus aucune activité "officielle".

Phœnix en Arizona est pratiquement à vendre en quasi "totalité" comme bon nombre d'autres localités en Californie, au Nevada
Chaque jour des "convois" de voitures particulière rejoignent les campagnes sur des routes et des autoroutes qui ne sont plus entretenues depuis plusieurs années.
Les aéroports sont à peu près dans le même état (plus ou manque d'entretien... certains vols sont annulés "par sécurité", les commandants de bord refusant de se poser sur tel ou tel aéroport... les services de la circulation aériennne "secondaires" sont de plus en plus réduits : plus d'informations météo "exactes", plus de défense des aéroports contre les oiseaux, trous dans les pistes, végétation non coupée etc... dans ce pays où prendre l'avion est une nécessité et est devenu une "banalité" depuis longtemps.

Les salaires et le chômage

Le rêve américain brisé de Catherine, retour en France...
Les salaires effectifs (donnés par les entreprises aux banques) ont été baissés de 20 à 45 % !!!!! en l'espace de 3 ans ... et cela sans que personne ne s'en rende vraiment compte car les cartes de crédit, toujours de plus en plus nombreuses, facilement distribuées et approvisionnées et ré-approvisionnées, compensaient allégrement cettte "formalité" que représente le chiffre du salaire effectif sur une feuille de paye : moins de salaire mais plus de sous ... que demande le peuple !

Le chômage : En hausse constante depuis au moins 5 ans !
Là encore les chiffres n'ont pas d'importance aux USA: Les enfants de 14 ans qui remplacent des adultes dans les "fast-food", les garages, les commerces ... après leur école; "gonflent" les chiffres de l'économie.

Les adultes, eux, qui vivent de "petits boulots" (services aux particuliers sans être déclarés) et sans être inscrits au chômage (et pour cause, ils n'ont jamais travaillé officillement), ne rentrent pas en compte dans les statistiques.

Les "demi-adultes" (16/18 ans) qui travaillent officiellement dans divers services (surtout le commerce, la prestation de service...) 20 heures par semaine ou moins pour gagner 3 dollars de l'heure, ne rentrent pas en compte dans les statistiques non plus... pas plus que ne "comptent" les intérimaires "particuliers", les retraités qui (re)travaillent, les clandestins etc... qui font tourner l'économie, qui sont "virés" du jour au lendemain mais qui ne sont jamais chômeurs officiels.

Aux USA, les seuls chômeurs existant officiellement sont ceux que l'on ne peut pas cacher et qui viennent des "majors" (Ford, Microsoft...et alias).

Calculs faits, aujourd'hui le taux de chômage aux USA, rapporté au chômage effectif est comparable au chiffre de 1930 : pas 7.2 % comme annoncé mais AU MOINS 20 % ... sans compter les enfants et les personnes de plus de 75 ans qui sont obligés de travailler !

Mais là encore... Quelle importance ! Chômeur ou pas, petit salaire ou pas... les cartes de crédit fonctionnent (FONCTIONNAIENT plutôt) à fond.

Immobilier: 80 millions de maisons construites en moins de 15 ans !

la maison, dernier rempart contre la mondialisation sauvage
la maison, dernier rempart contre la mondialisation sauvage
Le petit salaire n'est utile et intéressant que pour l'argent de poche de l'adolescent ou pour les "menus frais" que l'on ne peut payer avec la Carte de Crédit ou pour les "faux-frais inavouables" ou chez certains "commerçants" de rue qui n'acceptent pas les C.C ! Moins de travail, plus de sous... que demande le peuple ! Et de toute façon, l'Amérique est grande et puissante, elle s'en remettra et se plaindre là bas, "ça ne se fait pas".

Alors on "suit la manœuvre" et on la ferme !

L'immobilier : 80 millions de maisons bâties en moins de 15 ans !
Leur prix moyen au-dessus de $200.000 ré-évalué à leur "apogée" à $450.000 ou plus (d'où des crédits hypothécaires faciles de plus du double de celui de la maison EN PLUS de celui de la maison) et cela à des foyers gagnant moins de $2000 par mois.

Au début des remboursement "aisés" puis, aidés en cela par les taux variables et la décroissance des prix de leur maison, des primes réclamées dépassant les salaires !
La "reprise" : Je ris quand je lis hier qu'une reprise des ventes de l'immobilier ancien est effective aux USA !!! +6.5 % en décembre.
J'ai l'impresssion que la nouvelle administration excelle plus que toute autre dans la manipulation des statistiques (et je n'aimais pas Bush !).

En fait, effectivement les maisons "anciennes" (bâties entre 1985 et 2000... voire en construction) se vendent mieux depuis quelques mois ... mais à qui ? Pas à la population américaine qui continue à être saisie ou à "laisser tomber" son bien avant l'arrivée de la police ... mais à des investisseurs étrangers Russes, Chinois, Français (et oui)... Soit à des particuliers pour les vacances, résidences secondaires... mais surtout à des sociétés (banques....) qui attendent des jours meilleurs en rachetant aujourd'hui des biens 50 ou 70% en dessous de leur "valeur" ! Depuis l'automne 2008, les voyages organisés par des agences autrefois spécialisées dans le tourisme d'affaire, les visites d'entreprises etc... se sont reconverties dans les visites de maisons, de propriétés saisies. Des ventes accrues aussi ... mais aux banques et au gouvernement US !!!! Eh oui, elles sont en faillite les banques US mais savent reconvertir leurs saisies en location pour les personnes qui ne les payent plus ... idem pour le gouvernement qui "prétexte" qu'il faut bien loger les gens ... d'où autant de maisons en moins sur le marché de la "vente officielle" qui fait tomber les chiffres des statistiques. Au contraire, si on excepte ces tours de passe-passe, le nombre de "foreclosures", de "pre-forclosures", de "owners sales", les "bank owned", les "auction".... est en constante et rapide progression, touchant même maintenant la classe moyenne supérieure (un peu l'équivalent des cadres supérieurs en France). A cela, il faut ajouter les milliers de maisons DÉJÀ PAYÉES ou faisant partie de biens de famille, d'héritages... qui ont servi d'hypothèque à un ou plusieurs crédits à la consommation (voitures, meubles, travaux etc...) qui sont saisies pour honorer cette hypothèque. Certaines de ces maisons sont saisies pour le prix de la voiture, de la télé, des études des enfants, des soins médicaux... qu'elles garantissent mais SANS ENTRER dans les statistiques des agents immobiliers et du gouvernements (qui ne prennent en compte que les crédits immobiliers). Les USA sont les rois du trafic de chiffres ! !).

En fait, effectivement les maisons "anciennes" (bâties entre 1985 et 2000... voire en construction) se vendent mieux depuis quelques mois ... mais à qui ? Pas à la population américaine qui continue à être saisie ou à "laisser tomber" son bien avant l'arrivée de la police ... mais à des investisseurs étrangers Russes, Chinois, Français (et oui)... Soit à des particuliers pour les vacances, résidences secondaires... mais surtout à des sociétés (banques....) qui attendent des jours meilleurs en rachetant aujourd'hui des biens 50 ou 70% en dessous de leur "valeur" !

Depuis l'automne 2008, les voyages organisés par des agences autrefois spécialisées dans le tourisme d'affaire, les visites d'entreprises etc... se sont reconverties dans les visites de maisons, de propriétés saisies. Des ventes accrues aussi ... mais aux banques et au gouvernement US !!!! Eh oui, elles sont en faillite les banques US mais savent reconvertir leurs saisies en location pour les personnes qui ne les payent plus ... idem pour le gouvernement qui "prétexte" qu'il faut bien loger les gens ... d'où autant de maisons en moins sur le marché de la "vente officielle" qui fait tomber les chiffres des statistiques. Au contraire, si on excepte ces tours de passe-passe, le nombre de "foreclosures", de "pre-forclosures", de "owners sales", les "bank owned", les "auction".... est en constante et rapide progression, touchant même maintenant la classe moyenne supérieure (un peu l'équivalent des cadres supérieurs en France).

A cela, il faut ajouter les milliers de maisons DÉJÀ PAYÉES ou faisant partie de biens de famille, d'héritages... qui ont servi d'hypothèque à un ou plusieurs crédits à la consommation (voitures, meubles, travaux etc...) qui sont saisies pour honorer cette hypothèque. Certaines de ces maisons sont saisies pour le prix de la voiture, de la télé, des études des enfants, des soins médicaux... qu'elles garantissent mais SANS ENTRER dans les statistiques des agents immobiliers et du gouvernements (qui ne prennent en compte que les crédits immobiliers). Les USA sont les rois du trafic de chiffres !

Je n'ose pas non plus penser à la génération actuellement scolarisée. C'est une génération sacrifiée

une génération sacrifiée
une génération sacrifiée
Je n'ose même pas en parler tant les perspectives d'avenir sont anéanties pour la plupart des "vieux" (en retraite ou qui le seront dans les 10 ans).
Les entreprises, gestionnaires des fonds de pension sont en faillite après avoir "investi" les fonds de pension ou les avoir utilisés pour essayer de limiter les dégâts dans l'entreprise elle-même en faillite ! La plupart des gens ont une retraite par capitalisation sur base de rente viagère (biens dont ils estiment la valeur aux yeux des futurs actifs).

Avec la chute de l'immobilier et/ou la saisie de leur bien, ils perdent 80% de leur retraite, ne leur restant plus que la part de "Social Security" soit... presque rien (10...20%)

Je n'ose pas non plus penser à la génération actuellement scolarisée (disons entre 15 et 25 ans). C'est une génération virtuellement sacrifiée par le systéme. Elle n'aura pas le temps de se faire une retraite (en supposant qu'elle ait la possibilité de se trouver un emploi) ni de capitaliser quoi que ce soit.

Les étudiants laissent tomber leurs études (contraints ou forcés) après 1, 2 ou 3 ans ou avant la fin de leurs études, faute de pouvoir payer les premières primes de leur prêt étudiant pourtant "garanti" pour une scolarité longue de 7...10 ans ... mais qu'ils devront quand même rembourser "à fond" sur 15 ou 20 ans dès qu'ils auront trouvé un (petit) job !

Les universités (d'abord privées puis d'État... car ceux ci sont en faillite .. AUSSI !), ferment les unes après les autres ou limitent leurs inscriptions aux plus favorisés après avoir limité les embauches de profs, les investissements ...
Maintenant les "schools", les "académies", les "colleges" ... sont touchés. Des ados ne sont plus scolarisés ou le sont partiellement.

Dans 10 ans, les USA seront en pénurie d'ingénieurs, de médecins...si ce n'est déjà le cas !

douce France, doux pays de mon enfance
douce France, doux pays de mon enfance
Je n'ose pas non plus parler du "Medic" !
Les soins sont hors de portée de la classe "basse" (bien sûr) mais moyenne et aussi maintenant "moyenne supérieure" 
Les enfants scolarisés au-dessus de la "high", ne sont plus pour la plupart, pris en charge sur l'assurance de leurs parents et doivent faire l'objet d'une assurance particulière, plus chère encore que celle de leurs parents parce qu'ils ne travaillent pas et n'ont pas de biens propres
Des personnes PAR CENTAINES meurent tous les jours faute de soins aux USA ... et on ne le sait ou on ne le dit pas !

Des personnes, des enfants ... qui pourraient être soignés ou guéris ne le sont pas faute de $ ... ou parce que les hôpitaux, les soignants refusent maintenant les Cartes de Crédit, n'ayant plus confiance dans les banques et dans le système financier.
Là aussi, la plupart du temps, les assurances sont indexées sur la valeur des biens : plus de biens ou biens dont la valeur décroît = plus d'assurance ou assurance plus chère !

La liste est longue et ma description bien que paraissant "catastrophique" n'en reflète pas pour autant la limite. La RÉALITÉ est bien pire encore aux USA , le "premier" pays de la planète.

J'y ai vécu, j'ai été une "green-card" et une Américaine convaincue de vivre dans le plus beau pays du monde
J'en suis revenue, non pas "déçue" (enfin quand même un peu) mais surtout EN COLÈRE après moi-même d'être rentrée ainsi dans un système trop beau pour être vrai et surtout d'y avoir placé mes enfants.

Les USA sont un "eden virtuel" où les habitants sont manipulés par le système qui les "empêche" par la facilité qu'il procure (procurait plutôt car tout est bel et bien fini) de se rendre compte des réalités.

C'est comme une grande secte où le gourou-crédit décide de tout mais en vous donnant l'impression de décider vous même en vous ôtant tous "soucis", toute difficulté financière pour peu que vous ayez accès à la carte à puce miraculeuse (et 85% de la population y a accès... suffit d'ouvrir sa boîte à lettre le matin pour en avoir une nouvelle, une de plus !)


Ils sont un "Eden virtuel" placé sous le signe de la religion, du "tout beau, tout gentil"... mais où les shérifs tirent dans le dos des délinquants
(surtout s'ils ne sont pas blancs ou propres sur eux) et où les gosses se promènent des les écoles avec des couteaux ou des armes !

Une religion omni-présente qui décide en couvert, même de la politique, du social, des "communities"... mais qui, lorsque les gens sont en difficulté, qu'ils ne peuvent plus sortir leur C.C... ne se montre pas ou les rejette du système.

Je vais arrêter là ma description en ajoutant simplement qu'à la différence de (peut-être) 200 millions de personnes aux USA, j'ai la chance d'avoir une autre nationalité !


Aujourd'hui je suis fière et CONTENTE d'être Française
et je peux affirmer qu'il faut vivre hors de France pour comprendre la beauté de ce pays et les avantages de son système social et aussi des "avantages" de la mentalité du Français moyen... Râleur, bougon, pas forcément "propre sur lui", poli et tout beau tout gentil... mais ô combien solidaire et franc quand "ça va mal" !
UN système certes certainement "imparfait" ou perfectible mais ô combien "rassurant" quand on a connu celui du "premier pays" !
Aux USA, la Louisiane en décombres n'a reçu AUCUNE aide du gouvernement ou des autres États. La Californie en feu, brûle sous l'indifférence de tous ...

En France, une tempête à Maubeuge ou à Bordeaux et c'est le pays entier qui se mobilise... y compris les DOM-TOM !



fred debone
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1.Posté par docteurhirsh le 22/05/2009 14:58
PARLONS AUSSI SI VOUS VOULEZ DE LA SANTE UN DOMAINE QUE JE CONNAIS BIEN
Lorsque Sarkozy fut élu l’an dernier j’étais certain qu’une partie de son action au gouvernement concernerait la dérive de la sécurité sociale vers une privatisation plus ou moins lente.

Je ne connais pas le détail des propositions qui sont en train de prendre forme chez les parlementaires, mais je vais expliquer un petit peu mes expériences vécues aux USA et les raisons qui me poussent a penser que la France va se diriger vers le modèle américain durant les 10 prochaines années, au moment ou les candidats démocrates a la présidentielle aux USA prennent une direction opposée.


Je suis arrivé aux USA suite a une proposition d’emploi incluant une assurance maladie nommée Blueshield.
Cette assurance privée offre plusieurs options parmi lesquels l’entreprise choisi un plan pour ses employés, suivant ses finances. Je faisais donc parti des chanceux assurés aux USA (40 millions ne le sont pas du tout), mais le système ne marche pas tout a fait comme en France, enfin pas comme en France quand je l’ai quitte en 2003, car visiblement il y a déjà eut quelques changements en direction d’un système a l’américaine. Lorsque je vais chez le médecin je dois payer un forfait appelé un copay. Cette somme suivant les différentes assurances que j’ai pu avoir depuis 5 ans oscilla entre 10 et 25 dollars (aujourd’hui ca bloque plutôt vers 20). Alors forcement ça vous doit faire sourire vu le prix de la consultation en France.

Mais il faut comprendre que les frais médicaux aux USA sont une vraie manne financière, une amie française venant rendre visite a son copain a eut la superbe expérience de tomber malade un Samedi soir. Aux USA quand on tombe malade le weekend ou entre 18h et 8 h le matin il n’y a que deux solutions appeler les urgences ou se déplacer soit même vers le service d’urgence d’un hôpital. Et oui la privatisation du système n’offre pas automatiquement de médecins de garde ou de pharmacies de garde, mais heureusement les supermarchés 24h/24 ont des produits pharmaceutiques en rayons, et quelques chaines ont même des pharmacies intégrées (rarement ouvertes 24h/24) permettant d’obtenir les médicaments non disponibles en rayon. Bref, on conduisit notre amie vers les urgences, après 3 h d’attente sans voir George Clooney débarquer ( pas grave en soit il y avait surement des cas plus urgent) elle put enfin être consultée par un interne du service qui diagnostiqua un état grippal et posa deux médicaments sur ordonnance, dont un médicament avec inscrit en gros sur la boite stéroïd, ce qui nous a un peu surpris sur le coup. Le tout a récupérer a la pharmacie de garde se trouvant a quelques kilomètres de distance, la pharmacie de l’hôpital étant fermée le weekend…N’étant pas assurée aux USA ils lui présentèrent la facture qu’elle du régler sur le champ : 250 dollars pour la consultation, et 500 dollars de médicaments génériques. Bam, heureusement la sécu et sa mutuelle en France la remboursèrent par la suite.

Cela devait faire trois mois que j’avais migré vers la Californie et je me disais que bon forcement sans assurance ce genre de débordements pouvait arriver et que peut être le weekend, les hôpitaux pratiques des prix plus élevés. Etant plutôt en bonne santé j’oubliais un peu l’affaire, et la situation ne semblait pas trop difficile a gérer pour les petits bobos puisque bon nombre de médicaments pour le rhume, les rhyno, les maux de têtes sont disponibles directement en supermarché sans ordonnance a des prix relativement raisonnables. Puis de temps en temps j’entendais des histoires étonnantes : un collègue venant du Texas fut motivé pour venir travailler en Californie ou les salaires sont plus hauts dans mon secteur pour éponger au plus vite un endettement à hauteur de 40 000 dollars à 30 ans. En effet il s’était fracturé un bras en faisant du BMX et l’assurance refusa de prendre en charge ses frais d’hôpital car il n’avait pas prévenu l’assureur avant l’intervention (il était inconscient après sa chute) afin d’obtenir leur approbation pour le remboursement et aussi pour la circonstance aggravante qu’il était de sa responsabilité de ne pas prendre de risque en utilisant un véhicule potentiellement dangereux. La mauvaise foi d’une assurance privée n’a pas beaucoup de limite (Sicko de Michael Moore malgré quelques approximations, oublis et partisanneries excessives relate assez bien de ces dérives).

Puis ma femme et moi décidâmes d’avoir un enfant, et ce fut un parcours du combattant. Dans un premier temps nous étions affublés d’un gynéco incompétent et misogyne qui parlait à ma femme comme a une enfant de deux ans en pratiquant sa discipline sans aucune douceur (j’vais pas vous faire un dessin). Sur les conseils d’une amie (pas dans le besoin) ont fit une visite chez une gynécologue en dehors du programme blueshield (car tous les médecins ne sont pas couverts par les mêmes assurances), résultat des courses une seule consultation de 15 minutes nous couta 450 dollars + 90 dollars pour une prise de sang. Les 15 minutes de consultation se résumèrent majoritairement a une discussion façon psy. Après de nombreuses tergiversations au téléphone avec mon assurance pour changer de réseaux nous trouvions enfin des gens compétents et agréables et un hôpital de qualité (le système est complexe et je ne peux pas rentrer dans le détail mais on ne peut pas choisir facilement ses médecins, son hôpital sans obtenir l’approbation très subjective de l’assurance). Point positif concernant les nombreuses visites au gynéco, un seul paiement forfaitaire de 20 dollars fut nécessaire et la prise en charge de seulement 30 % des frais pour prélèvement sanguins. L’accouchement eut quelques complications et nous sommes restés 4 jours à l’hôpital, expérience franchement très bonne avec un super personnel et un lieu très agréable.

L’assurance couvrit tous les frais concernant la maternité et heureusement : la facture s’élevait a 40 000 dollars. Le prix d’une journée d’hôpital peut couter facilement 6000 dollars/jour sans aucuns examens, une pacotille !

Un autre exemple fut une intervention chez un spécialiste de la dévitalisation dentaire, mon dentiste ayant préparé le terrain pour poser une couronne, le spécialiste me fit une intervention uniquement pour dévitaliser le nerf, cela dura 2 fois une heure et la mon assurance ne remboursait que très partiellement les frais a hauteur de 30 % sur 1200 dollars (c’est un peu la loterie les taux de remboursement lors de rendez vous chez les spécialistes). Alors forcement 800 dollars de ma poche ca fait mal, mais wow quel joli pactole pour ce spécialiste qui traite deux patients en même temps (on anesthésie l’un pendant que l’anesthésie de l’autre prend effet). Faites les comptes : 800 dollars en 2 h de temps a deux patients ca nous fait 1600 dollars toutes les deux heures, soit 6400 dollars par journée complète travaillée. A raison de trois jours de travail/semaines on arrive a 19200 dollars, soit en gros 80 000 dollars par mois en ne travaillant que 3 jours dans la semaine. Attention il y avait quand même une assistante, une secrétaire à payer et deux locaux de 6 m2 pour traiter les patients, la pièce la plus grande étant la salle d’attente …

Un dernier exemple vient du témoignage d’un ami américain dont le frère a l’aube de ses 30 années a finit ses études de neurologie en France, de retour aux USA après une semaine de recherche d’emploi pour démarrer sa carrière un hôpital lui proposa deux contrats 600.000 dollars/an pour 4 j/7 ou 1.200.00 dollars/an pour 6j/7. Du haut de sa vision hautement humaniste de la fonction de chirurgien il choisit le contrat 6j/7… Le salaire moyen aux USA tournant a 36 000 dollars /an ont obtient un véritable fossé.


Le voila le problème qui s’est installé aux USA au fil du temps, la valeur première du système de santé c’est le POGNON que peuvent en tirer leurs acteurs : médecins, hôpitaux, assurances, groupes pharmaceutiques, laboratoires, etc. Le pire c’est que tous n’en tirent pas parti et que la compétitivité ne fait pas baisser les prix, elle met en difficultés certains hôpitaux par rapport a d’autres et pénalisent les populations en fonctions de leur localisation. Tu vis dans un quartier moyen l’hôpital est moyen car il ne peut pas attirer autant de client et les clients un peu plus fortunés le fuit pour aller vers des soins plus cher et plus renommés, résultat dans un quartier riche les soins coutent plus cher, puisque ca se bouscule au portillon…

Ce point sur la compétitivité est très important et sert de levier permanent au politique de privatisation, l’ouverture a la concurrence ferait baisser les prix. Ceci est un mensonge pur et simple et tant que les français le goberont la marche vers des systèmes de santé aussi ubuesque que celui des USA se fera irrémédiablement. Je n’ai aucun doute que le travail de sape sur la fonction publique ait pour but ultime de pouvoir atteindre une privatisation du système de santé, tout simplement car cela s’inscrit dans une démarche de récolte de profit et que le pactole est énorme. En fait je ne vois aucune raison que ce glissement ne se fasse pas sous l’impulsion de Sarkozy car les effets visibles ont lieu suffisamment tard pour ne pas remettre en cause une éventuelle réélection en 2012. Le risque pour lui est relativement mineur et il a toujours le fusible du premier ministre comme joker.

Moi qui suit de plus en plus déconnecté de l’opinion française, et qui a tout de même l’espoir de rentrer en France un jour (en partie pour les vertus de son système social) je vous pose la question :

Les français veulent ils vraiment d’un système de santé qui cherche à soulager le poids de leur porte monnaie au détriment de leur santé ?

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