100 milliards d'euros, c'est à peu de choses près la somme des bénéfices des entreprises du CAC 40 pour l'année 2007. Si toutes ces sociétés payaient l'impôt sur les sociétés, alors l'Etat récolterait 33 milliards d'euros, rien que pour elles. Mais en réalité, ce ne sont que 6 milliards d'euros qui leur sont prélevés, sur un total, à l'échelle du pays, de 49 milliards pour cet impôt. 6 milliards au lieu de 33 milliards... car un certain nombre de grosses entreprises négocient directement leur taux d'imposition avec l'état. C'est légal, c'est génial, et ça s'appelle le bénéfice mondial consolidé (BMC).
Le groupe pétrolier Total, plus grande entreprise française, a réalisé en 2007 un bénéfice net de 12 milliards d'euros, sans compter les provisions d'au moins un milliard. Mais, au titre du BMC, le groupe paie une grosse partie de ses impôts aux pays producteurs, et une toute petite partie aux pays consommateurs, de l'ordre de 10%. La justification de ce mécanisme est simple : un groupe international réalise des profits dans plusieurs pays et doit donc payer ses impôts dans plusieurs pays. Total a toujours clamé que la part de son activité française dans son résultat était minime, aux alentours de 5%. Mais l'UFC-Que-Choisir (fév. 2008) a enquêté et évoque plutôt un chiffre de 20%, expliquant que la différence calculée par le pétrolier était dû à un "malheureux oubli" de sa part.