Le président de Debout le République s'est exprimé sur la victoire du OUI: "La victoire, en Irlande, du +oui+ est celle d'une démocratie à sens unique, d'une démocratie où l'on vote jusqu'à ce que oui s'ensuive". "Les partisans de cette Europe antidémocratique feraient bien d'avoir le triomphe modeste et discret : ce nouveau coup de force (...) ne les honore pas et aggrave encore le déficit d'image et de résultat d'une usine à gaz sans âme ni idéal, condamnée d'avance par l'histoire". "La partie est loin d'être finie, la perspective d'un référendum en Grande-Bretagne dès l'année prochaine laissant l'espoir d'une mise en échec définitive du traité de Lisbonne".
"Tout ça me révolte tellement que je préfère en rire",
a ironisé Jean-Luc Mélenchon lundi matin sur RTL, deux jours après la victoire sans appel du "oui" irlandais (67,13 % des suffrages). "Ce qui s'est passé en Irlande est une honte, c'est totalement affligeant, et cela me dégoûte de ce qui se passe en Europe", a estimé l'ancien socialiste, aujourd'hui président fondateur du Parti de Gauche.
Jean-Luc Mélanchon s'est déclaré : "Le principe de revoter quand on a mal voté devrait interroger notre conscience démocratique", a soulevé Jean-Luc Mélenchon, fustigeant l'ensemble des dirigeants européens, qui ont à l'unisson appelé à un nouveau scrutin après l'échec de la consultation de juin 2008. "On leur a expliqué que la crise était la faute de leur vote démocratique", a-t-il déploré, prenant à revers un des arguments régulièrement avancés pour expliquer le revirement irlandais. "On a vu une campagne par une compagnie d'aviation écrire que seuls les loosers votaient non", a regretté cet ancien ministre du gouvernement Jospin, qui s'est toutefois félicité du vote négatif des "ouvriers" et des "quartiers populaires d'Irlande". "Ça a de l'importance", a-t-il commenté. Concrètement, "le traité de Lisbonne va entrer dans les faits", a reconnu Jean-Luc Mélenchon. Sans pour autant se résigner : "Nous allons ajouter la crise à la crise. Le traité de Lisbonne est une stupidité archaïque, nous allons gaiement, en klaxonnant, dans le mur. C'est un désastre."
Irlande: NON, c'est oui, vous comprenez ? de Laurent Pinsolle
Les Irlandais ont été conviés à revoter ce dimanche sur le Traité constitutionnel européen, après le premier référendum de juin 2008. Le oui l'a cette fois emporté, sans que la proposition initiale n'ait été modifiée en quoi que ce soit. Laurent Pinsolle s'étonne de cet entêtement de l'Union Européenne face aux volontés populaires. Ca y est : les Irlandais ont fini par dire « oui » au traité de Lisbonne. Le Monde, tout en nuance, proclame qu’il s’agit d’un « grand jour pour l’Europe ». C’est bien un grand jour, mais pour cette Europe, qui, depuis 25 ans, a construit un modèle technocratique et ultralibéral qui ne fonctionne pas. La grande peur de l’Irlande
Certes, le traité de Lisbonne a gagné vendredi une légitimité démocratique, et cette onction populaire a le bénéfice de la clarté. Il faut dire que le contexte a sans doute beaucoup joué. La crise économique majeure que traverse l’Irlande (dont le PIB devrait reculer de 13% de 2008 à 2010) explique en bonne partie le revirement de l’opinion publique irlandaise. En effet, les Irlandais préfèrent sans doute traverser la catastrophe économique mondiale au sein de l’Union Européenne, plutôt que seuls.
Pourtant, la sévérité de la crise locale doit beaucoup aux dysfonctionnements introduits par les traités européens. Car si la crise a été si forte en Irlande, c’est parce que l’économie irlandaise a été boostée artificiellement par la politique monétaire complètement inadaptée de la BCE. Si les taux d’intérêts de la banque centrale européenne pouvaient être trop élevés pour la France et l’Allemagne, ils étaient en revanche beaucoup trop bas pour l’Irlande, entretenant une énorme bulle économique. C’est donc tout le paradoxe de ce vote, à savoir que les Irlandais, victimes d’une crise provoquée par l’Europe, préfèrent faire allégeance au système qui a provoqué cette crise pour ne pas affronter seuls la crise ! Car si l’Irlande n’avait pas rejoint l’euro, alors la politique monétaire de leur banque centrale aurait pu prévenir la bulle financière. Il est dommage que les partisans du « non » n’aient pas su expliquer cette vérité aux Irlandais pour rééditer le « non » du référendum précédent.
Une négociation sans concession est-elle encore une négociation?
Malgré tout, les partisans du traité de Lisbonne pourront souligner que les Irlandais ont fini par accepter le traité. Mais la méthode européenne reste extrêmement contestable. Au moins, pour le traité de Maastricht, quand les Danois avaient revoté, ils avaient obtenu des modifications très importantes et des exemptions qui changeaient le sens global du traité pour eux. Là, pour le TCE, comme le traité de Lisbonne, les Français, Hollandais et Irlandais se retrouvent avec un traité quasiment identique à celui qu’ils avaient refusé.
Et même si, dans ces trois pays, une instance a fini par accepter le traité (seuls les Irlandais ont eu l’opportunité de s’exprimer à nouveau par référendum), comment ne pas être choqué par le fait de redemander un vote sur un texte équivalent à celui qui avait été refusé? N’y avait-il qu’une réponse acceptable ? La démocratie ne suppose-t-elle pas de prendre véritablement en compte l’opinion du peuple ? Demain, faudra-t-il organiser des référendums où seuls les bulletins « oui » seront présents ?
Les Irlandais ont choisi d’accepter le traité de Lisbonne. Quelles que soient les raisons de leur vote, il faut l’accepter. En revanche, comment ne pas être scandalisé par cette Europe qui refuse de changer son orientation quand les peuples européens le lui demandent ?
Une victoire du NON est possible ! article publié il y a quelques jours
le courageux peuple irlandais
Malgré la propagande massive menée par la Commission européenne, le gouvernement irlandais et les grandes entreprises privées, [*] il semble possible que le peuple irlandais fasse mentir les sondages officiels lors du référendum du 2 octobre sur le Traité de Lisbonne.
Dans son édition du jour, l’Irish Times, qui a promu jusqu’ici la campagne du Oui, publie un article intitulé « Un lotissement se transforme en Non man’s land », faisant mine de découvrir tout à coup que les irlandais ne sont pas si ouiouistes que ne le prétendent les instituts de sondage. C’est en accompagnant des militants du Non dans un quartier résidentiel du centre de l’Irlande que la journaliste s’est rendue compte de ce que pensent « les hommes et les femmes qui sont les plus vulnérables au chômage et aux coupes dans les services sociaux ». D’après son rapport, une large partie d’entre eux sont en colère contre leur gouvernement et ses politiques économiques désastreuses ; ils voteront non. La majorité rencontrée est encore indécise, mais beaucoup penchent vers le Non, même parmi ceux qui avaient voté Oui en juin 2008. La journaliste cite le cas d’un homme particulièrement choqué en apprenant que comme les irlandais, français et hollandais avaient déjà voté Non…en 2005.
Les gouvernants irlandais discrédités
Peut-être une victoire proche !
L’Irish Times du jour donne aussi la parole à 8 dublinois et révèle la défiance populaire vis-à-vis du gouvernement ainsi que de la bureaucratie européenne. La popularité du Premier ministre irlandais, Brian Cowen, nommé avant le premier référendum de juin 2008 pour tenter de calmer la colère des irlandais, est à 11% !
Selon un sondage évidemment controversé de l’organisation Gael Poll, qui avait été la seule à prévoir avec exactitude le résultat de juin 2008, 51% des 1500 irlandais interrogés voteraient Non, 35% Oui et 14% sont indécis (soit 59-41 en faveur du Non si l’on enlève les indécis)
Pour une autre europe, celle des nations et des peuples
Dans ce contexte, la CAEUC (Campagne contre la Constitution européenne), qui regroupe les partis, syndicats et associations opposés au traité de Lisbonne, a lancé l’offensive contre la Commission européenne qu’elle accuse à juste titre d’être co-responsable de l’effondrement économique de l’Irlande. Dans un communiqué reprenant les propos tenus par son porte-parole Brendan Young, la CAEUC s’en prend aux nouvelles coupes budgétaires prévues par le gouvernement, et nécessaires aux yeux de l’UE. « Plutôt que de revenir sur les politiques qui ont mené à la crise financière, Cowen et Barroso veulent les renforcer en faisant ratifier le traité de Lisbonne. Voter Oui accroîtra la pression en faveur des coupes : l’article 136 confère à l’UE encore plus de pouvoir pour réduire les dépenses publiques. Dans le même temps, le gouvernement va emprunter 54 milliards d’euros à la Banque centrale européenne pour débarrasser les banques de leur mauvaise dette. Les contribuables vont casquer via la NAMA [Agence nationale de gestion des actifs - ndlr], qui a reçu l’aval de l’UE. Les termes de la BCE pour l’utilisation de ces prêts par les banques stipulent qu’ils ne doivent pas être « détournés de la maximisation du profit vers d’autres buts », comme le plein emploi, les services publics ou l’environnement. Il est temps d’en finir avec les politiques néo-libérales de Cowen et Barroso, qui ont mené au crash et que Lisbonne renforcerait. »
Pourquoi l'arrêt de la Cour allemande encourage le "non" irlandais Lors d'une conférence de presse organisée hier à Dublin par le comité irlandais du "non" à Lisbonne, le professeur Dietrich Murswiek,; conseiller en droit public et international et professeur de droit constitutionnel et administratif à l'Université Albert Ludwigs de Freiburg a déclaré que les médias avaient donné une impression «complètement fausse» de la décision sur le traité de Lisbonne rendu le 30 juin dernier par la Cour constitutionnelle allemande. Il a indiqué que la Cour n'avait pas approuvé le traité, en raison des dommages qu'il cause à la démocratie allemande et la souveraineté. L'une des conditions posées à sa ratification, rappelle le Pr Murswiek, était que l'Allemagne adopte des réformes institutionnelles qui pourraient quelque peu « réparer » les dommages causés par le traité à la démocratie nationale. Dès lors que les Irlandais n'ont (pas plus que les autres pays d'ailleurs) n'ont pas pris de précautions similaires, le peuple irlandais devrait, selon le juriste, voter "non" à ce traité au nom même de la démocratie. A une naïve question d'une journaliste demandant comment "l'ensemble de l'establishment politique irlandais, incluant les organisations patronales et les principaux partis politiques, pourraient se tromper au sujet du traité de Lisbonne", le professeur Murswiek a rappelé que, précisément, le gouvernement allemand prétendait la même chose sur Lisbonne, jusqu'à ce que la Cour constitutionnelle ne lui donne tort. L'arrêt de la Cour constitutionnelle apparaît en effet comme une condamnation, au nom de la démocratie, de la souveraineté et d'une certaine idée de l'Europe, de l'ensemble des gouvernements européens et les parlements qui ont ratifié, souvent sans le lire, ce traité de Lisbonne. En France, on se souvient que le Président de la République avait donné une petite semaine au Conseil constitutionnel statuer, et au Conseil d'Etat, 24 heures....
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Mais à part çà Mme la Marquise...
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