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Vers une crise des subprimes à la française ?

Subprime, pas de pitié: reportage 16/11/2007

A Cleveland, dans l'Ohio, la crise du crédit immobilier a laminé la ville. Notre correspondant aux Etats-Unis Philippe Grangereau a suivi deux couples en passe d'être expulsés de chez eux car ils ne pouvaient rembourser leur prêt dit « à surprime ». Chaque jour, la police effectue onze expulsions. Chaque lundi, des centaines de maisons sont mises aux enchères par le Shériff, mais personne ne les achète. Des quartiers entiers ont été pratiquement vidés de leur population. Des dizaines de milliers de logements sont laissées aux « looters » (pillards) qui arrachent la plomberie en cuivre, les portes, les fenêtres, les parements en aluminium, pour les revendre au prix de la ferraille.



Vers une crise des subprimes à la française ?

Les prêts à taux révisables accordés massivement aux ménages français depuis 2004 constituent en effet une véritable bombe à retardement. D’après les calculs de Meilleurstaux.com, plus de 100.000 ménages pourraient être concernés par des hausses de mensualités pouvant atteindre 20%. Toujours selon leurs calculs, pour un prêt de 150.000 euros sur 30 ans, le taux d’intérêt devrait augmenter d’environ 2%. Résultat : les mensualités pourraient augmenter de 200 euros environ soit 8% des revenus des ménages.

La situation est d’autant plus explosive que les prêts révisables sont le plus souvent accordés aux ménages aux revenus modestes dont le taux d’endettement dépasse souvent 33% de leurs revenus et qu'ils s’étalent sur 30 ans. Ce qui rend impossible un allongement de la durée de d’emprunt qui pourrait alléger les remboursements. Certes, ce type de prêts a permis à de nombreux particuliers d’accéder à la propriété en permettant d’emprunter davantage alors que le prix de la pierre atteignait des niveaux exorbitants. Mais il est certain qu’un bon nombre d’emprunteurs ont été abusés par des commerciaux aux techniques troubles. Surtout en leur dissimulant que le loyer de l’argent au moment de l’emprunt se situait à un niveau très bas et qu’une hausse des taux était inévitable. Mais aussi en émettant de préciser qu’une hausse des taux entraîne mathématiquement une hausse des mensualités.

Alors que le nombre de dossiers de surendettement continue d’augmenter, malgré la loi Borloo de 2003, la pile n’a pas fini d’augmenter. Déjà 700.000 ménages étaient en cours de procédure de désendettement selon le baromètre de la Banque de France. Mais à regarder de plus près, le problème est encore plus important : 15% ménages français disent avoir des difficultés à rembourser leurs dettes, soit 7,5 millions de personnes

Journal l'expansion du 19/11/2007

A Cleveland, dans l'Ohio, la crise du crédit immobilier a laminé la ville


Subprime, pas de pitié: reportage 16/11/2007


Il y a plus de six mois je lisais un article du journal l’Expansion

Pas de panique
Pas de panique
Hier, vendredi le CAC a dévissé de plus de 3%. Il y a longtemps qu’une telle variation journalière n’avait pas été constatée à Paris


Incontestablement la crise immobilière américaine « le subprime » pénalise les performances de l’économie US, mais il ne faut pas s’en étonner.

Il y a plus de six mois je lisais un article du journal l’Expansion sur les Etats-Unis qui titrait à la une « L’Amérique, l’heure des doutes ».

Le journaliste expliquait que les classes moyennes étaient prises d’un coup de blues réel avec la peur angoissante de glisser dans l’armée grandissante et muette des travailleurs pauvres. L’article expliquait aussi qu’à l’origine de ces doutes, il y avait déjà le dégonflement de la bulle immobilière. « Il suffit de sillonner les immenses banlieues résidentielles pour se rendre compte de la violence du coup de froid. Plantés sur les pelouses grasses, entre le drapeau américains et le panneau de basket, les pancartes « for sale ».

Les banques américaines et maintenant nous constations que BNP Paribas n’est pas exempt de tout reproche, ont eu une attitude irresponsable. Avec la remontée des taux d’intérêt de nombreux ménages US sont pris à la gorge incapables de faire face à leurs échéances, d’autant que les montages financiers permettaient à des familles très modestes de se payer des villas dont les prix avoisinaient les 300 000 à 400 000 dollars. Ces « crédits exotiques » ont fait un tabac, les plus répandus les « buy down loans » sont très risqués : pour un emprunt au taux moyen de 6%, les banques proposent les premières mensualités des premières années au taux réduit de 2%, ensuite le taux grimpe à 8%. Ce transfert dans le temps fait doubler les charges de remboursement !

La FED qui souhaitait resserrer le loyer de l’argent semble aujourd’hui faire machine arrière

Inquiétude réelle ou coup de torchon ?
Inquiétude réelle ou coup de torchon ?
La FED qui souhaitait resserrer le loyer de l’argent semble aujourd’hui faire machine arrière et semble se diriger vers une baisse de ses taux directeurs au mois de septembre.
Si nous faisons le point aujourd’hui, les performances de la Bourse de Paris sont négatives de presque 3 % depuis le début de l’année, alors que les profits des entreprises grimpent en moyenne de 10% au vu des résultas semestriels qui sont sortis en juillet et août :
- Total : 13,5 milliards de dollars ;
- Arcelor-Mittal : 8,7 milliards
Les chiffres donnent le vertige comme le souligne Hubert Tassin dans le numéro 1752 du journal Investir : « Les bénéfices des 40 champions français c’est l’équivalent du PIB d’un pays comme le Venezuela ou Israël ou la moitié d’un pays comme la Belgique ». !

Et le journaliste de continuer « on est un peu étonné d’observer une consolidation boursière qui tourne à la correction ». Les investisseurs semblent effectivement faire preuve d’un excès de prudence. On ne doit pas perdre de vue que, sur une longue période, c’est la progression des bénéfices qui justifient les cours de Bourse, tous les analystes financiers le savent.

Avec l’aide des banques centrales, la situation devrait se calmer en septembre mais le crédit va être moins facile, c’est un assainissement salutaire sans doute. La qualité des emprunteurs sera également plus étudiée. Les liquidités seront moins importantes
La croissance mondiale reste solide avec des bénéfices conséquents. Ce sont des fondamentaux qu’il ne faut pas oublier.

Il me semble donc pour ceux qui subissent actuellement des moins-values potentielles de leur portefeuille d’épouser une attitude de « wait and see », c'est-à-dire de ne pas vendre pour l’instant.


Par contre un économiste interviewé par CAPITAL pense que l'intervention de la BCE cache une situation des "subprimes" plus critique qu'il n'y parait en réalité
cliquez sur le lien :
http://www.capital.fr/actualite/Default.asp?interview=O&numero=64849&Cat=SOF

frederic bobard
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Tags : bourse, subprime

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