de Nathalie Château-Artaud |
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La Musicothérapie
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Article paru dans Les Dernières Nouvelles D'Alsace le mercredi 22 mars 2006 dans la rubrique "Grands Reporters" concours 2006/ Toute la musique que j'aime.
Interview Madame Château-Artaud a ouvert son cabinet de musicothérapie à Strasbourg il y a quatre ans. - Pourquoi avez-vous choisi la musicothérapie comme spécialité ? - La musicothérapie n'est pas une spécialité mais u n métier. Mais, à ce jour, nous n'avons aucun statut. J'ai à la base une formation de professeur de musique et à travers cette matière, je cherchais l'épanouissement des élèves, mais j'estimais être plus efficace en me tournant vers la musicothérapie. - Ce métier nécessite-t-il une formation particulière ? - J'ai suivi une formation sur trois ans au Centre Internationnal de Musicothérapie de Paris où j'ai obtenu le certificat aux techniques psychomusicales et à la musicothérapie. - Pouvez-vous nous citer un cas de "guérison" spéctaculaire ? - J'ai reçu en séance une jeune fille de 22 ans, infirme moteur cérébral, qui faisait des crises presque quotidiennement. Au bout de quelques mois, ces crises se sont espacées et sont aujourd'hui très rares grâce aux séances de musicothérapie. Pour moi, c'était une grande satisfaction bien qu'il ne s'agisse pas d'une guérison dans le sens médical du terme. La musicothérapie aux petits soins pour le handicap Apparue en France dans les années 60, la musicothérapie est encore très méconnue par le grand public. Pourtant ces soins paramédicaux favorisent en particulier la rééducation de personnes handicapées, moteurs ou mentales, lorsque la médecine traditionnelle n'est plus efficace. La musicothérapie "active", qui consiste à jouer d'un instrument de musique, s'adresse spécialement aux handicapés mentaux, car elle a un impact direct sur le mental, ce qui permet de toucher l'émotionnel de la personne. Son influence est très forte sur l'être humain, car l'écoute de la musique crée des vibrations dans le corps qui mettent en action des milliers de cellules cérébrales, ce qui favorise le rétablissement de l'équilibre physique, psychique et émotionnel. Séance après séance le handicapé sort peu à peu de sa "bulle" et parvient à s'exprimer davantage. De la même façon, la musicothérapie "active" amène progressivement les handicapés moteur, qui souffrent d'un blocage, à maîtriser leur corps, à s'exprimer de manière plus ordonnée. Avec eux il faut faire un travail de rééducation au niveau du corps et les faire lâcher leur souffrance liée à leur handicap. Mais les progrès ne sont jamais rapides, et ce travail nécessite patiente et longueur de temps. "La maladie d'Alzheimer, l'autre handicap" Beaucoup de personnes souffrent d'un autre handicap grave : la maladie d'Alzheimer qui se traduit par une perte ou un disfonctionnement de la mémoire, ce qui génère de l'angoisse ou à l'opposé de l'agressivité. Chez ces personnes, on travaille surtout sur le souvenir de façon "réceptive" ou "active" en leur faisant écouter des chansons d'autrefois qui leur rappellent d'agréables souvenirs ou en leur faisant jouer d'un instrument. Ainsi touchées dans leurs émotions, ces personnes retrouvent l'estime d'elles-mêmes, l'estime des autres, réapprennent à communiquer et deviennent ainsi moins agressives ou moins angoissées. Les séances peuvent être individuelles ou en groupe. "Mêmes causes, mêmes effets" La musicothérapie est également utilisée pour traiter l'hyperactivité de certains enfants ou "l'hyperagressivité" ce certains détenus en milieu carcéral - Madame Lesueur, infirmière, exerce la musicothérapie à la maison d'arrêt de Strasbourg. On cherche là aussi à toucher l'émotionnel de ces personnes de sorte à atténuer leurs accès de violence, leurs pulsions. Mais là rien n'est possible sans adhésion du "patient". "La musicothérapie préventive" La musicothérapie n'a pas seulement un aspect curatif, elle peut être aussi "préventive". En raison de ses vertus relaxantes, on peut travailler sur le psychique d'une personne préparant un examen ou un concours important, en réduisant son stress. Les chinois utilisent aussi la musicothérapie "énergétique", qui ne sépare pas le corps du psychique, dans la préparation physique de leurs sportifs à la veille d'une compétition. Les bienfaits de la musicothérapie sont donc nombreux. Aussi les musicothérapeutes méritent-ils plus de reconnaissance et pourquoi pas un statut ? Toute la musique que bébé aime La musicothérapie est également de plus en plus pratiquée dans le domaine périnatal, que ce soit durant la grossesse ou lors de l'accouchement. Il est avéré en effet que les bébé in utero est stimulé dès les premiers mois par les voix ou les sons qu'il perçoit. Le chant prénatal est le premier message de douceur qu'il reçoit. Il est important d'établir à travers la musique cette relation affective entre la maman et son enfant. Faire chanter les futures mamans est donc très bénéfique à l'enfant puisqu'il se crée ainsi une enveloppe sonore qui procure au bébé une sensation sécurisante, qu'il gardera après sa naissance. "Rassurer aussi la maman" Mais les séances de musicothérapie peuvent également apporter du bien-être au futures mamans, en supprimant leurs angoisses à la veille d'un (premier) accouchement par exemple. Elles apprennent à gérer simultanément leur corps et la douceur, car le chant facilite la respiration et apaise les angoisses du nourrisson, si bien que le chant prénatal occupe une place prépondérante dans la préparation d'un accouchement. Par ailleurs, la présence d'un musicothérapeute aurait un effet sécurisant lors d'un accouchement. La musicothérapie procure donc confiance à la maman et protection à l'enfant. Article rédigé par la classe de 4e 4 du collège Des Roseaux d'Illkirch sous la direction de Monsieur Schaeffer.
Nathalie
Rédigé par Nathalie le Dimanche 9 Avril 2006 à 19:55
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