de Nathalie Château-Artaud |
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La Musicothérapie
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• Une pratique vieille comme le monde
• Des soins d’appoint en psychiatrie Les origines chinoises de la musicothérapie remontent au cinquième siècle avant Jésus Christ. Les sages de l’empire du Milieu soutenaient qu’à chaque organe du corps correspondait un son, un rythme particulier. Dans les sociétés occidentales, il a fallu attendre le début du siècle avant que la thérapie par la musique ne pénètre les milieux professionnels et ce, à l’état expérimental. En France, on l’employa notamment pour traiter les soldats revenus du combat, dans les années 1950, et soulager leurs traumatismes de guerre. Aujourd’hui, la musicothérapie fait partie des services offerts dans de nombreux centres psychiatriques, foyers pour personnes âgées, orphelinats ou centres de bien-être à travers le monde. Nathalie Château-Artaud, musicothésapeute, a ouvert le premier cabinet de ce type au Maroc, au début du mois de février. Dans la région de Marrakech, elle travaille aussi en collaboration avec l’hôpital psychiatrique : une première au pays. «Les techniques de relaxation contribuent énormément à la gestion du stress chez les patients», soutient Imane Tazi, psychiatre et professeur à la faculté de médecine et de pharmacie de Marrakech. «La musicothérapie peut être très efficace auprès des femmes enceintes, des enfants handicapés mentaux ou physiques», ajoute-t-elle. Le traitement musical pourrait même remplacer les prises en charge médicamenteuses pour les gens souffrant de douleurs chroniques, comme les rhumatismes. Comment ça marche? Il existe deux types de musicothérapie : réceptive et active. Pour la forme active, c’est le sujet qui devient créateur et qui s’exprime à travers des sons et de la musique. Cette technique n’est pas sans rappeler les fameux «mantras» hindouistes et bouddhistes. «Par exemple, un adolescent pourrait se servir de percussions pour faire émerger une émotion», explique Nathalie Château-Artaud. Certains thérapeutes incluent également des mouvements corporels et du chant improvisé à ce type de traitement. La musicothérapie réceptive, de son côté, est fondée sur l’écoute. «Chacun des instruments correspond à un organe», explique-t-elle. De fait, les sons graves résonnent habituellement dans la région de l’abdomen, alors que les plus aigus résonnent au niveau de la tête. «Ce qui est important, c’est la vibration», indique Château-Artaud. «Comme chaque organe du corps humain possède son propre rythme, il faut parfois le remettre au diapason», poursuit-elle. Apaisement, détente et relaxation : voilà donc ce à quoi mènerait une séance de musicothérapie réceptive. A Marrakech, l’hôtel Essaadi a trouvé l’idée enchanteresse et a décidé d’offrir des séances de musicothérapie à sa clientèle. Acupuncture sonore et healing énergétique: des alternatives pour ceux qui souhaitent se détendre sans nécessairement recevoir de massage. «Je dépose des diapasons sur les points d’acupuncture», explique Château-Artaud. La technique semble très efficace : «J’ai ressenti un apaisement profond et la qualité de mon sommeil s’est beaucoup améliorée», témoigne Monica. Le traitement n’est cependant pas à la portée de toutes les bourses : il faut compter 500 Dh pour 50 minutes. Bémol «Depuis le Moyen-Âge et jusqu’aux années 1950, des orchestres de musique andalouse se produisaient dans les hôpitaux psychiatriques ou leur équivalent, partout au Maroc», raconte Driss Moussaoui, psychiatre et professeur à la faculté de médecine de Casablanca. «Et pendant longtemps, la radio nationale a fait jouer ce type de musique pendant l’heure de la sieste», ajoute-t-il. L’influence de la musique sur l’humeur et le comportement humain ne fait donc aucun doute pour le chercheur. «Certes, il y s des rythmes qui excitent, qui apaisent et qui tonifient. Mais la musicothérapie ne suffirait pas à elle seule pour soigner un malade», prévient-il, préférant la considérer, pour l’heure, comme un traitement d’appoint. Marie-Hélène GIGUERE Article paru dans le journal l'Express le jeudi 8 mars 2007
Nathalie
Rédigé par Nathalie le Lundi 7 Mai 2007 à 22:27
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