Rapport d’observations de la Chambre Régionale des Comptes des Pays de la Loire relatif à la gestion de l’association CRDC –Lieu Unique - période 2005/2009 - Marie-Laure Le Pomellec
Selon ce document, Estuaire serait une biennale déficitaire sans évaluation pertinente.
Dans ce type d’évènement, seul le nombre de visiteurs est pertinent pour parvenir à une évaluation. Or seul le nombre de visites a été comptabilisé, autour de 700.000 à chacune des éditions, sans qu’aucune distinction ne soit faite entre les visites actives (visiteurs se déplaçant pour voir une œuvre d’Estuaire) et passives (visiteurs se déplaçant pour un autre objet, ce qui était particulièrement le cas autour des œuvres présentées à Nantes). En d’autres termes, les habitués des établissements du Hangar à Bananes ainsi que les salariés du Conseil Général, dans la cour duquel une œuvre était présentée, ont pu être comptabilisés à de très nombreuses reprises.
Le seul chiffre fiable disponible est celui de la fréquentation de la croisière dont le taux de remplissage a chuté de 30 % entre les deux éditions. Peu convainquant... D’après une étude réalisée en partenariat avec Nantes Métropole en 2009, 60 % des visiteurs étaient originaires de Loire Atlantique, sans préciser néanmoins si les visiteurs extérieurs avaient fait de la visite d’Estuaire le but principal de leur voyage, ou si son absence ne l’aurait par remise en cause. Les chiffres du tourisme l’attestent, Nantes n’est toujours pas devenue le pôle culturel européen majeur qu’on nous avait promis (seulement 17.000 touristes étrangers en 2010, soit 13 fois moins qu’à Bordeaux !).
Toutes ces évaluations approximatives ne permettent pas d’anticiper la suite. Ce qui laisse craindre d’autres carences pour l’édition 2012. Car si 9,1 millions d’euros d’argent public ont été dépensés au total, cela n’a pas suffi puisqu’un déficit de 1,6 millions d’euros a été cumulé sur les deux précédentes éditions.
L’ardoise d’Estuaire risque donc d’être élevée en 2012 et d’avoir des conséquences sur les finances de la ville à l’instar de l’activité du Lieu Unique moins actif et déficitaire en raison d’Estuaire en 2009.
Voilà les conséquences de « la gestion au fil de l’eau » revendiquée par Jean Blaise. Plutôt que de jouer au ping-pong ou au trampoline dans les nouveaux locaux du Voyage à Nantes payés par les contribuables, l’équipe d’Estuaire devrait travailler un peu plus le sérieux de son image.
Nous regrettons d’avoir du attendre un rapport de la Chambre Régionale des Comptes pour obtenir un réel bilan de la manifestation. Cela démontre une fois de plus votre souci de la transparence et de la remise en cause.