La ville de Nantes se situe au cœur d’une région touristique, la 6ème de France, dans laquelle se pressent chaque année près de 20 millions de touristes.
Les côtes vendéennes et de Loire Atlantique en sont le principal vecteur d’attractivité. Parallèlement, Nantes est en pleine quête de reconnaissance touristique, bien qu’elle dispose d’avantages non négligeables, notamment son label ville d’Art et Histoire.
Mais l’essentiel de son public est originaire de France : 80 %.
En 2010, seulement 17.000 étrangers avaient poussé les portes de l’office du tourisme de Nantes (+ 12%) soit 20 % des touristes estivaux.
A titre de comparaison, Bordeaux en avait comptabilité 13 fois plus.
Le travail que vous avez confié à Jean Blaise et à son équipe consiste à décupler l’attractivité touristique, en particulier à l’international. Malheureusement, les premières opérations n’ont pas rencontré le succès escompté.
La biennale Estuaire, qui doit symboliser cette ambition touristique à l’international s’est révélée être un évènement déficitaire, au succès limité, à la résonnance uniquement hexagonale voire régionale. Selon une étude réalisée en partenariat avec Nantes Métropole en 2009, 60 % des visiteurs seraient originaires de Loire Atlantique.
La Chambre Régionale des Comptes, dont nous avons déjà évoqué le rapport, rappelait ainsi que faute d’indicateurs fiables les retombées de l’opération étaient difficilement mesurables.
Pour mémoire, les ressources ont été insuffisantes pour couvrir l’ensemble des dépenses. Il reste environ 1,6 millions d’euros à financer pour les biennales 2007 et 2009, alors que les dépenses de fonctionnement ont augmenté de 24 % de l’une à l’autre.
Pourtant alors que tous ces éléments incitent à la prudence, tant du point de vue de la gestion au fil de l’eau que de l’impact de la manifestation, nous persévérons dans la même voie, avec le même équipage à qui vous renouvelez votre confiance et à qui nous signons un chèque en blanc pour 2012.
Permettez-moi d’ajouter que l’année prochaine, le Musée Dobrée et le musée des Beaux Arts seront fermés, le Mémorial de l’Esclavage peut être pas ouvert, il nous restera sans doute le Carrousel, et un programme pour l’été prochain pas encore bouclé…
Nous avons tous une ambition forte pour que Nantes devienne une ville touristique reconnue au niveau européen, voire international. Mais pour l’instant, le décollage de la ville à l’international peine. Nous doutons aujourd’hui de la pertinence et de l’efficacité de la stratégie que vous proposez et dans cet esprit les élus de l’opposition nantaise s’abstiendront.