Tout d'abord, il est important de préciser que le groupe « Ensemble pour Nantes » est évidemment tout à fait favorable au regroupement des différents services du CHU sur un site unique. C’est une nécessité pour créer un véritable Pôle Santé dans l’Ouest.
Pourtant, aucune trace du projet dans le programme de Jean-Marc Ayrault aux élections municipales de mars 2008. Premières évocations du transfert sur l’île de Nantes au mois de juin 2008. Que s’est-il passé entre mars et juin ?
- découverte du déficit abyssal du CHU de Nantes : 33 millions d’euros, record français toutes catégories ! Déficit révélé découvert comme par hasard 3 mois APRES les élections municipales…
- rapport de la Chambre Régionale des Comptes sur la gestion du CHU, qui fait état de « reprises sur provisions non fondées ayant affecté la fiabilité des comptes »
Bref, le CHU va mal et pour Jean-Marc Ayrault, il est urgent de faire diversion… Pour autant, le malaise de l’équipe en place sur le sujet du transfert du CHU sur l’île de Nantes et plus généralement sur la question du CHU, est de plus en plus palpable :
- annulation des vœux du maire au personnel du CHU pour la deuxième année consécutive.
- délocalisation également des conseils d’administration du CHU (une réunion en préfecture)
- les réunions sur le transfert du CHU sur l’île de Nantes se font à huit-clos, en-dehors de la présence de la presse
- désordre dans les troupes (Charles Gautier, les Verts…)
Aussi, le 28 mai dernier une réunion est organisée par Jean-Marc Ayrault, Christiane Coudrier et Gilles Potel, président de la CME et soutien affiché du maire de Nantes lors des dernières élections municipales, pour présenter les arguments du regroupement sur l'île de Nantes :
- Equilibre de l’offre de soins public-privé à Nantes. Le CHU devrait rester dans le centre-ville pour ne pas déséquilibrer l’offre de soins sur le territoire, à ceci près que, l’île de Nantes oblige déjà à traverser la Loire, qu'on n’a pas hésité depuis 30 ans à implanter sur le CHU Nord des disciplines majeures comme la cardiologie, la chirurgie thoracique, la neuro-chirurgie, que c’est le type de pathologie, plus que la proximité de l’établissement, qui détermine surtout l’établissement où s’effectue le suivi des patients et que le CHU draîne toutes les activités de recours
- Proximité des services urbains. L’implantation d’un CHU sur un site, quel qu’il soit, engendrera le développement de commerces et de services urbains dans son immédiate proximité. On ne va pas au CHU pour faire du shopping !
- Etablissement hospitalo-universitaire : La proximité serait nécessaire et indispensable entre le pôle clinique et le pôle d’enseignement et de recherche universitaire. En réalité cette proximité ne serait intéressante que pour une petite minorité du personnel du CHU (professeurs de médecine PU-PH), dont la plupart sont d’ailleurs basés actuellement…à l’hôpital Nord
Les vraies raisons du déménagement sont :
- La responsabilité de JMA dans la situation catastrophique de l’établissement (Rapport de la Cour des Comptes, la mauvaise gestion évidente, cf. plan de départs volontaires...)
- L’échec de l’aménagement de l’île de Nantes : l’aménagement de l’île de Nantes reste pour le moins sporadique, dispersé et désordonné. La population ne vient pas. L'architecte urbaniste, Chemetoff, avait refusé de « tailler une escalope sur l’île", et on raye de la carte au nom de l’aménagement de l’île de Nantes un emplacement réservé depuis longtemps pour la création d’un grand pôle Santé sur l’agglomération).
Ce qui plaide pour une installation sur le site du CHU Nord :
- La disponibilité du foncier sans déplacement du MIN : 50 ha dont la moitié de construit actuellement alors que l'espace est déjà trop étriqué sur l’île de Nantes, puisque la surface nécessaire serait d’environ 15 ha, et que la surface disponible pour l’instant est de 6 à 8 ha.
- L’ampleur et l’innovation des équipements déjà présents sur le site Nord : Cyclotron, de nombreuses structures de recherches et bio-industries regroupées dans l’ensemble « Bio-Ouest », le centre René Gauduscheau et l'Hôpital Laënnec.
- Le coût global du projet, (300 millions d’euros) largement sous-évalué (il est plus économique de déménager un seul site : Hôtel-Dieu).
- les nuisances sonores,
- La question de l’accessibilité : Le CHU de Nantes occasionne environ 12000 déplacements par jour, dont 50% pour le personnel. Avantages du site Nord : possibilité de prolonger la ligne de tramway, de vastes parkings, contrairement au site de l’île de Nantes, proximité du périphérique et des autoroutes et accès par les airs facilité.
Enfin c'est une Formidable opportunité pour désengorger le centre-ville, car implanter le CHU sur une île va à l’encontre de toutes les bonnes intentions du futur PDU.
Le projet de transfert du CHU fait donc suite à un double échec, dans la gestion de l’établissement et
du projet d’aménagement de l’île de Nantes, d'autant que le projet est manifestement mal ficelé, les investissements sur le site de l’Hôtel-Dieu se poursuivant, (PTMC, 70 millions d’euros, amorti autour de 2045).
Par ailleurs les conditions fixées par le ministère pour donner le feu vert au projet sont loin d’être remplies (équilibre financier, programme capacitaire, modalités d’accessibilité).
Les élus du groupe Ensemble pour Nantes sont donc à ce jour très sceptiques sur la réalisation effective du projet.
On nous vend le « grand pôle Santé de l’Ouest », tout comme on essaie de nous vendre « Nantes capitale verte européenne ». Les équipes en place privilégient le « tout communication » au détriment d’une véritable politique de long terme pour la ville de Nantes.