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Gabriel JEUGE
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QUESTIONS ACTUELLES
SAMEDI 26 JUILLET 2008 : LA RÉGULATION DES NAISSANCES - LE BLOG DE THIERRY
26/07/2008
PROGRAMME :
- LA RÉGULATION DES NAISSANCES : IL Y A 40 ANS, EN 1968, LE PAPE PAUL VI PUBLIAIT UNE LETTRE DESTINÉE À TOUTE L'ÉGLISE (UNE "ENCYCLIQUE", QUI PORTAIT LE NOM DE "HUMANAE VITAE"). CETTE LETTRE ALLAIT FAIRE GRAND BRUIT DANS L'ÉGLISE ET EN DEHORS, CAR ELLE PROHIBAIT L'EMPLOI DE TOUT AUTRE MOYEN QUE NATUREL POUR CONTRÔLER LES NAISSANCES. OR, C'ÉTAIT L'ÉPOQUE OÙ L'ON VENAIT DE DÉCOUVRIR ET AUTORISER LA "PILULE".. LES CHRÉTIENS FURENT DIVISÉS, ET LE RESTENT : SI AUJOURD'HUI ON N'EN PARLE PLUS, C'EST QUE LES CHRÉTIENS, À PART DE RARES EXCEPTIONS, IGNORENT LA PAROLE DU PAPE OU PASSENT OUTRE SANS HÉSITATION...
UN POINT SUR LA QUESTION, AVEC LE JOURNAL "LA CROIX".
- LE BLOG DE THIERRY : NOUS EN AVONS DÉJÀ PARLÉ. ON PEUT LE LIRE EN CONSULTANT LA "LISTE DES LIENS" DU PRÉSENT BLOG. OR, THIERRY, ATTEINT DE SCLÉROSE LATÉRALE AMYOTROPHIQUE, MALADIE SANS REMÈDE CONNU, AVAIT CESSÉ D'ÉCRIRE SUR SON BLOG DEPUIS LE 6 JUILLET, CE QUI INQUIÉTAIT SES AMIS. OR, VOILÀ QU'IL A ÉCRIT UN MESSAGE LE 22 JUILLET. VOUS LE TROUVEREZ CI-DESSOUS, ET CONSTATEREZ QUE, HÉLAS! LA MALADIE SUIT SON COURS IRRÉVERSIBLE... LISEZ CES LIGNES POIGNANTES.
Anaïs est née depuis 3 jours
RÉGULATION DES NAISSANCES
« La Croix » a mené l'enquête auprès de catholiques pour entendre leur lecture d'« Humanæ vitæ », l'encyclique de Paul VI sur le mariage et la régulation des naissances (où était condamnée toute régulation des naissances para des moyens autres que naturels) publiée il y a 40 ans.
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Quarante ans après, le coup de tonnerre du milieu de l’été 1968 s’est assourdi. L’encyclique Humanæ vitæ, par laquelle Paul VI condamna toute forme de maîtrise non « naturelle » de la fécondité, ne fait plus guère partie des débats et des préoccupations des catholiques.
« Je me sens loin de ce texte. Quand je le lis, j’ai l’impression qu’il n’est pas dans la réalité des couples d’aujourd’hui, qui ont bien d’autres problèmes plus importants que la contraception, témoigne Marie-Solange Justin, permanente de la communauté Fondacio, qui s’occupe de l’accueil des couples au sein de l’équipe nationale. Problèmes de relation, de communication, de sexualité, « avec cette idéologie de la performance qui plombe tant de couples » : Marie- Solange égrène ce qu’elle accompagne au quotidien. Il y a aussi les problèmes de ceux qui se sont mariés « sans se connaître, sans connaître l’histoire de leur enfance, de leurs familles ». « Sur tout cela, Humanæ vitæ n’apporte pas grand-chose… », avance-t-elle.
« Soit ce texte est passé au-dessus de la tête des catholiques, soit il a engendré une culpabilité terrible, et rien de bon ne sort de la culpabilisation », analyse pour sa part Bénédicte Maufrais, catholique formée au Cler, aujourd’hui conseillère conjugale en libéral. « Les couples ont continué à utiliser des contraceptifs, avec une culpabilité qui aujourd’hui n’existe plus, je pense », complète Claire de La Noé, conseillère conjugale.
Sur un sujet aussi intime, difficile de connaître les choix des catholiques. Alain Napoléoni, sexologue et conseiller conjugal au Cler, a récemment mené une enquête, limitée mais instructive, auprès de 73 catholiques pratiquantes, engagées en paroisse et dans des mouvements d’Église, sur leur choix en matière de régulation des naissances. « Sur les 74 % de femmes en âge de procréer, 54 % ont recours à la contraception, 13 % à une combinaison entre les méthodes naturelles et le préservatif – ce qui revient de fait à utiliser une contraception. Et 33 % utilisent les méthodes naturelles. » Selon lui, deux attitudes semblent majoritaires parmi les catholiques.
L'amour humain et la paternité responsable mis en avant
Les tenants de la « libre conscience » qui acceptent l’idée que l’Église énonce de grands principes, mais jugent que la décision revient au couple. Et les tenants de la « conscience éclairée », qui « s’efforcent de former et d’éclairer leur conscience au regard du discours de l’Église, d’intérioriser et de comprendre la loi proposée, puis décident en fonction de ce qu’ils vivent ». Pour Alain Napoléoni, l’attitude « légaliste » qui consiste à appliquer sans réflexion et de l’extérieur les normes du magistère, et l’attitude « contestatrice », qui refuse par principe au magistère toute parole légitime sur le sujet, sont minoritaires.
Pour ceux qui accueillent Humanae vitæ, c’est d’abord ce que l’encyclique dit de l’amour humain et de la paternité responsable qui est mis en avant. « Ce qui est décisif pour nous, ce sont les premiers paragraphes de l’encyclique qui posent les fondamentaux, la vision globale de la personne, de l’homme et de la femme, témoignent Thérèse et François de Nuizon, engagés depuis de nombreuses années dans l’organisation de sessions pour les couples au Chemin-Neuf. Sur l’interdit du recours aux moyens de contraception « non-naturels », François de Nuizon est plus nuancé.
« L’encyclique va un peu rapidement des principes anthropologiques à l’énoncé du licite et de l’illite, du permis et du défendu. Le texte n’est peut-être pas suffisamment nuancé », analyse-t-il, tout en jugeant que la prise de position de Paul VI a été « courageuse ». Dans cette communauté nouvelle, l’accueil de l’encyclique n’empêche pas le pluralisme. « Nous sommes très clairs sur ce que l’Église propose, souligne François de Nuizon, qui explique que les sessions Cana intègrent souvent un atelier sur les méthodes naturelles. « Après, chaque couple vit sa vie. Dans nos fraternités, certains font usage de la contraception, d’autres pas. Il n’y a pas de jugement et pas de culpabilisation. Nous insistons fortement sur la liberté de chaque itinéraire. Nous n’avons pas de positions de principe absolues. »
Les catholiques aimeraient un toilettage d'Humanae vitae
Michel Chabanel, diacre et délégué à la pastorale familiale dans le diocèse de Clermont, fait lui aussi une lecture de l’encyclique à plusieurs niveaux. « En la relisant, je me sens aujourd’hui tout à fait en accord avec cette encyclique », avance-t-il, satisfait qu’elle « exalte l’amour humain, la paternité responsable, le respect de la femme, l’homme co-créateur ». Le diacre juge que les méthodes naturelles conduisent bien « au respect total de la personne », mais il modère aussitôt : « Qui fait l’ange fait la bête et on peut certainement très bien respecter la femme tout en pratiquant les moyens de contraception. »
D’autres catholiques sont beaucoup plus critiques envers l’encyclique. Pour Claude Héraud, qui a longtemps été engagé dans la pastorale familiale et fut administrateur de l’Association nationale des conseillers conjugaux et familiaux (ANCCEF), l’argumentaire de Paul VI est difficilement crédible. « Vouloir parler du respect de la femme en le basant uniquement sur le respect de son cycle, c’est quand même prendre les choses par le petit bout de la lorgnette, regrette-t-il. C’est aberrant sur le plan de l’ancrage intellectuel de l’analyse. C’est pour cela que les gens n’y ont pas adhéré. » « L’encyclique vise juste en pointant l’importance de la sexualité. Mais le faire avec ce discours vertical, descendant et culpabilisant est inaudible aujourd’hui », analyse Bénédicte Maufrais.
"Parler d’ordre moral ne passe plus"
Que souhaiteraient les catholiques aujourd’hui ? Pour le moins un toilettage d’Humanæ vitæ. « Parler d’ordre moral ne passe plus », reconnaît Michel Chabanel. Claude Héraud irait bien plus loin. « Ce sont les fondements du texte qu’il faut revoir. Il faut viser le respect de l’autre, de la vie humaine, plus que le respect du rythme de la nature. » Et tant qu’à rebâtir sur d’autres bases, il souhaiterait que le discours du magistère prenne davantage en compte les sciences humaines.
« Dans Humanae vitæ, le plaisir de la femme n’est jamais abordé, fait-il remarquer. Plus généralement, le texte ne voit pas du tout l’importance de la communion sexuelle, de l’épanouissement et du plaisir physique. » Beaucoup souhaiteraient que la fécondité du couple soit reconsidérée, de manière globale, sans que l’Église la fasse dépendre de l’ouverture à la fécondité de chaque rencontre sexuelle. Quarante ans après, ils s’expriment ainsi à l’unisson de la commission théologique, dont Paul VI décida de ne pas suivre les recommandations…
Quant à la forme du discours, certains s’interrogent sur la pertinence d’une encyclique. « Je crois que les catholiques attendent trop de prêt-à -penser, s’inquiète Brigitte Maufrais. Il faut pourtant qu’ils apprennent à penser par eux-mêmes, car ce qui est valable aujourd’hui ne le sera pas forcément dans dix ans, quand les circonstances et les questions auront changé. » Et d’ajouter : « Ce dont je rêve, c’est une encyclique qui conduise à l’apprentissage du discernement. »
Elodie MAUROT
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« La Croix » a mené l'enquête auprès de catholiques pour entendre leur lecture d'« Humanæ vitæ », l'encyclique de Paul VI sur le mariage et la régulation des naissances (où était condamnée toute régulation des naissances para des moyens autres que naturels) publiée il y a 40 ans.
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Quarante ans après, le coup de tonnerre du milieu de l’été 1968 s’est assourdi. L’encyclique Humanæ vitæ, par laquelle Paul VI condamna toute forme de maîtrise non « naturelle » de la fécondité, ne fait plus guère partie des débats et des préoccupations des catholiques.
« Je me sens loin de ce texte. Quand je le lis, j’ai l’impression qu’il n’est pas dans la réalité des couples d’aujourd’hui, qui ont bien d’autres problèmes plus importants que la contraception, témoigne Marie-Solange Justin, permanente de la communauté Fondacio, qui s’occupe de l’accueil des couples au sein de l’équipe nationale. Problèmes de relation, de communication, de sexualité, « avec cette idéologie de la performance qui plombe tant de couples » : Marie- Solange égrène ce qu’elle accompagne au quotidien. Il y a aussi les problèmes de ceux qui se sont mariés « sans se connaître, sans connaître l’histoire de leur enfance, de leurs familles ». « Sur tout cela, Humanæ vitæ n’apporte pas grand-chose… », avance-t-elle.
« Soit ce texte est passé au-dessus de la tête des catholiques, soit il a engendré une culpabilité terrible, et rien de bon ne sort de la culpabilisation », analyse pour sa part Bénédicte Maufrais, catholique formée au Cler, aujourd’hui conseillère conjugale en libéral. « Les couples ont continué à utiliser des contraceptifs, avec une culpabilité qui aujourd’hui n’existe plus, je pense », complète Claire de La Noé, conseillère conjugale.
Sur un sujet aussi intime, difficile de connaître les choix des catholiques. Alain Napoléoni, sexologue et conseiller conjugal au Cler, a récemment mené une enquête, limitée mais instructive, auprès de 73 catholiques pratiquantes, engagées en paroisse et dans des mouvements d’Église, sur leur choix en matière de régulation des naissances. « Sur les 74 % de femmes en âge de procréer, 54 % ont recours à la contraception, 13 % à une combinaison entre les méthodes naturelles et le préservatif – ce qui revient de fait à utiliser une contraception. Et 33 % utilisent les méthodes naturelles. » Selon lui, deux attitudes semblent majoritaires parmi les catholiques.
L'amour humain et la paternité responsable mis en avant
Les tenants de la « libre conscience » qui acceptent l’idée que l’Église énonce de grands principes, mais jugent que la décision revient au couple. Et les tenants de la « conscience éclairée », qui « s’efforcent de former et d’éclairer leur conscience au regard du discours de l’Église, d’intérioriser et de comprendre la loi proposée, puis décident en fonction de ce qu’ils vivent ». Pour Alain Napoléoni, l’attitude « légaliste » qui consiste à appliquer sans réflexion et de l’extérieur les normes du magistère, et l’attitude « contestatrice », qui refuse par principe au magistère toute parole légitime sur le sujet, sont minoritaires.
Pour ceux qui accueillent Humanae vitæ, c’est d’abord ce que l’encyclique dit de l’amour humain et de la paternité responsable qui est mis en avant. « Ce qui est décisif pour nous, ce sont les premiers paragraphes de l’encyclique qui posent les fondamentaux, la vision globale de la personne, de l’homme et de la femme, témoignent Thérèse et François de Nuizon, engagés depuis de nombreuses années dans l’organisation de sessions pour les couples au Chemin-Neuf. Sur l’interdit du recours aux moyens de contraception « non-naturels », François de Nuizon est plus nuancé.
« L’encyclique va un peu rapidement des principes anthropologiques à l’énoncé du licite et de l’illite, du permis et du défendu. Le texte n’est peut-être pas suffisamment nuancé », analyse-t-il, tout en jugeant que la prise de position de Paul VI a été « courageuse ». Dans cette communauté nouvelle, l’accueil de l’encyclique n’empêche pas le pluralisme. « Nous sommes très clairs sur ce que l’Église propose, souligne François de Nuizon, qui explique que les sessions Cana intègrent souvent un atelier sur les méthodes naturelles. « Après, chaque couple vit sa vie. Dans nos fraternités, certains font usage de la contraception, d’autres pas. Il n’y a pas de jugement et pas de culpabilisation. Nous insistons fortement sur la liberté de chaque itinéraire. Nous n’avons pas de positions de principe absolues. »
Les catholiques aimeraient un toilettage d'Humanae vitae
Michel Chabanel, diacre et délégué à la pastorale familiale dans le diocèse de Clermont, fait lui aussi une lecture de l’encyclique à plusieurs niveaux. « En la relisant, je me sens aujourd’hui tout à fait en accord avec cette encyclique », avance-t-il, satisfait qu’elle « exalte l’amour humain, la paternité responsable, le respect de la femme, l’homme co-créateur ». Le diacre juge que les méthodes naturelles conduisent bien « au respect total de la personne », mais il modère aussitôt : « Qui fait l’ange fait la bête et on peut certainement très bien respecter la femme tout en pratiquant les moyens de contraception. »
D’autres catholiques sont beaucoup plus critiques envers l’encyclique. Pour Claude Héraud, qui a longtemps été engagé dans la pastorale familiale et fut administrateur de l’Association nationale des conseillers conjugaux et familiaux (ANCCEF), l’argumentaire de Paul VI est difficilement crédible. « Vouloir parler du respect de la femme en le basant uniquement sur le respect de son cycle, c’est quand même prendre les choses par le petit bout de la lorgnette, regrette-t-il. C’est aberrant sur le plan de l’ancrage intellectuel de l’analyse. C’est pour cela que les gens n’y ont pas adhéré. » « L’encyclique vise juste en pointant l’importance de la sexualité. Mais le faire avec ce discours vertical, descendant et culpabilisant est inaudible aujourd’hui », analyse Bénédicte Maufrais.
"Parler d’ordre moral ne passe plus"
Que souhaiteraient les catholiques aujourd’hui ? Pour le moins un toilettage d’Humanæ vitæ. « Parler d’ordre moral ne passe plus », reconnaît Michel Chabanel. Claude Héraud irait bien plus loin. « Ce sont les fondements du texte qu’il faut revoir. Il faut viser le respect de l’autre, de la vie humaine, plus que le respect du rythme de la nature. » Et tant qu’à rebâtir sur d’autres bases, il souhaiterait que le discours du magistère prenne davantage en compte les sciences humaines.
« Dans Humanae vitæ, le plaisir de la femme n’est jamais abordé, fait-il remarquer. Plus généralement, le texte ne voit pas du tout l’importance de la communion sexuelle, de l’épanouissement et du plaisir physique. » Beaucoup souhaiteraient que la fécondité du couple soit reconsidérée, de manière globale, sans que l’Église la fasse dépendre de l’ouverture à la fécondité de chaque rencontre sexuelle. Quarante ans après, ils s’expriment ainsi à l’unisson de la commission théologique, dont Paul VI décida de ne pas suivre les recommandations…
Quant à la forme du discours, certains s’interrogent sur la pertinence d’une encyclique. « Je crois que les catholiques attendent trop de prêt-à -penser, s’inquiète Brigitte Maufrais. Il faut pourtant qu’ils apprennent à penser par eux-mêmes, car ce qui est valable aujourd’hui ne le sera pas forcément dans dix ans, quand les circonstances et les questions auront changé. » Et d’ajouter : « Ce dont je rêve, c’est une encyclique qui conduise à l’apprentissage du discernement. »
Elodie MAUROT
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UN MALADE DE SLA (ce n'est pas Thierry)
LE BLOG DE THIERRY : 22 JUILLET 2008
J'ai mis du temps à écrire une nouvelle note. Et puis, Martin hier et Jean aujourd'hui m'y ont exhorté. Ecrire était un exutoire au début. Aujourd'hui cela devient une véritable épreuve physique face à un corps qui ne cesse de se détériorer. A vous mes amis qui ne cessez de me demander "comment je vais", je suis obligé de répondre de façon factuelle : "je suis incapable de prendre une douche debout, marcher est une véritable souffrance et je perçois l'émergence de problèmes respiratoires". Au médecin urgentiste de Chamonix, j'ai dû expliquer que je voulais terminer mes vacances avec mes enfants. Alors bien gentiment, il a inscrit sur son rapport - en conclusion du test d'oxymétrie - 96, alors que l'appareil n'avait cessé d'indiquer 93 sauf à un instant où il avait progressé à 96. Mais "omettre n'est pas mentir".
Angoisse de rentrer à Paris, angoisse de ne plus être dans cette même complicité avec les enfants, instant durant lesquels nous avons tout partagé, du petit déjeuner à la prière du soir.
Cette dégradation physique fait peur. A Chamonix, à l'arrivée du Tramway du Mont Blanc, 30 mètres de rocailles à parcourir. Je dis à Antoine, "je n'y arriverai pas". "N'abandonne pas" me répond-il. Alors, du haut de ses 11 ans, il m'a littéralement porté : sur son épaule à la montée et tel un déambulateur à la descente, chacun de mes bras posé sur chacune de ses épaules. J'étais terrassé de honte. J'ai appris le lendemain qu'il avait été heureux et fier d'aider son papa. "Je comprends votre malheur, mais vous avez encore des jours et des joies à partager avec vos enfants", m'avait dit un médecin à l'annonce du diagnostic. C'est vrai.
Qu'est-ce qu'une vie d'ailleurs. Hier, un "grand" pilote d'hélicoptère nous a amené pendant 20 minutes survoler le Mont Blanc et "tutoyé" la roche et la glace. A l'énoncé du travail d'érosion et de fonte fait sur des millénaires, la question est là : "qu'est ce qu'une vie" ? Peu de chose, un passage, une transition vers la Vie (avec un grand V), à l'issue duquel la seule chose qu’on laisse sont ses propres enfants. Les enfants qui auront appris que la vie n'est pas qu'hédonisme et égoïsme mais peut aussi être souffrance et - je prie pour en avoir la force - combat pour eux.
Un lecteur du blog - venu par www.croire.com - m'a écrit
1/ La maladie ne te prive pas du Seigneur ("je ne suis pas venu pour les bien portants" a dit Jésus)
2/ La maladie ne te prive pas de l'amour des amis et proches.
3/ La maladie ne te coupe pas de la vie.
Hugh m'a dit : " tu connaîtras de grandes désillusions et de grandes révélations" sur le point 2. Il a raison. Sur le point 3, la maladie étant incurable (dernière molécule repositionnée par hasard en 1997, le rilluzole), elle mène à la mort… ou à la Vie (avec un grand V pour un chrétien). Entre temps, il faut vivre "vivre avec le handicap" comme m'a dit J aujourd'hui. Cette notion fait peur, en ce sens qu'elle peut signifier solitude pour quelqu'un qui a vécu toute sa vie à fond et sous adrénaline professionnelle ou sportive. Hier, dans l'hélico, il y avait un passager embarqué : Jérôme Ruby, surfeur descendeur du Mont Blanc. Sa soeur Corinne Ruby est championne olympique de surf à Nagano J'avais envie de parler à Jérôme, de lui parler de cette adrénaline que je ne connaîtrai plus, de la vie, de la mort, des défis, des passions, à lui l'homme fort, l'homme qui descend les crêtes du Mont Blanc sur une planche de surf. Pour qu'il me donne l'énergie du défi. Et puis, je n'ai pas osé, par pudeur.
Notre chauffeur de taxi à Chamonix, Olivier, sait que je suis malade : il l'a vu dès le premier jour. "je l'ai tout de suite remarqué, j'ai été ambulancier à Paris". Il aura tout fait pour donner du bonheur aux enfants.
De l'énergie, des tonnes d'énergie ; je vais en avoir tellement besoin. Rdv le 30 juillet 8:30 RDC bâtiment Paul Castaigne à la Pitié Salpétrière. Le monde réel de la maladie, de la SLA qui tous les jours continue à vous bouffer votre capacité musculaire et respiratoire. Oui, le retour est dur, Révolte, fuite/déni, acceptation. Je n'ai pas le choix. Je ne peux qu'accepter. Que Dieu et vous m'en donniez la force.
Dans "fragments d'un long voyage", Christine Singer a écrit "Quand il ne reste plus rien, il ne reste que l'amour".
Je vous embrasse.
J'ai mis du temps à écrire une nouvelle note. Et puis, Martin hier et Jean aujourd'hui m'y ont exhorté. Ecrire était un exutoire au début. Aujourd'hui cela devient une véritable épreuve physique face à un corps qui ne cesse de se détériorer. A vous mes amis qui ne cessez de me demander "comment je vais", je suis obligé de répondre de façon factuelle : "je suis incapable de prendre une douche debout, marcher est une véritable souffrance et je perçois l'émergence de problèmes respiratoires". Au médecin urgentiste de Chamonix, j'ai dû expliquer que je voulais terminer mes vacances avec mes enfants. Alors bien gentiment, il a inscrit sur son rapport - en conclusion du test d'oxymétrie - 96, alors que l'appareil n'avait cessé d'indiquer 93 sauf à un instant où il avait progressé à 96. Mais "omettre n'est pas mentir".
Angoisse de rentrer à Paris, angoisse de ne plus être dans cette même complicité avec les enfants, instant durant lesquels nous avons tout partagé, du petit déjeuner à la prière du soir.
Cette dégradation physique fait peur. A Chamonix, à l'arrivée du Tramway du Mont Blanc, 30 mètres de rocailles à parcourir. Je dis à Antoine, "je n'y arriverai pas". "N'abandonne pas" me répond-il. Alors, du haut de ses 11 ans, il m'a littéralement porté : sur son épaule à la montée et tel un déambulateur à la descente, chacun de mes bras posé sur chacune de ses épaules. J'étais terrassé de honte. J'ai appris le lendemain qu'il avait été heureux et fier d'aider son papa. "Je comprends votre malheur, mais vous avez encore des jours et des joies à partager avec vos enfants", m'avait dit un médecin à l'annonce du diagnostic. C'est vrai.
Qu'est-ce qu'une vie d'ailleurs. Hier, un "grand" pilote d'hélicoptère nous a amené pendant 20 minutes survoler le Mont Blanc et "tutoyé" la roche et la glace. A l'énoncé du travail d'érosion et de fonte fait sur des millénaires, la question est là : "qu'est ce qu'une vie" ? Peu de chose, un passage, une transition vers la Vie (avec un grand V), à l'issue duquel la seule chose qu’on laisse sont ses propres enfants. Les enfants qui auront appris que la vie n'est pas qu'hédonisme et égoïsme mais peut aussi être souffrance et - je prie pour en avoir la force - combat pour eux.
Un lecteur du blog - venu par www.croire.com - m'a écrit
1/ La maladie ne te prive pas du Seigneur ("je ne suis pas venu pour les bien portants" a dit Jésus)
2/ La maladie ne te prive pas de l'amour des amis et proches.
3/ La maladie ne te coupe pas de la vie.
Hugh m'a dit : " tu connaîtras de grandes désillusions et de grandes révélations" sur le point 2. Il a raison. Sur le point 3, la maladie étant incurable (dernière molécule repositionnée par hasard en 1997, le rilluzole), elle mène à la mort… ou à la Vie (avec un grand V pour un chrétien). Entre temps, il faut vivre "vivre avec le handicap" comme m'a dit J aujourd'hui. Cette notion fait peur, en ce sens qu'elle peut signifier solitude pour quelqu'un qui a vécu toute sa vie à fond et sous adrénaline professionnelle ou sportive. Hier, dans l'hélico, il y avait un passager embarqué : Jérôme Ruby, surfeur descendeur du Mont Blanc. Sa soeur Corinne Ruby est championne olympique de surf à Nagano J'avais envie de parler à Jérôme, de lui parler de cette adrénaline que je ne connaîtrai plus, de la vie, de la mort, des défis, des passions, à lui l'homme fort, l'homme qui descend les crêtes du Mont Blanc sur une planche de surf. Pour qu'il me donne l'énergie du défi. Et puis, je n'ai pas osé, par pudeur.
Notre chauffeur de taxi à Chamonix, Olivier, sait que je suis malade : il l'a vu dès le premier jour. "je l'ai tout de suite remarqué, j'ai été ambulancier à Paris". Il aura tout fait pour donner du bonheur aux enfants.
De l'énergie, des tonnes d'énergie ; je vais en avoir tellement besoin. Rdv le 30 juillet 8:30 RDC bâtiment Paul Castaigne à la Pitié Salpétrière. Le monde réel de la maladie, de la SLA qui tous les jours continue à vous bouffer votre capacité musculaire et respiratoire. Oui, le retour est dur, Révolte, fuite/déni, acceptation. Je n'ai pas le choix. Je ne peux qu'accepter. Que Dieu et vous m'en donniez la force.
Dans "fragments d'un long voyage", Christine Singer a écrit "Quand il ne reste plus rien, il ne reste que l'amour".
Je vous embrasse.
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