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'Liens Affectifs, Liens Sociaux et Individualité' Conférence de Annie Rapp




Conférence donnée par Annie Rapp le mercredi 17 Avril 2002 à PSYRESO
Annie RAPP, médecin et psychothérapeute, vous fera partager ses réflexions issues de plus de vingt années de pratique de la psychothérapie. Cette conférence portera sur le destin de l’être humain … qui est loin d’être un long fleuve tranquille !
Quelle est la représentation que nous nous faisons de notre place dans le monde ? En effet, cette place ne va pas de soi. Comment se construit-elle et se maintient-elle au fil du temps, dans l’enfance, dans la jeunesse puis à l’age de la maturité et du vieillissement ?

Quand cette place n’est pas assurée ou qu’elle est menacée, un stress existentiel se déclenche. Si ce stress perdure sans résoudre le problème, va survenir la perte de l’espoir, de l’estime et de l’amour de soi. Différentes psychopathologies s’ensuivent : effondrement, agitation, isolement, dépressions, addictions, violences, maladies. Enfin les différentes formes de suicides sont à craindre : suicides actifs, passifs par la maladie ou par l’exclusion sociale, quand l’instinct de conservation cède devant la décision consciente ou inconsciente du sujet de s’autodétruire. Tout se passe comme si une « partie » de la personne avait prononcé sa propre condamnation à disparaître.

La tâche du psychothérapeute consiste souvent à aider le sujet à trouver (retrouver) sa place.
Tout d’abord une place sécurisante grâce à l’amour des siens, ensuite une place dans la société, valorisante à ses propres yeux, suivant la représentation qu’il s’en fait, et aux yeux des autres. Enfin la personne pourra trouver sa place et son identité en tant que personne unique, ayant un talent ou une richesse interne à exprimer ainsi que son propre chemin de vie à suivre.



Compte–rendu de Arnaud Juvanon

« Ce qui est simple est faux, mais ce qui est compliqué est inutilisable »
disait Paul Valéry.

On connaît l’importance des modèles en psychologie. La science est
constituée de modèles que des penseurs ont utilisé pour repérer le style de
vie que mènent les personnes afin de proposer des voies d’action. Le modèle
constitue alors la pierre de touche permettant de comprendre pour agir et
améliorer. Plus récemment, la PNL a apporté un éclairage nouveau en
proposant l’idée que l’humain agit lui aussi en utilisant son propre modèle
du monde. Cela le conduit récifs si la carte est fausse, ou à bon port si
elle est juste. On propose d’améliorer les cartes défectueuses. On voit
l’intérêt des modèles, et leur importance dans l’âme humaine. Modifier le
modèle permet alors de modifier les comportements, dans l’intérêt du
patient. Annie Rapp, dans sa quête incessante d’aide aux personnes a élaboré
un modèle qui permet de faire le point sur les principales attitudes de la
vie, et d’agir pour mener une vie plus harmonieuse.

Bien des choses font l’humain et sa vie, et, afin d’y voir clair, on va
catégoriser un peu. L’humain apprend l’attachement, l’amour, au cours des
tout débuts de sa vie, dans son besoin de maternage. Il s’agit d’un besoin
vital, mais aussi d’un besoin d’amour.

Le petit enfant apprend ensuite la socialisation. On sait que les rapports
humains sont empreints d’une hiérarchie sociale. Qui ne le sait pas, en nos
périodes électorales ? On a pu observer que les animaux se répartissent les
rôles et les prérogatives en fonction de rivalités et de rapports de
pouvoirs donnant lieu à d’intenses rivalités. La société humaine aussi est
pénétrée de la répartition des pouvoirs et des possibilité, et l’enfant
apprend à s’y situer.

Enfin, la personne apprend aussi à s’individualiser, tant en se distançant
du maternage de la petite enfance, qu‚en sachant exister hors de son rôle
social. C’est l’autonomie par rapport aux influences initiales. C’est une
étape difficile que de se distancier de manière constructive par rapport aux
deux ensembles d’apports qui sont les apports premiers de la formation de la
personnalité. Il s’agit d’un travail de synthèse original, tant dans
l’intégration que dans la distanciation de l’éducation initiale.

Approfondissons donc chacun de ces trois aspects du devenir de la personne.

Le premier lien est celui du bébé à sa mère. Ce lien représente la survie
même pour la personne en devenir, qui ne peut rigoureusement pas exister
seule. Il s’agit d‚un lien pour lequel la dépendance physique réelle se
double de la dépendance affective. On connaît les cas des nourrissons, bien
traités physiquement, mais avec distance affective, et qui se laissent
mourir de dépression. Cette double dépendance physique et
affective marque la première étape de la vie et ceux (celles) qui ne
dépassent pas ce stade vivent l’amour comme un manque vitale à combler à
tout prix. Le comportement analogue est celui du drogué qui se détruit dans
la poursuite de sa dépendance sans pouvoir se sevrer. Sans aller jusqu’à de
tels extrêmes, les personnes dépendantes affectivement se sentent ne pas
exister quand elles pensent qu‚on ne leur témoigne pas d’affection, et elles
s’auto détruisent personnellement dans une idée de dévalorisation.

Le second lien de l’humain est le lien très développé chez les animaux qui
vivent en groupe, et qui est celui de la place dans une hiérarchie sociale.
L’enfant l’apprend dans les groups auxquels il est confronté, sa famille et
sa fratrie, ou son école. C’est à ce titre que l’on qualifie de
socialisation l’apprentissage des règles de vie en commun et en particulier
les rapports de pouvoir. Ces rapports de pouvoir jouent un rôle très
importants pour les animaux qui vivent en groupe, et déterminent les
prérogatives de chaque individu. Ceux qui ne parviennent pas à intégrer de
manière constructive ces règles vont tendre vers les extrêmes de relations
de pouvoir. On a en tête les marginaux qui s’excluent de la relation
sociale, ou au contraire les obsédés de pouvoir qui cherchent à tirer la
couverture à eux. De même que pour le lien affectif précédent, le côté
pathologique de la dépendance aux relations de pouvoir est le sentiment pour
la personne de cesser d‚exister en dehors de son statut social. L’analogue
animal en serait l’animal qui dépérit en dehors de son groupe.

Le troisième apprentissage, après les deux premiers apprentissages sociaux
imposés par l’extérieur, est l’apprentissage par la personne de sa
personnalité propre. Cet apprentissage peut être contrarié par la prégnance
des deux premiers, si la personne reste dans l’idée que son soi est
inexistant par rapport à la prééminence des deux premiers types de liens.
C’est ce que l’on considère être l’apprentissage de l’autonomie. Une
personne autonome peut vivre seule sans se sentir abandonnée, et ne cherche
pas obligatoirement à se situer par rapport aux autres.

Les deux premières étapes de la vie sont imposées, sans que l’individu
puisse s’y soustraire. L’équilibre personnel passe par le fait que la
personne s’apprécie pour elle même. En l’absence d’une telle appréciation la
personne se sent le reflet des conditions affectives et sociales dans
lesquelles elle se situe. Elle ne cesse de chercher à combler le sentiment
de vacuité par la recherche de gratifications que son environnement ne peut
pas lui donner à la hauteur de ses attentes, ce qui entraîne une grande
détresse. Le conseil du thérapeute est d’aider la personne à s’apprécier
pour ce qu‚elle est. Il lui faut bien souvent se revisiter, pour apprendre à
se connaître. Il lui faudra apprendre à se construire un environnement
personnel agréable, reflet de sa propre personnalité. On lui conseille de
penser à elle même, à son bien être personnel, à son appartement, à ses
activités personnelles, à ses finances, à changer de métier pour avoir un
travail qui lui convienne. On lui conseille de reprendre des forces en
puisant en elle même, afin de trouver en elle même les sources de son
ressort personnel. On lui conseille de cesser d‚être un pantin agi de
l’extérieur par l’affectif ou le social, et de déterminer la mise en scène
et l’action de sa propre vie, mue par son propre ressort.

Pour déformer une image connue, on imagine celle du poisson, non dans mais
en dehors du bocal, et qui frappe désespérément pour y rentrer. C’est
l’analogie de la personne à la poursuite sans fin de ses dépendances. On
propose l’image du poisson qui se crée son propre bocal, pour y être au
mieux, et pouvoir à partir de là, non rester isolé comme le suggère l’image
nécessairement limitée, mais au contraire pouvoir établir des relations
vraies.


Rédigé par Arnauld Juvanon

Dimanche 10 Avril 2005
Annie Rapp
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09/12/2011

La légende du Colibri. Légende amérindienne, racontée par Pierre Rabhi.

La légende du Colibri. Légende amérindienne, racontée par Pierre Rabhi.
Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre.
Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu.

Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! »

Et le colibri lui répondit :« Je le sais, mais je fais ma part. »
www.colibris-lemouvement.org
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L'homme raisonnable s'adapte au monde ; l'homme déraisonnable s'obstine à essayer d'adapter le monde à lui-même. Tout progrès dépend donc de l'homme déraisonnable.

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Le champion tire les leçons du passé, concrétise le présent, pense le futur.

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L’intention est l’action elle-même décrite dans son aspect mental.

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