Pourquoi cette violence ?
Textes sur les Violences
Texte de Michèle Bourgon sur le site québécois Sisyphe.
Hier soir à Gatineau, une femme a été assassinée par son mari. Il s’est ensuite suicidé. Il y a un mois, à Ottawa, un homme a tué ses trois enfants et sa femme avant de s’enlever la vie. Une autre épouse, à Québec, tuée à coups de hache. Et combien d’autres en trois mois, en six mois, en un an...On a l’impression, à chaque fois, de revivre le même cauchemar. Même scénario : une femme annonce à son mari qu’elle le quitte. Lui, décide qu’ils ne se quitteront jamais... LUI, dirige leur destinée. LUI choisit d’enlever la vie de l’autre. Il est le Maître. L’autre, qui jadis, lui a donné de l’amour, de la tendresse, de l’attention, des enfants, l’autre mérite de mourir... Pourquoi ? Parce qu’elle lui appartient ? Pourquoi cette violence innommable, absolue, irréparable, sans limite ? Quand un homme décide de quitter sa conjointe, arrive-t-il souvent que sa compagne le tue ? La semaine dernière, les manchettes ont parlé de cette dame d’ici accusée d’avoir tué son époux, mais il la battait..
Les hommes nous abandonnent souvent pour d’autres femmes, plus jeunes, plus belles, plus séduisantes. Notre ego à nous aussi en souffre, mais après la peine intense, la plupart d’entre nous se réorganisent, se reconstruisent. Pourquoi chez plusieurs hommes, la seule solution semble-t-elle être le meurtre ? Les hommes ne seraient-ils plus aussi forts qu’avant ? Pourtant, des milliers de femmes divorcées, célibataires, attendent l’arrivée d’un homme dans leur vie. Elles sont prêtes à rouvrir les bras. La vie après une rupture est possible. On a le droit de se tromper. C’est douloureux, mais refaire sa vie, c’est possible. Alors pourquoi ? Comment l’entourage n’a-t-il pas vu cela venir ? Ces hommes ont eu des mères, ils ont des sœurs, ils ont été aimés. Ils ont aussi eu des pères, des frères.
Pourquoi ?
Dès qu’une femme reçoit une première taloche, une première menace verbale, elle devrait réagir. Mais comment ? La détresse de ces femmes est si grande la plupart du temps qu’elle n’ose pas se confier ou encore, même la famille proche au courant des menaces et des coups a peur d’être attaquée. D’une certaine façon, nous sommes souvent complices de ces carnages. Malgré nous. Parce qu’on a peur, nous aussi. On entend les cris, mais on se dit : ça ne me regarde pas.
Et si, au contraire, ça nous regardait tous. À chaque année, on ajoute des ressources pour les femmes battues, des centres d’hébergement d’urgence, des centres d’écoute, etc...Et pourtant, le bilan s’alourdit. Ne devrait-on pas chercher à aider aussi ces hommes aux prises avec leur violence incontrôlable, leur détresse abyssale ? Je ne sais pas, je cherche. Peut-être que si on faisait encore plus de prévention, peut-être que si on s’en parlait entre nous, peut-être que si on tendait la main, l’oreille, peut-être que l’on sauverait des êtres humains.
Vous les frères, les pères, les amis, soyez sensibles aux signaux. Soyez vigilants. Conseillez, réconfortez si cela est possible, mais protégez ces femmes qui ont le malheur d’ « appartenir » à quelqu’un.
Hommes et femmes, ensemble. Pour celles qui sont mortes, pour celles qui vont encore mourir de violence, pour ces enfants qui perdront la vie dans les mois qui viennent, parce que leur père les aura tués, essayons tous ensemble de trouver des solutions pour éviter le pire.
Mis en ligne sur Sisyphe, le 12 mai 2006
Source
Les hommes nous abandonnent souvent pour d’autres femmes, plus jeunes, plus belles, plus séduisantes. Notre ego à nous aussi en souffre, mais après la peine intense, la plupart d’entre nous se réorganisent, se reconstruisent. Pourquoi chez plusieurs hommes, la seule solution semble-t-elle être le meurtre ? Les hommes ne seraient-ils plus aussi forts qu’avant ? Pourtant, des milliers de femmes divorcées, célibataires, attendent l’arrivée d’un homme dans leur vie. Elles sont prêtes à rouvrir les bras. La vie après une rupture est possible. On a le droit de se tromper. C’est douloureux, mais refaire sa vie, c’est possible. Alors pourquoi ? Comment l’entourage n’a-t-il pas vu cela venir ? Ces hommes ont eu des mères, ils ont des sœurs, ils ont été aimés. Ils ont aussi eu des pères, des frères.
Pourquoi ?
Dès qu’une femme reçoit une première taloche, une première menace verbale, elle devrait réagir. Mais comment ? La détresse de ces femmes est si grande la plupart du temps qu’elle n’ose pas se confier ou encore, même la famille proche au courant des menaces et des coups a peur d’être attaquée. D’une certaine façon, nous sommes souvent complices de ces carnages. Malgré nous. Parce qu’on a peur, nous aussi. On entend les cris, mais on se dit : ça ne me regarde pas.
Et si, au contraire, ça nous regardait tous. À chaque année, on ajoute des ressources pour les femmes battues, des centres d’hébergement d’urgence, des centres d’écoute, etc...Et pourtant, le bilan s’alourdit. Ne devrait-on pas chercher à aider aussi ces hommes aux prises avec leur violence incontrôlable, leur détresse abyssale ? Je ne sais pas, je cherche. Peut-être que si on faisait encore plus de prévention, peut-être que si on s’en parlait entre nous, peut-être que si on tendait la main, l’oreille, peut-être que l’on sauverait des êtres humains.
Vous les frères, les pères, les amis, soyez sensibles aux signaux. Soyez vigilants. Conseillez, réconfortez si cela est possible, mais protégez ces femmes qui ont le malheur d’ « appartenir » à quelqu’un.
Hommes et femmes, ensemble. Pour celles qui sont mortes, pour celles qui vont encore mourir de violence, pour ces enfants qui perdront la vie dans les mois qui viennent, parce que leur père les aura tués, essayons tous ensemble de trouver des solutions pour éviter le pire.
Mis en ligne sur Sisyphe, le 12 mai 2006
Source
Sisyphe
15/05/2006
