Lire un article qui rend compte d'une enquête sur les répercussions des violences conjugales sur la santé des femmes des Côtes-d’Armor. Ces femmes sont atteintes d'une véritable "maladie mentale" liée à ces violences et maltraitances. Il est temps de le reconnaître.
Cependant le même constat devra être fait concernant les auteurs de ces violences car eux-aussi sont atteints d'une véritable "maladie mentale" dont le traitement devra être psycho-socio-judiciaire.
Il faudra reconnaître également qu'un couple et une famille structurés par cette violence constituent un système pathologique grave à traiter. La solution n'est pas seulement dans la séparation du couple.
Les enfants sont les victimes en première ligne de cette pathologie de leurs parents avec des conséquence évidentes sur les générations futures.



Violences conjugales. La santé des femmes prise en compte

Le centre d’information sur les droits des femmes des Côtes-d’Armor (Cidf) a dévoilé, jeudi, les résultats d’une enquête réalisée de septembre 2007 à février 2008 afin d’évaluer les répercussions des violences conjugales sur la santé des femmes costarmoricaines. « On s’était aperçu que les problèmes de santé des femmes victimes de violences n’étaient pas assez pris en compte », indique Bernadette Vanden Driessche, chargée de mission départementale aux droits des femmes et à l’égalité, et animatrice de la commission départementale de lutte contre les violences faites aux femmes qui a diligenté cette enquête.

Etat dépressif persistant
Sur les 52 femmes du département interrogées, 17 ont évoqué leur dépression, 28 la crainte pour leur propre vie et 24 pour la sécurité de leurs enfants. Plus troublant : sur les 35 femmes qui ne sont plus victimes aujourd’hui de violences conjugales, il apparaît que les séquelles traumatologiques sont importantes, que l’anxiété et l’auto-dévalorisation persistent et sont difficiles à traiter.
Les troubles digestifs s’avèrent les troubles psychosomatiques les plus récurrents, du fait de l’angoisse et de l’état de pression dans lesquels elles se trouvent. Près de la moitié de ces femmes souffrent de fatigue intense, de troubles du sommeil, de difficultés de concentration et d’attention et reconnaissent avoir recours à des médicaments. Plus de la moitié d’entre elles s’avouent, même encore aujourd’hui, dépressives.

Mise en réseau de professionnels
La commission départementale de lutte contre les violences faites aux femmes souhaite que cette enquête « serve de tremplin à un travail sur la santé de ces femmes ; permette une meilleure connaissance des problématiques de santé de ces femmes ; une mise en réseau des professionnels de santé ainsi qu’une mise en lien entre eux, les travailleurs sociaux, les associations qui accompagnent les femmes victimes et le réseau judiciaire », explique Bernadette Vanden Driessche.

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Annie Rapp 20/09/2008