Le Développement Personnel en débat
Le Développement Personnel. Réponse au Figaro par Claire Delabare
Samedi 14 Mai 2005
Réponse à Véronique Grousset et à Michel Lacroix à la suite de leurs articles sur le développement personnel paru dans le Figaro.
Je suis formatrice en développement personnel (diplômée d'état) et j'exerce cette belle profession dont je suis fière avec un maximum de résultats encourageants et positifs pour les stagiaires que j'ai pu rencontrer.
Premier point la PNL
Je crois qu'effectivement c'est un peu compliqué pour entrer, comme vous le dites, dans les détails. A mon avis, il aurait même été préférable que vous n'y entriez pas du tout ; car en effet, cela fait partie du devoir d'un bon journaliste de connaître un tant soit peu son sujet, ce qui n'est pas du tout votre cas, ceci vous aurait évité d'employer des mots tel que « charlatanerie ». Là, vous êtes dans le cadre de la diffamation et je laisse le soin aux PNListes de défendre leur point de vue à ce sujet.
Deuxième point : ils font fortune grâce au désir d'épanouissement personnel ?
Ill s'agit une fois de plus d'un fantasme récurrent dans l'esprit de la société française, fantasme bien relayé par une certaine presse avide de sensation. L'ARGENT des GOUROUS, des PSYS, des FORMATEURS. Je gagne ma vie comme bien d'autres honnêtement et correctement sans malheureusement faire fortune.
A quoi pouvez-vous bien faire référence en parlant d'une « boursouflure pathétique de l'égo ?
Je m'interroge. En effet, lorsque j'aide des salariés à développer leurs compétences en terme d'affirmation de soi, je boursoufle leur égo…. Lorsque j'apprends à des stagiaires à prendre la parole en public pour mieux réussir un concours administratif, je boursoufle leur égo… J'ignorais cette compétence de ma part.
Si Jean Claude Kaufmann est convaincu d'une souffrance dans l'obligation d'être aux commandes de sa vie, c'est sa vision et il en fait ses choux gras. Ma pratique me montre au contraire beaucoup moins de souffrance que de libération.
Liberté parlons-en, c'est certainement ici que le bât blesse, car dans la version réactionnaire que vous présentez, le besoin de liberté est mis à mal. Le « c'était mieux avant » car tout était tracé d'avance. Demandez donc aux femmes victimes des mariages forcés si c'est agréable « quand c'est tracé d'avance…. ».Avez-vous envie d'une vie où vous n'auriez aucun choix. Relisez les Sœurs Brontëe et ce siècle délicieux où la liberté n'existait pas, où les contingences sociales et l'ennui faisaient force de loi et traçaient une vie entière.
Les femmes quant à elles sont les grandes bénéficiaires du développement personnel, vous devriez le savoir, car d'une manière ou d'une autre vous en avez fait ou vous avez bénéficié des avancées qu'il a proposé. Le développement personnel coïncide avec la libération des femmes depuis la fin des années 60. En quoi cette recherche du bonheur est-elle une obligation et là encore une souffrance ? Depuis quand recherche du bonheur égale souffrance ?
Relisez Epicure également.
Alcool, tabac, chocolat, café, sucre et une drogue de plus : Les livres évoquant le développement personnel. On croit rêver. Vous ajoutez : « surtout si par chance, l'un de ses livres a su jouer son rôle de réconfort » et qu'auriez-vous préféré ? Qu'il pousse au suicide ?
Ou à la consommation de drogues ?
En quoi est-ce néfaste d'apprendre à respirer correctement, à communiquer avec l'autre, à mieux se connaître ?
Les démiurges du développement personnel dites-vous nous promettent d'atteindre le nirvana en douze chapitres. Ce type de promesse appartient plus au langage de la publicité voire de certains médias plutôt qu'au développement personnel. C'est aussi le langage des religions et des idéologies.
Troisième point
Gare au bien-être. La demande d'accès au bien-être n'est pas une maladie mais une évolution normale et souhaitable de toutes les sociétés humaines. Là encore vous confondez et mélangez tout. Pour mémoire, je vous rappelle que les psychiatres, les psychologues cliniciens s'occupent de pathologies mentales et que les coach les formateurs, les consultants, les DRH etc… s'occupent de développement personnel. Ce dernier ne soigne pas les dysfonctionnements mentaux mais parfois les dysfonctionnement sociaux.
Il est vrai qu'une société qui ne souhaite que 10 % d'élite et 90 % de consommateurs béats n'a pas intérêt à développer les différents axes d'évolution de l'individu, dont les techniques sont d'ailleurs si efficaces qu'elles sont utilisées par les sectes les plus puissantes.
Alors il faut savoir ou ces techniques sont des « charlataneries » auquel cas elles ne sont pas dangereuses ou elles sont dangereusement efficaces et alors ce ne sont pas des « charlataneries ».
Les techniques de développement personnel (PNL y compris) sont apprises dans les universités américaines et ne vous en déplaise dans nos grandes écoles où l'on apprend entre autre à gérer son stress.
Mais pour les autres, les 90% laissons-les mariner dans leurs problématiques à coup de publicité, de sur-consommation, d'antidépresseurs, d'émissions de télévision abrutissantes, de lectures débilitantes. Ce qui fait certainement beaucoup plus de dégâts que le développement personnel et son soi-disant apport de pensées déviantes, que j'appellerais pensées différentes. Pensées contraires au souhait de certains qui préconisent un idéal de pensée unique, matérialiste, pessimiste, anti-spirituelle et anti-féminine. Il est beaucoup facile de gouverner un peuple qui ne pense pas ou qui pense peu ou qui pense comme on lui dit, qu'un peuple qui sait réfléchir à ses propres intérêts. Cela me fait penser aux combats livrés en son temps contre les « libre penseurs » justement.
J'aimerais vous parler de ce qu'est le développement personnel et de ce qu'il a pu m'apporter.
Moi aussi j'ai trouvé qu'intellectuellement c'était ridiculement simple, trop simple pour une personne aussi intelligente que moi. Seulement le problème, c'est que j'étais capable de manipuler des concepts et passer des nuits entières à parler d'abstraction pour pleurer le lendemain matin sur ma triste situation et l'injustice de ma vie. En effet un intellect en bonne santé et qui le sait ne parvient à vous faire comprendre pourquoi vous êtes pauvre et dans une situation subalterne. Bien sûr la première fois où j'ai ouvert un livre de D.P., j'ai ricané, bon pour les américains ou pour les faibles intellectuellement. Les exercices de développement personnel sont simplistes à lire et extrêmement difficiles à appliquer dans la réalité.
Mai aussi je croyais qu'en trois livres et deux stages j'atteindrais les niveaux des psychothérapeutes qui opéraient avec tant de facilité pensais-je dans ma naïveté orgueilleuse. Pour faire bonne mesure j'ai mis plus de 10 ans à atteindre le niveau des dits formateurs « auto-proclamés ». Je défie quiconque sans formation ou avec une formation insuffisante de créer un stage avec des exercices cohérents, de l'animer, de gérer la dynamique de groupe et de parvenir à tenir sur le long terme un groupe d'adultes, qui sont loin d'être des imbéciles et qui sont souvent critiques. Contrairement à se que vous pensez, le public n'est pas composé de faibles brebis et de moutons ignares.
A propos des formateurs « auto-proclamés » j'aimerais que vous développiez cette nouvelle donne en matière de critique. Il m'est arrivé de rencontrer de « brillants autodidactes ». Parlons-nous des mêmes personnes ? Il est vrai qu'en France le travail personnel a des difficultés à être reconnu, contrairement aux diplômes qui représentent la panacée.
Quatrième point
Les sectes les plus importantes auraient reculé dites-vous, je dirais plutôt qu'elles se sont diluées. De plus elles ont su se défendre très efficacement et ont porté des coups très durs (au niveau de leur réputation) aux dirigeants des organisations anti-sectes, qui pour continuer de justifier leur existence et leur financement, se sont attaqués à des adversaires beaucoup plus faibles, tels que les psychothérapeutes et les formateurs en développement personnel.
La finalité des sectes n'est pas le bonheur des individus ni des peuple, en revanche le mouvement du potentiel humain fondé par Abraham. MASLOW, (et par les membres de l'Ecole de Palo Alto) préconise ou prône de vouloir vivre pleinement, d'actualiser son potentiel, de se réaliser, de s'épanouir, devenir créatif, en répondant à l'idéal platonicien, du vrai, du beau, du bien et du sublime. Le développement personnel est une aspiration philosophique. Je reconnais toutefois que le langage utilisé est parfois excessif.
En tout cas dans notre beau pays il devient de plus en plus à la mode « d'instruire à charge » que ce soit pour défendre une cause ou tout simplement pour écrire un article.
C'est dommage car c'est le meilleur moyen de perdre toute crédibilité aux yeux d'un public qui je le répète n'est ni faible ni crétin.
Merci également de ne pas discréditer l'ensemble d'une profession (formateurs en DP) qui comme chez les médecins, les chirurgiens, les plombiers, les journalistes etc…. ont malheureusement quelques brebis galeuses.
Claire DELABARE
Je suis formatrice en développement personnel (diplômée d'état) et j'exerce cette belle profession dont je suis fière avec un maximum de résultats encourageants et positifs pour les stagiaires que j'ai pu rencontrer.
Premier point la PNL
Je crois qu'effectivement c'est un peu compliqué pour entrer, comme vous le dites, dans les détails. A mon avis, il aurait même été préférable que vous n'y entriez pas du tout ; car en effet, cela fait partie du devoir d'un bon journaliste de connaître un tant soit peu son sujet, ce qui n'est pas du tout votre cas, ceci vous aurait évité d'employer des mots tel que « charlatanerie ». Là, vous êtes dans le cadre de la diffamation et je laisse le soin aux PNListes de défendre leur point de vue à ce sujet.
Deuxième point : ils font fortune grâce au désir d'épanouissement personnel ?
Ill s'agit une fois de plus d'un fantasme récurrent dans l'esprit de la société française, fantasme bien relayé par une certaine presse avide de sensation. L'ARGENT des GOUROUS, des PSYS, des FORMATEURS. Je gagne ma vie comme bien d'autres honnêtement et correctement sans malheureusement faire fortune.
A quoi pouvez-vous bien faire référence en parlant d'une « boursouflure pathétique de l'égo ?
Je m'interroge. En effet, lorsque j'aide des salariés à développer leurs compétences en terme d'affirmation de soi, je boursoufle leur égo…. Lorsque j'apprends à des stagiaires à prendre la parole en public pour mieux réussir un concours administratif, je boursoufle leur égo… J'ignorais cette compétence de ma part.
Si Jean Claude Kaufmann est convaincu d'une souffrance dans l'obligation d'être aux commandes de sa vie, c'est sa vision et il en fait ses choux gras. Ma pratique me montre au contraire beaucoup moins de souffrance que de libération.
Liberté parlons-en, c'est certainement ici que le bât blesse, car dans la version réactionnaire que vous présentez, le besoin de liberté est mis à mal. Le « c'était mieux avant » car tout était tracé d'avance. Demandez donc aux femmes victimes des mariages forcés si c'est agréable « quand c'est tracé d'avance…. ».Avez-vous envie d'une vie où vous n'auriez aucun choix. Relisez les Sœurs Brontëe et ce siècle délicieux où la liberté n'existait pas, où les contingences sociales et l'ennui faisaient force de loi et traçaient une vie entière.
Les femmes quant à elles sont les grandes bénéficiaires du développement personnel, vous devriez le savoir, car d'une manière ou d'une autre vous en avez fait ou vous avez bénéficié des avancées qu'il a proposé. Le développement personnel coïncide avec la libération des femmes depuis la fin des années 60. En quoi cette recherche du bonheur est-elle une obligation et là encore une souffrance ? Depuis quand recherche du bonheur égale souffrance ?
Relisez Epicure également.
Alcool, tabac, chocolat, café, sucre et une drogue de plus : Les livres évoquant le développement personnel. On croit rêver. Vous ajoutez : « surtout si par chance, l'un de ses livres a su jouer son rôle de réconfort » et qu'auriez-vous préféré ? Qu'il pousse au suicide ?
Ou à la consommation de drogues ?
En quoi est-ce néfaste d'apprendre à respirer correctement, à communiquer avec l'autre, à mieux se connaître ?
Les démiurges du développement personnel dites-vous nous promettent d'atteindre le nirvana en douze chapitres. Ce type de promesse appartient plus au langage de la publicité voire de certains médias plutôt qu'au développement personnel. C'est aussi le langage des religions et des idéologies.
Troisième point
Gare au bien-être. La demande d'accès au bien-être n'est pas une maladie mais une évolution normale et souhaitable de toutes les sociétés humaines. Là encore vous confondez et mélangez tout. Pour mémoire, je vous rappelle que les psychiatres, les psychologues cliniciens s'occupent de pathologies mentales et que les coach les formateurs, les consultants, les DRH etc… s'occupent de développement personnel. Ce dernier ne soigne pas les dysfonctionnements mentaux mais parfois les dysfonctionnement sociaux.
Il est vrai qu'une société qui ne souhaite que 10 % d'élite et 90 % de consommateurs béats n'a pas intérêt à développer les différents axes d'évolution de l'individu, dont les techniques sont d'ailleurs si efficaces qu'elles sont utilisées par les sectes les plus puissantes.
Alors il faut savoir ou ces techniques sont des « charlataneries » auquel cas elles ne sont pas dangereuses ou elles sont dangereusement efficaces et alors ce ne sont pas des « charlataneries ».
Les techniques de développement personnel (PNL y compris) sont apprises dans les universités américaines et ne vous en déplaise dans nos grandes écoles où l'on apprend entre autre à gérer son stress.
Mais pour les autres, les 90% laissons-les mariner dans leurs problématiques à coup de publicité, de sur-consommation, d'antidépresseurs, d'émissions de télévision abrutissantes, de lectures débilitantes. Ce qui fait certainement beaucoup plus de dégâts que le développement personnel et son soi-disant apport de pensées déviantes, que j'appellerais pensées différentes. Pensées contraires au souhait de certains qui préconisent un idéal de pensée unique, matérialiste, pessimiste, anti-spirituelle et anti-féminine. Il est beaucoup facile de gouverner un peuple qui ne pense pas ou qui pense peu ou qui pense comme on lui dit, qu'un peuple qui sait réfléchir à ses propres intérêts. Cela me fait penser aux combats livrés en son temps contre les « libre penseurs » justement.
J'aimerais vous parler de ce qu'est le développement personnel et de ce qu'il a pu m'apporter.
Moi aussi j'ai trouvé qu'intellectuellement c'était ridiculement simple, trop simple pour une personne aussi intelligente que moi. Seulement le problème, c'est que j'étais capable de manipuler des concepts et passer des nuits entières à parler d'abstraction pour pleurer le lendemain matin sur ma triste situation et l'injustice de ma vie. En effet un intellect en bonne santé et qui le sait ne parvient à vous faire comprendre pourquoi vous êtes pauvre et dans une situation subalterne. Bien sûr la première fois où j'ai ouvert un livre de D.P., j'ai ricané, bon pour les américains ou pour les faibles intellectuellement. Les exercices de développement personnel sont simplistes à lire et extrêmement difficiles à appliquer dans la réalité.
Mai aussi je croyais qu'en trois livres et deux stages j'atteindrais les niveaux des psychothérapeutes qui opéraient avec tant de facilité pensais-je dans ma naïveté orgueilleuse. Pour faire bonne mesure j'ai mis plus de 10 ans à atteindre le niveau des dits formateurs « auto-proclamés ». Je défie quiconque sans formation ou avec une formation insuffisante de créer un stage avec des exercices cohérents, de l'animer, de gérer la dynamique de groupe et de parvenir à tenir sur le long terme un groupe d'adultes, qui sont loin d'être des imbéciles et qui sont souvent critiques. Contrairement à se que vous pensez, le public n'est pas composé de faibles brebis et de moutons ignares.
A propos des formateurs « auto-proclamés » j'aimerais que vous développiez cette nouvelle donne en matière de critique. Il m'est arrivé de rencontrer de « brillants autodidactes ». Parlons-nous des mêmes personnes ? Il est vrai qu'en France le travail personnel a des difficultés à être reconnu, contrairement aux diplômes qui représentent la panacée.
Quatrième point
Les sectes les plus importantes auraient reculé dites-vous, je dirais plutôt qu'elles se sont diluées. De plus elles ont su se défendre très efficacement et ont porté des coups très durs (au niveau de leur réputation) aux dirigeants des organisations anti-sectes, qui pour continuer de justifier leur existence et leur financement, se sont attaqués à des adversaires beaucoup plus faibles, tels que les psychothérapeutes et les formateurs en développement personnel.
La finalité des sectes n'est pas le bonheur des individus ni des peuple, en revanche le mouvement du potentiel humain fondé par Abraham. MASLOW, (et par les membres de l'Ecole de Palo Alto) préconise ou prône de vouloir vivre pleinement, d'actualiser son potentiel, de se réaliser, de s'épanouir, devenir créatif, en répondant à l'idéal platonicien, du vrai, du beau, du bien et du sublime. Le développement personnel est une aspiration philosophique. Je reconnais toutefois que le langage utilisé est parfois excessif.
En tout cas dans notre beau pays il devient de plus en plus à la mode « d'instruire à charge » que ce soit pour défendre une cause ou tout simplement pour écrire un article.
C'est dommage car c'est le meilleur moyen de perdre toute crédibilité aux yeux d'un public qui je le répète n'est ni faible ni crétin.
Merci également de ne pas discréditer l'ensemble d'une profession (formateurs en DP) qui comme chez les médecins, les chirurgiens, les plombiers, les journalistes etc…. ont malheureusement quelques brebis galeuses.
Claire DELABARE
Le Développement Personnel en débat
Nouvelle polémique à propos du Développement Personnel par Claire Delabare
Dimanche 08 Mai 2005
Une nouvelle polémique (1) apparaît autour du développement personnel taxé de « philosophie rose », qui ferait miroiter un changement radical de vie en claquant des doigts. Or le développement personnel, c'est aussi long qu'une thérapie, cela ne la remplace jamais et ce développement dure toute une vie si on le désire.
Je pense qu'il serait judicieux d'insister sur le côté évolution longue du développement personnel. Les changements de la personne et les incidences sur sa vie n'interviennent pas du jour au lendemain. Les détracteurs du développement personnel ont beau jeu de dire qu'il s'agit là de charlatanisme, car en effet, si l'on se réfère à certains titre d'ouvrages : « comment changer sa vie en neuf leçons »….Il est clair que le sérieux de tels écrits peut être mis en doute ; pourtant, même ces livres peuvent être le départ d'une réflexion, qui elle-même aboutira à une prise de conscience et ensuite à un remaniement de tout ou partie de sa vie. De toutes façons, pourquoi désirer se prendre en main, serait-il néfaste ? Aujourd'hui les gens veulent vivre le mieux possible en quoi cela serait-il surréaliste ou répréhensible ? Il s'agit au contraire d'une démarche profondément humaine de transformation et d'un désir d'accès au mieux être.
On nous fait croire que le développement personnel serait un modèle d'existence à livrer clés en main. Dans cette publicité pour le moins mensongère, ce n'est certainement pas le développement personnel qui est à incriminer, mais les méthodes marketing qui l'entourent. Prenons la métaphore du régime pour mieux expliciter ce propos :
Si l'on vous dit : « ce régime va vous faire perdre dix kilos en trois semaines », c'est un mensonge et le public le sait bien. Dans ce cas de figure, ce n'est pas le régime qui est en cause, il est évident que pour maigrir, il faut faire une diète ; c'est l'effet miraculeux qui est parfaitement malhonnête. Or qui véhiculent ce genre de propos à tout va dans nos vies ? Eh bien, les publicitaires en cela parfaitement relayés par les médias et les journalistes qui à leur tour vilipendent les produits ou les méthodes, alors que c'est la façon de les vendre qui est à proscrire.
Pour ce qui concerne les journalistes qui font leurs choux gras et qui remplissent leurs éditos et leurs artiches, à quand un stage de développement personnel qui leur permettrait enfin d'avoir accès à leur créativité, à l'ouverture de l'imaginaire, ce qui éviterait aux lecteurs ces éternelles resucées sur le développement personnel et l'argent qu'il véhicule…..Sortons de cette notion de filon et de filous, et si l'on parlait justement des filons médiatiques et journalistiques…
Nous sommes il est vrai un peu fatigués de lire ces sempiternelles constations négatives sur la société. Sur notre art de vivre collectif qui disparaîtrait. Sur la non transmission des valeurs qui fondaient notre existence d'une génération à une autre ? J'ai pour ma part beaucoup de mal à croire que c'était mieux avant !
En résumé, ne pas confondre les techniques de développement personnel et les loups qui rôdent autour. Ne pas confondre une consommation idiote et un véritable travail sur soi.
Nous sommes, dans ce cadre, loin ici de la négation de la réalité et de la démission autour de sa propre existence qu'évoquent certains philosophes (dixit Roger-Pol Droit qui énonce que le propre du développement personnel est une rêverie autour d'efforts inaccomplis). C'est au contraire une somme d'efforts réalisés au quotidien avec une mesure permanente du résultat de ces efforts.
Non, la notion de temps n'est pas supprimée, ni celle de difficulté ou alors l'on ne parle pas réellement de développement personnel.
Le développement personnel ne remplace pas la thérapie, car il ne répond pas aux mêmes questions. Au « pourquoi » de la thérapie : « Pourquoi est-ce que je m'enlise toujours dans les mêmes situations ? », il correspond au « comment » je vais me sortir de cette situation.
Le développement personnel peut être le précurseur d'une thérapie, il peut accompagner une thérapie, il peut peaufiner les progrès enregistrés par cette dernière. Il est à la fois compatible et complémentaire.
A l'heure actuelle, quelques philosophes s'inquiètent du déclin de la philosophie, en effet, celle-ci perdrait de son impact parce que les philosophes ont voulu rester dans leur cercle élitiste au lieu de bien vouloir baisser les yeux vers le commun des mortels.
Si nous revenons au cas de la philosophie et aux utopies qu'elle a peut-être engendrées, rappelons que certaines de ces utopies se sont transformées en aberrations et ont fait des millions de morts ce qui n'est pas le cas du développement personnel. En effet, s'occuper de son propre changement évite de révolutionner le monde, en semant, au passage, un nombre considérable de cadavres et de dommages collatéraux.
Je suis également outrée que l'on puisse qualifier d'exotiques les médecines autres qu'occidentale (telles la médecine ayurvédique, chinoise ou africaine) ceci me paraît être du dernier mépris pour ces sciences millénaires qui n'ont rien à envier à notre médecine traditionnelle, qui soit dit en passant présente également des avantages et des réussites.
Pour conclure, merci d'avoir non pas parlé du développement personnel mais du mercantilisme qui parfois règne autour.
A quand un véritable article suffisamment étayé et appuyé par des exemples de réussite ?
Claire Delabare Mai 2005
(1) ENQUÊTE parue dans Madame Figaro du samedi 30 avril 2005. Par Diane Wulwek.
Le bonheur à la page
L'édition rayonne de bien-être ! Pas une semaine sans un nouveau pavé au titre prometteur : “Se réaliser en 10 leçons”, “la santé en chantant”... et plein d'autres promesses de félicité. Puisque notre société en a assez de souffrir, faisons-la rêver. Non au laisser-aller, oui à la prise en charge. À quand la prise de conscience ?
http://www.lefigaro.fr/cgi/edition/genimprime?cle=20050425.FIG0497
Extraits :
Soit, mais toute cette prose bien intentionnée, tous ces sujets se préoccupant de nos petits moi respectifs ne risquent-ils pas, à force, de nous lasser ?
“ Que nenni, répond Pascal Bruckner, auteur de “l'Euphorie perpétuelle” (Grasset, 2000), essai sur le culte du bonheur dans nos sociétés contemporaines. C'est un filon inépuisable qui se renouvelle avec chacun de nous, un mouvement qui nous dépasse tous. ” Et d'expliquer que le champ du pratique rapporté à soi, les livres de “ self help ” et de “ how to ” existent déjà depuis trente ans aux États-Unis, où le marché, comme en France, ne fait que croître sans manifester aucun signe d'essoufflement.
“ Le boom du développement personnel est lié à la montée de l'individualisme : le souci de soi l'emporte aujourd'hui sur tout. Les déceptions, les désillusions et le sentiment d'impuissance face au monde font que nous avons renoncé à le réformer. La seule chose qu'il nous reste, c'est de nous occuper de nous, de notre confort et de notre bonheur. ” Certes, mais que nous apportent véritablement ces livres qui, peu ou prou, nous disent tous la même chose ? Comment expliquer leur succès alors qu'une vie ne suffirait pas à mettre en pratique les mille et un conseils qu'ils nous délivrent ? “ Il n'y a plus dans nos sociétés modernes d'art de vivre collectif, de transmission de savoirs ou de valeurs entre générations, poursuit Bruckner. D'une certaine manière, ces ouvrages font office d'école de l'existence, d'école de l'harmonie. Mais on n'en attend pas vraiment de résultats : on les achète pour apaiser ses angoisses et l'on se rassure de voir qu'il existe pléthore de manuels et de méthodes. Cela montre qu'il y a des besoins autres que le sien et que l'on n'est donc pas seul dans la galère... ” En d'autres termes, psys, guides, coachs et autres vendeurs de mieux-être peuvent se réjouir, car “ le drame de l'homme, disait Sartre, c'est d'avoir à se boire jusqu'à plus soif ”. Dont acte.
- À lire : “ le Développement personnel ”, de Michel Lacroix, éd. Flammarion ; “ l'Euphorie perpétuelle ”, de Pascal Bruckner, éd. Grasset.___
Je pense qu'il serait judicieux d'insister sur le côté évolution longue du développement personnel. Les changements de la personne et les incidences sur sa vie n'interviennent pas du jour au lendemain. Les détracteurs du développement personnel ont beau jeu de dire qu'il s'agit là de charlatanisme, car en effet, si l'on se réfère à certains titre d'ouvrages : « comment changer sa vie en neuf leçons »….Il est clair que le sérieux de tels écrits peut être mis en doute ; pourtant, même ces livres peuvent être le départ d'une réflexion, qui elle-même aboutira à une prise de conscience et ensuite à un remaniement de tout ou partie de sa vie. De toutes façons, pourquoi désirer se prendre en main, serait-il néfaste ? Aujourd'hui les gens veulent vivre le mieux possible en quoi cela serait-il surréaliste ou répréhensible ? Il s'agit au contraire d'une démarche profondément humaine de transformation et d'un désir d'accès au mieux être.
On nous fait croire que le développement personnel serait un modèle d'existence à livrer clés en main. Dans cette publicité pour le moins mensongère, ce n'est certainement pas le développement personnel qui est à incriminer, mais les méthodes marketing qui l'entourent. Prenons la métaphore du régime pour mieux expliciter ce propos :
Si l'on vous dit : « ce régime va vous faire perdre dix kilos en trois semaines », c'est un mensonge et le public le sait bien. Dans ce cas de figure, ce n'est pas le régime qui est en cause, il est évident que pour maigrir, il faut faire une diète ; c'est l'effet miraculeux qui est parfaitement malhonnête. Or qui véhiculent ce genre de propos à tout va dans nos vies ? Eh bien, les publicitaires en cela parfaitement relayés par les médias et les journalistes qui à leur tour vilipendent les produits ou les méthodes, alors que c'est la façon de les vendre qui est à proscrire.
Pour ce qui concerne les journalistes qui font leurs choux gras et qui remplissent leurs éditos et leurs artiches, à quand un stage de développement personnel qui leur permettrait enfin d'avoir accès à leur créativité, à l'ouverture de l'imaginaire, ce qui éviterait aux lecteurs ces éternelles resucées sur le développement personnel et l'argent qu'il véhicule…..Sortons de cette notion de filon et de filous, et si l'on parlait justement des filons médiatiques et journalistiques…
Nous sommes il est vrai un peu fatigués de lire ces sempiternelles constations négatives sur la société. Sur notre art de vivre collectif qui disparaîtrait. Sur la non transmission des valeurs qui fondaient notre existence d'une génération à une autre ? J'ai pour ma part beaucoup de mal à croire que c'était mieux avant !
En résumé, ne pas confondre les techniques de développement personnel et les loups qui rôdent autour. Ne pas confondre une consommation idiote et un véritable travail sur soi.
Nous sommes, dans ce cadre, loin ici de la négation de la réalité et de la démission autour de sa propre existence qu'évoquent certains philosophes (dixit Roger-Pol Droit qui énonce que le propre du développement personnel est une rêverie autour d'efforts inaccomplis). C'est au contraire une somme d'efforts réalisés au quotidien avec une mesure permanente du résultat de ces efforts.
Non, la notion de temps n'est pas supprimée, ni celle de difficulté ou alors l'on ne parle pas réellement de développement personnel.
Le développement personnel ne remplace pas la thérapie, car il ne répond pas aux mêmes questions. Au « pourquoi » de la thérapie : « Pourquoi est-ce que je m'enlise toujours dans les mêmes situations ? », il correspond au « comment » je vais me sortir de cette situation.
Le développement personnel peut être le précurseur d'une thérapie, il peut accompagner une thérapie, il peut peaufiner les progrès enregistrés par cette dernière. Il est à la fois compatible et complémentaire.
A l'heure actuelle, quelques philosophes s'inquiètent du déclin de la philosophie, en effet, celle-ci perdrait de son impact parce que les philosophes ont voulu rester dans leur cercle élitiste au lieu de bien vouloir baisser les yeux vers le commun des mortels.
Si nous revenons au cas de la philosophie et aux utopies qu'elle a peut-être engendrées, rappelons que certaines de ces utopies se sont transformées en aberrations et ont fait des millions de morts ce qui n'est pas le cas du développement personnel. En effet, s'occuper de son propre changement évite de révolutionner le monde, en semant, au passage, un nombre considérable de cadavres et de dommages collatéraux.
Je suis également outrée que l'on puisse qualifier d'exotiques les médecines autres qu'occidentale (telles la médecine ayurvédique, chinoise ou africaine) ceci me paraît être du dernier mépris pour ces sciences millénaires qui n'ont rien à envier à notre médecine traditionnelle, qui soit dit en passant présente également des avantages et des réussites.
Pour conclure, merci d'avoir non pas parlé du développement personnel mais du mercantilisme qui parfois règne autour.
A quand un véritable article suffisamment étayé et appuyé par des exemples de réussite ?
Claire Delabare Mai 2005
(1) ENQUÊTE parue dans Madame Figaro du samedi 30 avril 2005. Par Diane Wulwek.
Le bonheur à la page
L'édition rayonne de bien-être ! Pas une semaine sans un nouveau pavé au titre prometteur : “Se réaliser en 10 leçons”, “la santé en chantant”... et plein d'autres promesses de félicité. Puisque notre société en a assez de souffrir, faisons-la rêver. Non au laisser-aller, oui à la prise en charge. À quand la prise de conscience ?
http://www.lefigaro.fr/cgi/edition/genimprime?cle=20050425.FIG0497
Extraits :
Soit, mais toute cette prose bien intentionnée, tous ces sujets se préoccupant de nos petits moi respectifs ne risquent-ils pas, à force, de nous lasser ?
“ Que nenni, répond Pascal Bruckner, auteur de “l'Euphorie perpétuelle” (Grasset, 2000), essai sur le culte du bonheur dans nos sociétés contemporaines. C'est un filon inépuisable qui se renouvelle avec chacun de nous, un mouvement qui nous dépasse tous. ” Et d'expliquer que le champ du pratique rapporté à soi, les livres de “ self help ” et de “ how to ” existent déjà depuis trente ans aux États-Unis, où le marché, comme en France, ne fait que croître sans manifester aucun signe d'essoufflement.
“ Le boom du développement personnel est lié à la montée de l'individualisme : le souci de soi l'emporte aujourd'hui sur tout. Les déceptions, les désillusions et le sentiment d'impuissance face au monde font que nous avons renoncé à le réformer. La seule chose qu'il nous reste, c'est de nous occuper de nous, de notre confort et de notre bonheur. ” Certes, mais que nous apportent véritablement ces livres qui, peu ou prou, nous disent tous la même chose ? Comment expliquer leur succès alors qu'une vie ne suffirait pas à mettre en pratique les mille et un conseils qu'ils nous délivrent ? “ Il n'y a plus dans nos sociétés modernes d'art de vivre collectif, de transmission de savoirs ou de valeurs entre générations, poursuit Bruckner. D'une certaine manière, ces ouvrages font office d'école de l'existence, d'école de l'harmonie. Mais on n'en attend pas vraiment de résultats : on les achète pour apaiser ses angoisses et l'on se rassure de voir qu'il existe pléthore de manuels et de méthodes. Cela montre qu'il y a des besoins autres que le sien et que l'on n'est donc pas seul dans la galère... ” En d'autres termes, psys, guides, coachs et autres vendeurs de mieux-être peuvent se réjouir, car “ le drame de l'homme, disait Sartre, c'est d'avoir à se boire jusqu'à plus soif ”. Dont acte.
- À lire : “ le Développement personnel ”, de Michel Lacroix, éd. Flammarion ; “ l'Euphorie perpétuelle ”, de Pascal Bruckner, éd. Grasset.___
Activités de Claire Delabare
'La richesse du dessin projectif : « vos desseins dans vos dessins »' par Claire Delabare
Mercredi 04 Mai 2005
Redécouvrons notre légende personnelle.
L'utilisation thérapeutique du travail autour des dessins projectifs poursuit un chemin identique à celui de l'analyse des rêves. Tout comme le rêve le dessin projectif est le résultat d'une manifestation de l'inconscient. Il aide à la remontée, à la connaissance et à l'extériorisation des processus psychiques inconscients qui représentent notre vérité intime soustraite à notre conscient.
Comme le précise C.G. JUNG, le but est de connaître quelque chose de nous de l'ordre de l'inconscient. Sachant qu'en thérapie verbale classique, nous évoquons ce qui est d'ores et déjà conscientisé, alors qu'en dessin projectif, nous vivons à l'instant T un processus intuitif qui émerge à la conscience
Si nous poursuivons l'analogie entre rêves et dessins projectifs du point de vue d'une émanation de l'inconscient, alors nous pouvons les analyser et les interpréter en utilisant les mêmes procédés analytiques.
Le dessin projectif nous renvoie à notre situation intérieure. La différence qui se joue dans le cadre du dessin, contrairement au rêve, est que le conscient est toujours plus présent, même si une mise en état sophronique grâce à une relaxation dirigée atténue la possibilité d'interférence du conscient.
Pourtant le dessin offre quelque chose de plus tangible que le rêve, car ce dernier est d'essence volatile et peut être lui aussi sujet à interprétation par le sujet au moment où il évoque les images de son rêve, ces dernières peuvent être filtrées par le conscient. Souvent les images du rêve sont si impalpables, tellement indicibles, que l'on se demande parfois si l'imaginaire ne vient pas à la rescousse du rêveur en lui fournissant des images plus précises et surtout plus parlantes.
Le dessin étant matérialisé, il n'évolue pas au fur et à mesure du temps qui passe. Il reste un support qui ne change pas, même si on reprend son étude plusieurs jours plus tard, l'interprétation qui en est faite peut évoluer, mais le support demeure lui ce qu'il était.
Je souhaiterais ajouter que le dessin projectif ne représente jamais un test qui concernerait uniquement l'aspect psychologique de la personne. La structure même du dessin, les couleurs employées, en fait tout ce qui fait qu'un dessin est un dessin, relèvent des tests psychologiques. Le dessin projectif nous fait travailler autour de l'aspect symbolique des éléments qui constituent notre psyché et dans ce cas, ni les couleurs, les matières employées, l'espace dans lequel se situe le dessin ne sont interprétés.
Le véritable écueil dans ce travail, c'est la limitation, la rationalisation, le désir de bien dessiner, alors qu'il est impératif de se laisser dessiner.
Nos dessins sont révélateurs de notre âme, de ce qu'elle a à nous dire, de là où elle nous interpelle.
Le dessin projectif peut nous apporter plus que nous en espérons, dès que nous avons atteint les rives de la compréhension, la sensation d'un mieux être physiologique, pas uniquement psychologique, mieux être qui se traduit par une sensation de détente, de paix et un sentiment d'accomplissement.
Certains dessins, il est vrai sont peu « parlants ». Ce ne sont pas obligatoirement les premiers. D'autres au contraire nous donnent des informations irréfutables et il est important de les « écouter » et de les analyser au plus juste.
A contrario d'autres dessins vont se révéler d'une clarté étonnante et vont se montrer particulièrement bavards. Dans ce cas la difficulté du thérapeute serait la précipitation dans l'interprétation. Méfions-nous de ce qui est trop évident et trop riche de sens pour être vrai…. Certains dessins, comme certains rêves préfèrent échapper à l'interprétation et souhaitent rester incompréhensibles. Car les processus psychiques qui les sous tendent ont parfois besoin de n'être pas sortis de l'inconscient à un moment donné, voire jamais… . Dans ce cas le thérapeute qui avoue sa non compréhension rend un grand service à son client
Surtout, nous thérapeutes, laissons s'exprimer nos clients sans conception préétablie, car le langage qui va s'exprimer est celui très pur de l'enfant. Nous ne pouvons qu'aider à l'élaboration de ce langage quand ce qui veut être exprimé rencontre trop de difficulté, mais en aucun cas une interprétation ne doit être servie..
Rappelons-nous que quand une interprétation est donnée, sa valeur n'est acquise que lorsqu'elle a rencontré l'assentiment du client
Devant certains dessins obscurs qui ne se prêtent à aucune association ou explication de la part du client, il nous reste en tant que thérapeute à examiner avec soin le contexte du dessin. Ce que j'entends par contexte peut être représenté par l'attitude, la gestuelle, le regard, le comportement global du client. Un client muet devant son dessin, éprouvant de la difficulté à parler sur ce qu'il a dessiné, peut montrer un certain nombre d'éléments ou d'indices grâce à son corps..
Il arrive également que client et thérapeute souhaitent percer le secret du dessin, alors que justement ce dessin là n'a pas de secret et qu'il est inutile d'aller chercher plus loin un sens caché. Arracher du sens à tout prix est une quête volontariste qui enlève toute son efficacité et sa crédibilité à la projection et à l'analyse du dessin. Se saisir de n'importe quel fil associatif sous prétexte de faire parler le dessin peut s'avérer inutile, car justement de fil en aiguille, l'association peut perdre tout sens et devenir totalement filandreuse… L'attente d'un dessin qui devrait absolument posséder un sens est une approche théorique et non pas réelle.
Se défaire de la conviction qu'un dessin parle forcément est une démarche indispensable au respect de l'étude des dessins.
Analyser des dessins ne signifie pas non plus pratiquer les mêmes associations que dans le cadre d'une analyse, car nous ne recherchons pas obligatoirement les désirs refoulés, même s'il existe des dessins qui matérialisent des vœux ou des peurs enfouis.
Un ultime conseil, serait de se défaire de tout dogme et de trop de théorie et de s'appuyer sur l'intuition ainsi que sur la connaissance des symboles et des archétypes.
L'utilisation thérapeutique du travail autour des dessins projectifs poursuit un chemin identique à celui de l'analyse des rêves. Tout comme le rêve le dessin projectif est le résultat d'une manifestation de l'inconscient. Il aide à la remontée, à la connaissance et à l'extériorisation des processus psychiques inconscients qui représentent notre vérité intime soustraite à notre conscient.
Comme le précise C.G. JUNG, le but est de connaître quelque chose de nous de l'ordre de l'inconscient. Sachant qu'en thérapie verbale classique, nous évoquons ce qui est d'ores et déjà conscientisé, alors qu'en dessin projectif, nous vivons à l'instant T un processus intuitif qui émerge à la conscience
Si nous poursuivons l'analogie entre rêves et dessins projectifs du point de vue d'une émanation de l'inconscient, alors nous pouvons les analyser et les interpréter en utilisant les mêmes procédés analytiques.
Le dessin projectif nous renvoie à notre situation intérieure. La différence qui se joue dans le cadre du dessin, contrairement au rêve, est que le conscient est toujours plus présent, même si une mise en état sophronique grâce à une relaxation dirigée atténue la possibilité d'interférence du conscient.
Pourtant le dessin offre quelque chose de plus tangible que le rêve, car ce dernier est d'essence volatile et peut être lui aussi sujet à interprétation par le sujet au moment où il évoque les images de son rêve, ces dernières peuvent être filtrées par le conscient. Souvent les images du rêve sont si impalpables, tellement indicibles, que l'on se demande parfois si l'imaginaire ne vient pas à la rescousse du rêveur en lui fournissant des images plus précises et surtout plus parlantes.
Le dessin étant matérialisé, il n'évolue pas au fur et à mesure du temps qui passe. Il reste un support qui ne change pas, même si on reprend son étude plusieurs jours plus tard, l'interprétation qui en est faite peut évoluer, mais le support demeure lui ce qu'il était.
Je souhaiterais ajouter que le dessin projectif ne représente jamais un test qui concernerait uniquement l'aspect psychologique de la personne. La structure même du dessin, les couleurs employées, en fait tout ce qui fait qu'un dessin est un dessin, relèvent des tests psychologiques. Le dessin projectif nous fait travailler autour de l'aspect symbolique des éléments qui constituent notre psyché et dans ce cas, ni les couleurs, les matières employées, l'espace dans lequel se situe le dessin ne sont interprétés.
Le véritable écueil dans ce travail, c'est la limitation, la rationalisation, le désir de bien dessiner, alors qu'il est impératif de se laisser dessiner.
Nos dessins sont révélateurs de notre âme, de ce qu'elle a à nous dire, de là où elle nous interpelle.
Le dessin projectif peut nous apporter plus que nous en espérons, dès que nous avons atteint les rives de la compréhension, la sensation d'un mieux être physiologique, pas uniquement psychologique, mieux être qui se traduit par une sensation de détente, de paix et un sentiment d'accomplissement.
Certains dessins, il est vrai sont peu « parlants ». Ce ne sont pas obligatoirement les premiers. D'autres au contraire nous donnent des informations irréfutables et il est important de les « écouter » et de les analyser au plus juste.
A contrario d'autres dessins vont se révéler d'une clarté étonnante et vont se montrer particulièrement bavards. Dans ce cas la difficulté du thérapeute serait la précipitation dans l'interprétation. Méfions-nous de ce qui est trop évident et trop riche de sens pour être vrai…. Certains dessins, comme certains rêves préfèrent échapper à l'interprétation et souhaitent rester incompréhensibles. Car les processus psychiques qui les sous tendent ont parfois besoin de n'être pas sortis de l'inconscient à un moment donné, voire jamais… . Dans ce cas le thérapeute qui avoue sa non compréhension rend un grand service à son client
Surtout, nous thérapeutes, laissons s'exprimer nos clients sans conception préétablie, car le langage qui va s'exprimer est celui très pur de l'enfant. Nous ne pouvons qu'aider à l'élaboration de ce langage quand ce qui veut être exprimé rencontre trop de difficulté, mais en aucun cas une interprétation ne doit être servie..
Rappelons-nous que quand une interprétation est donnée, sa valeur n'est acquise que lorsqu'elle a rencontré l'assentiment du client
Devant certains dessins obscurs qui ne se prêtent à aucune association ou explication de la part du client, il nous reste en tant que thérapeute à examiner avec soin le contexte du dessin. Ce que j'entends par contexte peut être représenté par l'attitude, la gestuelle, le regard, le comportement global du client. Un client muet devant son dessin, éprouvant de la difficulté à parler sur ce qu'il a dessiné, peut montrer un certain nombre d'éléments ou d'indices grâce à son corps..
Il arrive également que client et thérapeute souhaitent percer le secret du dessin, alors que justement ce dessin là n'a pas de secret et qu'il est inutile d'aller chercher plus loin un sens caché. Arracher du sens à tout prix est une quête volontariste qui enlève toute son efficacité et sa crédibilité à la projection et à l'analyse du dessin. Se saisir de n'importe quel fil associatif sous prétexte de faire parler le dessin peut s'avérer inutile, car justement de fil en aiguille, l'association peut perdre tout sens et devenir totalement filandreuse… L'attente d'un dessin qui devrait absolument posséder un sens est une approche théorique et non pas réelle.
Se défaire de la conviction qu'un dessin parle forcément est une démarche indispensable au respect de l'étude des dessins.
Analyser des dessins ne signifie pas non plus pratiquer les mêmes associations que dans le cadre d'une analyse, car nous ne recherchons pas obligatoirement les désirs refoulés, même s'il existe des dessins qui matérialisent des vœux ou des peurs enfouis.
Un ultime conseil, serait de se défaire de tout dogme et de trop de théorie et de s'appuyer sur l'intuition ainsi que sur la connaissance des symboles et des archétypes.
Profil Claire Delabarre
Qui suis-je? Claire DELABARE
Jeudi 14 Avril 2005
- PSYCHOTHERAPEUTE A ORIENTATION JUNGIENNE
- CONSULTANTE EN DEVELOPPEMENT DES RESSOURCES HUMAINES
C'est en 1984 que j'ai fait le choix de m'orienter vers la psychologie humaniste.
Les diverses méthodes acquises sont les suivantes :
Analyse transactionnelle
Pratique des jeux de rôle et théâtre de BOAL
Relaxation sophrologie (SCHULTZ, CAYCEDO)
Pensée positive (méthode SILVA)
Pychologie des profondeurs (JUNG)
Mes formateurs et thérapeutes ont été :
Rémy FILIOZAT
Alain HERIL (Institut PARALAXE, sophrologie)
Nelly NIBERT (RESONANCE, Méthode SILVA)
Simone BERNO (CREE) formation de thérapeute à orientation jungienne
Hubert JAOUI (CREATECA) formation au développement de la créativité
J'ai terminé en 1996 une « Gestalt therapy » avec Claire CHAPELLE Membre de l'Ecole Parisienne de Gestalt.
Superviseur : Alain HERIL
En 1992, création et animation de stages de « stratégie de vie » au sein de l'association que j'ai créée : CHANCEA où j'ai pu exercer essentiellement auprès de personnes souffrant de dépendance affective.
Conférencière, j'ai co-animé pendant deux ans des « resto – psycho » autour des thèmes de développement personnel.
Consultante en entreprise, j'enseigne les techniques de développement de l'efficacité personnelle (affirmation de soi, activation de ses divers potentiels etc..).
J'anime également des ateliers de dessins projectifs toujours dans le cadre de l'approche jungienne.
Membre du CA de PSYRESO et de la FISAT
- CONSULTANTE EN DEVELOPPEMENT DES RESSOURCES HUMAINES
C'est en 1984 que j'ai fait le choix de m'orienter vers la psychologie humaniste.
Les diverses méthodes acquises sont les suivantes :
Analyse transactionnelle
Pratique des jeux de rôle et théâtre de BOAL
Relaxation sophrologie (SCHULTZ, CAYCEDO)
Pensée positive (méthode SILVA)
Pychologie des profondeurs (JUNG)
Mes formateurs et thérapeutes ont été :
Rémy FILIOZAT
Alain HERIL (Institut PARALAXE, sophrologie)
Nelly NIBERT (RESONANCE, Méthode SILVA)
Simone BERNO (CREE) formation de thérapeute à orientation jungienne
Hubert JAOUI (CREATECA) formation au développement de la créativité
J'ai terminé en 1996 une « Gestalt therapy » avec Claire CHAPELLE Membre de l'Ecole Parisienne de Gestalt.
Superviseur : Alain HERIL
En 1992, création et animation de stages de « stratégie de vie » au sein de l'association que j'ai créée : CHANCEA où j'ai pu exercer essentiellement auprès de personnes souffrant de dépendance affective.
Conférencière, j'ai co-animé pendant deux ans des « resto – psycho » autour des thèmes de développement personnel.
Consultante en entreprise, j'enseigne les techniques de développement de l'efficacité personnelle (affirmation de soi, activation de ses divers potentiels etc..).
J'anime également des ateliers de dessins projectifs toujours dans le cadre de l'approche jungienne.
Membre du CA de PSYRESO et de la FISAT
Le Développement Personnel en débat
'Quelques mots autour de développement personnel et pourquoi il est indispensable aux futurs thérapeutes de s'y inscrire' par Claire Delabarre
Dimanche 10 Avril 2005
Le mouvement du potentiel humain fondé par A. MASLOW, préconise de vouloir vivre pleinement, d'actualiser son potentiel, de s'épanouir, pour répondre à l'idéal platonicien, du vrai, du beau et du bien. Le développement personnel est une aspiration philosophique qui aurait contre lui une trop grande simplicité ou une trop grande évidence.
En développement personnel, nous ne devons pas rester centrés sur nous mais devons apprendre à nous relier aux autres dans une communication intime et appropriée. Ici, sont intéressés au premier chef les thérapeutes qui doivent œuvrer autour de trois dimensions :
- un travail sur la capacité de communication et la capacité d'empathie (développement personnel) : c'est-à-dire : vous face aux autres.
- Un travail thérapeutique sur soi, c'est-à-dire : vous face à vous
- Un apprentissage de la théorie et de méthodes thérapeutiques, qu'on pourrait nommer le champ clinique.
Le but de l'évolution personnelle est d'être de plus en plus soi-même dans n'importe quelle situation (Carl Rogers). Dans la situation thérapeutique, le travail sur cette capacité de communication et d'empathie permettra aux clients de se laisser aller en confiance.
Si je devais construire à mon tour une pyramide, le socle serait une bonne connaissance de soi et un désir de dépassement, et d'évolution qui évoquerait le développement personnel. L'étage suivant représenterait la capacité de faire la paix avec soi-même grâce à la thérapie et le sommet lierait l'apprentissage de la théorie et des différentes méthodes thérapeutiques choisies.
Le socle de la pyramide qui conditionne la réussite des deux autres, c'est aimer vivre et désirer évoluer. Cela représente une source de bien- être pour le thérapeute. Le premier étage c'est se connaître et parfois se guérir. Le sommet c'est l'autre et sa problématique et ce que vous pouvez en faire pour l'aider à aller mieux.
Nous sommes tous, thérapeutes et thérapisants, les créateurs tant de notre réalité intérieure que de la réalité extérieure. C'est le développement personnel qui va d'une, part faire envisager et mettre en place une thérapie et d'autre part ancrer, hors thérapie, le lien aux autres, l'amélioration constante de notre environnement et l'enrichissement de notre monde intérieur.
Pour parfaire mon propos, je voudrais donner un exemple :
Prenons la gestion du temps :
Dans une première approche, on peut considérer qu'il s'agit d'organisation du travail et de gestion des priorités, c'est ce que l'on nous apprend dans les formations en entreprise. C'est Chronos, le temps linéaire, celui qui est découpé et artificiel.
Dans un second temps, nous allons comprendre une approche du temps originale, une nouvelle façon de voir qui va de l' intérieur vers l'extérieur, en travaillant essentiellement sur la reconnaissance de notre rythme personnel, en se concentrant sur les activités significatives à nos yeux.
Ce concept qui n'est ni organisationnel ni thérapeutique entre de plain pied dans le développement personnel.
En développement personnel, nous ne devons pas rester centrés sur nous mais devons apprendre à nous relier aux autres dans une communication intime et appropriée. Ici, sont intéressés au premier chef les thérapeutes qui doivent œuvrer autour de trois dimensions :
- un travail sur la capacité de communication et la capacité d'empathie (développement personnel) : c'est-à-dire : vous face aux autres.
- Un travail thérapeutique sur soi, c'est-à-dire : vous face à vous
- Un apprentissage de la théorie et de méthodes thérapeutiques, qu'on pourrait nommer le champ clinique.
Le but de l'évolution personnelle est d'être de plus en plus soi-même dans n'importe quelle situation (Carl Rogers). Dans la situation thérapeutique, le travail sur cette capacité de communication et d'empathie permettra aux clients de se laisser aller en confiance.
Si je devais construire à mon tour une pyramide, le socle serait une bonne connaissance de soi et un désir de dépassement, et d'évolution qui évoquerait le développement personnel. L'étage suivant représenterait la capacité de faire la paix avec soi-même grâce à la thérapie et le sommet lierait l'apprentissage de la théorie et des différentes méthodes thérapeutiques choisies.
Le socle de la pyramide qui conditionne la réussite des deux autres, c'est aimer vivre et désirer évoluer. Cela représente une source de bien- être pour le thérapeute. Le premier étage c'est se connaître et parfois se guérir. Le sommet c'est l'autre et sa problématique et ce que vous pouvez en faire pour l'aider à aller mieux.
Nous sommes tous, thérapeutes et thérapisants, les créateurs tant de notre réalité intérieure que de la réalité extérieure. C'est le développement personnel qui va d'une, part faire envisager et mettre en place une thérapie et d'autre part ancrer, hors thérapie, le lien aux autres, l'amélioration constante de notre environnement et l'enrichissement de notre monde intérieur.
Pour parfaire mon propos, je voudrais donner un exemple :
Prenons la gestion du temps :
Dans une première approche, on peut considérer qu'il s'agit d'organisation du travail et de gestion des priorités, c'est ce que l'on nous apprend dans les formations en entreprise. C'est Chronos, le temps linéaire, celui qui est découpé et artificiel.
Dans un second temps, nous allons comprendre une approche du temps originale, une nouvelle façon de voir qui va de l' intérieur vers l'extérieur, en travaillant essentiellement sur la reconnaissance de notre rythme personnel, en se concentrant sur les activités significatives à nos yeux.
Ce concept qui n'est ni organisationnel ni thérapeutique entre de plain pied dans le développement personnel.
Perspectives Jungienne
'Carl Gustav Jung, une œuvre trop peu connue' par Claire Delabare
Dimanche 10 Avril 2005
Jung de son vivant a toujours souhaité que son œuvre ne soit pas trop divulguée, par Claire Delabarre.
Il a insisté sur le fait que la psyché ne se révélait pas uniquement dans le cabinet du thérapeute, mais avant tout dans le vaste monde et dans les profondeurs de l'histoire.
Jung s'est basé sur l'expérience qu'il possèdait des êtres humains, normaux, névrotiques et psychotiques.
C'est pourquoi son œuvre nous concerne tous, car pour lui les manifestations inconscientes ne sont pas uniquement pathologiques.
La notion de culturel chez Jung est extrêmement importante, puisqu'il définit la libido comme une énergie naturelle, que nous posséderions tous en quantité excédant les besoins pulsionnels pour servir nos besoins culturels.
La conception jungienne de l'inconscient et de l'univers est positive et humaniste et c'est ce qui la relie aujourd'hui à toutes les nouvelles thérapies et au développement personnel.
La notion typiquement jungienne d'inconscient collectif renvoie aux philosophies orientales, que nous (re)découvrons et mettons à profit pour un meilleur être dans nos vies et dans nos relations aux autres.
Il a insisté sur le fait que la psyché ne se révélait pas uniquement dans le cabinet du thérapeute, mais avant tout dans le vaste monde et dans les profondeurs de l'histoire.
Jung s'est basé sur l'expérience qu'il possèdait des êtres humains, normaux, névrotiques et psychotiques.
C'est pourquoi son œuvre nous concerne tous, car pour lui les manifestations inconscientes ne sont pas uniquement pathologiques.
La notion de culturel chez Jung est extrêmement importante, puisqu'il définit la libido comme une énergie naturelle, que nous posséderions tous en quantité excédant les besoins pulsionnels pour servir nos besoins culturels.
La conception jungienne de l'inconscient et de l'univers est positive et humaniste et c'est ce qui la relie aujourd'hui à toutes les nouvelles thérapies et au développement personnel.
La notion typiquement jungienne d'inconscient collectif renvoie aux philosophies orientales, que nous (re)découvrons et mettons à profit pour un meilleur être dans nos vies et dans nos relations aux autres.
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