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Vigilance en CMPP, Juin 2005Chronique d’une « psychanalyse interrogée » Par Jean-Noël Donnart Décembre 2003, création de la F.AN.C.M.P.P. – la fédération des trois associations nationales de CMPP (A.N.C.M.P.P., G.R.A.M.E.S., A.F.C.M.P.P.) Décembre 2005, premier colloque de cette fédération – invité, entre autres, le professeur Widlöcher ; titre : « La psychanalyse interrogée » ; atelier n°1 : les thérapies cognitivo-comportementales. Ces deux dates sont à retenir. Elles marquent un tournant dans l’histoire des C.M.P.P., tournant qui, s’y on n’y prend garde, pourrait s’avérer être un virage dangereux pour l’avenir de la pratique clinique en C.M.P.P. Les C.M.P.P. existent depuis 1946. Ce sont des consultations pour enfants et adolescents créées dans l’immédiat après-guerre, dans la mouvance de la psychanalyse, financées par la toute récente sécurité sociale. Il en existe aujourd’hui 306, dans pratiquement tous les départements. 185 000 enfants y ont été reçus en 2004. Le malaise dans la civilisation, là aussi, s’y fait sentir : la demande exponentielle des consultations a conduit à des temps d’attente excessifs – on parle de 15 000 enfants en attente, indice surtout de l’attente de parents et de citoyens de lieux d’écoute de la particularité subjective. On voit mal comment cette pratique clinique précieuse pourrait aujourd’hui ne pas être touchée, et très directement, par ce qui se trame : La mise en place d’indicateurs budgétaires toujours plus précis et serrés. Ceux-ci visent explicitement la comparaison comptable des établissements entre eux. Cette comparaison doit aller aussi loin que possible et il est attendu que les C.M.P.P. y participent activement. Les chiffres classiquement transmis aux DASS, tous les ans et depuis des années, par le biais des rapports d’activité, qui sont déjà des indicateurs budgétaires, ne suffisent donc plus. Il semble que la F.A.N.C.M.P.P. accompagne activement ce mouvement. Elle lancera à son tour, une grande enquête chiffrée début 2004… Pourtant, beaucoup pressentent que les prochains indicateurs réclamés concerneront, et de beaucoup plus près, ceux que l’on appelle non plus les patients mais « les usagers » : probablement, les diagnostics, sous une forme ou sous une autre ; et les débats sur la nature de la classification nosographique à utiliser ne changera fondamentalement pas le problème. Irons-nous jusqu’à une forme plus ou moins explicite de tarification à la pathologie ? A un financement limité dans le temps en fonction des pathologies ou des méthodes choisies ? Comment viendront à s’articuler « guides de bonnes pratiques » ou protocoles pré-formatés et financement ? Ce sont ces questions auxquelles nous sommes, cliniciens en C.M.P.P. exposés aujourd’hui. Il suffit d’écouter Madame Nicolas-Donz, chef de projet qualité à la D.G.A.S., au forum de la F.AN.C.M.P.P. Du 9 octobre 2004 : « Nous ne pouvons plus nous permettre de donner des budgets aveuglement (C’était donc le cas !?), d’où la nécessité de mener cette démarche d’évaluation de l’évolution de la qualité » ; on appréciera, au passage, le léger glissement signifiant : de l’évaluation à l’évolution… vers une «évolution » donc – en quel sens ? – du travail clinique… Début 2004, une expérimentation de ces indicateurs budgétaires est lancée, avec le soutien de la F.A.N.C.M.P.P., en Bretagne, Ille de France et Centre. Le refus des médecins directeurs et des directeurs administratifs bretons d’y participer n’arrêtera nullement cette expérimentation, qui se poursuivra avec les deux régions restantes, Ile de France et Centre, sans plus de bruit que cela. Un moratoire d’un an résultera de la fronde des bretons, sans doute pour calmer ces irréductibles gaulois, mais déjà cette période s’achève et les premiers indicateurs devront s’appliquer pour le budget 2006… Enfin, la F.A.N.C.M.P.P. organise un grand colloque de trois jours – à la Mutualité- en décembre 2005. Le programme du deuxième jour est-il à entendre comme le programme politique qui se profile ? Thème de la seconde journée : « Des références théoriques et conceptuelles à l’épreuve ». Conférence du professeur Widlöcher : « la psychanalyse interrogée ». Le choix de ce conférencier est loin d’être anodin. Le Professeur Widlöcher est un psychanalyste connu, mais aussi ardent défenseur des thérapies cognitivo-comportementales… L’intitulé de l’atelier n°1 : « incidences dans nos pratiques du développement des théories cognitives et comportementales et des neurosciences » ne laisse plus guère d’illusion sur le type d’interrogation mené et sur les dites « bonnes pratiques » qui seront promues. (Le reste du programme est consultable sur le site de la F.A.N.C.M.P.P.). Notons que le 9 octobre 2004, le pré programme annonçait : conférencier pressenti, E. Roudinesco, « Les C.M.P.P., une histoire porteuse de sens »…En effet, du 9 octobre 2004 au 15 avril 2004, quelque chose a changé. Aussi, invitons-nous les collègues exerçant en C.M.P.P. à nous contacter à l’adresse suivante : comitevigilance3553@yahoo.fr afin de recenser les différents comités de vigilance ainsi que les différentes actions qui voient le jour contre cette mise au pas budgétaire des C.M.P.P. et de leurs pratiques, afin aussi de diffuser les analyses et les informations de ce qui se passe dans les différentes régions. Juin 2005 Projet loi psychiatrie 2009 | De l'Hopital 2007 à l'Hopital 2012 | Plan Santé mentale | Rapports et textes officiels | Plans Santé mentale autres pays | OMS et Europe | Psychologues en question | Divers |
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EMBAUCHER UN PSYCHOLOGUE
Du Plan hôpital 2007 au Plan Hôpital 2012, discours de M. Bertrand X., ministre de la santé, 13/02/2007