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Grèce: luttes et misère au quotidien
100 jours de grève aux Aciéries

Les 400 travailleurs des Aciéries d’Aspropyrgos, près d’Athènes, sont en grève depuis 100 jours. Ils tiennent le coup grâce à leur combativité et au soutien des travailleurs de tout le pays.
Le Comité des femmes a organisé une conférence de presse dimanche. « Nous ne payons rien du tout : telle est la décision des femmes en ce qui concerne les impôts, les crédits, les factures, les frais scolaires et médicaux. A ceux qui nous disent que nous devons craindre des coupures d’électricité, de perdre notre maison ou notre voiture, nous disons que nous sommes prêtes à lutter tous ensemble contre tous ceux qui oseraient s’attaquer à une des familles des grévistes. »
Le Comité a obtenu des réactions positives suite à ses interventions dans les écoles pour demander l’annulation des frais durant la grève. Dans les priorités figurent la demande de geler les remboursements des crédits des familles des grévistes. Ainsi que de revendiquer la gratuité des soins médicaux et des médicaments.

Grève décisive à l’usine laitière Olympos

Les travailleurs de l’usine laitière Olympos de Larissa, au Nord de la Grèce et des centres de distribution du groupe ont fait grève pendant 48 heures le week-end dernier. La décision a été prise par la Centrale syndicale du lait, de l’alimentation et des boissons et par les délégations locales. Les grévistes ont dit non à la décision du patron d’imposer des réductions de salaire de 15 à 45%, de supprimer les contrats de 8h/jour et de 5jour/semaine.
Les ouvriers revendiquent : pas de réductions de salaires, de primes ou de congé, maintien des 8h et des 5 jours, pas de licenciements.
24 heures avant la grève, le patron avait menacé de traîner trois dirigeants syndicaux devant les tribunaux et de pénaliser les grévistes. Le jour de la grève, le patron a envoyé ses sbires pour briser le piquet. Des politiciens locaux ont également placardé des affiches dans la ville contre le PAME et le Parti communiste (KKE).
Mais les ouvriers ont reçu le soutien des syndicalistes du PAME, le Front militant des travailleurs, et des autres organisations de classe des agriculteurs, des indépendants, des étudiants et des femmes. Tous ensemble, ils ont passé la nuit du samedi à dimanche devant les portes de l’usine, par un froid glacial. Ils ont ainsi pu déjouer les tentatives du patron de briser la grève.

Personnel des hôtels non-payés

Les représentants syndicaux de l’HORECA d’Athènes, Corfou et Kos et les syndicalistes du PAME pour le secteur Alimentation et Tourisme de Rhodes et de Crète ont mené une action commune devant la société hôtelière Aquis. Ils ont exigé le paiement des salaires des employés de 11 hôtels, qui emploient au total 1.100 personnes, sans compter les étudiants. Les arriérés concernent les mois d’octobre et de novembre ainsi que les congés payés et dépassent le demi million d’euros. Un représentant de l’employeur a promis que les salaires en retard seraient versés d’ici vendredi. Si ce n’est pas le cas, les hôtels seront fermés, ont réagi les délégués syndicaux.

Colère des bagagistes de l’aéroport d’Athènes

Giorgos Protoulis, membre du Comité central du KKE et député, a visité l’aéroport international d’Athènes et a rencontré les bagagistes des sociétés Olympic Handling, Golden et Swissport, qui ont connu plusieurs licenciements la semaine dernière. Les travailleurs connaissent la peur du lendemain, le ressentiment et la colère face à leurs conditions de travail. Chacun doit charger entre 18 et 20 tonnes de bagages par jour. Et cela pour un salaire de misère. Par exemple, les jeunes travailleurs d'une vingtaine d’années ne gagnent pas plus de 1000 euros net, même s’ils travaillent la nuit, les dimanches et les jours fériés.
Certains ont été licenciées d’une société de maintenance pour être embauchés dans une autre et ont perdu leurs années d’ancienneté et quelques centaines d’euros de salaire.

Cauchemars pour les sans-abri

Le nombre des sans-abri a explosé dans les grandes villes comme Athènes, Thassalonique, Patras. Avec le froid hivernal, la situation est tragique. A Athènes, des familles avec des enfants dorment sous tentes ou dans des cartons sur les collines de Philopapou, dans le champ de Mars, dans les quartiers historiques au pied de l’Acropole. Certains essaient de se réfugier dans les hôpitaux publics. Certains créeraient des bagarres devant les commissariats juste pour passer la nuit en cellule.
Selon les chiffres du Centre d’accueil des sans-abri d’Athènes, il y aurait 26% d’augmentation des demandes d’hébergement en un an. Le Centre a reçu des pensionnés désespérés, parce qu’ils ne touchent qu’une pension de 345 euros et doivent payer un loyer de 250 euros. Dans un quartier du Pirée, 1500 soupes populaires sont servies deux fois par jour à des gens dans le besoin, des Grecs en majorité, mais aussi des immigrés.
Dans la file, on rencontre des personnes âgées qui doivent soutenir leurs enfants et petits-enfants chômeurs avec leur maigre pension. Ils racontent leur désespoir, les dettes, les maladies.

Rizospasis, 7 février 2012

Tags : Aciéries Athènes Grève KKE Olympos PAME et le Parti communiste Rizospasis