"Entre rage et désespoir" (éditions Kirographaires)
Plusieurs individus à la mine grise, stationnaient, immobiles, devant les portes de la salle d’audience tenant, pour la plupart, une lettre de convocation à la main. Au bout de quelques minutes, un homme, vêtu de la robe noire des magistrats, égrena une liste de noms. Une à une, les silhouettes pénétrèrent dans l’enceinte, comme les voyageurs franchisent les portillons d’une salle d’embarquement - peut-être l’égaré qui, tout à l’heure, cherchait à rejoindre l’embarcadère, se trouverait-il de l’autre côté !
Après quelques instants, j’entrais à mon tour.
Arrivé peu avant l’ouverture, je n’avais pas eu le temps de déposer mes avis d’imposition au service administratif, comme le mentionnait la convocation. Le greffier, assis à son bureau près de l’estrade, pourrait certainement me renseigner : « Bonjour Monsieur, je dois remettre des documents administratifs au Tribunal, pourriez-vous m’indiquer où les déposer, s’il vous plaît ? »
L’homme, qui classait devant lui des chemises en carton, ne répondit pas immédiatement. Je craignais de l’avoir dérangé à un moment inopportun. Finalement, il se décida à lever la tête et, sans répondre, me posa à son tour une question, employant un terme juridique dont j’ignorais la signification. Comme je tardais à répliquer, le greffier poursuivit froidement : « Vous ne savez pas pourquoi vous êtes là ! »
J’oubliais, dans certaines circonstances, un écriteau sur lequel est inscrit, en caractère gras, «l’idiot », trône au milieu de mon front ! Il faudra bien un jour que je me décide à l’enlever ce foutu panneau. Quand bien même, j’apprécie tant le personnage de Dostoïevski qui incarne le rôle dans le roman du même nom : un personnage hors du temps, débordant d’amour et de compassion, victime de sa naïveté et, au bout du compte, emporté par la folie.
Par son extravagance, la situation avait beau ressembler à une intrigue tout droit sortie de l’imagination de l’auteur, je ne possédais ni les qualités, ni le tempérament du personnage du roman. Sans compter que la remarque du greffier faisait échos à celle de l’huissier venu deux mois plus tôt à la maison me remettre la comparution. « Vous ne savez pas ce que vous faites ! » valait bien « Vous ne savez pas pourquoi vous êtes là ! » Ainsi s’exprime, peut-être, le personnel de justice ! Que faire avec cela ? Comment s’y habituer ? Dans le climat de fébrilité inhérent à la procédure, j’avais plutôt tendance à prendre ces répliques irritantes de plein fouet, sans défense ni armure.
La colère succédait à l’incrédulité. Que lui avais-je dit ou fait pour connaître cet accueil ? Quel gain espérait-il en s’autorisant cette posture ? Quelle couverture épaisse lui recouvrait les épaules pour adopter cette formule gratuite ? La robe de magistrat ne devait-elle pas, plutôt, l’en prémunir ?
Recouvrant rapidement le cours normal de mes pensées, j’en conclus que l’homme était trop occupé pour me renseigner. À ce moment précis, qui sait si je n’étais pas sujet à mal interpréter ses paroles ? Peut-être, tout simplement, ma question n’était-elle pas formulée clairement ? Une fois encore, à quoi bon discuter ! Je feignis d’ignorer la remarque et répondis simplement : « Je vais me débrouiller, merci », avant de rejoindre ma place…
"Entre rage et désespoir ", éditions Kirographaires
Après quelques instants, j’entrais à mon tour.
Arrivé peu avant l’ouverture, je n’avais pas eu le temps de déposer mes avis d’imposition au service administratif, comme le mentionnait la convocation. Le greffier, assis à son bureau près de l’estrade, pourrait certainement me renseigner : « Bonjour Monsieur, je dois remettre des documents administratifs au Tribunal, pourriez-vous m’indiquer où les déposer, s’il vous plaît ? »
L’homme, qui classait devant lui des chemises en carton, ne répondit pas immédiatement. Je craignais de l’avoir dérangé à un moment inopportun. Finalement, il se décida à lever la tête et, sans répondre, me posa à son tour une question, employant un terme juridique dont j’ignorais la signification. Comme je tardais à répliquer, le greffier poursuivit froidement : « Vous ne savez pas pourquoi vous êtes là ! »
J’oubliais, dans certaines circonstances, un écriteau sur lequel est inscrit, en caractère gras, «l’idiot », trône au milieu de mon front ! Il faudra bien un jour que je me décide à l’enlever ce foutu panneau. Quand bien même, j’apprécie tant le personnage de Dostoïevski qui incarne le rôle dans le roman du même nom : un personnage hors du temps, débordant d’amour et de compassion, victime de sa naïveté et, au bout du compte, emporté par la folie.
Par son extravagance, la situation avait beau ressembler à une intrigue tout droit sortie de l’imagination de l’auteur, je ne possédais ni les qualités, ni le tempérament du personnage du roman. Sans compter que la remarque du greffier faisait échos à celle de l’huissier venu deux mois plus tôt à la maison me remettre la comparution. « Vous ne savez pas ce que vous faites ! » valait bien « Vous ne savez pas pourquoi vous êtes là ! » Ainsi s’exprime, peut-être, le personnel de justice ! Que faire avec cela ? Comment s’y habituer ? Dans le climat de fébrilité inhérent à la procédure, j’avais plutôt tendance à prendre ces répliques irritantes de plein fouet, sans défense ni armure.
La colère succédait à l’incrédulité. Que lui avais-je dit ou fait pour connaître cet accueil ? Quel gain espérait-il en s’autorisant cette posture ? Quelle couverture épaisse lui recouvrait les épaules pour adopter cette formule gratuite ? La robe de magistrat ne devait-elle pas, plutôt, l’en prémunir ?
Recouvrant rapidement le cours normal de mes pensées, j’en conclus que l’homme était trop occupé pour me renseigner. À ce moment précis, qui sait si je n’étais pas sujet à mal interpréter ses paroles ? Peut-être, tout simplement, ma question n’était-elle pas formulée clairement ? Une fois encore, à quoi bon discuter ! Je feignis d’ignorer la remarque et répondis simplement : « Je vais me débrouiller, merci », avant de rejoindre ma place…
"Entre rage et désespoir ", éditions Kirographaires
Rédigé par Martial LOCO le Lundi 27 Février 2012 à 17:28
|
0 commentaire
Agé de 93 ans, Nelson Mandela a été hospitalisé samedi 25 février. Puisse la flamme de l'immense « combattant » pour la liberté et l'union entre les communautés ne pas s’éteindre de sitôt !
Emprisonné pendant vingt-sept ans au pénitencier de Robben Island par le régime raciste, Nelson Mandela est élu premier président noir d'Afrique du Sud (« la nation de l’arc en ciel ») en 1994, année suivant sa libération, lors du premier scrutin démocratique ouvert à tous les habitants du pays. Il se retire en 1999 après un unique mandat.
Durant sa période d’incarcération, le poème Invictus (écrit en 1875 par William Henley) joue un grand rôle dans la vie du prisonnier. Le titre latin signifie « invaincu, dont on ne triomphe pas, invincible ».
C’est également le titre du film de Clint Eastwood, qui retrace un épisode de la vie de Nelson Mandela, Nobel de la liberté en 2003.
Invictus (William Henley)
Dans les ténèbres qui m’enserrent,
Noires comme un puits où l’on se noie,
Je rends grâce aux dieux quels qu’ils soient,
Pour mon âme invincible et fière,
Dans de cruelles circonstances,
Je n’ai ni gémi ni pleuré,
Meurtri par cette existence,
Je suis debout bien que blessé,
En ce lieu de colère et de pleurs,
Se profile l’ombre de la mort,
Et je ne sais ce que me réserve le sort,
Mais je suis et je resterai sans peur,
Aussi étroit soit le chemin,
Nombreux les châtiments infâmes,
Je suis le maître de mon destin,
Je suis le capitaine de mon âme.
Durant sa période d’incarcération, le poème Invictus (écrit en 1875 par William Henley) joue un grand rôle dans la vie du prisonnier. Le titre latin signifie « invaincu, dont on ne triomphe pas, invincible ».
C’est également le titre du film de Clint Eastwood, qui retrace un épisode de la vie de Nelson Mandela, Nobel de la liberté en 2003.
Invictus (William Henley)
Dans les ténèbres qui m’enserrent,
Noires comme un puits où l’on se noie,
Je rends grâce aux dieux quels qu’ils soient,
Pour mon âme invincible et fière,
Dans de cruelles circonstances,
Je n’ai ni gémi ni pleuré,
Meurtri par cette existence,
Je suis debout bien que blessé,
En ce lieu de colère et de pleurs,
Se profile l’ombre de la mort,
Et je ne sais ce que me réserve le sort,
Mais je suis et je resterai sans peur,
Aussi étroit soit le chemin,
Nombreux les châtiments infâmes,
Je suis le maître de mon destin,
Je suis le capitaine de mon âme.
Hot Truck Jazz organisait hier soir, au Sunset Jazz Club, sa première session live. Au programme (par ordre d’apparition) : Hallie Weiner, Amanova et Réjane Artico.
Quoi de plus merveilleux que d’exprimer son talent. ? Chacun de nous est doté d’au moins un talent, plus ou moins grand. Certains en ont plusieurs, plus ou moins bien mis en valeur. D’autres, moins chanceux, le cherchent toute leur vie, sans parvenir à le mettre en musique…
D’après ce que nous avons vu et entendu hier soir, Hallie Weiner, Amanova et Réjane Artico en ont trouvé un, pour notre grand bonheur. Mélange de finesse, de douceur, d’énergie, de charme (la plupart des hommes adorent ça !) et d’élan du cœur, les trois jeunes interprètes (et auteures), accompagnées de leurs musiciens, nous ont accordé une représentation efficace et bienfaisante : tantôt pétillante, tantôt apaisante, toujours d’une excellente qualité artistique. Preuve que « la valeur (l'audace, le talent) n’attend pas le nombre des années ».
Cerise sur le gâteau
Dans le cadre de leur programme d’écoute solidaire, les organisateurs : Omri Ezrati, rédacteur en chef, et Sandrine Debiez, la voix de Hot Truck Jazz, ont décidé de délivrer une partie des bénéfices de la soirée aux Restos du cœur. Chapeau !
Si ce concert a su satisfaire notre soif de musique, il a également rassasié notre cœur : eau ( ?) et Jazz à tous les étages !
Un conseil, lorsque vous entendrez les noms de Hellie Weiner, Amanova et Rejane Artico, dans votre ville, faites-vous plaisir, allez les voir !
D’après ce que nous avons vu et entendu hier soir, Hallie Weiner, Amanova et Réjane Artico en ont trouvé un, pour notre grand bonheur. Mélange de finesse, de douceur, d’énergie, de charme (la plupart des hommes adorent ça !) et d’élan du cœur, les trois jeunes interprètes (et auteures), accompagnées de leurs musiciens, nous ont accordé une représentation efficace et bienfaisante : tantôt pétillante, tantôt apaisante, toujours d’une excellente qualité artistique. Preuve que « la valeur (l'audace, le talent) n’attend pas le nombre des années ».
Cerise sur le gâteau
Dans le cadre de leur programme d’écoute solidaire, les organisateurs : Omri Ezrati, rédacteur en chef, et Sandrine Debiez, la voix de Hot Truck Jazz, ont décidé de délivrer une partie des bénéfices de la soirée aux Restos du cœur. Chapeau !
Si ce concert a su satisfaire notre soif de musique, il a également rassasié notre cœur : eau ( ?) et Jazz à tous les étages !
Un conseil, lorsque vous entendrez les noms de Hellie Weiner, Amanova et Rejane Artico, dans votre ville, faites-vous plaisir, allez les voir !
Dernières notes
A vous de juger !
09/05/2012
Pourquoi "10 000" ?
30/04/2012
Disponible sous Fnac.com
27/04/2012
DÉCOUVERTE LITTÉRATURE
17/04/2012
Disponible sous Chapitre.com
29/03/2012
Quoi de neuf ?
27/03/2012
Un souhait, une prière...
22/03/2012
En vue d’apporter la paix au peuple
19/03/2012
« La femme est l'avenir de l’homme », Aragon
08/03/2012
Extrait N°4
27/02/2012
"Invictus"
26/02/2012
Une première au goût de sucre et de miel
24/02/2012
Message à partager sans modération
23/02/2012
En vue de former une union plus parfaite
23/02/2012
Blues et Soul au programme
22/02/2012
Extrait N°3
20/02/2012
Petit mot de remerciement à Sandrine DEBIEZ
16/02/2012
