teilhard de Chardin


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"Comment je Crois" chapitre 13
Editions du Seuil, livre de poche


Dans la Bible, l'idée de la pomme venant de l'arbre aux fruits défendus, donnée par Ève à Adam, peut, aujourd'hui, paraître déconcertante, faire sourire . Teilhard, commentant ces premiers chapitres de la Genèse, dit :

« ...ce sont uniquement des enseignements sur la nature de l'Homme et non des renseignements visuels sur son Histoire... » ; voilà qui peut dédouaner celle ou celui qui serait tenté de prendre à la lettre certaines sentences.

Néanmoins, Le péché originel tient une place importante dans l'espace religieux chrétien et il suscite souvent étonnement, scepticisme, rejet. Des moins hardis jettent sur lui un voile pudique, ou encore négation de principe, sinon efficace, suite logique de la paresse pour la recherche du Vrai. Je ne peux nier sa présence, condition nécessaire pour l'apaisement de l'âme.

Guidé par le maître et à sa suite, j'essaie de reformuler et de m'imprégner des réponses qu'il propose, et que sûrement et aussi inconsciemment, j'attends ; ces idées novatrices, dit-il, satisfont le dogme et la science, et revivifient ma vision intérieure.

Aujourd'hui on est généralement d'accord pour accepter l'idée et donc l'état du Phénomène d’Évolution de la vie : l'atome, les micro-organismes, les végétaux, les animaux, etc… De multiples transformations se sont faites et se font avec, et aussi à leur suite, la plus aboutie dans la lignée : l'homme.
Ces avancements se sont réalisés avec d'innombrables essais. On parle de hasards ou de synchronicités, et il y a aussi beaucoup d'impasses ; c'est la nature même de la vie. Alors, le résultat normal de ce mouvement ce sont des pertes, du déchet de ce qui ne s'est pas assemblé, de ce qui ne s'est pas trouvé, c'est à dire, du rebut, de la mort.
Teilhard écrit:
« ...une multitude de tâtonnements et d'essais, dans l'immensité de l'espace-temps. Le multiple primordial ne peut éviter de s'imprégner (dès le moment où il cesse d'être rien) de douleur et de faute,... au dessus de la Vie il entraine la douleur, à partir de l'homme, il devient péché ».
Je crois que parler de péché fait déplacé, dérange ; le mot est chargé d'émotion dans l'inconscient de l'homme moderne. J'ai de la crainte quand je veux, quand j'ose faire acte d’introversion ; est-ce la peur de voir apparaître des vieux démons que je ne saurais maîtriser ou de devoir prendre position face à des évidences venues en pleine lumière ?
En réponse à ces interrogations une note secourable de l'auteur recadre, et dit :
« le péché originel devient alors un effet combiné d' atomicité (désordre statistique) et d'organicité (contamination générale) de la masse humaine ».
Teilhard enseigne la prise de recul vis à vis du mal, il m’apprend à le démystifier sans en diminuer l' importance, il le situe à sa vrai place dans l’aventure humaine.
Parlant du Mal l'auteur écrit :
«Ce sous-produit, inévitable statistiquement, de l'unification du multiple de l'être participé »

La Rédemption de façon universelle vient régénérer pour de constants nouveaux en devenir.

En l’Être Premier que nous devinons et dont parle Teilhard s'établit une relation unique avec l’Être participé que nous sommes .

Pour terminer : ces quelques phrases dans le même esprit, et venant de Maître Eckhart (1260/1328) :
« Ce que je suis comme créature temporelle mourra et s'anéantira, car cela est dévolu au temps et doit pourrir avec le temps. Mais dans ma naissance éternelle naquirent toutes choses ; ici je fus cause de moi-même et de toute chose. Si je l'avais voulu alors, le monde entier et moi nous ne serions pas ; et, si je n'étais pas, Dieu ne serait pas non plus ; que Dieu soit Dieu j'en suis une cause. Si je n'étais pas, Dieu ne serait pas non plus. »
Et, en écho à la formule d’Angélus Silesius (1624-1677) Teilhard évoque :
« La mystérieuse relation qui relie l’Être Premier à l’être participé ».

Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Samedi 26 Mai 2012 à 12:58 | Commentaires (0)

Travaux des membres

tome-10, « COMMENT JE CROIS »
Pour la réunion du 25 mai 2012



-Teilhard avait intitulé ce texte « Note sur la transformation créatrice ». Peut-être pensait-il à « L’Evolution Créatrice », titre que Bergson avait déjà utilisé différemment. Teilhard était en désaccord partiel avec Bergson quant aux conséquences de la théorie des différents modes de panthéisme ; d’ailleurs nous examinerons prochainement ce sujet dans le chapitre 6.
-Comme le suggère Teilhard dans le point 7 de mon résumé, revenons à l’examen de la Genèse où Dieu passe de l’état virtuel à l’état manifesté. Avant la Genèse, Dieu est hors espace-temps et, après, Il est dans l’espace-temps ; à ce stade, il est dans la matière, presque complètement « dilué » en elle comme le suggère Teilhard dans le point 16 du résumé. Mais, ô miracle, Il est à la fois dedans et hors matière car l’énergie divine initiale fonctionne sur deux modes différents selon une logique binaire dont l’infinie diversité des manifestations ne peut encore être saisie par l’intelligence humaine (voir le livre de Thierry Magnin p.131 L'expérience de l'incomplétude / Le scientifique et le théologien en quête d'Origine (éditions Lethielleux)

-Selon Teilhard, ces états virtuels et réels ne peuvent pas être assimilés à une chute (Y a t-il seulement un haut et un bas ? écrivait Teilhard dans son tome-1). Logiquement, nous ne pouvons nous baser que sur un postulat embryonnaire : la perfection divine est absolue dans l’état virtuel et elle est relative dans l’état manifesté ; c’est ainsi que se conçoit le TOUT. Alors, ne perdons plus de temps avec cette controverse mais focalisons nos efforts sur la transmission du message porté par Celui qui a le secret et que nous connaissons tous :Christos.

-Revenons brièvement aux trois premiers chapitres : Genèse, Eden, Serpent où nous voyons deux phases successives concernant le Jardin d’Eden.
-Dans la première phase, l’interdiction de manger les fruits de l’Arbre de la Connaissance est absolue et punissable de mort car la connaissance relative aux choses de l’univers sera dangereuse tant que l’humanité n’aura pas atteint un certain seuil critique de niveau de conscience.
-Dans la deuxième légende biblique , celle du Jardin d’Eden, après que le fruit défendu fut goûté par l’humanité, on a l’impression que Dieu avait tout préparé pour que le fruit défendu fut mangé. Le piège de la transgression nécessaire avait été délibérément placé par Dieu dans ce « fruit défendu ». Dieu s’en réjouit puisqu’il dit à Adam : « Maintenant tu es comme Nous, tu connais le fruit de la connaissance du bien et du mal. » Cette connaissance étant assimilée à un certain niveau de conscience requis pour que l’évolution poursuive sa montée ; si non le phénomène humain est perdu d’avance, échec par disparition de l’humanité.
-Ainsi peut être défini le mythe fondateur des religions chrétiennes. Ce mythe a bien fonctionné jusqu’à ce jour grâce à des tentations nécessaires :
- d’abord l’ange déchu Lucifer qui fut chassé du paradis pour avoir tenté de prendre la place du Créateur, avant le commencement de l’univers, sans …
-ensuite, survient le mythe du serpent dans lequel se cache Lucifer pour faire succomber Adam et Eve,
-et enfin, la tentation proposée par Lucifer à Jésus pour le faire succomber à l’orgueil, mais Jésus préféra l’amour universel à un pouvoir vénal.

-Depuis deux mille ans ce mythe fondateur a bien fonctionné mais les temps ont changé, il faut l’adapter aux temps nouveaux.
Les temps ont changé car fort heureusement connaissances et consciences se sont considérablement élevées. Cela dit, il ne faut pas en rester là, justement à cause de l’élévation de conscience qui n’est plus exclusivement confessionnelle mais aussi laïque. Le salut s’adresse à tous les humains sans exclusion. Plus que jamais foi et raison doivent s’unir, au même rythme que celui de la course poursuite entre conscience et connaissance. Rien ne peut barrer la route à la volonté de connaissance qui est dans le cœur de l’humanité car le Créateur l’a voulu ainsi pour que l’humanité atteigne son achèvement (Plérôme).

-Bien et mal sont deux aspects différents du même fruit. Thierry Magnin clarifie magistralement la thèse des contraires et des contradictions en se référant à Aristote dans le chapitre 7 de son livre cité plus haut (pages 143/179)

-Le « réseau internet divin » est en nous, c’est notre âme; l’interroger est une pratique qui relève de l’intimité. L’activation de cette fonction divine qui est en nous ne demande qu’à se développer, mais l’initiative vient de nous : pas de demande, pas de réponse (voir Evangile de Matthieu C/19-34 : Cherchez d'abord le royaume de Dieu et sa justice; et toutes choses vous seront données en plus.

-Nous disposons d’autres textes sacrés, éternels, et à la portée de qui veut bien s’en imprégner. Nous avons examiné la Genèse, mais il reste d’autres piliers au pont gigantesque de l’initiation, ils ont pour nom : Abraham, Moïse, Jésus, St Jean l’Evangéliste et l’apôtre St Thomas. Le langage de ces hommes pénètre indépendamment de nous dans notre conscience. Il suffit de lire et relire ces textes quand on en ressent le besoin ; tel est le miracle du langage symbolique, le seul à pouvoir transmettre l’indicible.

Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Jeudi 10 Mai 2012 à 18:19 | Commentaires (0)

Travaux des membres

"Comment je crois" de Teilhard, réflexion pour la réunion du 25 mai 2012
"Réflexion sur le péché originel" (novembre 1947) pages 217 à 230 / Editions du Seuil, livre de poche


Anne-MarieTisserand / une synthèse du chapitre 13
Le schéma du cône n° 2 p. 224, avec ses repères M-A1, V, H, A2, EV et D permettra une synthèse du chapitre 13. Mais « l’essentiel à entendre est-il bien là ? Nous essaierons de voir comment le texte parle plus que ce dont il parle. » (cf Joseph Grison, dans son article n° 583 paru sur notre site le 1/5/2012), dans le respect de la pensée de Teilhard; ce qui nécessitera de la part du lecteur de faire momentanément abstraction, peut-être, de ses habitudes de penser.

1-- point M-A1 LE MULTIPLE DE BASE.

-Commentaires de Teilhard par rapport au point M : « Multiple primordial, non peccamineux, du néant, équivalent fonctionnel du Premier Adam » et source du mal statistique. »

-Formes potentielles créables :

"Le multiple de base représente (…) non plus les débris d’un être pulvérisé" (comme sur la figure 1), "mais la forme originelle, essentielle de l’être participé". (p. 227P)
L’embryon d’enfant contient déjà tous les potentiels du futur être humain . De manière similaire, les potentiels en M-A1 correspondent à la note de Teilhard sous le schéma n° 2, soit : "créable" et non nécessairement appelé à être créé" . C'est l'Alpha DE l'Omega sur l’axe facilement imaginable du cône n° 2 : A-1 (-premier Adam) / A-2 (deuxième Adam) selon Teilhard .
-A ce niveau, le multiple de base s’organise déjà « obscurément » en fonction d’informations ou d'un plan d’évolution ultérieure des points V (apparition de la vie), H (apparition de la liberté et du péché), A2 (Nouvel Adam)

Rappel du principe d’émergence énoncé par Teilhard dans Le Phénomène Humain :
« Dans le monde rien ne saurait éclater un jour comme final à travers les divers seuils (si critiques soient-ils) successivement franchis par l’évolution, qui n’a pas d’abord été " obscurément" primordial »

-Le multiple apparait du « néant » dit Teilhard,
c'est-à-dire du rien; à supposer que ce qui est hors espace-temps, (en dessous du point M, ou carrément au-delà du point A2 ?), soit vraiment du néant; qu'en savons-nous exactement ? Le point M serait, du même coup, véritablement créé car ex nihilo . Mais on peut aussi admettre que Teilhard nomme "néant" ce qui est au-delà de toute analyse scientifique possible pour l'instant. Cependant, il est hautement envisageable que les limites de l'intelligence humaine ne puissent qu’être indéfiniment repoussées plus loin et plus haut.

-Une présence divine ou Immanence : / Où l'on comprend mieux L'Hymne à la Matière de Teilhard ... (note de bas de page n° 3)

Teilhard écrit, p. 229 : " la création entraînant (parce que unificatrice) une certaine immersion du Créateur dans son œuvre (…) et encore : « Pourtant, quelque chose de divin ne peut pas ne pas être impliqué dans la création » . Le multiple de base ou matière première (materia prima) est comparable au sein de la « Vierge Noire » ("Je suis Noire et pourtant je suis belle ......"/Cantique des cantiques"( pièce jointe n° 2, La Vierge Noire du Puy en Velay, en tenant compte du contexte volcanique du site) où s’opère une lente gestation en vue de l’Incarnation quand le moment sera venu. C'est l'archétype de la Mère de Jésus et c'est le moment de rappeler, qu'à ce niveau, Elle ne peut être que "non peccamineuse" ... ou encore "Immaculée Conception" selon la formule révélée au XIX siècle à Lourdes.

-Il n’y aurait donc de « chute originelle » que celle d’une Etincelle divine, ou Immanence, dans la création en devenir.
-Il n'y aurait, au contraire, pour l’Homme, qu' une lente et douloureuse ascension (et non pas une « chute ») sur les degrés de l’échelle d’évolution ; comme le montre progressivement la figure 2 (contrairement à la proposition alexandrine de la figure 1 ).

Avant de se faire « chair » le Verbe s’est d’abord fait « matière ». Si l'on s'intéresse aux Ecritures, écoutons :

-Livre d'Isaïe 44:6."Je suis le premier et je suis le dernier, et hors moi il n'y a point de Dieu"
-Apocalypse 1:8 "Je suis l'alpha et l'oméga, dit le Seigneur Dieu, celui qui est, qui était, et qui vient, le Tout Puissant".
-Jean 8 : 58 : " En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham fût, je suis. "

En complément de la pensée de Teilhard et des Ecritures, j'ai trouvé intéressant l'article ci-dessous :
« L’importance des états virtuels dans l’émergence de l’ordre complexe dans l’univers » par Lothar Schäfer : Mécanismes de l’évolution ? (références google) Lothar Schäfer, Département de Chimie et de Biochimie Université de l’Arkansas, Fayetteville, Arkansas 72701 U.S.A

« Dans sa transcription de la « Phénoménologie de l’Esprit » de Hegel, Küng (1978) décrit le Dieu de Hegel comme n’étant pas le Dieu du passé, ni celui au-dessus du monde (Dieu au Ciel), ou bien encore le Dieu-Horloger déiste extérieur au monde, mais un Dieu dans le monde, traversant l’histoire et évoluant en elle, à la recherche de soi à partir d’une aliénation de soi-même, un Dieu en développement « qui s’abandonne au monde, guidant le monde en tant que Nature et finalement en tant qu’Esprit à travers tous les stades, jusqu’à lui-même et son Être infini et divin. » (Küng 1978, p.177). Hegel développe le concept de Dieu-dans-le-Monde et le Monde-en-Dieu sans se départir du cadre chrétien, sans se soumettre à un « athéisme irréligieux » (Küng, p. 172) menant néanmoins à une nouvelle compréhension du Divin et du Monde. « Le Dieu de Hegel n’est pas un dieu au-delà des étoiles qui agit sur le monde de l’extérieur. Au contraire, Dieu est l’Esprit emplissant tous les esprits dans les profondeurs de la subjectivité humaine... La création du monde n’est pas perçue comme une résolution délibérée, aléatoire et abstraite, mais comme quelque chose d’enraciné dans la nature de Dieu : elle n’est pas considérée dans le contexte d’une sorte d’émanation (procédant du parfait vers l’imparfait avec au commencement un âge d’or au Paradis), mais dans le contexte d’une évolution (procédant de l’imparfait vers le parfait, même si l’évolution des espèces n’est pas envisagée) »
(Küng, 1981, p.189).

-Phase non peccamineuse du mal statistique

La zone M-A1 est bien la source du mal statistique qui.« remonte jusqu’à l’origine première des choses (…) pourquoi les vivants meurent-ils, si non en vertu de la « désintégrabilité » essentielle à toute structure corpusculaire ? » (p.221)
L’homme doué de réflexion et de conscience n’étant pas encore apparu, le niveau M est forcément non peccamineux.


2- POINT V, APPARITION DE LA VIE ET DE LA DOULEUR

"Voilà pourquoi le péché originel n’est pas à l’origine de la mort puisqu'elle est « Inscrite dans la physico-chimie même de la matière, elle ne fait qu’exprimer à sa façon l’atomicité structurelle de l’univers. S’il y a dans le monde un péché originel, il ne peut y être que partout et depuis toujours."

Le processus d’évolution se conçoit bien quand on voit le cône émerger de la nuit des temps et, avec lui, l’apparition de la vie et de la douleur, toujours imprégné du "mal statistique" depuis le point M. lié à une multitude de tâtonnement et d’essais dans l’immensité de l’espace-temps du repère EV (p.227) ,

3. POINT H, APPARITION DE LA LIBERTE HUMAINE ET DU PECHE

A partir de l’Homme qui a franchi le pas de la réflexion et qui est donc libre de ses choix va apparaitre le péché, d'où la nécessité d'une Rédemption par le Rédempteur.
Dans cette explication, écrit Teilhard p. 228, « le péché originel cesse d’être un acte isolé pour devenir un état (affectant la masse humaine dans son ensemble, par suite d’une poussière de fautes disséminées au cours du temps dans l’humanité. Mais ceci même contribue à intensifier (loin d’atténuer) les caractéristiques dogmatiques de la chute. En effet, la Rédemption est bien universelle, puisqu’elle vient remédier à un état de choses lié à la structure la plus profonde de l’univers en voie de création. »
Mal statistique » et mal moral (lié à la liberté de choix, en conscience) se cumulent, interagissent réciproquement. Tangentielle et Radiale se cumulent et interagissent l’une par rapport à l’autre.
-C’est au niveau de la « tangentielle » (les apparences ou le « dehors des choses) qu’existerait le «mal statistiques »
-C’est au niveau de la « Radiale » (dedans des choses, ou forces spirituelles bien/mal) qu’apparait le « péché »


4-POINT A-2 NOUVEL ADAM

Sommet qui résume toute la manifestation. C’est l’unification totale de la création en Christ-Omega. C’est aussi l’actualisation d’un accès à un niveau de vie supérieur pour l’Homme. C’est la spiritualisation maximale de la création, dépassant ainsi les « ratés » et « tâtonnements » du phénomène d’évolution.

5-POINT D :

le triangle du point D est détaché du sommet du cône, comme si D n’était pas dans la création en tant que Dieu transcendant, le Tout Autre, non immanent .

CONCLUSION :

Jean Chapitre XX 1 à 18 où l’on apprend que Jésus ressuscité apparut en premier à Marie-Madeleine, qui ne le reconnut point, et qu’elle prit pour un « jardinier ». J’ai longtemps pris l’image du « jardinier » pour image d’Epinal. A bien réfléchir, j’ai fait la relation entre le « Jardin d’Eden » puis le jardin de la Terre, et celui du cosmos. L’Alpha de l’Omega, le Verbe Créateur ne serait-il pas le divin Jardinier de la création qu’il cultive, qu’Il ensemence, qu’Il gère et fait prospérer (successivement points M-A1, V, H et A2)en vue de la « Récolte » au point « A -2» ? (Voir en bas de page pièce jointe n° 1)

Dans les deux Testaments les références aux travaux de la terre , à la Paysannerie, sont très nombreuses. Mais s’il fallait n’en citer qu’une seule ce serait dans Jean, chapitre XII/24 :" Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s'il meurt, il donne beaucoup de fruit" . Ce qui, au final, est valable aussi pour chaque être humain de tous les temps. Pour résumer selon le repère EV figure 2 : « Création, Incarnation et Rédemption n’apparaissent plus que comme les trois faces complémentaires d’un seul et même processus" (p. 229).

Pièces jointes ci-dessous :
(1) icônographie orthodoxe, anonyme : "Il est descendu aux enfers", il a pris le vieil Adam par la main pour l'élever, et toute la Race humaine en lui
(2) Vierge Noire, Le Puy en Velay "Je suis noire et pourtant je suis belle" (Cantique des cantiques) archétype de la Mère de Jésus
(3) "Hymne à la Matière" Jersey, août 1919 "Le coeur de la matière" t.13 p.89-91

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Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Dimanche 6 Mai 2012 à 11:15 | Commentaires (0)

Découvrant depuis peu l’œuvre de Pierre Teilhard de Chardin, je me positionne ici comme lecteur, et non comme ayant un savoir sur cet homme et sa pensée. C’est donc simplement une lecture de l’essai « Chute, Rédemption et Géocentrie » (tome X) que je vous propose maintenant, à partir du texte seul, sans apport de connaissances extérieur.

A première vue, le texte parle principalement de péché originel et de rédemption. Mais l’essentiel à entendre est-il bien là ? Nous essaierons de voir comment le texte parle plus que ce dont il parle.

1. On peut facilement dégager une sorte de schéma sur lequel s’appuie l’argumentation (on pourrait sans doute aussi parler de « présupposés de l’auteur », ou de « cadre de pensée ») concernant le rapport entre la science et la religion, ou plutôt entre le discours scientifique et le discours religieux.
Représentons ce schéma comme deux axes qui se coupent à angle droit : l’un horizontal correspondant au niveau du discours scientifique, et l’autre vertical pour le dogme chrétien. A
l’intersection de ces axes, on a ce que le texte nomme « la représentation historico-dogmatique ».

Dogme fondamental

Représentation historico-dogmatique ← Discours scientifique


Le texte nous place alternativement sur l’axe vertical et sur l’axe horizontal : -
Axe vertical : interprétation du dogme.
Qu’est-ce qui, dans le discours religieux, est fondamental, est la « substance » ou l’ « esprit » du dogme ? A priori c’est une question d’interprétation de la Bible.
-Axe horizontal : comparaison avec la science : vraisemblance…

La représentation historique du dogme est-elle vraisemblable avec la représentation scientifique de l’histoire du monde ?

Cette structure du rapport entre le discours religieux et le discours scientifique est présente dans tout l’essai (le dogme fondamental n’est pas comparé directement au discours scientifique) ; mais dans ce cadre, un certain flou va apparaître…

2. En effet, on s’attendrait à ce que la dimension verticale soit le lieu du croire et que la dimension horizontale soit celui du savoir, mais il est intéressant de remarquer que l’usage des verbes croire et savoir n’est pas fait systématiquement dans ce sens. Quand on regarde leur utilisation au long de l’essai, on voit qu’ils concernent tous les deux aussi bien le domaine du dogme que le domaine de la science.
Une phrase a particulièrement retenu mon attention : à propos de théologiens qui préféreraient diminuer la portée du péché originel et de la rédemption que de toucher à leur représentation historique, Teilhard dit :
« Je sais que ces hommes-là lâchent le substantiel du Dogme et de la Tradition pour une enveloppe creuse. Ils peuvent maintenir verbalement leurs positions : la vérité n’est plus en eux. » (p. 52)
D’où vient donc ce savoir au sujet de l’interprétation du dogme et de la vérité ?
Si on continue la lecture, on se rend compte qu’il vient d’un acte de foi, qui sera le dernier mot du texte : le Christ est Tout (et non pas rien…), son action s’étend sur tout l’Univers ou n’est rien du tout…
Si on relit le texte à partir de cette foi fondamentale en un Christ qui est Tout, on se rend compte que c’est à partir d’elle que Teilhard lit et interprète l’Ecriture. Je vois une recherche à faire dans cette direction : comment s’articule la lecture (et l’interprétation de la Bible) et la foi ? Est-ce que la Révélation chrétienne peut se faire seulement par la Bible ? Avec Teilhard, il semble qu’elle passe aussi par sa foi personnelle : l’Esprit Saint soufflant en chacun serait aussi source de Révélation ?

3. Une figure est intéressante dans ce texte, c’est la figure de la vérité.
Employée trois fois : une fois en lien avec la représentation historico-dogmatique, une fois pour le dogme fondamental (et dans ce cas avec une majuscule), et une fois par rapport à la science.
Employée trois fois, elle n’est jamais mise au même niveau que le discours (la vérité n’est pas « dite ») ; c’est quelque chose qui pourrait être « en » l’homme (p. 52) (mais on voit quand elle n’y est pas, pas quand elle y est !), à laquelle on peut « faire face » (p. 52) (mais à certaines conditions…), et à laquelle on peut « résister » (p. 56) (mais sans le savoir !) : la vérité se joue de nous, elle nous échappe…
La figure de la vérité : ce qui est simple, précis, unique a priori ; et qui se révèle complexe, irreprésentable, qui échappe à l’imagination et à l’intelligence… Alors comment l’approcher ?

4. La question est de savoir ce qu’on veut « sauver » et ce qu’il faut par conséquent « sacrifier » (p. 50) : Teilhard choisit de sauver sa foi en un Christ qui est Tout (et non pas rien), pour cela il est prêt à sacrifier ses représentations historiques du dogme ; on pourrait dire aussi qu’il choisit de sauver sa foi en acceptant le sacrifice de son intelligence, de son imagination, de sa compréhension…

Et si nous entendions à travers cet essai une invitation à nous demander ce que nous voulons vraiment « sauver » (recherche de vérité, foi fondamentale,…) et ce que nous sommes prêts à « sacrifier » (dans nos pensées, représentations, compréhension du monde, croyances…) ?
Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Mardi 1 Mai 2012 à 10:12 | Commentaires (0)

avril 2012 : "Comment je Crois" de Teilhard de Chardin



. - Qu’est-ce que le péché originel ?
Définition :péché commis par Adam et Eve selon la religion chrétienne et dont tout être humain est rendu coupable en naissant.
Cette notion de la Théologie Chrétienne fut créée par Augustin d’Hippone au 4ème siècle (encyclopédia Universalis) et confirmée par l’Eglise Catholique en 1546 au Concile de Trente.
Mais aujourd’hui avec toutes les découvertes scientifiques , les évolutions de la pensée ,Teilhard de Chardin pense qu’il faudrait envisager différemment les évènements à la suite desquels le Mal a envahi le monde.
Le Père demande aux chrétiens de réfléchir à la théorie de la Chute et de la réenvisager s’ils veulent qu’elle reste compatible avec l’expérience de l’histoire.
Cit. page 62 : ‘’Plus nous ressuscitons scientifiquement le passé , moins nous trouvons place ni pour Adam ni pour le paradis terrestre.’’
En effet où placer Adam dans le phylum par lequel l’homme est rattaché ‘’au tronc commun ‘’ du vivant ? Il parait invraisemblable qu’un type zoologique aussi complexe que le notre soit issu d’un seul et unique individu.
Quant au Paradis Terrestre ,il ne peut être conçu que comme un état différent de l’univers. Or rien de tel n’est apparu dans le passé .
Cit. page 63 : ‘’A perte de vue ,en arrière ,dominé par le Mal physique ,imprégné de Mal moral, le monde se découvre à nous en état de péché originel.’’
Pour T.de C. le péché est manifestement en puissance dès l’apparition de la vie
.
Teilhard propose de nouvelles manières d’envisager la Chute , impossible à vérifier expérimentalement.
Les théologiens conservateurs cherchent à faire coïncider la Bible et la science .Pour cela ils limitent les conséquences de la faute originelle en disant qu’elle signifie douleur et mort de l’homme contrairement à Paul de Tarse pour qui la Chute serait une solution au problème du Mal ’’C’est pourquoi ,commis par un seul homme le péché est entré dans le monde et par le péché la mort et qu’ainsi la mort s’est étendue sur tous les hommes parce-que tous ont péché .(Epitre aux romains).
Le pére envisage deux hypothèses à l’opposé de cette attitude :
1-Adam et Eve auraient vécu dans un autre monde que le nôtre et leur chute les auraient entraînés dans un monde inférieur , incarnés dans la série animale où nous vivons aujourd’hui.
2- par suite d’une infidélité cette pré-humanité serait devenue moins spirituelle et elle devrait après avoir subi une involution de la matière sur la Terre actuelle subir une évolution vers l’Esprit.
Explication de Teilhard :cit page 67‘’Le péché originel exprime, traduit, personnifie, la loi pérenne et universelle de faute qui est en l’humanité en vertu de sa situation d’être en devenir ‘’.
L’acte créateur de DIEU faisant émerger l’homme de la matière entrainerait quelque faute .Adam et Eve seraient les les représentants de l’humanité en marche vers Dieu et le Paradis Terrestre le salut offert à tous mais renié par certains et organisé de telle sorte que n’y seraient admis que ceux qui accepteraient de s’unir avec le CHRIST.
La Faute se confondrait alors avec l’évolution du monde encore imparfait .Elle ne serait pas à chercher en arrière mais en avant , pour le jour où l’humanité ,pleinement consciente se divisera en deux camps :pour ou contre Dieu.
Pour sauver l’existence du Christ Cosmique Rédemteur , il faut que le péché originel reste aussi vaste que le monde devenu ,grâce à la science de plus en plus vaste ,de plus en plus étendu.


Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Dimanche 29 Avril 2012 à 10:05 | Commentaires (0)

réunion du 26/4/12


Le paradis de la Bible est, pour certains, l'Atlantide à jamais disparue, pour d'autres, la chimère que cherchent les âmes errantes en quête d'absolu, ou encore le mythe ancré, comme un trésor inaccessible, au cœur de la vie des croyants.

Ces temps d'avant
-Ils me font rêver et semblent vouloir me retenir, me subjuguer... Nostalgie de ce qui n'est plus, envie de choses qui étaient, c'est sûr, plus agréables, puisque c'était avant...plus simple, plus tranquille, l'arrêt, le repos, presque la béatitude... Visions peintes par de nombreux artistes remarquables, Giotto, Fra Angélico et plus près de nous Henri Rousseau dit le Douanier Rousseau dont le tableau, le Rêve, hypnotise par son réalisme innocent et mystérieux.

-Paradis, oasis, ces mots sonnent bien dans l'inconscient de l'humanité, qu'on appelle inconscient collectif.

Plusieurs siècles avant notre ère, la mémoire ancestrale s'inscrit sur les tablettes d'argile. Quelques érudits ou initiés, calames en main, gravent des signes en alphabet cunéiforme dans la glaise encore souple et transmettent la parole des dieux.
Puis apparaissent plus tard, peut-être en même temps pour les hiéroglyphes, les écrits en araméen, en hébreux, en grec, qui transmettront pour longtemps, dans la pierre, la terre, et sur bien d'autres supports..., les savoirs.

Et ainsi nous est transmise la Bible dans le premier des cinq premiers livres de la Genèse qui donne le récit des origines du monde.

-Mais aujourd'hui nous savons que le paradis qui est décrit, est en désaccord avec les données de la science actuelle; notre théorie de l'évolution est plus qu'éloignée des paroles des saintes Ecritures ; la géolocalisation d'une région paradisiaque est quant à elle, bien difficile à trouver et fait figure d'idée fantaisiste.

-Alors, le mythe du jardin, du fruit défendu, du serpent, tout cela ne tient plus?

Avec l'aide de Teilhard essayons de regarder autrement les narrations de la Genèse.
Je ne reviendrai pas sur « l'évolution des espèces », mais sur ce qui, je crois, peut être important de rappeler : à un moment une nature intelligente est arrivée. Laissons parler notre savant:

«...Après des milliers d'années qu'elle monte sous l'horizon, en un point strictement localisé, une flamme va jaillir, La pensée est là ! » (Le Phénomène humain p:175)
Une nouvelle nature, un animal pensant, l'intelligence constructive et réflective se sont constitués à la suite et à côté des autres animaux.

Il me semble qu'il n'est pas suffisamment fait attention sur ce tournant, l'arrivée d'un nouvel état dans la nature : d'un primate « phénomène » parmi les mammifères; détachement, distance, compétition, luttes, morts, un autre monde se constitue ; rien (avec celui qui est maintenant homme, je me permets d'insister), ne sera plus comme avant...

Il est fruit de la terre, nature animale avec, en plus, une lumière en lui : la réflexion, une étincelle, une brillance. Maintenant il fait partie de la transcendance. Difficile de comprendre l'arrivée de cet état car Homo Sapiens de jadis en est, et nous en sommes après lui, acteur bénéficiaire et non auteur créateur !

Un jour viendra où nous en saurons davantage...
Est-ce à propos de ce passage, hors du commun, unique à l’hominisation ( permutation de la nuit-animale à la lumière-intelligence) que les Anciens ont pressenti comme une luminosité qui les a envahis et leur a fait voir -à en être saisis de crainte et d’envie- l'Arbre de la Connaissance du bien et du mal dont parle l'ancien testament ?. (Genèse II,17) ?

…Et parlons de ce fruit défendu. Au chapitre III,4 de la Genèse il est dit :
« Mais du fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : vous n'en mangerez pas, vous n'y toucherez pas, sous peine de mort ».
N'y a-t-il pas paradoxe ? Car l'arbre, comme il est dit, est au milieu du jardin ; pas dans un coin où il serait facile de l'ignorer, mais en évidence, là où il est impossible de ne pas le voir. Il brille en importance, comme une invitation à en consommer les fruits ; et c'est ce qu’Ève et Adam feront.

L'homme a osé ; vient-il de faire le pas vers la déité ?!
Ne peut-on pas dire que c'est à ce moment qu'il s'est humanisé, entièrement humanisé ? Un nouvel en-avant est réalisé ; la route sera longue...Il y aura l’Alliance avec Abraham, les allés et retours du Peuple Elu, puis la Nouvelle Alliance d’où naîtra le Nouvel Adam...

Mais continuons à réfléchir sur ce paradis perdu.
Pourquoi le narrateur met-il Ève en cause car il est dit (ch.III,6) que c'est elle qui donna du fruit défendu à son mari ?
-Est-elle plus proche de Satan avec qui elle va s'entendre ?
-Est-elle un être malfaisant qui pousse Adam à commettre la faute en mangeant de la pomme après elle ?

Nous dirons que lorsque la Bible fut écrite les rapports de force n'étaient peut-être pas en faveur de la femme, (donc il est facile de l'accabler !) ; tradition qui se perpétuera encore longtemps. Mais en ce qui concerne les sentiments il devait y avoir inversion et donc prédominance du féminin et in fine c'est Elle qui devient la gagnante. (ch.III,5)

Plus généralement, à ce moment là, ce sont les affects qui imprègnent l'humain : l'homme se sent mal, se voit dominé par son ombre, matérialité dont il se trouve imprégné, se regarde envahi; peut-être que nous pouvons penser qu'il se dédouane, en parlant pour lui-même de souffrance et de peine infligée à sa descendance.
Pour que les mauvais rêves qui emplissent l'esprit deviennent supportables il faut une pénitence en réponse aux actes passés vécus délictueux.

Les mythes du paradis terrestre et du péché originel vont vivre pendant plusieurs siècles et apaiseront bien des esprits. Teilhard savait qu'il heurterait, ébranlerait beaucoup d'âmes accrochées à des traditions confortables. Il devait en quelque sorte réécrire la Genèse. Il a senti que, sous peine de se fourvoyer, l'homme moderne doit penser autrement, aiguillonné par les découvertes des sciences.
 La paléontologie dont il est un chercheur et découvreur éminent va donner des nouvelles réponses en ce qui concerne nos origines.
 La psychologie analytique pourra offrir des réponses pour une meilleure compréhension des mécanismes de l'âme.

A propos du péché un regard nouveau est donné par Teilhard :
« Le péché originel exprime, traduit, personnifie, dans un acte instantané et localisé, la loi pérenne et universelle de faute qui est en l’humanité en vertu de sa situation d'être en DEVENIR » (p:68)
Comme il le dit, cette manière d'imaginer le péché originel est cohérente avec les sciences et, l'idée ancestrale de faute originelle est reconsidérée. Pour autant, le mal et le bien ne sont pas minimisés, bien au contraire car les deux sont bien là; il suffit de regarder autour de soi.

Paul rappelle (Rom.VII,19 et XI,33) :
« ...je ne fais pas le bien que je veux et commets le mal que je ne veux pas. » et enfin :
« O abîme de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu! Que ses décrets sont insondables et ses voies incompréhensibles »
Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Samedi 28 Avril 2012 à 11:15 | Commentaires (0)

-Il faut bien dire que les récits bibliques de la Genèse ou les catéchismes anciens sentent la poussière des choses antiques.
-Il est maintenant évident qu'il n'existe pas de traces archéologiques du péché originel et du paradis terrestre.

Les propositions philosophico-théologiques contournées sur ces sujets paraissent un peu tirées par les cheveux. Elles font penser au cabotinage des grands artistes d'art moderne cherchant à donner de la valeur et de l'importance esthétique à des créations qui en sont dépourvues.
Il n'en reste pas moins vrai qu'une croyance refondée selon le principe de "l'évolution-conscience" de Teilhard n'est ni facilement assimilable sans peine, ni utilisable commodément tous les jours. Les nouveaux aspirants croyants souffrent beaucoup en essayant de bien comprendre.

Bien sûr il suffit, diront les teilhardiens, d'accepter l'hypothèse du Christ cosmique tirant le monde vers le point oméga. Il est un modèle humain permettant d'adapter en tout temps et en tout lieu progression spirituelle personnelle ou progression du groupe. C'est facile à écrire, mais pas facile à faire.

Il faudra bien un jour se mettre au travail et créer un nouveau catéchisme évolutif. L'idée du Christ cosmique est assurément bonne, mais ressemble à une idée jetée en l'air dont chacun se débrouille comme il peut. Il faut absolument proposer un cadre et une image, voire une liturgie nouvelle, sinon comment convaincre :
1° bien entendu ceux qui se déclarent incroyants ?
2° ceux qui se déclarant croyants ne peuvent croire que dans le cadre majestueux d'une magnifique église baroque ou dans l'ombre d'une basilique habitée d'orgue et de chants grégoriens ?
Comme pour tous ceux qui s'accrochent à des objets pieux ou à des icônes.
Bref pour tous ceux qui ont besoin de supports matériels pour croire.

-Je sais bien qu'esthétique et mystique sont cousines. Faut-il alors proposer à nouveau, élans de lumière et méditations, hymnes à la beauté, à l'amour, à la solidarité ?
-Faut-il alors proposer des constructions architecturales comme Le Corbusier ou Matisse à Vence et illuminer de poésie les propositions de Teilhard ou, comme il y a beaucoup plus longtemps, Saint François d'Assise ? Il semble bien d'ailleurs que Teilhard ait été assez régulièrement tenté ( Cf. la Messe sur le monde et le Milieu divin).
Il faudrait en même temps admettre que solidarité et civisme peuvent, s'ils restent laïques et matérialistes, courir le risque de voisiner avec des comportements ataviques relevant plus de l'égoïsme primaire et de peurs compulsives. Il manque un moteur.

Finalement le péché originel est peut-être là, dans ce hiatus entre élévation et risque d'assèchement moral ordinaire.
Le péché originel devient alors non plus péché des origines, mais origine des péchés coutumiers de chacun. Il est là, à cause de la présence permanente de ce hiatus matérialiste.
La confession ne devient plus alors qu'une thérapie spirituelle permettant de se remettre en phase avec le moteur émotionnel de "l'évolution-conscience". Du même coup la prière prend une réalité bien plus tangible en s'exerçant de la même façon et non plus, comme trop souvent, à travers les oripeaux d'une récitation dépassée.

Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Vendredi 27 Avril 2012 à 12:19 | Commentaires (0)

Travaux des membres

avril 2012



Par suite d’une organisation cérébrale qualitativement supérieure, de la longue enfance et de l’acquisition d’un langage, les hommes ont peu à peu perdu leur comportement inné pour le remplacer par l’acquis de l’éducation. Doit être assuré la survie du groupe. Ayant un jour atteint le seuil décisif de la pensée réfléchie, l’homme a du même coup gagné la liberté de choix. C’est ce qui explique la possibilité d’un choix dont la sanction est la souffrance et la mort. En fait, il s’agit d’un problème d’éthique concernant toute l’humanité plutôt qu’un seul homme coupable. La supposée désobéissance d’Adam et ses conséquences n’admettent pas de limites. Les préhistoriens qui ont écrit des ouvrages de synthèse sur les origines et la destinée de l’homme, affirment que le décalage est tel, entre le savoir-faire et les valeurs morales, que l’hypothèse d’une fin prématurée de notre espèce n’est pas à exclure. Revenons au récit de la Genèse :
Le jardin d’Eden constitue une région où le nouvel homme va trouver des conditions favorables à sa survie. La Bible précise qu’il est arrosé par quatre fleuves ; deux de ceux-ci peuvent être reconnus : le Nil et l’Euphrate. On a découvert des fossiles très anciens d’hominidés tout au long de la Rift Valley. L’arbre interdit de ce jardin est très séduisant ; il est bon à manger, beau à regarder, précieux pour agir avec clairvoyance, désirable pour rendre intelligent. L’expression « arbre de la connaissance du bien et du mal » reste toute fois ambiguë. La Bible œcuménique traduit par « l’arbre de la connaissance du bonheur et du malheur ». Alors la conscience de soi apparaît chez le couple adamique après qu’il ait mangé du fruit défendu. La prise de conscience suit la faute : « leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils virent avec honte qu’ils étaient nus ! ». Nous pouvons observer là une accession à la pensée, sans doute la pensée rationnelle et la perception claire et lucide des choses qui, dans divers passages biblique est synonyme de faiblesse et d’absence de protection. La crainte de la mort se fait immédiatement sentir. Le défi de l’homme à son Créateur instille un poison lent mais sûr dont les effets se font sentir dès la génération suivante, celle de Caïn et d'Abel.
Si l’humanité a connu un âge d’or, il débute autour de – 35000 par l’avènement de l’homme actuel pour se terminer vers – 6000 par le changement le plus important de notre histoire : le passage de l’économie de chasse à celle de production. La conquête de la planète s’achève. Le sentiment religieux est bien attesté, mais l’homme cherche également à la maîtrise des forces surnaturelles. Cet âge d’or est aussi le temps de la magie. L’homme vit en harmonie avec la nature dont il obtient subsistance et confort. Ne possédant rien qu’il ne puisse transporter lui-même, il est pauvre sans en avoir conscience. L’évolution a modelé son corps et son intelligence ainsi que sa capacité d’abstraction l’ont conduit vers les sommets de l’art de tous les temps. Les représentations manifestent justement la présence de la magie, pratiques permettant de soumettre à la volonté humaine des puissances invisibles. C’est dans ce contexte que s’élabore la notion de spiritualité. Le temps biblique est celui du destin. Il est écrit : « Abel fut berger et Caïn fut laboureur » ; cette courte phrase indique le changement total de mode de vie. L’homme prédateur depuis des temps immémoriaux va produire sa subsistance, prendre possession du sol et se le disputer, récolter sa nourriture et la stocker. La sédentarisation le conduira vers une société organisée et hiérarchisée. Caïn et Abel sont ainsi les initiateurs du monde moderne.
Poursuivons le texte de la Genèse : « Or, au bout de quelques temps, Caïn offrit des fruits de la terre en oblation à l’Eternel ; et Abel lui offrit aussi des premiers-nés de son troupeau et de leur graisse. Et l’Eternel eut égard à Abel et à son oblation ; mais il eut point égard à Caïn ni à son oblation ; et Caïn fut fort irrité et son visage fut abattu. Genèse et Préhistoire s’accordent pour montrer que les premières religions organisées sont contemporaines de la nouvelle économie agropastorale. De même elles montrent toutes les évolutions et inventions destinées à organiser la vie, parfois dans la douleur et la violence. Se vérifie alors la parole divine : « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front ». Avant le meurtre d’Abel comme avant la désobéissance du premier « couple », le Créateur intervient pour signaler le péril, mais sans aliéner jamais la liberté des protagonistes. L’histoire malheureuse de Caïn montre l’avènement de la jalousie et du repentir. Mais le signe que Caïn porte au front est celui de la protection et du pardon ; premier signe corporel de l’Alliance.
Le récit de la Chute et de ses conséquences ne constitue en rien un fait historique. Il révèle plutôt les aspects passionnels des rapports entre Dieu et les hommes : colère et châtiment, alliance et pardon, gages d’amour tels le sacrifice d’Abraham et la passion du Christ, épreuves terribles de l’Exode et du livre de Job.

Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Mardi 24 Avril 2012 à 15:28 | Commentaires (0)

Travaux des membres

extrait du livre "CVomment je Crois" de Teilhard de Chardin



L églises pour dicter ses vues, s’appuie sur les dires des prophètes, les écritures des docteurs des lois, exprimés en des temps très reculés .A cette époque la vision des hommes baignait dans un monde statique, fermé, ou la terre et l’homme étaient les centres de l’univers.
En sont issus trois dogmes important qui heurtent ma raison et ma sensibilité comme beaucoup de chrétiens actuellement ;Géocentrie,Chute et Rédemption
Géocentrie ; Depuis Galilée et d’autant depuis ces deux derniers siècles, les sciences m’ont démontré que la terre n’est pas le centre de l’univers et qu’elle n’est qu’une infime poussière perdue dans un espace sans fin parmi des milliards d’étoiles et de galaxies. D’autre part depuis Darwin il est apparu que l’homme n’est pas le centre de la création ,il est issu d’une branche des mammifères il y a environ sept millions d’années ,nu sans défense dans un milieu très hostile, loin de vouloir désobéir a Dieu n’en ayant d’ailleurs aucune perception ;Si pendant des milliers de siècles le monde se résumait a la longueur de vue de l’homme il en est plus de même maintenant celui-ci n’a plus de centre, écartelé entre l’infiniment grand et l’infiniment petit.
LA Chute ;Par le fait de la faute du premier Adam, l’humanité toute entière aurait été condamnée et le mal moral et physique aurait envahi le monde ? .Ma raison et ma sensibilité m’empêche de concevoir une telle donnée Je me sens beaucoup plus prêt et dans la pensée de Teilhard lorsqu’il dit que Dieu a lancé le monde pour qu’il se fasse a partir du néant.
Cela sous entend qu’ une chose toute faite ne peut sortir du néant individuellement, elle ne peut se faire et vivre qu’avec la multitude et avec le tout L’action divine est limitée par les causes secondaires de sa création elle même dans le temps et dans l’espace .La matière créée et évolutive en se façonnant ne peut contenir la perfection ,l’imperfection est une réaction inhérente a la création .La chose créée est en elle-même constituée d’ombres et de lumières ,de bien et de mal .Cet état existait bien avant l’arrivée des premiers humains, la vie fourmillait avec ses instincts, ses passions, ses douleurs et la mort. Pendant des millions de siècles
La Rédemption ;A mes yeux, comme analysé précédemment la chute n’étant pas une réalité, de même la rédemption ,ces deux dogmes étant liés Par contre en apercevant la montée ascensionnelle de ce monde vers plus de beauté ,d’intelligence, de bonté je pense que Dieu ayant lancé le monde pour qu’il se fasse ,implicitement il s’,engage a lutter contre le mal. Il oriente en rapport avec sa perfection par le dedans et le dehors des choses en luttant contre l’imperfection
Le monde se construit, l’homme doit aider Dieu a parachever cette œuvre extraordinaire, avec humilité, bon sens et amour. Mais le chrétien risque de se détourner de l’église coincé par un langage trop dogmatique .Celle-ci impérativement doit avoir une perception plus dynamique pour être plus en accord avec l’évolution de l’univers et la pensée universel du christ

En effet comme le souligne Teilhard ;Si l’homme est loin de Dieu, l’univers devient hostile et incompréhensible il perdra son gout de vivre .Si l’homme est prés de Dieu l’univers devient cohérent et compréhensible, l’homme retrouvera son gout de vivre.



Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Vendredi 20 Avril 2012 à 14:33 | Commentaires (0)

''Comment je crois '', chapitres 4 et 5



Nous ne sommes plus en 1922 ni même en 1950. L'Eglise catholique a reconnu officiellement le principe de l'Evolution par la voix de Jean-Paul II dans les années 70. Donc finissons-en avec ces polémiques aujourd'hui vaines autour du monogénisme et de l'''Histoire Sainte'' traditionnelle qu'évoque JPF, toujours tenté de manger du curé. Sauf peut-être encore dans certaines paroisses d'A frique ou d'Amérique latine, voire de Pologne, on ne considère plus le chapitre I de la Genèse que comme un récit symbolique. Exit, par conséquent la problématique de la vérité historique du ''premier Adam'' et du Paradis terrestre.

Quant au péché originel ,je pense pouvoir dire que tout théologien ou docteur catholique partage aujourd'hui pour l'essentiel la troisième explication que donne Teilhard , p.67 68 et suivantes : ''le péché originel'' exprime, traduit, personnifie dans un acte localisé la loi pérenne et universelle de faute qui est en l'Humanité en vertu de sa situation ''in fieri'' ( en devenir) ...etc...'' Avec à mon avis, la nuance très importante suivante : c'est le mal objectif (dont la mort), comme raté, comme ''envers'' obligé,donnée première, de toute réalité créée, qui est consubstantiel à la création, de la Matière inerte à l'Homme vivant et pensant.(1) La faute, le péché,toujours personnel, le mal commis, est lui, au sein de ce mal objectif, la traduction en acte du refus volontaire par la ''conscience'' de l'impératif moral vers le bien, tel que la Bible nous le montre s'affirmer et s'affiner progressivement au fil de l'Histoire, de plus en plus précis et exigeant, contre la malignité elle aussi pérennede l'Homme : du ''tu ne tueras point'' élémentaire symbolisé par le récit du meurtre d'Abel par Caïn, au précepte paradoxalement novateur ''œil pour œil dent pour dent'', se substituant à la tradition de la vengeance collective, et finalement au ''commandement nouveau'' de Jésus ''tu aimeras ton prochain comme toi même'', relayé par l'impératif catégorique de Kant.
Donc la théologie catholique ne dirait pas , je crois : ''le péché originel est l'essentielle réaction du fini à l'acte créateur'', p.57, caractéristique qu'on peut affirmer par contre, du mal physique. C'est le mal moral que Dieu pardonnera gratuitement.(2)
Mais il y a sûrement consensus (à faire valider peut-être par le recteur Magnin) sur les termes de la page 70 : ''il faut seulement que nous sachions qu'il (le péché) est partout aussi mêlé à l'être du monde que Dieu qui nous a créé et que le Verbe incarné qui nous rachète''. L'Espérance est l'antidote du Mal.


NB j'ai découvert dans la revue de l'association n° 41 de mars 2012 l'existence d'une chaire Teilhard de Chardin aux facultés jésuite de Paris. Exit donc tardivement, la proscription du Père de sa mission enseignante qui nous avait tant choqués, et injustice réparée.



1- cf l'article de G.Donnadieu dans la même revue p.22 et sv

2- ibidem p. 25 : le professeur Dove parle de ''faille héréditaire transmise de génération en génération '' (?)


Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Jeudi 19 Avril 2012 à 12:14 | Commentaires (2)