teilhard de Chardin


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LETTRE d'un PRETRE ANONYME du 30/11/2008

Dimanche 14 Décembre 2008

Cher Monsieur Frésafond,
Au terme de la lecture de votre tome II, je dois reconnaître que, grâce à vous, j’ai l’impression de commencer à entrer dans la pensée de Teilhard.
Préparé par la lecture de votre tome I, j’ai senti naître cette compréhension à partir du deuxième chapitre. Je vous dois cette découverte.

Je lis et relis le magnifique texte du « cœur de la matière » que vous avez placé en exergue, au verso de la page de titre. Quelle puissance, quelle ampleur, quelle espérance. C’est dans la ligne du « Cantique du Soleil » de Saint François d’Assise. Et je me pose une question : Teilhard est-il un savant ? Est-il un prophète ? Il est visiblement les deux, mais qu’est-il surtout et d’abord ? Il est permis d’hésiter.

Le message scientifique de Teilhard renouvelle totalement la vision que nous avions jusqu’ici de l’univers, avec ses 3 ordres : la matière, la vie, l’esprit.
Son message religieux s’appuie sur cette vision du monde. Il fait corps avec elle. Il coïncide avec le message chrétien dans ce que celui-ci a d’essentiel : Dieu créateur, qui appelle et aspire par son Verbe tout l’univers pour l’unir à Lui. C’est le message chrétien, et cependant il y a problème. Pourquoi ?
Si Teilhard avait publié des travaux de science pure, sans faire allusion à leurs implications religieuses, il n’aurait pas soulevé d’opposition, au moins dans l’Eglise Catholique. Mais, étant simultanément savant et prophète, il percevait le résultat de ses travaux scientifiques dans une perspective religieuse et il vivait sa foi religieuse dans la perspective de ses travaux scientifiques. Sa pensée était unifiée. C’était un bloc. Il ne pouvait rien dissocier. Là était sa force, mais aussi la source de nos difficultés. Certains scientifiques que sa théorie séduit se trouvent gênés par des dépassements religieux dont ils voudraient bien se débarrasser. Et certains responsables religieux ne parviennent pas à accepter des formulations religieuses transformées par un environnement scientifique qui leur échappe.

Chaque changement important dans les conceptions scientifiques a posé, pose et posera des problèmes d’ordre religieux. Galilée, la génération spontanée, Darwin, la psychanalyse en ont posé. A plus forte raison le teilhardisme qui culbute l’idée qu’on se faisait de la matière, de la vie et de l’esprit, et qui voit l’univers en marche vers le point Omega.
Après chaque secousse données aux représentations scientifiques en cours, il a fallu du temps, beaucoup de temps pour que la foi vécue par chaque croyant trouve sa place dans cette nouvelle figure du monde.
Je ne sais pas le temps qui a été nécessaire pour que les découvertes de Copernic et de Galilée pénètrent les esprits au point qu’on puisse considérer l’héliocentrisme comme acquis par le commun des mortels. Mais l’évolutionnisme a mis plus de cent ans avant de voir s’éteindre les dernières résistances de caractère scientifique (sauf avis contraire). Quant aux résistances de nature religieuse, il convient de distinguer entre l’Eglise Catholique et certaines Eglises Protestantes.
Dans l’Eglise Catholique, l’opposition religieuse à l’évolution a, me semble-t-il, disparu au milieu du XXe siècle. Sa dernière manifestation a probablement été le livre des ingénieurs G.Solet et L.Lafond « l’Evolution Régressive » paru aux Editions du Cèdre en 1947. Cet ouvrage se présentait comme scientifique, mais son inspiration était religieuse. Il entendait prouver qu’il y avait bien une évolution mais qu’elle se dirigeait en direction de la dégradation parce qu’elle avait commencé avec le péché origine (je ne crois pas trop déformer la pensée des auteurs). Ce fut, je pense, le dernier soubresaut du fondamentalisme catholique.
La conception évolutionniste est maintenant intégrée dans la culture des croyants. Jean-Paul II a pu dire (discours à l’Académie Pontificale du 22 octobre 1996) : « Aujourd’hui, près d’un demi siècle après la parution de l’Encyclique (l’encyclique « Humani Generis » du pape Pie XII, parue en 1950, défavorable à certains aspects de la théorie évolutionniste), de nouvelles connaissances conduisent à reconnaître dans la théorie de l’évolution plus qu’une hypothèse. Il est en effet remarquable que cette théorie se soit progressivement imposée à l’esprit des chercheurs, à la suite d’une série de découvertes faites dans diverses disciplines du savoir. La convergence, nullement recherchée ou provoquée des résultats de travaux menés indépendamment les uns des autres, constitue par elle-même un argument significatif en faveur de cette théorie. »

Les catholiques ayant maintenant, dans leur ensemble, intégré l’évolutionnisme dans leur culture, sous réserve de la création « immédiate » de chaque âme humaine par Dieu, il faut bien reconnaître que beaucoup de communautés protestantes n’en sont pas là. Dans la tendance dite « Evangélique », devenue majoritaire en France et largement dominante aux U.S.A., l’évolution est un grand satan. Ces Eglises estiment que la Bible les oblige à croire à une création en six jours ; ils anathémisent donc ceux qui acceptent la théorie de l’évolution. Les Protestants Evangéliques que je connais se contentent de considérer cela comme une inconséquence de la pensée catholique. Ils n’acceptent pas l’évolution pour eux-mêmes et la regrettent chez les autres, mais s’en tiennent là. Aux U.S.A. la situation est beaucoup plus tendue.

Si la conception évolutionniste de la vie, qui nous parait évidente, n’est pas encore universellement admise, à plus forte raison est-il normal que les idées de Teilhard rencontrent des résistances tenaces. Les principales ne portent pas sur les affirmations proprement religieuses. Celles-ci émergent de vues scientifiques qui ne sont pas vraiment des lois, à la manière des lois physico-chimiques. Les lois scientifiques se formulent clairement, sont contrôlables expérimentalement, sont chiffrables, alors que Teilhard exprime une théorie globale, une vision du monde, à la fois complexe et unifiée. Par touches successives, il brosse une vaste fresque qui englobe, explique et relie tout (je suis très mal placé pour en parler, car je n’ai qu’une culture scientifique élémentaire et surannée).
Il faudra encore longtemps, je le crains, pour que l’humanité digère cette nouvelle vision du monde -l’humanité unifiée selon les prévisions de Teilhard, ou en voie d’unification- Actuellement, la culture de l’ensemble des humains n’est pas vraiment ouverte à la pensée de Teilhard. Celle-ci n’est pas spontanément acceptée, encore moins assimilée.
Il ne faut donc pas s’étonner de la décision du Saint-Office de 1962. Cet organisme avait pour fonction d’écarter ce qui pouvait semer du trouble dans la foi du peuple chrétien. Il a souvent -le Saint-Office- été critiqué pour ses excès de sévérité et a finalement été supprimé par Paul VI. Dans le cas présent, je trouve sa décision compréhensible et même modérée : « sans juger ce qui concerne les sciences positives » … cette réserve préliminaire montre qu’il ne veut pas s’engager dans le domaine scientifique, et donc qu’il a tiré les leçons de l’affaire Galilée. Sur ce plan, c’est à Teilhard et à ses disciples d’entraîner l’assentiment et de faire triompher leur vision du monde.
Mais sur le plan religieux, le Saint-Office se savait compétent : il exerçait sa fonction de sauvegarde ; sauvegarde de la doctrine confiée par Jésus à ses Apôtres et sauvegarder la foi des fidèles.
C’est sur ce plan religieux que le Saint-Office pose des réserves. Vous les appréciez médiocrement (« C’est clair et sans appel » p. 91), car vous considérez cette décision comme un rejet pur et simple des idées de Teilhard. Or, ce qui est clair, c’est que l’Eglise ne veut pas laisser enseigner les idées de Teilhard dans les institutions où sont formés les futurs prêtres. Elle ne veut pas que ces prêtres, une fois placés dans les paroisses, se mettent à prêcher dans un langage qui déconcerterait leurs fidèles dont la plupart sont incapables de faire le départ entre le plan scientifique et le plan religieux. Les esprits ne sont pas prêts à voir la foi exprimée dans une culture teilhardienne.
Vous allez me dire : « Alors, que proposez-vous ? »
Je pense que les conceptions scientifiques de Teilhard doivent être précisées par des travaux complémentaires qui les formulent en lois scientifiques aussi claires et indiscutables que celles de Mendel et d’Avogadro. L’expression poétique et enflammée de Teilhard y perdra, mais les fondements de sa pensée deviendront inattaquables, débarrassés qu’ils seront de leurs connotations religieuses. Cette mise en forme demande un travail considérable, un effort immense dans toutes les branches du savoir… et donc du temps.
Simultanément se posera la question de l’inculturation de la doctrine chrétienne dans cette vision du monde transformée par le teilhardisme scientifique. Car, à mon avis, vouloir rendre teilhardienne la pensée chrétienne en y infusant les idées religieuses de Teilhard est voué à un échec assuré. Ce serait emprunter une mauvaise piste (le « gouffre » de votre p. 108). Certaines intuitions de Teilhard ne poseraient sans doute guère de problème, telle l’estime magnifiée de la Matière qu’exprime la citation de votre p. 4. Mais il y a d’autres difficultés actuellement insurmontables que, n’étant pas théologien, je ne me risquerai pas à énumérer. La plus visible et probablement la plus grave, est celle que vous signalez p. 110 : le péché originel. Il ne trouve pas place dans la doctrine de Teilhard et ne vois d’ailleurs pas comment il pourrait en avoir une dans la théorie scientifique : ce ne peut être qu’un acte humain, historique dans un sens très large, non inscrit dans la structure de l’univers. Toujours à mon avis, il ne peut pas se trouver non plus dans la doctrine religieuse de Teilhard car, me semble-t-il, Teilhard extrait ses théories religieuses de ses vues scientifiques, plutôt qu’il ne cherche à en infuser dans ses vues scientifiques (ce serait d’ailleurs à prouver par quelqu’un qui connaisse à fond l’œuvre de Teilhard).
Or, St Paul enseigne l’existence du péché originel dans ses lettres aux Romains et aux Galates. St Paul est un apôtre de Jésus-Christ, dépositaire de la Révélation chrétienne en tant qu’apôtre. Son enseignement aux Romains et aux Galates repose sur l’existence d’une faute initiale qui se transmet à tous et à chacun des membres de l’espèce humaine. Aucune Eglise Chrétienne ne peut rayer le péché originel de son enseignement. On ne peut pas rejeter St Paul de son enseignement. On ne peut pas rejeter St Paul sans sortir du Christianisme.

Entre nous, Teilhard nous aurait bien simplifié le travail si, à côté de ses articles dans les revues scientifiques, il avait écrit un petit livre de la collection « Ce que je crois ». Le Saint-Office se serait exercé sur ce volume ; il l’aurait probablement condamné et l’affaire en serait restée là. Pendant ce temps, les travaux scientifiques de Teilhard auraient fait leur chemin dans les esprits, sans rencontrer d’entrave religieuse. Mais Teilhard ne pouvait opérer cette dichotomie. Et je me demande si une bonne partie de l’intérêt qu’on porte à son œuvre ne vient pas justement de ce qu’elle apporte une réponse globale, unique, « holotique » (si ce mot existe en français) aux problèmes de l’univers tant physique que psychique et religieux. Reste que tout n’est pas également assuré. Il faut éprouver les éléments de la synthèse un par un, tenter de faire un tri.
Je ne dis pas que cela soit sans issue. Je pense même le contraire, mais il faut que le teilhardisme scientifique se concrétise plus rigoureusement et que l’Eglise Catholique (puisque c’est elle qui nous concerne au premier chef) suive le problème de près dans ses sphères pensantes. Car si le Saint-Office refusait qu’on enseignât aux prêtres le teilhardisme comme doctrine adpatée par l’Eglise, il n’interdisait pas aux professeurs de ces futurs prêtres, pas plus qu’aux scientifiques ou aux philosophes chrétiens, de s’atteler à préciser les éléments de la théorie.

Le jour où le teilhardisme sera scientifiquement établi, il sera nécessairement accepté ou même adopté en pratique par l’Eglise Catholique : la vérité est une ! Il le sera en son temps quand un travail d’une part scientifique, d’autre part religieux, aura abouti à l’acclimatation du peuple chrétien à cette pensée si nouvelle. Je ferais mieux de dire à l’acclimatation de l’humanité dans son ensemble, car les chrétiens vivent au milieu de la culture de tous.
En attendant, il faut être patient, mais attention ! une certaine patience. Durant la guerre, j’ai vomi la patience selon Pétain. (…) Vive la patience active, la vôtre, celle qui consiste à faire connaître, expliquer, monnayer la théorie teilhardienne, de façon à permettre aux esprits de tout genre d’assimiler, de creuser, de communiquer. Tout ceci dépasse de trop loin mes capacités (elles-mêmes dépassées par mes 88 ans) pour que je me mette sur les rangs. Je me contente de vous adresser des messages d’approbation et d’encouragement, et de vous redire mes remerciements pour l’envoi de votre livre. (…)


Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Dimanche 14 Décembre 2008 à 17:59 | Commentaires (0)

Travaux des membres

« La montée de l’autre » est le titre du 3ème chapitre du tome 7 de l’œuvre originale de Teilhard, thème qu’il développe sur 18 pages très riches en sujets abordés. Je me suis limité à proposer une interprétation portant uniquement sur le titre.

Toutes les spiritualités s’accordent pour dire que le sentiment de la « montée de l’autre » est la clef de voûte de la réussite de l’humanité. Or, il semblerait que l’effet de la compression subie par le genre humain soit due à la surface limitée de la terre accueille un nombre croissant d’individus, ce qui provoque en retour un effet de répulsion de l’autre ; circonstance aggravée par le développement technologique des sociétés. Il existe des contre-exemples, c’est le cas des pays pauvres, à forte tradition religieuse, dont la surpopulation liée à une grande misère induit dans ces communautés un effet termitière subi, qui n’a rien à voir avec une fraternité délibérément acceptée. Cette situation correspondrait plutôt à un retour du sens de l’espèce (sujet que Teilhard a traité dans son 13ème chapitre de L’ACTIVATION DE L’ENERGIE).

Certaines disciplines scientifiques, comme la PNL (programmation neuro linguistique) enseignent qu’en deçà d’une certaine distance entre deux personnes (2 bras mis bout à bout) le flux de la communication était perturbé par un réflexe de défense, répulsion pouvant aller jusqu’à la fermeture de l’écoute qui s’analyse comme une atteinte à la zone vitale individuelle. Ce même phénomène est constaté dans le cas de mise en concurrence à l’intérieur des zones d’activité d’un individu, d’une entreprise ou d’une ethnie.

Si nous décidions d’assumer les conséquences de ce raisonnement, nous devrions réprimer cette répulsion naturelle par l’éducation de nos consciences dans le sens de « la montée de l’autre ». Le phénomène de compression physique et morale de l’humanité étant irréversible, sauf cas de guerre mondiale ou de catastrophe naturelle planétaire, le développement du sens de l’altérité est une évolution incontournable et nécessaire de notre conscience. L’autre existe, il n’est pas forcément un ennemi, il peut même devenir un partenaire pour défendre notre vie. L’égoïsme doit s’effacer devant cette nécessité

-Le principe de nécessité, qui apparemment, se manifeste automatiquement dans les circonstances de danger de masse immédiat et imparable comme les guerres et les catastrophes naturelles, serait-il programmé dans notre système neuronal sous la forme d’un code du genre : seul on ne peut rien ?

-Le principe de nécessité pourrait-il aussi intervenir dans les cas de menace sournoise que l’on ne voit pas venir, qui avance lentement et inexorablement comme, par exemple, la poussée démographique, les atteintes à l’environnement, l’épuisement des ressources naturelles de la planète, etc… Tous ces dangers dont la prise de conscience n’est pas à la portée des individus, mais seulement des organisations institutionnelles ?

La réponse est oui, mais sous certaines conditions très lourdes, ce n’est plus l’individu qui décide, mais des systèmes organisationnels collectifs qui, eux seuls, sont en mesure de conduire les observations, faire des réflexions analytiques, construire les synthèses optimales, peser le pour et le contre entre avantages et inconvénients, et enfin avoir les moyens financiers pour réaliser les décisions prises collectivement.

Quelles sont les caractéristiques de ces dangers lourds dont l’avance est discrète et inexorable ?

1. Il semblerait que la progression démographique soit à l’origine de tous les problèmes car elle est la cause de l’effet de compression, et sa régulation qui est possible ne fait sentir ses effets que sur de longues périodes générationnelles. En revanche, cette compression déclanche des réactions primaires immédiates et irraisonnées.

2. La compression de l’humanité induit l’organisation d’appareils de sociétés dans lesquels l’intérêt général passe devant l’intérêt particulier. L’individu devient anonyme, il est écrasé sous des cascades de hiérarchies, les systèmes sont des appareils extrêmement complexes et lourds dont les rétro actions en obscurcissent la compréhension. Même ceux qui ont conçu les systèmes ne les comprennent plus eux-mêmes. Les systèmes oscillent entre auto régulations et emballement, produisant ainsi dans les deux cas un effet de crise.

3. Circonstances aggravantes, les progrès techniques créés par l’homme qui les contrôle plus ou moins accélèrent l’Histoire, ce qui était vérité hier ne l’est plus demain, l’évolution de la société va plus vite que les capacités d’adaptation des individus, elle est irréversible.

Devant de telles perspectives, l’homme se replie sur lui-même et perd le sens de l’espèce. Réaction d’autant plus logique que, depuis qu’il a franchi le pas de la réflexion, l’homme se dégage de ses instincts animaux et prend son avenir en main, il acquiert une liberté qu’il craint et qu’il souhaite à la fois ; paradoxe lié à l’élévation de la conscience et qui ne fera que croître. L’homme doit apprendre à vivre dans le paradoxe et c’est le prix qu’il doit payer pour acquérir plus de liberté.

Si l’homme prend conscience qu’il est à l’image de son Créateur, il ne pourra éviter de se rendre compte que l’autre est un autre lui-même. Nous sommes tous frères en Dieu.


Dans l’univers de la matière règne une loi selon laquelle tout progrès se paye par une dissipation d’énergie. A l’échelle de l’humanité cette loi se manifeste par ce que l’on dénomme « les individus laissés sur le bord de la route ». L’homme doit avoir conscience que l’espèce humaine est conçue pour aller dans la direction inverse et doit lutter contre cette tendance. Cette prise de conscience s’appelle la foi. La foi est un état de tension, elle joue comme un catalyseur. Au sens chimique du terme, le catalyseur est un élément qui, par sa seule présence, en quantité infime, sans rien perdre de sa substance, provoque une réaction inexplicable, mais bien réelle.

Principe de récurrence oblige, la foi est un catalyseur qui déplace les montagnes. La Montée de l’autre changera l’avenir de l’humanité pour conduire l’homme à Omega, s’il le veut bien


Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Lundi 1 Décembre 2008 à 14:38 | Commentaires (0)

Travaux des membres

La crise que le monde traverse actuellement est plus que conjoncturelle, elle est de nature structurelle et cosmique. Voilà la conviction de Teilhard, conviction qu'il veut nous faire partager à l'issue d'un cheminement en 4 étapes :
1) Il y a de plus en plus d'hommes sur la terre : la montée de l'autre.
2) Les hommes établissent de plus en plus de relations entre eux : la montée du collectif.
3) L'évolution constatée depuis la prévie se poursuit, et en extrapolant, pourquoi pas dans le futur, un organisme super humain ? "La synthèse de (avec ?) avec l'Autre".
4) La sympathie (l'amour ?) pour l'autre, la "montée du sens humain".

A terme, quand la" terre aura acquis la conscience de sa cohésion et de sa convergence spirituelles" la Charité pourra s'y établir et les molécules pensantes pourront s'ultra centrer.

Pour ma part, je relie cette vision de Teilhard aux idées nouvelles qui se font jour dans la physique actuelle; plus précisément aux expériences d'Alain Aspect en 1982, puis de Gisin en 1998 (Orsay, Genève). Ces expériences portaient toutes deux sur une paire de photons issus d'une même source. Après 2 parcours semblables, chacun avait à choisir à un moment donné entre deux itinéraires possibles. Dans les deux expériences les 2 photons d'une même paire faisaient le même choix alors que ,selon les lois de la physique classique, ils ne pouvaient pas communiquer et auraient dû faire tantôt le même choix, tantôt le choix contraire.
J'ai noté deux explications à ces expériences. Elles émanent
-l'une d'un physicien Trinh Xuan Thuan
-l'autre d'un bouddhiste, Matthieu Ricard ("L'infini dans la paume de la main/Fayard/dépôt mai 2000)

-Pour Trinh, ces résultats en apparence paradoxaux ne le sont plus si on considère que les 2 photons font partie d'une même réalité globale. Quelle que soit la distance qui les sépare ils restent constamment en relation par une interaction mystérieuse. Où qu'il soit, chacun continue à faire partie de la même réalité que l'autre.

-Pour Matthieu Ricard, des photons sont interdépendants , ils coexistent au sein d'une réalité globale qui fonctionne sur le mode de la causalité réciproque. Si on raisonne de proche en proche on s'aperçoit que, d'une manière ou d'une autre, tout est nécessairement relié à tout.

Lorsque dans le dernier alinéa de son texte Teilhard évoque "la synthèse psychique de l'univers" ou encore les "liaisons croissantes du collectif" ne pressent-il pas les liaisons mystérieuses mises en évidence par ces expériences ? Liaisons que, pour le moment, nous ne pouvons mettre davantage en évidence avec nos moyens d'investigations actuels, mais qui dans l'avenir seront peut-être accessibles à une mesure directe et, par là, mises sur le même plan que les liaisons que nous connaissons aujourd'hui

Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Lundi 1 Décembre 2008 à 13:50 | Commentaires (0)