teilhard de Chardin


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L'homme, état et aussi mouvement de la vie dans l'espace-temps, suscite bien des interrogations, des études et des recherches sur son identité.

Il est présence en bout (en finalité) et également en avant de la vie; le paléontologiste Teilhard de Chardin montre ce qui devient une évidence dans sa quête: la découverte de la marche captivante et unique de l'évolution de la vie dont l'être humain est l'acteur principal et premier, dans l'importance de la finalité de l'aboutissement de la vie.

D'abord, à la suite du savant, s'impose l'idée de montée de conscience dans le temps et l'espace (,,,pris sur des millions d'années).

La vie se meut, c'est-à-dire : active,changeante, diversifiée, n'est pas statique, à chaque instant de la vie personnelle se font de nouvelles naissances, renouvelle-
ments dans la mobilité.

Dans un sens déterminé; dans son évolution la vie se complexifie; les stades évolutifs des espèces ne sont plus à démontrer. Très loin de nous il y a les états primaires de la cérébralisation, puis, après de nombreuses évolutions, arrivent enfin les aboutissements de la marche de la vie avec l'homme enfin; au fil du temps se crée, immanquablement, toujours plus de conscience.

Comme le dit Teilhard, les phénomènes de conscience augmentent sur terre en raison directe d'une organisation toujours plus avancée, complexifiée, des états nouvellement établis; les atomes, les molécules, les cellules, les cerveaux, etc.

Il dit aussi: la naissance de la pensée ne se pose-t-elle pas comme le point critique traversé par la conscience qui, à force de se concentrer finit par se réfléchir sur elle-même?

L'homme, entité magistrale, composante de l'étoffe cosmique, donc par le bas partie prenante des forces de désagrégation (mystère insondable de la mort entre autres...) et par l'autre bout, forces d'agrégation faisant apparaître les forces d'énergie spiritualisée; quant à la vie de l'instant présent, il est acteur de toutes les joies et les souffrances qui font sa richesse et ses limites.

Et pour demain? Trois idées sont proposées par Teilhard pour l'avenir de l'évolution humaine.
– Une vision commune, c'est-à-dire la mise en forme d'idées, de projets, qui auraient l'accord de tous afin de fédérer toutes les énergies.
– Une action commune, où l'élaboration de projets d'activités qui auraient le consensus de l'ensemble dans l'effort de chacun.
Mais, ajoute-il, ces deux premières options semblent restrictives et ont un goût quelque peu amère dans un certain déjà vu.

Alors nous dit-il: Ce n'est pas d' un tête à tête, ni d' un corps à corps que nous avons besoin, mais d' un cœur à cœur.

« Aimez-vous les uns les autres ... » nous a-t-il été dit il y a plus de vingt siècles et c'est sûrement toujours d'actualité.
Parole si simple dans son énoncé mais parfois si difficile à concrétiser; chance pourtant de savoir où est le chemin et finalement source réelle de joie et d'espérance.





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Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Samedi 29 Janvier 2011 à 21:01 | Commentaires (0)

Travaux des membres

J.P. Frésafond / LE TEMPS

Mercredi 26 Janvier 2011

Comme annoncé : complément à la contraction de texte éditée le 17/1/2011



1- INTRODUCTION
De quelle nature est donc le temps qui mène notre vie comme une barque sur un fleuve ? Serait-il une illusion, une projection de la conscience ?
Conscience … voilà le mot car le temps n’existe que s’il y a une conscience pour l’observer et, inversement, la notion de conscience est liée à celle que nous avons du temps.
Alors le temps serait donc perçu différemment d’une conscience à l’autre puisqu’il n’y a pas deux consciences identiques ? Le temps est hétérogène, il est haché, il n’est pas une ligne continue universelle, à chacun, à chaque chose son temps, le temps est rythmes. Cette notion est assez ancienne puisque le maître ouvrier qui fabriqua l’horloge astronomique de la cathédrale de Strasbourg avait déjà une idée précise sur la question puisqu’il inscrivit sur son horloge en lettres d’or sur fond bleu ciel : « LE TEMPS APPARENT »

Pour faciliter l’approche de l’étude du temps, nous allons dire qu’il existe trois grandes familles de temps :
Le temps humain
Le temps de la matière
Le temps divin

2- LE TEMPS HUMAIN
Selon l’âge de l’individu, selon ses occupations, selon l’heure, la notion de temps est perçue différemment. Par exemple, les périodes de rêve sont hors de la conscience temporelle, chez l’adulte un peu, mais surtout chez l’enfant. Ainsi, après avoir rêvé en jouant, l’inquiétude sort brutalement le jeune enfant de son rêve, il demande où est sa mère et quand celle-ci lui répond il est rassuré et repart pour un nouveau voyage dans le rêve, hors du temps.

Dans la mémoire de l’adulte, le début de sa vie est un film haché en petites séquences séparées par des trous noirs, non gravés dans la mémoire. A cela il existe une explication, au début de la vie de l’enfant toutes les connections neuronales ne sont pas faites, raison pour laquelle il ne sort que peu de souvenirs avant l’âge de trois ans.

A l’inverse, la conscience temporelle de la personne âgée est continue car elle observe sans cesse un temps qui lui est compté, il est rare et l’on observe avec angoisse son écoulement ; d’autant plus que la personne est désoeuvrée.
L’occupation, comme le rêve, sont un facteur de hachure du temps. Si les occupations sont incluses dans des cycles saisonniers comme c’était le cas dans les sociétés paysannes d’autrefois, la vie d’écoulait au rythme des saisons de manière presque uniforme d’une année à l’autre, cela induisait une fausse quiétude car les changements lents sont peu perceptibles. Seuls les changements importants et brutaux comme le passage de la traction animale à la traction motorisée sont susceptibles de donner une impression de révolution.
Dans les sociétés modernes, les médias sont les grands responsables de l’angoisse croissante des êtres humains, l’incessante pluie d’informations bouscule une vie que l’on voudrait sans changements. Ce qui était vrai hier ne l’est plus aujourd’hui. Le sol s’échappe sous nos pieds. L’observation du temps est maintenant continuellement en éveil et notre conscience temporelle ne connait pas de repos, l’anxiété est croissante, notre besoin de fuite et d’évasion aussi.

Les occupations, la philosophie et le rêve sont les seuls remèdes contre l’appréhension, des privilégiés savent en profiter, les autres usent de divertissements plus ou moins stériles, de drogues et autres paradis artificiels, de relations sexuelles variées et en excès ou, tout simplement, s’autodétruisent par la déchéance ou le suicide. Le goût de vivre est une flamme fragile qu’il faut protéger et entretenir par la connaissance de soi et la recherche d’une philosophie personnelle.

La notion que l’on peut avoir du temps est la pierre angulaire sur laquelle s’établit notre système de pensée. Il faut savoir s’élever au-dessus du temps pour trouver un sens à l’univers.

Voici une explication au sentiment d’accélération du temps au cours d’une vie humaine :
-Pour un enfant de six ans, trois ans représentent la moitié de sa vie, c’est long pour sa propre conscience du temps.
-Pour un vieillard de quatre vingt dix ans , trois ans représentent le trentième de sa vie, c’est bref pour sa propre sensibilité.

A l’inverse des fluctuations dans la notion de temps, il existe le temps mis en sommeil de l’homme incarcéré pendant une longue durée. Pour lui, cette période vécue en prison est une mise entre parenthèses afin d’attendre de manière moins consciente le moment où, libéré, il vivra réellement à nouveau.

Plus répandu, et de manière intime, sur l’oreiller les battements de notre cœur sont une horloge chargée d’angoisse que l’on repousse en changeant de position car nous fuyons les pulsations de cet organe qui rythme inexorablement l’existence. Dans un autre domaine, le temps n’est pas le même selon les religions : année solaire, année lunaire …

Enfin, il faut noter que la conscience du temps qui s’écoule n’est pas le propre de l’homme ; les animaux domestiques entre autres mémorisent les habitudes le leur maître et savent lui rappeler qu’il est l’heure de la promenade. Les animaux migrateurs eux aussi « savent » que c’est l’heure du grand départ pour fuir la rigueur de la saison froide ; comment le savent-ils ? Ce n’est pas uniquement par l’instinct car certains animaux comme le castor « oublient » d’hiberner quand ils ont été implantés dans une région chaude mais ils retrouvent opportunément ce réflexe quand ils sont réimplantés en été dans une région où les hivers sont rigoureux. Ceci est d’autant plus surprenant dans le cas d’animaux qui n’ont jamais vécu en pays à hivers rigoureux… quels sont leurs indices ?

3 LE TEMPS DE LA MATIERE
La matière est une autre approche pour appréhender la notion de temps. Tout bien considéré, on est obligé d’admettre que le temps existe parce qu’il y a de la matière et quelqu’un pour l’observer. En effet, s’il n’y avait ni matière ni particules qui se déplacent ou changent d’état, il n’y aurait ni temps ni espace à observer. C’est la raison pour laquelle Albert .Einstein a inventé la notion d’espace/temps. Le même savant a donné une définition de la matière qui colle à cet « environnement » : la matière est une courbure de l’espace/temps. Cette définition demande une explication.
Imaginons une particule qui se déplacerait dans le néant, vers l’infini (scenario virtuel), elle irait absolument tout droit parce qu’elle ne rencontrerait à proximité de sa trajectoire aucun objet susceptible de dévier (par attraction) son parcours.
En effet, la ligne droite n’existe pas dans l’univers en raison de la force d’attraction du plus gros sur le plus petit. C’est pour cette raison que l’univers est courbe. Mêmes les ondes subissent cette force. Une telle caractéristique fait que plus il y a de particules dans un secteur de l’univers et plus les trajectoires de chacune d’elles s’incurvent et se transforment en spirales, se compressent les unes vers les autres jusqu’à former un micro système de particules lequel, tournant avec d’autres noyaux forme les atomes qui, faisant de même, arrivent au stade de la matière tangible. J’ai sauté quelques phases pour être plus simple mais c’est approximativement ce qu’il se passe. Cette force qui dévie les trajectoires joue bien entendu pour les objets plus gros comme les météorites ou les planètes.
Ainsi nous pouvons dire que le temps de la matière est hétérogène, il est différent à chaque niveau d’organisation de l’univers. Le temps des atomes est différent du temps des particules qui le composent et de celui des galaxies. Non seulement le temps est multiple entre les éléments de la matière, mais il n’est pas le même pour l’objet observé et celui qui l’observe car il varie en fonction de la vitesse de l’observé et de l’observateur. Lorsque les mesures de ce temps « élastique » se font par rapport à la vitesse de la lumière, la compréhension de ce phénomène sera plus aisée si on le compare au phénomène acoustique bien connu du véhicule à moteur à explosion qui, lorsqu’il s’éloigne de l’observateur, le son du moteur décroit en fréquence en raison du temps que met le son à parcourir une distance de plus en plus grande.

Transposons ce processus sur la lumière : imaginons que nous sommes dans un vaisseau spatial se déplaçant à une vitesse équivalente à 90% de celle de la lumière. A nos yeux l’univers serait un gigantesque arc en ciel, bleu devant nous, devenant progressivement vert puis jaune sur nos côtés en enfin rouge à l’arrière. Dans notre déplacement nous approchons à grande vitesse des galaxies qui sont devant nous et nous nous éloignons de manière corollaire de celles qui sont derrière. Ce mouvement influence notre perception de la couleur. Si nous diminuons la vitesse du vaisseau l’arc en ciel s’estompe. Quand nous rejoignons notre base terrestre nous nous retrouvons dans la situation où toutes les galaxies s’éloignent de nous et la lumière devient uniformément rouge. Voici l’intérêt de cette démonstration.

Bien que différents, tous les temps se valent mais pour des raisons pratiques les astrophysiciens utilisent un temps dit « cosmique » qui est celui de tous les observateurs pour qui la lumière de fond de ciel est rouge. L’avantage du temps cosmique est d’être celui de la majorité de la matière de l’univers et c’est par rapport à lui qu’ont été mesurés l’âge et les dimensions contenus dans l’univers.

D’après les vitesses d’éloignement des galaxies entre elles les calculs ont fixé provisoirement la date du big bang à quinze milliards d’années (approximativement) avant nous. Une « seconde » de temps cosmique n’a rien à voir avec une seconde du temps fixé par nos horloges. A cette époque il n’y avait pas encore d’atomes, il n’y avait que de l’énergie constituant une « purée » initiale en bouillonnement et les notions de temps et d’espace étaient très différentes ; on pourrait même dire qu’elles avaient tendance à être inexistantes, s’approchaient du concept d’éternité qui se définit par la formule « hors du temps » ou encore par celle-ci « éternel présen …

Mais revenons sur terre avec une image simple et concrète : le temps n’est pas le même pour toutes les molécules de l’eau d’un fleuve suivant que l’on considère le courant central ou le courant qui est à proximité des berges du fleuve.

4 LE TEMPS DIVIN
Si nous admettons que le temps est lié à la matière et à l’espace, cela génère les notions de passé/présent/avenir.
Le temps que nous allons examiner maintenant est l’éternel présent, autrement dit : le temps divin.

Une autre idée doit aussi être examinée. On ne discute plus l’équation d’Einstein énergie/matière ; encore faut-il se demander de quelle énergie il s’agit. Pour répondre, je pose le problème différemment : il n’existe qu’une seule énergie universelle mais elle se manifeste différemment selon les parcours :
1- L’énergie primitive du temps de Planck,
2- L’énergie nucléaire,
3- L’énergie atomique
4- L’énergie électromagnétique
Tout cela est admis par la science.
Il en existe une 5ème : l’énergie esprit qui englobe toutes les autres, totalement inconnue et non admise par la science et pourtant, s’il y a une information cause de l’évolution, il se pourrait que ce soit cette 5ème énergie. Je propose à la réflexion de poser une équation esprit/matière … Les johanistes ne devraient pas la repousser puisqu’elle correspond exactement au Verbe Lumière dont il est question dans le Prologue de Jean. Dès lors, ’hypothèse du temps divin ne devrait plus poser de problème ! Et ce d’autant moins que le Genèse dans la Bible dit que Dieu créa le monde en 7 jours. Si on rapprochait le temps de la Bible du temps de la science, cela donnerait quelque chose dans ce goût là, une succession de phases situées après le temps zéro :
1ère phase Explosion initiale nommée big bang.
2ème phase Peu de temps après l’explosion, développement de la phase quarkienne. Dans la purée initiale les quarks engendrent les nucléons.
3ème phase Les nucléons engendrent les noyaux dans les creusets stellaires.
4ème phase A la surface des étoiles et dans l’espace interstellaire les noyaux engendrent les atomes lesquels, à leur tour, engendrent les molécules. Ces dernières évoluent en direction d’une extrême complexité.
5ème phase Dans la soupe des océans primitifs apparition des molécules organiques.
6ème phase Les molécules organiques engendrent les cellules vivantes.
7ème phase Dans les océans et sur les continents les cellules engendrent les végétaux et les animaux. L’évolution de ce monde vivant va très vite aboutir à l’Homme (les temps biologiques sont plus rapides que les temps géologiques).

C’est un astrophysicien connu qui avait imaginé une échelle évolutive de la matière en 7 phases et je n’ai fait que la rapprocher des 7 jours de la Genèse.
Dans ce processus qui s’est déroulé sur une période de 15 milliards d’années, on remarquera que la progression n’a cessé de s’accélérer. Au début on comptait en milliards d’années, puis en millions d’années à la fin. Avec la phase évolutive du phylum humain on ne compte plus qu’en milliers d’années et bientôt les phases vont se compter en siècles.

Que le temps divin se définisse en esprit/matière n’est pas une idée nouvelle si l’on considère cette parole attribuée à Enoch :Dieu est un feu qui brûle le feu, Il est maître du temps » (…)

Voici une manière simple pour se représenter la notion d’éternel présent contenue dans le temps divin :
Examinons deux lignes droites qui se croisent, formant l’image d’une croix. La ligne horizontale figure l’univers spatio-temporel. La ligne verticale représente l’univers infini de l’esprit. Maintenant, plaçons les pointes d’un compas imaginaire sur deux points équidistants sur l’axe horizontal par rapport à l’axe vertical. Les branches du compas forment un certain angle. Maintenant imaginons que ce compas s’allonge démesurément vers le haut. On observe que l’angle formé par les branches du compas se resserre considérablement alors que les pointes du compas sont restées à leurs places. Si l’on continue d’allonger vers l’infini les branches du compas celles-ci tendent à être parallèles et les deux pointes du compas semblent se confondre en un seul point. Passé, présent, futur sont confondus dans le présent divin.

5- CONCLUSIONS
-Intégrer le temps dans la réflexion est indispensable pour ne pas faire fausse route dans la conduite de la pensée. C’est d’ailleurs ce que recommande Teilhard dans ses livres.

-Question inévitable : pourquoi Dieu a-t-il créé l’univers, était-ce une nécessité absolue ou un luxe inutile ? Nous ne connaîtrons jamais la réponse, alors, libérons les imaginations.

-Ce qui est certain c’est que Dieu est une Entité extrêmement puissante, son énergie est bourrée d’informations.

-Energie, Information, volonté, voilà le ternaire divin qui lui a permis de sortir de sa solitude.

-L’énergie divine se consomme-t-elle comme les autres énergies ? Quand la matière aura disparu et que nos âmes auront rejoint Dieu, peut-être que Dieu sera plus fort qu’avant puisque nous serons avec Lui. Si tel n’était pas le cas, à quoi aurait servi la divine manip ?

-Enfin, pour terminer sur une note cynique : Dieu a été le plus grand physicien de tous les temps. Il inventa la réaction en chaîne : avec de l’énergie, Il fabriqua de la matière (voir phase 1). L’Homme essaya de l’imiter avec une réaction en chaîne inverse : avec un petit peu de matière, il fabriqua beaucoup d’énergie (voir Iroshima dans la phase 7)
Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Mercredi 26 Janvier 2011 à 17:51 | Commentaires (0)

Préparation de nos travaux pour février
Cette version du 8/06/2011 annule et remplace celle de janvier 2011




1- INTRODUCTION

De quelle nature est donc le temps qui mène notre vie comme une barque sur un fleuve ? Serait-il une illusion, une projection de la conscience ?
Conscience … voilà le mot car le temps n’existe que s’il y a une conscience pour l’observer et, inversement, la notion de conscience est liée à celle que nous avons du temps.
Alors le temps serait donc perçu différemment d’une conscience à l’autre puisqu’il n’y a pas deux consciences identiques ? Le temps est hétérogène, il est haché, il n’est pas une ligne continue universelle, à chacun, à chaque chose son temps, le temps est rythmes. Cette notion est assez ancienne puisque le maître ouvrier qui fabriqua l’horloge astronomique de la cathédrale de Strasbourg avait déjà une idée précise sur la question puisqu’il inscrivit sur son horloge en lettres d’or sur fond bleu ciel : « LE TEMPS APPARENT »
Six cents ans avant J.C. Thales inventa la notion de temps.
Pour faciliter l’approche de l’étude du temps, nous allons dire qu’il existe trois grandes familles de temps :
Le temps humain
Le temps de la matière
Le temps divin


2- LE TEMPS HUMAIN
Selon l’âge de l’individu, selon ses occupations, selon l’heure, la notion de temps est perçue différemment. Par exemple, les périodes de rêve sont hors de la conscience temporelle, chez l’adulte un peu, mais surtout chez l’enfant. Ainsi, après avoir rêvé en jouant, l’inquiétude sort brutalement le jeune enfant de son rêve, il demande où est sa mère et quand celle-ci lui répond il est rassuré et repart pour un nouveau voyage dans le rêve, hors du temps.

Dans la mémoire de l’adulte, le début de sa vie est un film haché en petites séquences séparées par des trous noirs, non gravés dans la mémoire. A cela il existe une explication, au début de la vie de l’enfant toutes les connections neuronales ne sont pas faites, raison pour laquelle il ne sort que peu de souvenirs avant l’âge de trois ans.

A l’inverse, la conscience temporelle de la personne âgée est continue car elle observe sans cesse un temps qui lui est compté, il est rare et l’on observe avec angoisse son écoulement ; d’autant plus que la personne est désoeuvrée.
L’occupation, comme le rêve, sont un facteur de hachure du temps. Si les occupations sont incluses dans des cycles saisonniers comme c’était le cas dans les sociétés paysannes d’autrefois, la vie d’écoulait au rythme des saisons de manière presque uniforme d’une année à l’autre, cela induisait une fausse quiétude car les changements lents sont peu perceptibles. Seuls les changements importants et brutaux comme le passage de la traction animale à la traction motorisée sont susceptibles de donner une impression de révolution.
Dans les sociétés modernes, les médias sont les grands responsables de l’angoisse croissante des êtres humains, l’incessante pluie d’informations bouscule une vie que l’on voudrait sans changements. Ce qui était vrai hier ne l’est plus aujourd’hui. Le sol s’échappe sous nos pieds. L’observation du temps est maintenant continuellement en éveil et notre conscience temporelle ne connait pas de repos, l’anxiété est croissante, notre besoin de fuite et d’évasion aussi.

Les occupations, la philosophie et le rêve sont les seuls remèdes contre l’appréhension, des privilégiés savent en profiter, les autres usent de divertissements plus ou moins stériles, de drogues et autres paradis artificiels, de relations sexuelles variées et en excès ou, tout simplement, s’autodétruisent par la déchéance ou le suicide. Le goût de vivre est une flamme fragile qu’il faut protéger et entretenir par la connaissance de soi et la recherche d’une philosophie personnelle.

La notion que l’on peut avoir du temps est la pierre angulaire sur laquelle s’établit notre système de pensée. Il faut savoir s’élever au-dessus du temps pour trouver un sens à l’univers.

Voici une explication au sentiment d’accélération du temps au cours d’une vie humaine :
-Pour un enfant de six ans, trois ans représentent la moitié de sa vie, c’est long pour sa propre conscience du temps.
-Pour un vieillard de quatre vingt dix ans , trois ans représentent le trentième de sa vie, c’est bref pour sa propre sensibilité.

A l’inverse des fluctuations dans la notion de temps, il existe le temps mis en sommeil de l’homme incarcéré pendant une longue durée. Pour lui, cette période vécue en prison est une mise entre parenthèses afin d’attendre de manière moins consciente le moment où, libéré, il vivra réellement à nouveau.

Plus répandu, et de manière intime, sur l’oreiller les battements de notre cœur sont une horloge chargée d’angoisse que l’on repousse en changeant de position car nous fuyons les pulsations de cet organe qui rythme inexorablement l’existence. Dans un autre domaine, le temps n’est pas le même selon les religions : année solaire, année lunaire …

Enfin, il faut noter que la conscience du temps qui s’écoule n’est pas le propre de l’homme ; les animaux domestiques entre autres mémorisent les habitudes le leur maître et savent lui rappeler qu’il est l’heure de la promenade. Les animaux migrateurs eux aussi « savent » que c’est l’heure du grand départ pour fuir la rigueur de la saison froide ; comment le savent-ils ? Ce n’est pas uniquement par l’instinct car certains animaux comme le castor « oublient » d’hiberner quand ils ont été implantés dans une région chaude mais ils retrouvent opportunément ce réflexe quand ils sont réimplantés en été dans une région où les hivers sont rigoureux. Ceci est d’autant plus surprenant dans le cas d’animaux qui n’ont jamais vécu en pays à hivers rigoureux… quels sont leurs indices ?

3 LE TEMPS DE LA MATIERE
La matière est une autre approche pour appréhender la notion de temps. Tout bien considéré, on est obligé d’admettre que le temps existe parce qu’il y a de la matière et quelqu’un pour l’observer. En effet, s’il n’y avait ni matière ni particules qui se déplacent ou changent d’état, il n’y aurait ni temps ni espace à observer. C’est la raison pour laquelle Albert .Einstein a inventé la notion d’espace/temps. Le même savant a donné une définition de la matière qui colle à cet « environnement » : la matière est une courbure de l’espace/temps. Cette définition demande une explication.
Imaginons une particule qui se déplacerait dans le néant, vers l’infini (scenario virtuel), elle irait absolument tout droit parce qu’elle ne rencontrerait à proximité de sa trajectoire aucun objet susceptible de dévier (par attraction) son parcours.
En effet, la ligne droite n’existe pas dans l’univers en raison de la force d’attraction du plus gros sur le plus petit. C’est pour cette raison que l’univers est courbe. Mêmes les ondes subissent cette force. Une telle caractéristique fait que plus il y a de particules dans un secteur de l’univers et plus les trajectoires de chacune d’elles s’incurvent et se transforment en spirales, se compressent les unes vers les autres jusqu’à former un micro système de particules lequel, tournant avec d’autres noyaux forme les atomes qui, faisant de même, arrivent au stade de la matière tangible. J’ai sauté quelques phases pour être plus simple mais c’est approximativement ce qu’il se passe. Cette force qui dévie les trajectoires joue bien entendu pour les objets plus gros comme les météorites ou les planètes.
Ainsi nous pouvons dire que le temps de la matière est hétérogène, il est différent à chaque niveau d’organisation de l’univers. Le temps des atomes est différent du temps des particules qui le composent et de celui des galaxies. Non seulement le temps est multiple entre les éléments de la matière, mais il n’est pas le même pour l’objet observé et celui qui l’observe car il varie en fonction de la vitesse de l’observé et de l’observateur. Lorsque les mesures de ce temps « élastique » se font par rapport à la vitesse de la lumière, la compréhension de ce phénomène sera plus aisée si on le compare au phénomène acoustique bien connu du véhicule à moteur à explosion qui, lorsqu’il s’éloigne de l’observateur, le son du moteur décroit en fréquence en raison du temps que met le son à parcourir une distance de plus en plus grande.

Transposons ce processus sur la lumière : imaginons que nous sommes dans un vaisseau spatial se déplaçant à une vitesse équivalente à 90% de celle de la lumière. A nos yeux l’univers serait un gigantesque arc en ciel, bleu devant nous, devenant progressivement vert puis jaune sur nos côtés en enfin rouge à l’arrière. Dans notre déplacement nous approchons à grande vitesse des galaxies qui sont devant nous et nous nous éloignons de manière corollaire de celles qui sont derrière. Ce mouvement influence notre perception de la couleur. Si nous diminuons la vitesse du vaisseau l’arc en ciel s’estompe. Quand nous rejoignons notre base terrestre nous nous retrouvons dans la situation où toutes les galaxies s’éloignent de nous et la lumière devient uniformément rouge. Voici l’intérêt de cette démonstration.

Bien que différents, tous les temps se valent mais pour des raisons pratiques les astrophysiciens utilisent un temps dit « cosmique » qui est celui de tous les observateurs pour qui la lumière de fond de ciel est rouge. L’avantage du temps cosmique est d’être celui de la majorité de la matière de l’univers et c’est par rapport à lui qu’ont été mesurés l’âge et les dimensions contenus dans l’univers.

D’après les vitesses d’éloignement des galaxies entre elles les calculs ont fixé provisoirement la date du big bang à quinze milliards d’années (approximativement) avant nous. Une « seconde » de temps cosmique n’a rien à voir avec une seconde du temps fixé par nos horloges. A cette époque il n’y avait pas encore d’atomes, il n’y avait que de l’énergie constituant une « purée » initiale en bouillonnement et les notions de temps et d’espace étaient très différentes ; on pourrait même dire qu’elles avaient tendance à être inexistantes, s’approchaient du concept d’éternité qui se définit par la formule « hors du temps » ou encore par celle-ci « éternel présen …

Mais revenons sur terre avec une image simple et concrète : le temps n’est pas le même pour toutes les molécules de l’eau d’un fleuve suivant que l’on considère le courant central ou le courant qui est à proximité des berges du fleuve.

4 LE TEMPS DIVIN

Si nous admettons que le temps est lié à la matière et à l’espace, cela génère les notions de passé/présent/avenir.
Le temps que nous allons examiner maintenant est l’éternel présent, autrement dit : le temps divin.

Une autre idée doit aussi être examinée. On ne discute plus l’équation d’Einstein énergie/matière ; encore faut-il se demander de quelle énergie il s’agit. Pour répondre, je pose le problème différemment : il n’existe qu’une seule énergie universelle mais elle se manifeste différemment selon les parcours :
1- L’énergie primitive du temps de Planck,
2- L’énergie nucléaire,
3- L’énergie atomique
4- L’énergie électromagnétique
Tout cela est admis par la science.
Il en existe une 5ème : l’énergie esprit qui englobe toutes les autres, totalement inconnue et non admise par la science et pourtant, s’il y a une information cause de l’évolution, il se pourrait que ce soit cette 5ème énergie. Je propose à la réflexion de poser une équation esprit/matière … Les johanistes ne devraient pas la repousser puisqu’elle correspond exactement au Verbe Lumière dont il est question dans le Prologue de Jean. Dès lors, ’hypothèse du temps divin ne devrait plus poser de problème ! Et ce d’autant moins que le Genèse dans la Bible dit que Dieu créa le monde en 7 jours. Si on rapprochait le temps de la Bible du temps de la science, cela donnerait quelque chose dans ce goût là, une succession de phases situées après le temps zéro :
1ère phase Explosion initiale nommée big bang.
2ème phase Peu de temps après l’explosion, développement de la phase quarkienne. Dans la purée initiale les quarks engendrent les nucléons.
3ème phase Les nucléons engendrent les noyaux dans les creusets stellaires.
4ème phase A la surface des étoiles et dans l’espace interstellaire les noyaux engendrent les atomes lesquels, à leur tour, engendrent les molécules. Ces dernières évoluent en direction d’une extrême complexité.
5ème phase Dans la soupe des océans primitifs apparition des molécules organiques.
6ème phase Les molécules organiques engendrent les cellules vivantes.
7ème phase Dans les océans et sur les continents les cellules engendrent les végétaux et les animaux. L’évolution de ce monde vivant va très vite aboutir à l’Homme (les temps biologiques sont plus rapides que les temps géologiques).

C’est un astrophysicien connu qui avait imaginé une échelle évolutive de la matière en 7 phases et je n’ai fait que la rapprocher des 7 jours de la Genèse.
Dans ce processus qui s’est déroulé sur une période de 15 milliards d’années, on remarquera que la progression n’a cessé de s’accélérer. Au début on comptait en milliards d’années, puis en millions d’années à la fin. Avec la phase évolutive du phylum humain on ne compte plus qu’en milliers d’années et bientôt les phases vont se compter en siècles.

Que le temps divin se définisse en esprit/matière n’est pas une idée nouvelle si l’on considère cette parole attribuée à Enoch :Dieu est un feu qui brûle le feu, Il est maître du temps » (…)
Voici une manière simple pour se représenter la notion d’éternel présent contenue dans le temps divin :
Examinons deux lignes droites qui se croisent, formant l’image d’une croix. La ligne horizontale figure l’univers spatio-temporel. La ligne verticale représente l’univers infini de l’esprit. Maintenant, plaçons les pointes d’un compas imaginaire sur deux points équidistants sur l’axe horizontal par rapport à l’axe vertical. Les branches du compas forment un certain angle. Maintenant imaginons que ce compas s’allonge démesurément vers le haut. On observe que l’angle formé par les branches du compas se resserre considérablement alors que les pointes du compas sont restées à leurs places. Si l’on continue d’allonger vers l’infini les branches du compas celles-ci tendent à être parallèles et les deux pointes du compas semblent se confondre en un seul point. Passé, présent, futur sont confondus dans le présent divin.

-Enfin, pour terminer sur une note cynique : Dieu a été le plus grand physicien de tous les temps. Il inventa la réaction en chaîne : avec de l’énergie, Il fabriqua de la matière (voir phase 1). L’Homme essaya de l’imiter avec une réaction en chaîne inverse : avec un petit peu de matière, il fabriqua beaucoup d’énergie (voir Iroshima dans la phase 7)

5- PAS DE CONCLUSION, MAIS OUVERTURE VERS L’INFINI
Nous sommes devant l’évidence et l’importance de la notion de temps dans nos spéculations philosophiques au niveau terrestre, c’est la physique newtonienne qui s’applique.
Avec la physique quantique la notion d’espace-temps n’a plus cours, la matière n’est plus sous sa forme particulaire, mais sous sa forme ondulatoire ; elle est dans tous les lieux probables en même temps, c’est la notion d’infini et d’éternel présent qui a cours. Peut-on parler de présent divin ?
Ces deux physiques sont complémentaires.
On ne peut plus dire qu’au commencement Dieu a créé le monde, mais : Dieu crée continuellement le monde. Il n’est plus question ni de big bang ni de fin de l’univers.
Remarquons que cette hypothèse n’est pas incompatible avec la fin de n’importe quelle autre planète, y compris la nôtre. A la fin d’une planète, son énergie totalement dissipée reste dans l’univers dont l’énergie est constante, donc infinie.
La conception humaine de Dieu peut maintenant être celle d’un Etre Algébrique (avec un terme imaginaire) ; on rejoint la définition hermétique : VOLONTE et INFORMATION, ainsi que la doctrine du Verbe Lumière qui est la nôtre.
Jean-pierre Fressafond
Rédigé par Jean-pierre Fressafond le Lundi 17 Janvier 2011 à 18:57 | Commentaires (0)

Travaux des membres




Dans un livre intitulé : « Comment je crois », Teilhard de Chardin évoquait sa foi de la manière suivante :
- Je crois que l’Univers est une évolution
- Je crois que l’évolution va vers l’Esprit
- Je crois que l’esprit culmine dans le Personnel
- Je crois que le Personnel suprême est le Christ Universel


Teilhard fut ordonné prêtre le 26 mai 1918, après avoir été décoré, pendant la première guerre mondiale, de la médaille militaire, de la légion d’honneur et de la croix de guerre, pour avoir servi au front en tant qu’infirmier – brancardier dans un régiment de zouaves. Déjà à cette époque, il sera profondément intéressé par l’anthropologie. Parallèlement à la théologie il entreprend des études universitaires sur la préhistoire. En outre, sa pensée fut profondément influencée par certains intellectuels comme le cardinal Newman et Henri Bergson dont on connaît la philosophie fondée sur l’évolution créatrice, Le Christocentrisme de Teilhard selon lequel l’univers est « comme la souffrance et la mort qui deviennent le sang même en attente de consécration » (Urs von Balthazar), se retrouve étonnamment dans un lointain passé, chez certains pères grecs dont Maxime le Confesseur, chez le philosophe et poète russe Vladimir Soloviev, et naturellement chez saint Paul qui met en évidence la domination universelle et cosmique du Verbe incarné.
La pensée de Teilhard s’est heurtée à de fortes oppositions venues de deux courants philosophiques antagonistes : le fixisme et le dogmatisme religieux d’une part, le positivisme et le scientisme agnostique d’autre part. Cette pensée consistait alors à donner une interprétation spirituelle de l’évolution de l’univers dont la caractéristique fondamentale est le processus de convergence inéluctable de l’espèce humaine vers le Christ qu’il désigne sous le terme de point Oméga. Teilhard exprime sa certitude que le christianisme a sa part dans l’évolution de l’humanité par le message d’amour qu’il dispense et par la notion de personne dont il est porteur.

Cette pensée de l’évolution, il l’a souvent développée en contradiction avec la pensée de l’Eglise catholique qui fonde sa vérité sur les textes Sacrés. Comment, en effet, concilier le concept de l’évolution et les récits de la Genèse traitant des origines qui demeurent encore sources de mystère et de discussions : Adam, le paradis terrestre, le péché originel, etc. En outre, un seul homme, puis un homme et une femme, en un seul lieu, cette théorie somme toute enfantine, ne coïncide pas avec la découverte simultanée en plusieurs endroits du monde du phylum humain. Le monogénisme est sans valeur face aux découvertes de la science. La question du « péché originel » est traitée par Teilhard dans un cadre évolutionniste qui stipule que cette réalité n’est pas un mal de nature spécifiquement terrestre liée à la génération humaine. Le Mal représente une absence de Bien, un phénomène lié à l’énergie dont on connaît les rapports avec l’Amour, et lié à l’évolution. Mais d’où vient ce principe « mal » ? Préexiste-t-il à l’origine de l’univers ? Teilhard, grand uniciste, pense que la complexification et l’union, y compris la conjonction des techniques, conduisent l’humanité vers un retournement et vers le franchissement d’un pas nouveau de l’évolution dans un sens qui ne peut être que spirituel, étant donné que tout acquis, en matière d’évolution est irréversible. Ce qui justifie d’ailleurs le profond optimisme de Teilhard et sa confiance dans le mouvement évolutif de la Vie.

Le Christ devient alors le terme divin de l'évolution et la grande figure universelle justifiant les œuvres humaines. Le Christ de Teilhard de Chardin est celui dont le cœur est la source de tout amour et le lieu d'accueil de la douleur humaine. Celui qui inspire et donne un sens, la personne dont le cœur est le creuset de toute métaphore spirituelle. Dans cette perspective, l'aventure humaine devient une épopée et l'homme, l'acteur d'un immense périple au sein duquel tout effort et toute inertie ont un sens et une importance reçus du centre même vers lequel il converge.
Teilhard n'a jamais été mis à l'index pour la bonne raison qu'il n'a rien publié de son vivant, n'ayant jamais pu obtenir l'autorisation de ses supérieurs. Et après sa mort, il était difficile de le faire compte tenu du comité de parrainage prestigieux dont s'était entourée Jeanne Mortier. Et puis l'index a été supprimé à la suite de Vatican II. L'unique suspicion officielle dont on puisse faire état est le fameux monitum de juin 1962, document sans grande valeur magistérielle (comme le souligne le cardinal de Lubac), largement majoré par les adversaires de Teilhard et qui demandaient seulement que les ouvrages de Teilhard soient retirés des bibliothèques des séminaires et des noviciats.

. En mai 1938, il est nommé titulaire du laboratoire de paléontologie humaine, mais en 1946, sa congrégation lui refuse de se présenter au Collège de France. Les conflits d’idées seront l’une des causes de ses nombreuses expéditions à l’étranger qui, d’ailleurs, lui permettront de poursuivre ses recherches anthropologiques.

Puis vient, le 15 août 1950, la proclamation par Pie XII du dogme de l’Assomption de Marie, selon lequel la Vierge a été enlevée miraculeusement au Ciel par des anges. Teilhard manifeste alors son désaccord ; non pas en raison de la réalité qui s’y rapporte, mais en raison de la formulation désuète, enfantine et réductrice.
En fait et ceci est important, les rapports de Teilhard et de l’Eglise ont eu un fondement qu’on ne doit pas chercher dans les seuls rapports de force existant entre un pouvoir dominant et un prêtre rebelle qui doit être écarté car fautif de travestissement de la pensée romaine traditionnelle, On aurait tord de penser que l’Eglise catholique avait nécessairement tort et que Teilhard avait nécessairement raison. Il convient de s’interroger sur les motivations qui ont conduit Rome à condamner la pensée de ce jésuite provocateur. On peut invoquer trois raisons à cette décision que l’on peut juger rétrograde.
-- Il était raisonnable, dans la proclamation de ce dogme, de fixer des limites à la spéculation qui pouvait justement s’inscrire dans la doctrine mariale. Cette situation aurait sans doute eu pour conséquence la fuite de certains catholiques vers des structures à obédience protestante ou l’émiettement de l’Eglise en petites communautés séparées de Rome.

-- Ensuite il faut considérer la nature des jésuites, bras armé du pape. Il s'agit de l'un des ordres les plus hiérarchisés, créé par saint Ignace sur un modèle quasi-militaire. Refuser de faire le moindre effort de compréhension de la hiérarchie, c'est ne rien comprendre à la spécificité de cet ordre (Teilhard lui-même a démontré le contraire en obéissant).

-- Enfin, au sujet du contexte dans lequel s'est déroulé le conflit entre Rome et Teilhard de Chardin. Teilhard a vécu à un moment charnière où l'Église était profondément ébranlée par la crise moderniste : se sentant menacée sur le front de la science avec la critique historique appliquée aux textes bibliques et avec le concept d'évolution qui pénétrait peu à peu tout le champ des sciences naturelles, celle-ci adoptait une attitude défensive rigoureuse. Le terme " évolution " avait en ces années là un violent parfum de soufre.
Aujourd’hui encore, les théories évolutionnistes sont à la fois discutées et discutables. Sont-elles en réalité compatibles avec le message distribué par les religions de l’humanité ? Est-il raisonnable d’opter pour l’évolutionnisme et de condamner le fixisme, ou inversement ? Pour moi la réponse est non ! Les progrès de la physique nous ont justement apporté un éclairage nouveau sur la structure de l’univers ou plutôt une multitude d’énigmes ! En particulier, nous retenons de la physique quantique combien la matière est complexe, paradoxale et non soumise au déterminisme. Comment expliquer que l’univers évolue sachant que les lois physiques restent invariables dans le temps ? Et de plus qu’est-ce que le néant, le changement, l’évolution, l’information ? Du point de vue anthropologique, l’homme lui-même, dans sa personne, est un être paradoxal qui n’appartient ni à un monde exclusivement évolutionniste ni à un monde exclusivement réglé par des règles immuables. L’homme est à la fois libre et en recherche de barrières morales ou religieuses. Les sociétés elles-mêmes sont soumises à des règles d’harmonie les préservant du chaos. On ne peut dire et faire n’importe quoi sous prétexte d’établissement d’un ordre nouveau. Se rappeler mai 1968. Tout Credo Universel doit prendre en compte toute cette complexité de l’univers qui n’écarte systématiquement aucun aspect logique et vital. On a encore besoin de la physique newtonienne déterministe pour décrire notre macrocosme comme on a besoin de la physique moderne pour observer le monde subatomique.
On n’est pas « teilhardien » comme on est platonicien, marxiste, spinoziste ou tout simplement chrétien ou bouddhiste ou juif ou musulman ! L’œuvre de Teilhard n’a pas valeur de système scientifique ou philosophique ou religieux. Elle témoigne d’une mystique, c’est à dire d’une vision et d’une intuition particulières. C’est la substance d’une vue exceptionnelle où pensée, foi et recherche, s’interpénètrent pour donner aux choses une autre dimension que celles qui sont déjà établies par nos ancêtres. Ainsi le dogme de l’assomption de Marie n’est pas qu’un dogme à jamais décrété une fois pour toutes. Les mots ont un sens, une émotion et un contenu qui peuvent parfois s’inscrire dans un cadre universaliste. Celui de ASSOMPTION justement en est un. Nous avons alors besoin d’un Teilhard pour transcender et magnifier ce qui n’est encore qu’une immanence, une banalité dans notre esprit. Il n’est pas interdit de stimuler notre pensée et notre comportement pour se dégager des fadaises qui peuplent notre quotidien. Ce mot « Assomption » s’inscrit tout naturellement dans l’eschatologie qui marque la Fin de l’Espèce Humaine.
« Il n’y a pas beaucoup plus de cent ans, l’Homme a appris avec étonnement qu’il y avait une genèse des espèces animales, - une genèse dans laquelle il se trouvait pris. Non seulement toutes sortes d’animaux le côtoyaient sur T erre. Mais, avec ce monde zoologique regardé jusqu’alors comme simplement juxtaposé à lui, il découvrait tout à coup qu’il faisait corps, en quelque façon. La Vie était mouvante ; et l’humanité représentait la dernière en date des vagues de la Vie.
De prime abord, cette nouvelle extraordinaire annoncée par les savants ne parut pas avoir d’autre effet que de stimuler la curiosité (ou de soulever l’indignation) des théoriciens.
Mais bien vite il s’avéra que le choc ainsi porté n’était pas un simple ébranlement cérébral, mais que jusque dans son cœur l’Homme du XIX e siècle avait été touché. »
(L’avenir de l’homme, page 345)

Rien à voir avec la fin du géocentrisme au temps de Galilée trois cents ans auparavant. Avec l’évolution biologique, les valeurs planétaires n’ont plus la même signification. L’homme se trouve concerné par un changement de paradigme ; il devient la forme supérieure du monde animal, et non plus seulement un être évolué mais isolé du monde animal. Cet isolement lui ôte toute idée qu’il possède un avenir, en vertu de son appartenance à un monde en évolution : il y a quelque chose en avant de lui ! Le darwinisme, d’ailleurs, se présentait juste à point nommé dans cet élan scientifique et philosophique, pour fournir une certaine justification à l’idée de progrès. Un problème apparaît alors pour l’homme de notre époque : celui, inéluctable, de l’extinction des espèces ; la disparition mystérieuse des phyla au cours des périodes géologiques. La vie moyenne des différentes espèces se mesure en quelques millions d’années. Une mort collective concerne ainsi toutes les espèces y compris l’espèce humaine : une raison, pour nos contemporains, de se soucier de cette ombre menaçante qui se présente à eux. Dans sa détresse métaphysique, l’homme ne va-t-il pas tenter de prolonger techniquement sa survie, dans l’espace et dans le temps ? Peut-il abolir, par son intelligence, cette idée de Fin de l’humanité ?
Teilhard dit que l’humanité est une espèce qui converge, donc il conclut :

« Car enfin si, par structure, l’Humanité ne va pas se dissipant, mais se concentrant sur elle-même ; autrement dit si, unique parmi toutes les formes vivantes que nous connaissons, notre phylum zoologique dérive laborieusement vers un point critique de Spéciation : alors, tous les espoirs ne nous sont-ils pas permis en matière de survie et d’irréversible ?
La fin d’une espèce « réfléchie » : non plus une désagrégation et une mort, mais une nouvelle percée et une renaissance (cette fois hors du Temps et de l’Espace), par excès même d’unification et de co – réflexion. ». (Page 349)

Bien sûr cette idée d’un salut de l’espèce humaine en direction, non pas d’un transformisme spatio – temporel, mais d’une sorte d’évasion psychique par excès de conscience, ne peut être scientifiquement envisagée. Nous abordons un domaine qui fait intervenir une vision philosophique selon laquelle l’idée de co – réflexion entraîne un accroissement de la personne, concept qui ne peut que renforcer notre optimisme, notre foi et notre pouvoir d’action. En outre, l’Union ne confond pas, mais différencie.
Teilhard évoque, dans le cadre d’une Biogenèse bien comprise, la suprématie du plus – être sur le bien – être. La Fin de l’espèce se conçoit comme un « enlèvement » de l’humanité vers la Jérusalem céleste par un Christ accompli, tout comme Marie fut enlevée dans le Ciel.

La vision chrétienne de Teilhard est synthétisée dans les textes ci-dessous :

«Incapable de se mélanger et de se confondre en rien avec l’être participé qu’il soutient, anime, relie, Dieu est à la naissance, à la croissance, au terme de toutes choses… »

« L’Affaire unique du Monde, c’est l’incorporation physique des fidèles au Christ qui est à Dieu. Or, cette œuvre capitale se poursuit avec la rigueur et l’harmonie d’une évolution naturelle. A l’origine de ses développements, il fallait une opération d’ordre transcendant, qui grefferait, - suivant des conditions mystérieuses, mais physiquement réglées, - la Personne d’un Dieu dans le Cosmos Humain… ».

« - Et Verbum caro factum est – Ce fut l’Incarnation. De ce premier et fondamental contact de Dieu avec notre race, en vertu même de la pénétration du Divin dans notre nature, une vie nouvelle est née, agrandissement inattendu et prolongement obédientiel de nos capacités naturelles : la Grâce. Or, la grâce est la sève unique montant dans les branches à partir du même tronc, le Sang courant dans les veines sous l’impulsion d’un même Cœur, l’influx nerveux traversant les membres au gré d’une même Tête ; - et la Tête radieuse, et le Cœur puissant, et la Tige féconde, sont inévitablement le Christ… ».

«L’Incarnation est une rénovation, une restauration de toutes les Forces et les Puissances de l’Univers ; le Christ est l’instrument, le Centre, la Fin de toute la Création animée et matérielle ;par Lui, tout est créé, sanctifié, vivifié. Voilà l’enseignement constant et courant de saint Jean et de saint Paul (le plus cosmique des écrivains sacrés), enseignement passé dans les phrases les plus solennelles de la Liturgie…mais que nous répétons et que les générations rediront jusqu’à la fin, sans pouvoir en maîtriser ni en mesurer la signification mystérieuse et profonde, - liée qu’elle est à la compréhension de l’Univers ».

« Dés l’Origine des Choses, un Avent de labeur et de recueillement a commencé au cours duquel, docilement et amoureusement, les déterminismes se ployaient et s’orientaient dans la préparation d’un Fruit inespéré et pourtant attendu. Si harmonieusement adaptées et maniées que le Suprême Transcendant paraîtrait germé tout entier de leur immanence, les Energies et les Substances du Monde se concentraient et s’épuraient dans la tige de Jesse ; elles composaient de leurs trésors distillés et accumulés le joyau étincelant de la Matière, la Perle du Cosmos et son point d’attache avec l’Absolu personnel incarné : la bienheureuse Vierge Marie, Reine et Mère de toutes choses, la vraie Déméter ; et quand vint le jour de la Vierge, la finalité profonde et gratuite de l’Univers se révéla soudain : depuis le temps où le premier souffle de l’individualisation, passant sur le Suprême Centre inférieur distendu, faisait sourire en lui les monades originelles, tout se mouvait vers le Petit né de la Femme ».

« Et depuis que Jésus est né, qu’il a fini de grandir, qu’il est mort et ressuscité, tout a continué de se mouvoir parce que le Christ n’a pas achevé de se former. Il n’a pas ramené à Lui les derniers plis de la Robe de chair et d’amour que lui forment ses fidèles. Le Christ mystique n’a pas atteint sa pleine croissance. Et dans la prolongation de cet engendrement est placé le ressort ultime de toute activité créée… ».

« Le Christ est le Terme de l’Evolution même des êtres » (page 351)

Tout Credo Universel ne peut faire l’impasse sur les quatre piliers constituant le fondement de la Condition humaine dans sa perspective universelle :
La CREATION - L’INCARNATION - La REDEMPTION - L’ASSOMPTION


Liberté économique et Solidarité

Jean-pierre Fressafond
Rédigé par Jean-pierre Fressafond le Samedi 15 Janvier 2011 à 20:33 | Commentaires (0)

Travaux des membres

Mon exposé va s'organiser en 2 parties :
En première partie, je me propose de faire une analyse rapide du texte contracté que nous soumet
J. Pierre Frésafond.
En seconde partie, je me permettrai quelques commentaires personnels.

I) Analyse du texte :
Je retrouve, dans l'exposé de T. deux parties d'inégale importance!
1°) le rôle de l'éducation dans l'évolution de l'Homme.
T. affirme « que l'humanité est organiquement inséparable des développements de son éducation et que ce milieu additif fait partie intégrante de l'hérédité biologique ».
Personnellement, j'admets assez facilement cette position.
2°) la socialisation humaine.
Plus intéressant!!! L'évolution de l'humanité peut-elle nous amener à une structure sociale de même nature que celle de la Ruche ? J'avoue que je me suis moi-même souvent posé la question. T. pense quant à lui, « l'humanité approche de son point critique de socialisation » mais bien entendu, il n'en précise ni la structure, ni l'échéance, mais en postulant : « la victoire de l'Homme-esprit sur l'Homme-matière ».
Pour y voir clair, T. pose alors un certain nombre de questions, auxquelles, visiblement, personne ne peut répondre avec certitude.
1ère question : « faut-il reconnaître un sens ou un but à l'univers ? »
Je réponds : un sens c'est probable; un but plus douteux.
2ème question : « après avoir admis que le monde a un sens, cela nous oblige-t-il à aller plus loin et à fortiori jusqu'au bout ? »
Je pose à mon tour ma question = à quel bout T. pense-t-il ?
3ème question : « le progrès (je pense qu'il veut parler de l'évolution qui n'est pas forcément synonyme de progrès) consiste-t-il à rompre les attaches entre le monde de la matière et le monde de l'esprit ? ».
Je pense personnellement, qu'il ne peut y avoir séparation absolue entre la matière et l'esprit et qu'il doit toujours y avoir un support matériel, aussi tenu soit-il, sur lequel s'applique l'esprit, à moins de réduire à la fois matière et esprit à une entité unique : l'énergie. (sans connaître la nature fondamentale de cette énergie...)
4ème question : « faut-il penser pluralisme ou monisme ? ».
A mon avis, il n'y a pas à choisir. Reprenons l'exemple de la Ruche : la ruche est un tout, organiquement centré sur la Reine, mais chaque abeille conserve son individualité, même réduite en fonction de sa spécialistaion : la Reine, les ouvrières, les nourrices, la police... De même que dans le moindre organisme vivant, chaque cellule conserve une individualité, même si elle est dépendante de Tout.
Enfin, dernière question : « quelle option devons-nous choisir ? Refus ou acceptation de la socialisation humaine? Monde de divergence ou monde de convergence ? Où est l'issue? »
Bonne question! On sent que T. reste assez hésitant (et on le comprends!) Après avoir pesé le pour et le contre, T. avance une première conclusion : « pour sauver la prééminence de l'esprit, la voie de l'unification est la seule pensable ».
Personnellement, je ne pense pas que ce soit tellement évident. Mais alors T. se pose encore une ultime question annexe : « quelle forme prendre cette unification ? »
Pour arriver à une conclusion finale T. se réfère à deux système d'unification : la Ruche ou la Fourmilière ?
- « Dans la Ruche, comme dans le cas des cellules formant notre corps, l'union et donc la spécialisation des éléments se font dans le domaine de certaines fonctions naturelles, comme nutrition, reproduction, défense, etc... d'ou la transformation de l'individu en « pièce de rechange »;
la socialisation ne signifie pas la fin de la personne, mais l'ERE ded la personne...C'est l'Amour qui est l'énergie du développement, l 'énergie fondamentale de la vie ».
- « la fourmilière, par contre n'a pas les faveurs de T. puisqu'il affirme que « l'énergie amour nous interdit à jamais de nous scléroser dans le modèle de la vie des fourmis ».
De là à penser que T. rejette le modèle « fourmilière » et préfère pour l'humanité le modèle « Ruche » ! ou bien pense-t-il qu'on puisse imaginer un 3ème modèle, spécifiquement humain, qu'il n'évoque d'ailleurs pas.
Finalement, sa conclusion semble se limiter à un superbe ?
C'est ce que laisse entendre sa dernière phrase qui clôt sa dissertation sur la philosophie : au delà de ce que nous nommons « point critique de socialisation », la masse de l'humanité va sans doute émerger dans le milieu biologiquement requis pour atteindre la plénitude et accomplir son destin ».
Libre à chacun d'interpréter à sa façon!

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II) Mes commentaires, je vais essayer d'être bref.
1ère remarque : que T. s'inquiète de savoir quel allait être le destin-l'avenir- de l'Homme dans la certitude que l'Humanité était sur Terre pour la durée de la vie de la planète, rien n'était plus normal il y a encore 1/2 siècle. Bien sur, Maltus, dans so « essai sur le principe de population » publié en 1798, avait déjà alerté sur le fait que la population mondiale se multipliant plus que ne le permet la quantité de nourriture dont elle dispose, « la procréation devait être freinée par la continence librement consentie ou organisée de façon repressive »; mais cette prédication n'avait guère été prise au sérieux et totalement méconnue en dehors des peuples les plus avancés.

D'autre part, ce n'est qu'à partir des années 1970, que le développement de la pollution atmosphérique, due notamment aus gaz à effet de serre (CO2 et méthane tout particulièrement) a commencé à être reconnu comme responsable d'un changement climatique grave et que le comportement des Hommes en était en grande partie responsable. Ajoutons également d'autres risques qui se révélaient les uns après les autres, tels que la pollution des eaux, la déforestation, la réduction de la diversité des espèces végétales et animales, imputables également à l'activité humaine.

C'est au cours de ces 40 dernières années que les Hommes ont commencé, trop lentement, à prendre conscience du danger qui menace la planète, donc aussi ses habitants. L'homme, à la fois envahisseur (démographie galopante) et prédateur, est le principal responsable de ce processus qui s'accélère inexorablement; mais comme l'Humanité est aussi l'espèce vivante la plus évoluée la plus complexe, elle est naturellement la plus vulnérable et c'est elle qui est la 1ère menacée d'extinction.
C'est ce qu'a voulu exprimer Yves Paccalet, philosophe et écologiste dans un livre au titre provocant
« l'Humanité disparaitra, bon débarras! ».
Plusieurs conférences internationales consacrées à la défense de l'environnement se sont succédées depuis moins de 20 ans :
 conférences des Nations Unies sur l'environnement et le développement-Rio, juin 1992
 Sommet de la terre Manchester-septembre 1993
 Conférence de Berlin, sous l'égide de l'ONU-avril 1995
 Conférence de Kyoto-décembre 1997
 Conférence de Buenos Aires-novembre 1998
 Conférence de Bonn-novembre 1999
 Conférence de l' Haye-novembre 2000
Sans parler des plus récentes...

Hélas, elles n'ont pratiquement pas été suivies d'effet.
Les nations les plus polluantes du monde : les Etats Unis et le Chine ne les ont même pas ratifiées.

Bref, on ne voit vraiment pas comment l'Humanité pourrait échappée au danger. C'est pourquoi aujourd'hui, il est dérisoire de se poser la question de savoir quelle forme de socialisation pourrait adopter l'Humanité (la Ruche, la Fourmilière ou toute autre forme). L' Humanité n'en a pas le temps!!

Face à la situation actuelle, on peut imaginer quelques scénarios pour connaître l'avenir de l'Humanité pendant la durée de la vie de la Terre qui, dans le meilleur des cas, ne dépassera pas 2 ou 3 milliards d'années (en fonction de la durée de vie du soleil).

1er scénario, le plus favorable : les Hommes prennent très rapidement (moins de 10 ans) conscience du danger et adaptent leur consommation aux ressources limitées que leur offre la planète : limitation de la démographie, limitation de la consommation, refus de la croissance à tout prix, cette panacée que les économistes, dans leur aveuglement, brandissent en performance.
En revenir à la « Sobriété heureuse » prônée par Pierre Rabbi !

2ème scénario : les Hommes, apprentis sorciers, continuent leurs errements; l'environnement est définitivement pollué, les modifications climatiques entrainent des perturbations insurmontables et incompatibles avec le maintien de la Vie sur Terre; l'Humanité disparaît toujours : échéance « moins de 100 ans »!!! ?

3ème scénario, intermédiaire : 90% de l'Humanité disparaît, les 10% restants se partagent la totalité des ressources de la Terre. De deux choses l'une : ou bien cette « élite » devient raisonnable et organise une société équilibrée, ou bien plus vraisemblablement, retombe dans les erreurs passées, sans doute inhérentes à la nature humaine, et ne parvient pas à installer une socialisation de l'Humanité cohérente (type la Ruche ou similaire) et le cycle maléfique recommence.
Sans parler de la possibilité de quelques catastrophes qui pourraient advenir quelque soit le scénario envisagé :
• catastrophe naturelle (collision d'un énorme météorite avec la Terre, par exemple!)
• ou catastrophe due à l'action prédatrice de l'Homme (pandémies dues à la prolifération de virus consécutive aux variations climatiques ou déclenchement de guerres nucléaires non maitrisées, par exemple)
A moins que l'Homme trouve, très vite une technique lui permettant de s'évader de la Terre pour aller coloniser le Cosmos. Hypothèse insoutenable!!!

Conclusion :
L' Avenir de l'Homme est très incertain à long, moyen ou court terme.
Je ne peux donc terminer autrement que par un immense ?
Merci


Jean-pierre Fressafond
Rédigé par Jean-pierre Fressafond le Jeudi 13 Janvier 2011 à 20:04 | Commentaires (0)

Travaux des membres

Le texte de Marcel Comby est, normalement, assorti d'un tableau présentant les quatre éléments. Chaque élément est coordonné à différents niveaux : macrocosme, microcosme, métaphysique. En raisons de difficultés techniques, il n'est pas possible pour l'instant d'associer ce tableau au corpus du texte de l'auteur.


En 1909, il y a donc un siècle, naissait Simone Weil.

« Penser la science ! » : tel était le leitmotiv qui guidait Simone Weil dans sa quête de la transcendance. On doit échapper à l’alternative entre l’exaltation moderne de la science pourvoyeuse des très hautes technologies et son rejet en bloc. La science contemporaine a découvert de nouvelles échelles et de nouveaux modes d’observation qui dépassent la perception sensible. Mais ce faisant, elle a tendance à se couper inexorablement du monde et à construire des systèmes formels de signes qui ne réfèrent à rien de concret. Ainsi la physique quantique, qui étudie l’infiniment petit, réduit le réel à un ensemble d’équations. La science est au service d’une puissance qui rend l’homme « maître et possesseur de la nature ».

Simone Weil estimait donc nécessaire un retour à la conception grecque de la science, qui doit viser à refléter la vérité de l’être. La Grèce envisageait la science comme la découverte progressive d’un réseau de nécessités, de lois et de ruptures d’équilibre qui permettaient de reconnaître à la fois l’intelligibilité du cosmos et les limites de la raison et de la puissance humaine. La science grecque véhiculait une sagesse qui doit être, selon la pensée même de Simone Weil, réinjectée dans la science contemporaine.

Simone Weil parlait de « dé création » c’est-à-dire l’annulation du sujet aliéné par son ego donc clos sur lui-même. Etant issue d’une volonté divine par essence bonne, la création est parfaitement pure. Mais l’homme la transforme en un mélange de bien et de mal car il oriente sa liberté vers un désir d’autosuffisance absolue. Le mal correspond donc à cette volonté de se constituer en personne autonome par rapport au monde et par rapport à Dieu. Pour accéder à la plénitude, l’homme doit consentir à la mort, aussi bien à la mort physique qu’à la mort spirituelle. La personne doit accepter d’être dé – créé puis re – créé en Dieu. L’espérance est ainsi la génération de la vie divine en l’homme. La problématique actuelle réside dans le fait que l’homme ne sait plus ou ne veut plus s’unir à Dieu pour achever la création. L’homme contemporain est plongé dans un monde de bruit et d’agitation et il n’aspire souvent qu’à un bonheur immédiat tout en ignorant que Jésus, mort crucifié sur la croix, lui demande de s’unir à lui dans le mystère de la Rédemption. Il y a ici toute une démarche spirituelle à redécouvrir par nos sociétés en régression socio-culturelle.

En fait, le monde actuel n’est ni dangereux ni condamnable en raison de la violence, de la perte des valeurs morales et du culte des prouesses technologiques. On parle d’ailleurs rarement des trains qui arrivent à l’heure. Ce monde là est à apprécier et à aimer, autant que celui de nos grands parents ! Par contre ce qui est impressionnant et redoutable, c’est que ce monde - là constitue, comme le précisait Simone Weil, un univers fermé sur lui-même, livré à ses seules interrogations sur l’éthique et la laïcité, armé du seul « principe de précaution ». Pourtant les textes sacrés nous livrent une fabuleuse histoire qui témoigne de ce que nous sommes réellement : à l’image de la Trinité et participants au mystère de l’Alliance avec Jésus et Marie. Le progrès possède un prix à payer : la remise en cause de nos convictions les plus obsolètes et une ouverture à l’autre dans la recherche de ce qui est la vérité ; la vérité sur la personne humaine dans sa grandeur et sa fragilité ; la vérité sur ses rapports avec la transcendance en dehors de tout dogmatisme réducteur.

De nombreux colloques ont eu lieu depuis quelques années sur le thème de la science, des technologies de pointe et de leur rapport avec l’éthique ou les religions. Dés le début des années 80, des scientifiques ont tenté avec plus ou moins de bonheur de mettre leurs connaissances au service de la recherche du sens de la vie. C’est ainsi qu’ils ont remis au goût du jour Spinoza et Teilhard de Chardin ainsi que les philosophies d’origine extrême orientale.
S’il existe une réelle cohérence dans l’organisation du monde et des analogies troublantes, il n’en demeure pas moins que la science n’explique pas tout ; son rôle est d’éclairer la raison afin de la diriger suivant des directions et des points de repère. Voir le tableau ci-dessus. Notre intelligence dont le fond est essentiellement rationnel, se trouve alors écartelée entre deux positions extrêmes : celui de nier carrément les réalités de nature métaphysique et celui de construire des systèmes de pensée dont le contenu réalise un amalgame de tout. On peut même considérer les merveilles de la science comme des preuves en faveur d’une causalité d’origine divine. C’est le « concordisme ». Il convient, dans ma logique propre, non de rejeter systématiquement ce que les autres découvrent par leur intelligence et leur sensibilité, mais d’exprimer en toute franchise l’idée que je me fais des choses avec leur place dans l’univers.

Le mot « matrice » est lié généralement à la fécondation, il s’agit donc d’un embryon à l’origine de toute naissance fut-elle cosmique. Selon mon opinion personnelle, l’univers constitue un ensemble d’espaces séparés par des points de nucléation ( en topologie on dirait points d’adhérence) qui délimitent les différentes phases de la matière qui présentent entre elles des rapports d’analogie. On dit aussi homologies ou isomorphismes.

Le récit des débuts de la Genèse m’a conduit à utiliser les éléments fondamentaux qui sont : l’air, l’eau, la terre et le feu et qu’on retrouve dans l’œuvre poétique de Bachelard.. Ces éléments possèdent une essence qui leur est propre. Les trois premiers correspondent, au niveau moléculaire, à des états d’énergie conditionnés par la température ; c’est le cas de l’eau par exemple. Tandis que le quatrième est un agent de transformation thermodynamique donc une réalité de niveau supérieur aux trois autres. On retrouve alors ici une configuration semblable à celle de l’espace de dimension 4 qui figure dans la théorie de la Relativité.
Ce lien permet d’établir une analogie basée sur le fait que tout élément d’une ligne a même essence que l’élément correspondant sur une autre ligne et sur la même verticale. Il s’agit alors d’un tableau essentiellement symbolique.

Les différents états d’énergie admettent une polarité : le positif et le négatif
Aussi l’explication de la vie ne se résume pas à la contemplation de ce tableau à deux entrées.
Il existe comme une troisième dimension : la dualité, qui préside à la dynamique de la vie.
Les vérités métaphysiques ne peuvent absolument pas être comprises par notre pensée cartésienne qui fonctionne comme une sorte de filtre qui ne laisserait passer que des nombres, des formes, des rapports et on peut juger du rôle éminent joué par la logique mathématique qui représente un outil universel. Ce faisant, le langage, les mots et expressions contenus dans les textes sacrés permettent d’établir des liens de logique et de cohérence, des analogies, des homologies par le jeu des symboles et des métaphores.
Au niveau subatomique, nous rencontrons l’aspect quaternaire de la matière :

- Le vide et la vacuité dans la mystique orientale
- La danse cosmique qui décrit les mouvements ordonné des particules
- Les énergies électromagnétiques et la kundalini
- L’Espace - Temps et la fusion de l’être dans la grande Nature

Au niveau métaphysique, il n’est qu’à lire les Livres Saints pour y découvrir le rôle éminent de tous ces mots qui portent en eux leur puissance initiatique :
Air symbolisera le Verbe aussi bien que la communication avec Dieu par la Foi
Eau symbolisera le Fils de Dieu aussi bien que la génération de la vie divine apportée par Jésus et fondement de l’Espérance
Feu symbolisera l’Esprit Saint ainsi que l’Amour fondement de la Charité.
Terre symbolisera l’Eglise du Christ dont le représentant primordial est Marie qui est
femme dans le mystère de l’Alliance. (on peut évoquer la Terre Promise)

Du point de vue du Symbolisme, la première colonne évoque avec le Verbe la Création ; la seconde colonne avec le Fils de l’homme évoque l’Incarnation ; la troisième colonne évoque la Rédemption comme œuvre de sublime Amour ; la quatrième colonne évoque avec Jésus et Marie l’Assomption en tant que retour du manifesté vers la Jérusalem Céleste autrement dit la Christogénèse.

Toutes ces avancées spectaculaires dont nous sommes des spectateurs émerveillés et des consommateurs fervents, ne devraient pas nous masquer toute la complexité de l’être humain : toute personne est paradoxale. L’être humain est en recherche de liberté afin de grandir et de s’épanouir ; c’est pour cela qu’il refuse tout dogmatisme qui étouffe ses désirs les plus intérieurs. Mais en même temps il témoigne de son angoisse face à une fuite des repères et des barrières qui lui sont nécessaires pour sa survie. La science ne prouvera jamais rien sur la nature du Dieu Créateur. Par contre les facultés de l’homme lui permettent d’approcher le Mystère et de comprendre qu’il est Symbole, créé à l’image de la Trinité, sachant qu’on entend ici par symbole, tout ce qui est capable de transparence. A une époque difficile où l’homme se trouve dépassé par l’influence des nouvelles technologies, n’est-il pas grand temps de se poser la question : qu’est-ce en fait que l’humain ?



















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Jean-pierre Fressafond
Rédigé par Jean-pierre Fressafond le Jeudi 13 Janvier 2011 à 18:12 | Commentaires (0)

pour le 28/01/2011 à Brignais


Ce chapitre est en deux parties :
1- L’avenir de l’homme vu par un paléontologiste
2- Sur les bases possibles d’un credo humain

1) La première partie trace le parcours de l’évolution humaine : Quand l’homme découvre l’abîme du temps en arrière, et donc avant lui-même, sa première impression fut une immense espérance : l’enthousiasme émerveillé pour le progrès qu’ont connu nos pères… En ce moment, à la suite de multiples déboires causés par le progrès, justement, une vague de scepticisme inquiet passe sur le monde… réaction au pessimisme maladif, il est devenu de bon ton de railler et de suspecter tout ce qui ressemble à une foi en l’avenir… Doute mortel qui tend à tuer le goût de vivre, force vive de l’humanité, fin de citation.
Cette première partie se poursuit en posant les causes du problème, avec l’argumentaire scientifique et philosophique du PHENOMENE HUMAIN et de L’ACTIVATION DE L’ENERGIE.
La science est devenue une religion qui s’oppose, dans l’esprit de certains croyants, à la religion chrétienne.
Le phénomène humain est arrivé à un seuil critique qui met en péril le goût de vivre et par là même l’avenir de l’homme. L’homme doit prendre conscience que maintenant rien ne peut se faire sans sa participation : les forces de la volonté doivent lutter contre les forces de l’inertie. Le problème est posé : être ou ne pas être ; noosphère ou pas noosphère ?

2) La seconde partie va intervenir à son tour en proposant les bases possibles d’un credo humain devant convaincre de l’existence d’un espoir, qui motivera notre espèce afin qu’elle joue le rôle qui lui est dévolu. Teilhard est conscient de la difficulté de cette mission apostolique qu’il définit ainsi : Il faut non seulement réconcilier superficiellement, mais faire coïncider par leur axe les diverses formes sur lesquelles s’oppose l’esprit humain. Vaste programme oecuménique et universaliste ! Hélas, Teilhard ne se réfère qu’aux religions chrétiennes, mais cela ne modifie pas les données du problème si l’on considère l’accès par lequel il veut le pénétrer avec un paradoxe :
-Les adorateurs du « Dieu-Nature » d’une part qui divinisent la matière et placent ainsi la recherche scientifique au rang de religion, grâce à l’aspect métaphysique qui la caractérise,
-D’autre part, à l’opposé, il place les adorateurs d’un Dieu révélé, qui est hors du monde tangible.

Teilhard étant lui-même adepte des deux théories, c’est incontestable, pense et espère que les concepts qu’il nomme « foi en Dieu » et « foi au monde » peuvent et doivent s’unir. Mais, ajoute-t-il où trouver le principe générateur de cette synthèse si ce n’est dans l’élévation de la conscience totale du monde ! Teilhard pose bien la question, ce qui donne une indication sur la voie à suivre. Puis il affirme que la foi en l’avenir sauvera le monde en donnant le goût de vivre et de l’action. L’action est le maître mot de ce chapitre, Teilhard s’adresse aux générations futures car tout n’a pas été fait et essayé par les religions dans ce domaine ; théologiens et philosophes sont prisonniers du pouvoir religieux, tandis que la science institutionnelle se tient prudemment à l’écart du débat. En effet, ce qui n’est pas scientifiquement mesurable ne peut être pris en compte par la science et malheur aux savants qui s’aventurent dans cette zone d’hypothèses. Pourtant, que ferait la science sans émettre d’hypothèses ? Sans questions posées, que serait la science ? Sans constat d’effet existerait-il des questions ? Pendant des siècles ces constats d’effet n’ont eu pour seule réponse que des messages obscures, austères et incroyables, empêchant en cela le dogme religieux d’évoluer en même temps que les sciences et les différentes cultures de l’humanité.

Pendant des millénaires les conversion ont été faites avec le sabre et le goupillon car les théocraties et l’anaphalbétisme étaient majoritaires dans le monde. Depuis quelques siècles, grâce à l’imprimerie et aux révolutions la population terrestre est intellectuellement et spirituellement mieux éduquée et commence à penser par elle-même, acquérant ainsi une certaine autonomie religieuse. Et, ô surprise, cette indépendance d’esprit n’engendre pas globalement l’absence de sens moral annoncé par les différentes confessions ; tandis que chez les croyants l’adhésion à un dogme religieux n’atténue pas toujours l’intolérance, le racisme et l’intégrisme ; « en dehors de nous, point de salut » dort toujours sous les cendres.

Les religions doivent urgemment s’occuper du « théisme insatisfait » qui envahit l’âme des croyants.

La charité est un impératif pour les chrétiens mais les non-croyants se sont emparés de cette obligation. La charité est davantage qu’un devoir, elle doit être un état d’esprit nommé l’altérité qui va plus profondément encore en tant qu’extériorisation de l’amour du prochain, seul critère valable pour identifier la présence de la foi. L’amour et la foi, double message de Jésus repris par Teilhard qui inventa le vocable « Christ Universel », concept qui, au sens propre du terme, représente la Parole Perdue qui est en chacun de nous et qu’il faut extraire de nos inerties biologiques.
Le personnage Jésus est reconnu et vénéré à des degrés divers par un grand nombre de non chrétiens , même l’idéologie communiste a tenté de flirter avec l’exemple de Jésus. En dehors des individus non sortis de l’animalité, le message d’AMOUR UNIVERSEL peut être reçu par tous les êtres humains quelle que soit leur culture, seuls les mots pour le dire sont interchangeables et c’est ce que doivent faire les religions. Quelle différence existe-t-il entre morale et spiritualité, entre les mots Dieu et Principe Créateur , etc … ? Aucune. Tout malentendu, tout sectarisme, toute haine résultent d’une mauvaise communication ; des problèmes de mots, en somme. On s’entretue depuis des millénaires pour de fausses différences dogmatiques qui servent à cacher les sentiments les plus vils comme l’incitation à la haine, la volonté de puissance, l’appât du gain et l’orgueil.
J’ai connu des gens qui se disaient athées, rationalistes, matérialistes et, bien entendu, anticléricaux : confusion générale des mots. J’ai même rencontré un noble vieillard adepte de la « libre de pensée » qui, de plus, était le Président de l’Association des Athées de France … Après un long entretien (arrosé de Gigondas) nous sommes convenus que nous n’étions pas plus athées l’un que l’autre ; personne ne croit en rien. Il faut voler au-dessus du nuage des mots fourre tout, ambigus, mal utilisés. Voici justement ce que Teilhard propose pour résoudre ce problème de communication :
1- Faire ressortir les causes du découragement.
2- Placer en face de chaque cause les axes d’actions correspondantes.
Pour cet état de causes et de moyens il faut choisir des mots appropriés à chaque individu, ce qui exclut la communication de foule. Il n’y a rien de plus animal qu’une foule où les individus agissent par mimétisme. On crie« vive Machin » et on ne dit pas « je pense donc je suis ».

A titre indicatif voici deux listes non exhaustives de causes et de moyens :

1- Causes de découragement :
Refus de voir,
Intolérance,
Pessimisme,
Paresse,
Impatience,
Egoïsme,
Nihilisme,
Matérialisme, Refus d’un Principe Créateur,
Superstition,
Angoisse existentielle.

2- Axes d’actions possibles :
Principe Créateur Universel,
Goût de vivre (foi)
Ouverture d’esprit,
Sens de l’émerveillement,
Tolérance,
Dynamisme individuel et universel,
Indépendance d’esprit, raison
Altérité, transmission,
Croyance en l’âme individuelle et en sa rencontre avec l’Esprit de l’univers.

Ces deux listes de causes et de moyens ont été suggérées, voire écrite dans le texte de Teilhard à l’ordre du jour en particulier, mais on les retrouve dans tous ses livres.
Ces deux listes ramènent à un binaire où les termes opposables peuvent faire l’objet d’un débat. Elles sont un moyen de se construire par soi-même une règle de vie spirituelle personnalisée, dans l’intimité d’un petit groupe de personnes. Seul on ne peut rien et « l’autre » évite le risque d’enfermement dans ce que l’on croit être une vérité absolue. Il n’y a que des vérités relatives. Aucune pensée n’est valable si elle n’est pas appliquée à soi-même et aux autres.

Le bonheur en tant que tel n’existe pas, il est le sous-produit de ce que l’on a fait et réussi de nous, pas de ce que l’on a acquis et possédé pour nous seul. Rien ne sert de courir après le bonheur car il nous tombe dessus quand on ne pense pas à lui.

CONCLUSION

Le thème central est dans le titre : « Sur les bases possibles d’un Credo humain. »
Prenons le relais de Teilhard et allons plus loin.

Un seul Credo en appelle d’autres dont le fond est identique mais dont la forme est différente.

1- Un Credo humain universel, sous des formes différentes car adaptées aux diverses cultures des sociétés humaines qui se sont développées sur une base commune, soit un besoin religieux irrépressible, celui de la conception d’un Dieu Créateur dont les noms qui lui sont donnés reflètent les qualités qu’on lui attribue : Eternel, Etre Suprême, Très Haut, Tout Puissant, Principe Créateur, Dieu, Esprit de l’Univers, Grand Architecte, etc … L’Islam en invoque 99 dont le 100ème est imprononçable, on dit alors « IL » ou Allah. Les Juifs disent Yahve ce qui signifie, Celui qui est, qui a été et qui sera. Tous ces noms devraient fédérer les religions de la terre.

2- Il faudrait s’entendre sur la fonction de ce Dieu Universel et ne plus dire des choses comme : Le Dieu des Musulmans, le Dieu des Juifs, le Dieu des Chrétiens. Toutes les religions s’entendent tacitement sur la fonction divine et créatrice de l’univers et rêvent, chacune à leur manière, sur ce que je nommerai « les détails de fabrication » dont personne ne connaîtra le principe exact. Rêvons et respectons les rêves des autres. Dieu Créateur = Force et information de toutes choses serait une formule acceptable pour tout le monde.


3- L’ordre est venu du désordre apparent (c’est la définition du mot chao) . Avant, pendant et après le commencement, la Genèse décrit ce laps de temps en termes symboliques et poétiques qui correspondent au langage scientifique et mathématique de la pensée moderne. D’ailleurs, les trois Religions du Livre ne se querellent pas sur ce point et, dans leur esprit, les religions asiatiques et animistes ont un langage assez proche.

4- Quant aux rituels religieux, on peut dire qu’ils proviennent tous de la Tradition Initiale de l’humanité et qu’ils ne posent pas de problème. C’est sur la nature unitaire ou trinitaire qui les différends se basent mais la sagesse et la lucidité devraient les placer en second plan, question de mots encore : un seul Dieu en trois personnes peut signifier trois dieux ou trois facettes du même Dieu.


5- Les préceptes de vie : Toute religion définit des codes sociaux et moraux. Si on les regarde bien, ils sont calqués sur les Dix Commandements rapportés par Moïse. A ma connaissance, aucun conflit ne s’en est inspiré, tout le monde est d’accord sur l’interdiction de tuer, de voler, de mentir, etc … tout en faisant le contraire d’ailleurs.

6- Comme source de conflit, il reste le point crucial -et c’est le cas de le dire- Jésus. Les Chrétiens disent qu’Il est Dieu, les Musulmans déclarent qu’Il est un grand prophète, et pour cela ils le vénèrent, quant aux Juifs, ils en parlent très peu . Alors, qui est-Il, ce Jésus casus belli ? Affirmer qu’Il est Dieu serait maladroit et ne serait-il pas préférable de dire qu’Il est la plus extraordinaire manifestation de Dieu ? Il est le phare de tous ceux qui le vénèrent. Toutes les religions pourraient s’entendre sur ce point : Jésus est un homme historique et réel, habité par l’Esprit divin, Il sauve l’humanité en prouvant que Dieu habite en tout homme. D’ailleurs les Musulmans disent « Dieu est plus proche de toi que ta propre jugulaire ». Or cette conception n’est pas contraire à la Parole de Jésus.

Voici l’exemple possible d’un Credo humain universel, qui ne ferait pas fuir aucun « cherchant ». Seul un non cherchant ne l’entendra pas .

7- Exemple de communication selon le Prologue de Jean destiné à un cherchant agnostique et non religieux.
-Imaginons un Dieu d’une puissance virtuelle et dont la pensée est infinie, mais sans objet, sans volonté.

-Sans volonté, Il restera seul, nulle part, inutile et sans objet, comme une illusion éternelle. INSUPPORTABLE !

-Il eut la volonté et Il devint LE CREATEUR. Il était le TOUT, bien réel, mais imparfait …du moins pour le moment seulement.

-Son énergie était : volonté, force, information de toutes choses, Trinité Créatrice. Rien de ce qui existe n’aurait pu exister sans Lui.

-L’univers a un but : devenir parfait et éternel. A cette fin, la matière se consomme et l’Esprit s’en dégage, les âmes naissent, elles sont Dieu.

Quand tout sera consommé, Dieu se retrouvera dans toutes les âmes réunies dans le Centre Suprême de toutes les énergies. Nous serons LUI, IL sera Nous, éternel et parfait.


Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Samedi 8 Janvier 2011 à 16:00 | Commentaires (0)

Travaux des membres

A.M. Tisserand/ Le Credo d'un enfant

Vendredi 7 Janvier 2011

chapitre 4/l'Avenir de l'Homme" / réunion du 28/01/2011 à Brignais


Suite à la lecture du chapitre 4 du livre de Teilhard de Chardin L’AVENIR DE L’HOMME où l’auteur pense (entre autre) qu'il faudrait reformuler le Credo,mais sans en changer le sens profond, d'après ce que j'ai compris, je vous présente « LE CREDO D’UN ENFANT »





Je vais au catéchisme parce que mes parents pensent que c'est bien pour ma culture générale et pour être comme les autres.Je suis dans la lignée d’une civilisation, d’une longue histoire, m’ont-ils dit. En ce moment, nous travaillons sur le Credo.

-Je crois qu’il y a un Grand Président Directeur Général de toute la Création. C’est Lui qui a conçu et créé les programmes pour la chaîne Berechit. (1)

-Je crois que dans ses affaires Il délègue des Partenaires dignes de confiance, d’autres Lui-même : Jésus (le Verbe qui parle et présente les émissions) et l’Esprit (sorte d’onde médiatrice de la radio, d’internet, de la télé…) C’est grâce à ce Trio que la communication s’établit et se fait avec nous, depuis toujours; chacun peut l'entendre selon ce qu'il est.

-Je crois qu’il a envoyé, depuis la plus lointaine galaxie, un Etre d’Amour exceptionnel. Il était très Beau, très Sage, très Fort, Il aimait la vie.

-Je crois qu'Il ne ressemblait qu’à sa maman, Marie : même regard, même visage, même sourire,mêmes cheveux, sauf qu’Elle était une Femme et Lui un Homme. Comme si Elle l’avait fait toute seule !
Il était dans une famille recomposée (comme moi) et on ne peut pas dire que son beau-père Joseph ne l’ait pas aimé, protégé, aidé à grandir, à apprendre un métier … Mais comme tout enfant, Il a fait autre chose. Il a appris à devenir ce qu’Il est. Il devait changer quelque chose chez l'Homme, améliorer sa « charpente » c'est à dire le parfaire car le moment était venu. Il était Compagnon Charpentier et, à son époque, être charpentier c'était aussi être un grand architecte c'est à dire: concevoir et tracer des plans dans l’espace, utiliser la corde comme rapporteur, inventer le compas, faire des calculs difficiles.
Vous avez remarqué ? Il a passé toute sa jeunesse dans les copeaux des fûts d’arbres… et il est mort sur un fût d’arbre. On m’a recommandé de le nommer «Le Rédempteur »., le Sauveur

-Mais nous sauver de quoi ? Là ma tête s’embrouille et je ne comprends pas tout …Quand j’ai fait certaines bêtises on m’a dit que c’était « mal » mais après, ces bêtises m’ont permis de faire mieux, de mieux comprendre… alors, où est le « mal » ?

- Je sais seulement que tout ne va pas pour le mieux sur terre: ni pour l’Homme, ni pour les animaux, ni pour notre planète J’ai très peur car je suis bien, moi, dans la vie. D’ailleurs, plus tard, je veux être médecin, policier, pompier, président de la République, et même pape. J’aimerais aussi être un champion aux jeux olympiques, un grand musicien, un écrivain renommé, un savant ou le meilleur clown du monde ; à moins que je sois chef d’entreprise ? Mais là je risque de passer à côté de la plaque tant je serai occupé et préoccupé , n’ayant pas le temps de cueillir une fleur pour mes rendez-vous qui ne sont pas professionnels, toujours en retard, toujours pressé de repartir, ayant perdu l’instinct naturel d’aimer, paralysé par des peurs. Un homme d’affaire n’a confiance en personne, en rien. C’est pour cela que certains d'entre eux n’aiment pas qu’on leur dise qu’ils ont tort. Ont-ils seulement confiance en eux mêmes d’ailleurs …

-Je crois aussi que l’ Etre Exceptionnel est caché dans la mémoire vive de la création, dans son disque dur. A moi de trouver le bon programme. Aidez moi à trouver le bon programme, je vous le demande !. J'ai entendu dire que son nom serait Omega ... je veux bloguer avec Dieu .Le mot « prière » me rend triste car il arrive que ceux qui « prient » ont l’air triste, ils n’ont même pas l’air de croire en ce qu’ils racontent.

-Je crois qu’il y a dans notre monde une force merveilleuse, que les savants commencent à deviner à travers leurs découvertes . D'ailleurs, j''ai entendu mon père parler du monde " cantique" (2) avec certains de ses amis. On dit d’eux qu’ils sont fous, déjantés… pourtant, cette force agit. il ne faut pas hésiter à l’appeler à l’aide. J’ai essayé et ça a marché. Moi je crois que cette force est un esprit qui souffle où il veut et quand il veut car il est LIBRE, Lui et il a tout plein de vies en réserve. C’est une sorte d’Avocat qui plaide sans arrêt notre cause. Il suffit de se brancher sur Lui. Mais Il n’écoute que les cœurs sincères, sans « virus ». (les cœurs purs, les humbles de cœur, les "pauvres"). Mais on n'est pas nigaud pour autant !

-Je crois qu’après des tortures atroces Jésus est mort mais Il est revenu nous visiter, manger, boire, vivre et parler avec nous et qu’Il continue à le faire car nous sommes de sa « race ». …mais Lui en plus grand, en plus lumineux, en vainqueur. Je veux absolument m’associer à Lui. Je l’aime parce qu’Il m’aime. C’est comme ça.

Je veux vivre ! Toujours ! Je ne veux pas disparaître parce que quelque chose me dit que ce n’est pas possible.
Je veux rire, je veux PARTICIPER dès que je le pourrai ! Je veux parler avec vous. Sans votre regard, sans votre écoute,, je n’existe pas. Je veux faire ce que je veux vraiment, même si ça ne me rapporte pas beaucoup d’argent.
Ça, c’est mon cœur qui me le dicte et il ne se trompe jamais car le cœur de mon cœur … c’est Lui ; Essayez de me prouver le contraire.


-Je crois que l’Union des hommes de bonne volonté (comme ceux de la nuit de Bethléem) crée un antivirus contre le mal, ce virus qui détraque le bon fonctionnement de notre ordinateur. L'antivirus est de marque "noosphère".

-Je crois que nous sommes éternels et que nos ignorances ont été effacées une fois pour toutes au Golgotha ("Père, pardonnez leur, ils ne savent pas ce qu'ils font"). Le temps était venu.Il y eut une nuit, mais il y eut aussi un matin, celui de Pâques. L’œuf de la vie s’était ouvert pour donner naissance à un nouvel oiseau, l’HOMME réussi .C'est ça, le progrès.

Qu’il en soit ainsi.

(1)" Berechit" Tout premier mot du livre de la Genèse et de la création du monde qui signifie «Au commencement"

b[(2) Cf.i[ "b[Le Cantique des quantiques]]bi" /Sven Ortoli, Jean-Pierre Pharabod/Poche]b

Ce titre est un spirituel clin d'oeil au "Cantique des Cantiques" poème érotique dans sa lecture immédiate, mais dont le sens profond est d'ordre mystique.Ce poème, fait partie des Ketouvim (autres écrits) dans le Tanakh — la Bible hébraïque — et de l'Ancien Testament pour les chrétiens, qui incluent ce livre dans leur canon, dans la section des « livres poétiques ». On considère qu'il fait partie de la littérature sapientielle (de sagesse), sans doute l'une des raisons qui font qu'on a voulu le relier au roi Salomon. Cependant, malgré la présence de certains archaïsmes dans le texte, la langue et le style sont assez tardifs et font plutôt penser à l'époque perse ou même hellénistique (IIIe s. av. J.C.) Comme pour tout livre vétéro-testamentaire, la rédaction du Cantique des Cantiques a probablement une très longue histoire.
(Références : Wikipédia/l'encyclopédie libre)




Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Vendredi 7 Janvier 2011 à 18:34 | Commentaires (0)