teilhard de Chardin


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L'Avenir de l'Homme, Editions du Seuil


D’un point de vue expérimental on peut dire que le psychisme réfléchi n’est ni plus ni moins qu’une portion de matière localement portée à un état d’extrême complexité On ne peut qu’être admiratif devant l’apparition supérieure biologique de la pensée réfléchie sur l’instinctif. La pensée humaine est un noyau de substance cosmique, hyper psychisé ;
montée convergente de la matière inerte vivante consciente puis réfléchie. La corpuscularité physico-chimique se complexifie, on ne peut le nier, pour quelle raison s’arrêterait elle d’évoluer ?

Cette construction au niveau humain s’est opérée par deux phases concomitantes.
-la phase anatomique : australopithèque, neandertal, homo sapiens….. Laissons aux anthropologues les explications sur cette évolution bâtisseuse.
- puis la phase sociale prend le relais de l’anatomique. L’hominisation est cette voie transcendantale qui l’entraine vers l’humanisation .La socialisation de l’espèce humaine poussée, tirée, entrainée par les progrès et découvertes de la sciences, de la culture, des informations échangées grâce à une communication mondiale, laquelle développe une pensée technico-culturelle incroyablement constructrice.
.
La découverte de la plasticité du cerveau humain révèle que celui-ci, par le jeu édificateur des neurones et des synapses, offre des possibilités fantastiquement énormes.

L’extraordinaire et irréversible progrès atteint, individuellement et collectivement depuis vingt mille ans avec une accélération exponentielle au cours de ces trois derniers siècles entraine une ascension constante.
L’homme, tout comme le monde, est en phase de construction et il prend conscience de cet état d’inachèvement. Les verbes, chercher, créer, aimer, inscrits dans les gènes de l’humain étant de nature dynamique l’entrainent à la découverte de lui même et du monde qui l’entoure.

Mais l’homme actuel, confiant dans la destinée de la civilisation qu’il a bâtie, se trouve soudain face à des crises de toutes sortes qu’ il va devoir résoudre
Par de difficiles et douloureuses inventions il va créer un autre modèle de vie qui n’a pas encore été défini. La vie pour se développer a tâtonné et a dû inventer en permanence. L’homme de même, dans des efforts concertés, tâtonne et invente les meilleurs moyens pour réussir une harmonisation d’une vie collective ; ce qui nécessite toujours plus de réflexion donc de se surpasser Il découvre que la survie individuelle passe obligatoirement par les autres.
Du penser pour survivre, il vivra pour aimer. De cette logique va découler une socialisation universelle qui apparait insensiblement dans la mondialisation en cours de construction.
L’homme enfin humanisé pratiquera le commandement du Christ « aimez vous les uns les autres ». Il sera devenu cet ultra humain convergeant vers « Oméga ».

Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Samedi 31 Décembre 2011 à 10:12 | Commentaires (0)

Actualités

HONNEURS BIEN MERITES !

Mercredi 28 Décembre 2011
2011 a été l'année des 90 ans de notre ami, Yves Gourbeault. Il est bien connu sur notre site pour ses textes percutants et critiques de la pensée de Teilhard de Chardin... dont il est devenu l'un des fidèles adeptes, malgré sa sensibilité laïque et agnostique. En quatre années d'étude de la pensée du scientifique-philosophe, Teilhard a fait d'Yves Gourbeault un amoureux de l'évolution de la matière.

Yves est né à Saint Malo en 1921. Diplômé de H.E.C. il a rejoint la Résistance et s'est engagé dans l'Armée du Général De Lattre de Tassigny. Au cours d'une opération, il a sauté sur une mine qui le rendit handicapé d'une jambe (ce qui ne l'a pas freiné malgré tout pour randonnées pédestres, ski de fonds, etc...)
Après la guerre, il fut directeur commercial d'une entreprise qui vendait des bérets basques dans le monde entier.

Son entourage le considère comme un humaniste et donc tolérant, missionnaire prêchant par l'exemplarité de sa profonde bonté et de son humilité. Ses engagements politiques le poussent à devenir "Citoyen du Monde". Dans notre groupe de réflexion ses textes se terminent toujours par un "point d'interrogation" empreint d'intégrité mais aussi d'ouverture intellectuelle. Mais ce qui caractérise aussi Yves Gourbeault, c'est sa fidélité dans ses engagements et sa jeunesse d'esprit.

En 1983, Yves Gourbeault s'est découvert une vocation pour la minéralogie, activité dans laquelle il est devenu une référence, un expert. Grâce à son travail rigoureux il a contribué au succès de l'Amicale Laïque de Grigny (69) dont les activités sont une notoriété nationale, voire davantage.

C'est pour cette raison que le Maire de la Ville de Grigny a remis à Yves Gourbeault la médaille d'honneur de la Ville le 20 avril 2011, en présence de sa fille, Murièle Gourbeault, qui l'a aidé dans le domaine de la photographie, ainsi qu'en présence d'une soixantaine d'amis. Tous lui ont témoigné leur estime et leur amitié. A son tour, notre Association Lyonnaise Teilhard de Chardin le félicite et lui souhaite beaucoup d'années de bonheur.
Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Mercredi 28 Décembre 2011 à 11:02 | Commentaires (0)

Actualités

Décès de notre Ami Michel AUBIN

Lundi 26 Décembre 2011
Nous avons la tristesse de vous faire part du décès de Michel AUBIN, survenu le 25 décembre 2011. Ses funérailles sont prévues vendredi 30 décembre 2011 à 10 heures en l'Eglise St Roch de St Etienne. Le Père Thierry Magnin, Recteur de la Faculté Catholique de Lyon, prononcera l'homélie.

La perte de notre Ami Michel va faire un grand vide dans notre Association Lyonnaise dont il était trésorier. Un grand vide aussi lié au fait que nous ne bénéficierons plus de sa présence chaleureuse et discrète . Michel était doué d'une belle modestie qui rendait plus précieuse encore sa pensée profonde, simple, accessible. Son attitude fédératrice, toujours à l'écoute de l'autre, a contribué pour une grande part à enrichir nos séances de réflexion et de travail.

Nous présentons à sa famille nos sincères condoléances
Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Lundi 26 Décembre 2011 à 11:54 | Commentaires (0)

Actualités

CARTE DE VOEUX A DECOUVRIR

Samedi 24 Décembre 2011

vue_d_en_haut.tif Vue d’en haut.tif  (7.6 Mo)

"VUE D'EN HAUT LA TERRE EST DIFFERENTE"
Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Samedi 24 Décembre 2011 à 07:09 | Commentaires (0)

L'AVENIR DE L'HOMME, Editions du Seuil
(V ch17)-mai 1949


La question sitôt posée dans le titre, Teilhard répond « oui , et il est grand temps d’en prendre conscience ». Il avait déjà abordé cette question en 1947 (V10 et V13) ; aujourd’hui il va plus loin et se demande s’il n’a pas été trop modéré dans son expression d’alors.
Il veut maintenant « enfoncer le clou » et attirer l’attention de sa génération sur le fait qu’elle va avoir à prendre une décision majeure, et ceci dans l’urgence.

Si hier encore, on pouvait considérer l’humanité comme un groupe définitivement stabilisé, aujourd’hui ce n’est plus le cas, la question qui se pose, est de s’interroger sur ce, vers quoi nous mène ce mouvement, qu’on l’appelle totalisation, collectivisation, socialisation, ou rebondissement.
Ce mouvement a une valeur biologique, il secrète de l’esprit. Pour certains « la collectivisation humaine est un phénomène brutal... aboutissant à nous déshumaniser ». Pour d’autres, dont Teilhard, « cette même collectivisation... nous ultra personnalisera » (p.330). Son jugement, « sans être absolument démontré, lui paraît suffisamment assuré pour que nous puissions, ou devions, engager notre avenir ».

A l’époque de Galilée, les hommes ont senti que pour continuer à être sentis hommes, il leur fallait prendre position sur le cadre phénoménal qui les contenait. Il leur fallait trancher entre le géocentrisme et l’héliocentrisme ; ils ont choisi le second et, nous voyons aujourd’hui qu’ils ont bien fait et pris la bonne direction.

Teilhard pense que, dans un avenir très proche, l’homme se trouvera devant une nouvelle bifurcation. Devant la collectivisation croissante, il lui faudra opter pour une issue soit déshumanisante, soit ultra personnalisante et, ensuite, agir en conformité avec l’option prise.
Il souhaite que dans un avenir ultérieur les descendants de ceux qui auront eu à choisir puissent dire de leurs ascendants, « Ils avaient su voir clair ».
Il pense qu’à cette époque-là, ‘l’espace de complexité » vers lequel nous aura conduit la collectivisation, sera aussi universellement admis que l’héliocentrisme l’est pour nous aujourd’hui.



Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Mardi 20 Décembre 2011 à 08:32 | Commentaires (0)

Travaux des membres

JMM/ Vers une conscience biosphérique

Samedi 17 Décembre 2011
Après avoir lu le livre de Jeremy Rifkin, "UNE NOUVELLE CONSCIENCE POUR UN MONDE EN CRISE", sous-titre "Vers une civilisation de l'empathie" (Editions Les Liens qui libèrent), je me suis rendu compte, combien les théories élaborées par l’auteur semblent se corréler avec l’œuvre de Pierre TEILHARD de CHARDIN, avec un langage original, totalement différent et pourtant si complémentaire. Un grand travail de recherche, appuyé par une bibliographie d’une soixantaine de pages.

Entre autres, nous qui sommes habitués aux expressions Teilhardiennes, nous ne manquerons pas de faire le rapprochement entre la notion de « montée de température de conscience » et les différents niveaux de conscience acquis au cours des âges de l’humanité évoqués par Jeremy RIFKIN. En s’appuyant sur une étude scientifique détaillée et référencée de l’histoire, ce dernier décrit les différents stades de cette conscience : mythologique tout d’abord, puis théologique, idéologique, psychologique et dramaturgique pour se perpétuer maintenant à l’aube de l’ère de la conscience biosphérique.

C’est aussi un processus de personnification que présente l’auteur, autre sujet cher à TEILHARD. RIFKIN écrit « L’éveil du sens de l’identité personnelle, né de la différenciation, est crucial pour le développement et l’expansion de l’empathie » Dans sa conception, le moteur de ces différents stades de l’évolution n’est autre que l’empathie, naturellement inscrite dès le début, dans les gènes des hommes et de toute la nature. Si au temps des chasseurs-cueilleurs l’empathie ne se limitait qu’aux plus proches de la famille ou de la tribu, nous sommes devenus maintenant sensibles aux catastrophes humaines survenant à l’autre bout de la planète, et plus encore, à une nature dégradée symbolisée à la télévision par un ours blanc efflanqué sur un iceberg dérivant. La conscience biosphérique est née, TEILHARD ne le contredirait pas.

Mais pour faire tourner ce moteur qu’est l’empathie il faut de l’énergie, un surplus d’énergie même, afin que toutes espèces, et plus particulièrement l’espèce humaine, puissent prospérer. Le résultat de cette équation, c’est la production d’un désert, l’entropique autour de nous, un simple processus thermodynamique.
RIFKIN démontre qu’historiquement, l’entropie générée par les splendeurs passées des grandes civilisations est toujours à l’origine de leurs déclins, par perte d’énergie directement utilisable toujours au détriment de l’empathie. Les politiques menées ne deviennent ainsi que les conséquences de dynamiques rompues, et non l’inverse.
De la civilisations Sumérienne, de la civilisations de la vallée de l’Indus, de la civilisation Mayas, puis de la Rome antique, du Moyen Âge, de la Renaissance et de tout ce qui suivra, l’auteur peint un tableau vivant des splendeurs et des déclins qu’a pu subir le processus de développement de l’empathie. Par appauvrissement des sols (salinisation, érosion, méconnaissance des rotations des cultures), par déforestations intenses de l’Italie pour l’empire Romain, puis de l’Europe par la suite, etc., la facture entropique fût toujours trop élevée. Il s’en est suivi une paupérisation, puis migrations vers les cités des populations paysannes. Dans l’incapacité de nourrir les populations urbaines, ces civilisations n’ont pu faire face à leur destin (un million d’habitants pour Rome au plus fort de son expansion, cent mille habitants au VIème siècle).

« La sécurité individuelle accroit l’empathie (…) Dans les sociétés de survie, les liens empathiques sont moins développés, plus ténus et réservés à une étroite catégorie de relations. » Ne serions nous pas là dans la question du mal, quand TEILHARD parle "du sous-produit de l'inachèvement de l'évolution" ?

Bien sûr, cette théorie n’a d‘intérêt que si elle peut nous aider à participer à la construction du monde nouveau qui se présente! Il nous amène ainsi à voir dans le monde d'aujourd'hui les signes déjà présents d’éléments organisationnels humains et matériels qui constitueront le monde de demain. Nous ne sommes pas très loin de la notion de diaphanie laquelle, chez TEILHARD, « ...n'est autre que l'illumination du monde jusque dans ses zones les plus obscures par la Présence universelle de Dieu... ».
L'évolution future des hommes s’inscrit dans ce que RIFKIN nomme « la conscience biosphérique dans une économie climax », au crépuscule de la deuxième révolution industrielle et à l’aube de la troisième. En effet, rarement depuis les premiers soubresauts de la vie, une espèce ne s’est développée sans que sa conquête de nouveaux territoires n’ait été suivie par une période de stabilisation, à moins de disparaître. L’homme ne peut faire exception ; il entre aujourd’hui de plain pied dans cette deuxième et cruciale phase où il n’a pas d’autre choix que de composer avec la terre, et la compression qui lui est imposée par ses congénères.
C’est donc par les progrès de la science et des techniques au travers des communications, des énergies participatives, renouvelables et non entropiques, que cette empathie pourra fairetache d’huile : moyens puissants qui ouvriront de nouveaux horizons de coopérations entre les hommes afin d’en finir avec les compétitions aux résultats désastreux.

Voici un thème en parfaite résonnance avec celui de TEILHARD qui disait : « Ainsi non seulement par augmentation incessante du nombre de ses membres, mais par augmentation continuelle aussi de leur aire d'activité individuelle, l'Humanité ...se trouve irrémédiablement soumise à une pression formidable ...chaque degré de plus dans le resserrement ...exaltant un peu plus l'expansion de chaque élément »
Nous pourrions bien sûr taxer d’angélisme cette pensée, tout comme celle de TEILHARD d’ailleurs. Mais ne nous y trompons pas, au cours des pages de cet ouvrage, c’est un cri d’alarme qui est lancé afin de découvrir combien la conscience biosphérique est la seule qui puisse éviter à l’espèce humaine de disparaître. Le temps compte maintenant, les modèles d’hier ne sont plus adaptés et il est temps d’agir pour accompagner l’évolution humaine dans de nouvelles perspectives et ne point périr dans un chaudron social et écologique ! Et c’est bien notre jeunesse qui est porteuse de ces nouvelles valeurs. Nous sommes bien dans un changement de paradigme.
RIFKIN pose la question la plus fondamentale : « Où voulons-nous être dans vingt ans ? Dans le vieux ou le nouveau monde ? »
Par le fait d’avoir mis l’empathie au cœur de cette dynamique de l'évolution humaine, RIFKIN nous fait tout naturellement penser au principe le plus fondamental de l'esprit chrétien : l'Amour. Nous savons combien cet idéal était aussi au centre de l'œuvre de Pierre TEILHARD de CHARDIN comme force d'union et de convergence de toute la création vers Omega.
De toute évidence, le point commun entre ces deux auteurs, c’est d’avoir construit leurs pensées sur deux grands axes fondamentaux et pas si éloignés conceptuellement : Esprit/matière pour l’un, Empathie/énergie pour l’autre



(1) Climax voir sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Climax_(écologie)
En général, un climax est un point de plus grande intensité d'une force dans une série ascendante ; c'est-à-dire un point culminant. Le terme « climax » a diverses connotations spécifiques et usages.
Climax (écologie)
Dans le domaine de l’écologie, le climax désigne l'état final d'une succession écologique ; l'état le plus stable dans les conditions abiotiques existantes. C'est un état théorique ; en réalité différents stades de la succession écologique coexistent.
Lorsque cet état est atteint, l'énergie et les ressources ne servent théoriquement qu'à maintenir cet état. Lorsqu'un biome atteint son développement climacique, on fait référence à la végétation en parlant de
« végétation climacique ».
Sans intervention humaine, une série de végétation évolue jusqu'à ce que l’écosystème soit dominé par un type de végétation stable, on parle alors de climax écologique.

Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Samedi 17 Décembre 2011 à 11:29 | Commentaires (0)

Actualités

Le goût de vivre est pour Teilhard de CHARDIN une disposition psychique, intellectuelle et affective pour rendre le monde lumineux et intéressant.Il s’agirait d’une ENERGIE d’EVOLUTION UNIVERSELLE, un vouloir profond à développer par l’homme.
Mais la mort semble introduire un « vice de construction » dans une évolution dont la ligne générale paraissait parfaitement harmonieuse. Elle ne pourrait avoir produit qu’un être à la fois lucide et mortel qui connaîtrait la cruauté de sa condition, que les animaux ont au moins l’avantage d’ignorer. La mort de personnes conscientes ne serait pas la seule monstruosité de l’Univers. La souffrance et la mort des enfants restent toujours scandaleuses.
Teilhard a l’expérience de la misère physique et morale. Il les a rencontrées pendant la première guerre mondiale. Mais il a aussi pu découvrir chez les hommes le goût de se dépasser, une fraternité bienveillante, une communion imposée par les désordres des conflits, l’obligation de penser l’autre dans le danger.
Le père Teilhard a confiance en l’humain, l’Homme ne doit pas perdre le goût de l’Evolution. Il faut que vienne l’ère de « l’Ultra-Humain ». L’humanité doit trouver des raisons de vivre, se forger un idéal. Ce sera le rôle des religions.

Si l’on jette un regard en arrière on peut s’apercevoir que toutes les religions ont contenues en elles un germe de violence par leur désir d’exclusivité chacune étant convaincue de détenir « la vérité ».
La science par ses progrès dans l’approche de l’infiniment grand et de l’infiniment petit n’a pas fait que détruire. Par les nouveaux moyens mis à la disposition des hommes elle a permis à chacun de rencontrer l’un ou l’autre des croyances religieuses, de rechercher ce qu’elles avaient non seulement de différent mais aussi de commun : la Foi. Foi en un avenir où l’homme sera ouvert, attentif à l’autre, aimera l’autre.
L’émergence de mouvement toujours plus nombreux de solidarité, de défense des Droits de l’Homme, écologiques, b[« où s’élaborent, silencieusement, autour de nous, dans la rechercher, l’Ame nouvelle d’une humanité résolue à atteindre coûte que coûte […] l’extrême bout de sa puissance et de sa destinée »,]b nous donne confiance.
Il nous faut maintenant une religion de l’Humanité et de la Terre où « soutenus et guidés par la tradition des grands mystiques humains, nous réussirons par voie de prière et de contemplation à entrer directement en communication avec la source même de cet élan intérieur, l’Amour ».
En conclusion : « Le triomphe définitif et la philosophie de l’histoire, ne sera en réalité que la démonstration complète de la Providence, la découverte, par les procédés de la méthode scientifique, du plan divin qui introduit l’unité et l’harmonie dans le chaos apparent des choses humaines ».



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Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Vendredi 16 Décembre 2011 à 12:54 | Commentaires (0)

Editorial

Du nouveau avec Darwin / M. Comby

Jeudi 15 Décembre 2011

Le biologiste français Didier Raoult vient de publier un ouvrage intitulé : « Dépasser Darwin ». Ce chercheur est spécialisé en microbiologie à la faculté de médecine de Marseille. On lui doit des découvertes comme celle des virus géants (mimi virus). Didier Raoult explique pourquoi le darwinisme, érigé en dogme, est en train de voler en éclats. Avec la révolution génomique, l’homme devient un écosystème à lui tout seul, un monde dans lequel cohabitent des millions de micro- organismes. Cet écosystème évolue dans d’autres écosystèmes qu’il modifie et qui le modifient. On sait actuellement que 8% de l’ADN humain est constitué de vestiges de gènes qui nous ont été transmis par des virus. Durant longtemps on a pensé que nous descendions d’un ancêtre commun : le SAPIENS. En mai 2010, on a découvert que l’ADN prélevé sur des os de NEANDERTALIEN a révélé que 1 à 4 % de nos gènes viennent de Neandertal. Il y a donc eu rencontre et métissage de sorte que l’arbre généalogique de l’espèce humaine est anti-darwinien car notre ancêtre procède de deux souches bien distinctes. Le fameux « virus géant » dont on a décrypté le génome permet d’émettre l’hypothèse selon laquelle, à côté des trois grandes formes de vie – bactéries, eucaryotes et archaea- il en existerait une quatrième : celle des grands virus à ADN. Les virus sont aujourd’hui des entités biologiques les plus abondantes et la source de plus de la moitié des gènes de l’univers connu. Dans l’arbre darwinien, si les espèces s’étaient définitivement séparées, il n’y aurait plus d’espèces vivantes sur notre planète. En fait l’idée de Darwin relève de la vision laplacienne selon laquelle tout ce qui existe sert à quelque chose et que tout ce qui ne sert pas est éliminé. Depuis on a découvert le « gène égoïste » qui ne cherche qu’à se reproduire sans se soucier de la finalité. Certaines bactéries ont jusqu’à 40 % de gènes qui ne servent à rien. L’évolution peut alors sélectionner une capacité qui n’est pas un avantage à un moment T, mais qui peut le devenir plus tard. Les travaux sur les virus (par exemple celui de la variole) ont montré que le principe de sélection naturelle n’apparait que de manière conjoncturelle. L’évolution vue par Darwin est avantageuse dans la mesure où elle est à la base une source de progrès puisque c’est le plus fort qui l’emporte. Le processus de sélection opère dans un sens à une certaine époque, mais il aurait pu opérer dans l’autre sens à une autre époque. Selon Raoult, l’imagination de la nature est colossale ! Ils le montre d’après le comportement des bactéries et des virus qui est absolument imprévisible. Ce qui était peu virulent hier, peut devenir mortel demain et réciproquement. Il existe dans le déroulement de la vie des micro-organismes comme des phénomènes d’émergence. La recherche sur les gènes a révélé que ces entités du vivant ne relevaient pas d’une logique banale. Ils constituent un monde étrange où les phénomènes d’évolution sont des phénomènes de création. Contrairement à ce que pensait Darwin, la création ne s’est jamais figée ! Le corps humain contient un nombre considérable de micro-organismes qui se livrent une guerre sans merci qui va se solder par la suprématie d’une population sur l’autre. Le savoir scientifique doit tenir en compte de ces phénomènes de catastrophe au sein du vivant afin de toujours remettre en cause les théories précédentes. La révolution génomique a mis fin à la longue période des certitudes. Quand on sait que les virus géants sont constitués de gènes provenant à la fois d’animaux, de plantes, de bactéries et d’autres virus géants, il est légitime de penser que l’on est loin de l’ancêtre commun cher à Darwin. Raoult dit que Darwin était inévitable dans notre culture judéo-chrétienne. Darwin apportait au monde une vision d’ordre et d’organisation qui, en fait, permettait une certaine représentation d’un Dieu puissant, unique et infiniment intelligent. Ce qui se passe de nos jours, c’est le retour vers une pensée qui met en valeurs les mythes associés aux dieux de l’Antiquité. On peut évoquer là Apollon et Dionysos. Autrement dit, si l’on raisonne en termes d’évolution, on doit mettre en lumière deux sortes de processus qui se superposent. D’une part le transfert vertical des gènes à l’intérieur d’une même espèce avec ses modifications progressives sélectionnées par l’environnement ; d’autre part le transfert latéral des gènes entre espèces différentes via l’action brutale exercée par les micro-organismes. Nous sommes là en pleine complexité et non plus sur le schéma darwinien !!
Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Jeudi 15 Décembre 2011 à 21:23 | Commentaires (0)

-1ère partie : La Différence entre darwinisme et teilhardisme, comment Teilhard est utilisé par l'Eglise d'une certaine manière
-2ème partie : Qui opposa le Vatican à Teilhard : Monitum ou Index ?
-3ème partie : Suite et fin : communication que nous fait parvenir un prêtre (références à certains passages du livre d'Etienne Fouilloux, "Eugène, Cardinal Tisserant, 1884-1972"


L’AFFAIRE TEILHARD, 1ère partie :
LA DIFFERENCE ENTRE DARWINISME ET TEILHARDISME
COMMENT TEILHARD EST UTILISEE PAR L’EGLISE D’UNE CERTAINE MANIERE

Darwin développa une théorie partielle de l’évolution, celle concernant le monde animal. Elle fut longtemps réprouvée par les Eglises chrétiennes.
Parallèlement à ses recherches paléontologiques, Teilhard développa une théorie générale, celle de l’évolution de la matière, dont la portée universelle inquiète les défenseurs du dogme chrétien concernant la création du monde sous toutes ses formes. Il fut réprouvé par l’Eglise catholique.
Curieusement, Darwin fut réhabilité par les Eglises chrétiennes, sa théorie finalement fut jugée moins dangereuse que celle de Teilhard, étant plus réductionniste, on l’utilisa comme coupe-feu ou encore comme un arbre pour cacher la forêt, espérant ainsi faire oublier Teilhard.

1) DARWIN
A la suite des travaux de Buffon et de Lamarck sur l’évolution des espèces animales, Darwin, après une longue et minutieuse observation sur le terrain, construisit une théorie sur la pression du milieu dans le processus d’évolution et d’adaptation aux conditions de subsistance et de prolifération des espèces animales. A son époque, cela représentait un énorme progrès malgré la superficialité des facteurs évoqués. Darwin n’a pas approfondi le lien entre la matière et le monde vivant, mais sa théorie est intéressante ; elle fut une marche dans l’escalier de la connaissance. Et elle est un chainon sur la courbe ascendante de l’évolution générale de la matière.

Les scientifiques qui ont succédé à Darwin inventèrent le «néo-darwinisme » en ajoutant à sa théorie les lois de la génétique, encore peu connues du temps de Darwin. A son époque, il faut reconnaître que les idées de Darwin étaient révolutionnaires et, à ce titre, il a été chahuté par les milieux scientifiques ; contesté aussi et réprouvé par les Eglises européennes. Curieusement, il fut mieux compris par les Eglises protestantes d’Allemagne. Ces positions des Eglises chrétiennes au XIXe siècle s’expliquent tout à fait, sachant que leur dogmes s’appuyaient (et s’appuient encore) sur le récit de la création du monde dans le Livre de la Genèse de la Bible.

2) QUANT A TEILHARD (presque un siècle plus tard)
Sa théorie de l’évolution concerne, non pas un fragment, mais toute l’évolution de la matière, depuis le big bang jusqu’à l’homme. Sa théorie est universelle, elle est considérée comme panthéiste (avec quelques nuances, Teilhard l’admet lui-même). C’est pour cette raison qu’elle dérange l’Eglise catholique. Teilhard a eu beau se justifier, son étiquette de « spinoziste » lui colle à la peau.
Pourtant, à bien y regarder, Teilhard ne nie pas la création mais il la place seulement bien avant l’apparition de la vie, au commencement de la matière. Pour lui, l’évolution de la matière va au-delà de l’homme puisqu’elle concerne aussi l’esprit, cette énergie consubstantielle à la matière ; l’homme étant en quelque sorte un « alambique » distillant l’énergie esprit, composante de la matière. Teilhard est maintenant rejoint par certains scientifiques actuels qui disent que « la matière est un système destiné à fabriquer de l’information », sous entendu que le processus commence avant le big bang et se poursuit au-delà de la matière spatio-temporelle. Cette énergie esprit se comporte comme la matière, elle s’enroule sur elle-même et converge vers le point suprême de toutes les énergies, que Teilhard désigne par le terme Point Omega.
Voici succinctement comment Teilhard présente l’évolution de la matière en quatre phases :

Une première phase active succède à une phase zéro hypothétique, hors de la portée de la connaissance humaine. Ce moment-1 voit le départ d’une courbe d’évolution par diversification dans les 92 éléments chimiques, comme s’il existait un « dedans des choses ».

Une deuxième phase durant laquelle la matière se complexifie à l’extrême dans des arrangements infiniment complexes et performants dès qu’ils procèdent à un état de centréité. Cette phase, découverte par Teilhard, offre un espoir pour l’homme en plaçant entre les deux angoissants infinis, l’infiniment grand et l’infiniment petit, l’infiniment complexe où l’homme se retrouve, étant lui-même infiniment complexe.

La troisième phase voit la courbe de l’évolution atteindre un seuil critique, celui du pas de la réflexion qui débouche sur la conscience, état qui donne à l’homme le pouvoir d’être responsable de l’usage de sa liberté : décider et choisir des actes déterminants pour l’avenir de l’espèce.

Quatrième phase, celle de la fin hautement probable de la matière dans « x » milliards d’années en ce qui concerne notre planète. Consommatum est fait-on dire au Christ mourant sur la Croix. Tout est consommé, la matière a dégagé toute l’énergie qu’elle était capable de produire en chaleur et en esprit. On suppose, pour respecter les lois de l’entropie, que la chaleur dissipée est récupérable dans un quelconque arrangement. Mais on sait par un acte de foi que l’énergie esprit se comporte, selon Teilhard, comme un atomisme de l’esprit et rejoint par convergence le Point Omega.
Avec une telle intuition Teilhard est véritablement le pionnier de la science de l’évolution.

3) POURQUOI TEILHARD DERANGE ?
On comprend maintenant pourquoi sa théorie dynamique sur l’évolution universelle de la matière, qu’il nomme cosmogénèse modifie le dogme chrétien dans son apparence statique. D’ailleurs Teilhard qualifie de fixistes les défenseurs de l’ancienne théologie. Ces défenseurs sont d’autant plus inquiets que la théorie de Teilhard suggère davantage une montée qu’une chute originelle. Placée devant une telle situation, l’Eglise n’hésite pas à reconnaître la théorie de Darwin pour faire « coupe-feu » contre la théorie de Teilhard ; Darwin qui fut rejeté par l’Eglise est élevé en « Monsieur Evolution » après qu’un Pape eut proclamé que « la théorie de l’évolution n’est plus une hypothèse ». On peut comprendre la crainte de l’Eglise à propos d’une petite modification du dogme, avec un milliard et demi de chrétiens dont une forte proportion n’a suivi aucune scolarité ; l’expliquer relève d’un miracle de communication. Mais "l’histoire de l’évolution » ne serait pas plus difficile à expliquer que l’histoire biblique et ce d’autant plus qu’elle est plus vraisemblable . Peut-être faudra-t-il 500 ans pour y parvenir mais avec l’accélération de l’histoire humaine on peut espérer ce miracle.

4) DIFFUSER PAR TOUS LES MOYENS LA PENSEE DE TEILHARD
Si Teilhard est toujours proscrit par le Saint Office du Vatican, en revanche, il faut que son nom soit inscrit dans les listes scolaires et universitaires des auteurs, philosophes et scientifiques à étudier. La France, dite Fille aînée de l’Eglise est un des rares pays à ne pas l’avoir fait car le black-out est le plus en vigueur ; zéro publication universitaire sur Teilhard et des centaines de milliers ailleurs dans le monde.
Le « Réseau Blaise Pascal», tel est son nom, rassemble des professeurs d’études supérieures
d’Universités Catholiques Françaises. Ayant été invité à l’un de ses colloques annuels, j’ai été témoin d’une entreprise de démolition en règle de la pensée philosophique et scientifique de Teilhard : « C’est un poète … ses conceptions scientifiques sont décalées » etc …
Seule la facette mystique de Teilhard est reprise par quelques théologiens, pour donner un coup de jeunesse à l’Eglise. Peu de théologiens et scientifiques catholiques abordent honnêtement la présentation, l’étude et la réflexion des trois livres « piliers » de la pensée de Teilhard que sont LE PHENOMENE HUMAIN, L’ACTIVATION DE L’ENERGIE et L’AVENIR DE L’HOMME ; On ne reforma jamais plus le Comité Scientifique tel que celui qu’avait réuni Mademoiselle Mortier, la Secrétaire de Teilhard, après sa mort en 1955 afin de faire publier ses œuvres. Les membres de ce comité scientifiques sont morts de vieillesse et ils n’ont pas été remplacés par des personnalités de même niveau scientifique et philosophique et, surtout, aussi intellectuellement libres.
En supposant qu’un jour un directeur de thèse de doctorat choisisse Teilhard pour un jeune doctorant, l’inscription de Teilhard dans le codex se ferait de facto. Mais en conjecturant que cela se fasse, il faudrait que toute l’œuvre de Teilhard soit numérisée et accessible par internet car les étudiants ne travaillent plus à l’ancienne. Or, la Fondation Teilhard de Chardin dont le rôle est celui d’un conservateur n’a pas fait ce travail, mise à part une tentative de numérisation complètement obsolète et par là inaccessible aujourd’hui. Quant à l’Association des amis de Pierre Teilhard de Chardin, créée en même temps que la Fondation en 1955, elle pourrait si elle le voulait faire inscrire Teilhard dans le codex puisqu’elle est composée de quelques universitaires jésuites, si tant est que ces derniers fassent la démarche, mais je n’y crois pas..

5) ET POUR CONCLURE
On parle de Socrate, de Galilée, etc … longtemps après leurs morts, on peut espérer qu’il en sera de même pour Teilhard. On ne compte plus les exemples de ces grands cerveaux, enterrés vivants durant leur activité intellectuelle, et qui ressuscitent quelques siècles plus tard, parce que rien ne peut arrêter une idée, comme l’a dit Teilhard dans ses livres.
Même le Monitum 1962 ne pourra pas tuer la pensée de Teilhard. Croyant le tuer, l’Eglise le fait vivre car la force d’une société est dans ses non-conformistes qui, plus ils sont combattus, plus ils deviennent efficaces pour lutter contre la lobotomie. C’est la lutte contre les marginaux qui suscite par réaction l’axe de progression. La théocratie est vouée à l’échec tandis que l’avenir appartient aux libre penseurs . La vérité est au fond de chaque homme et pas seulement dans les livres autorisés.
On peut tuer un appareil idéologique, on ne peut pas tuer la vérité quand elle est au fond de chaque homme. Un homme fort défendra mieux ses idées qui viennent de lui que celles des autres quand elles lui sont imposées.






« AFFAIRE TEILHARD » (2e partie)
QUI OPPOSA LE VATICAN A TEILHARD : MONITUM OU INDEX ?



Un monitum dans le langage canonique est un avertissement dont on mesure la gravité par le texte qui le compose. Dans l’échelle des gravités, le monitum est placé juste en dessous de l’index lequel est, lui, une interdiction absolue. Les motifs et les commentaires ne sont pas nécessaires.

En 1962 le Vatican prononça un monitum extrêmement sévère contre la pensée de Teilhard de Chardin. Actuellement les ecclésiastiques, quand on les interroge sur le sujet, répondent que Teilhard n’est pas interdit puisque l’index n’existe plus, que le monitum n’était qu’un avertissement, et qu’il n’est plus en vigueur aujourd’hui.
Ce n’est pas mon avis, d’après le texte de ce monitum que nous allons étudier ci-après. Pour que l’effet d’une telle sanction soit éteint il faudrait une autre déclaration officielle du Vatican, prononçant la caducité du texte de 1962. D’ailleurs, si les effets du monitum étaient éteints, la pensée de Teilhard serait inscrite dans les programmes universitaires ; ce qui n’est pas le cas en France, seul pays à l’ignorer. Aux U.S.A. des milliers de thèses sont publiées.

Voici donc le texte du monitum (l’original est écrit en latin comme il se doit pour toutes les déclarations du Vatican). Il est clair et sans appel.

« Avertissement : certaines œuvres, même posthumes du Père Teilhard de Chardin se répandent et connaissent un succès qui n’est pas mince. Sans juger ce qui concerne les sciences positives, il est suffisamment manifeste qu’en matière de philosophie et de théologie, lesdites œuvres fourmillent d’ambiguïtés, ou plutôt d’erreurs graves qui portent atteinte à la doctrine catholique. C’est pourquoi les E.M. et les R.E.V. Pères de la Suprême Sacrée Congrégation du Saint Office invitent les Ordinaires et aussi les Supérieurs d’Instituts Religieux, les Supérieurs des Séminaires et les Recteurs d’Universités à défendre efficacement les esprits, surtout des jeunes, contre les dangers des œuvres du Père Teilhard de Chardin, et de ses acolytes. »
(Rome, Saint Office, 30 juin 1962).


Plusieurs fois dans sa vie, de 1923 jusqu’à sa mort en 1955, Teilhard reçut des injonctions lui demandant de faire uniquement de la science et pas de la philosophie. Il faut préciser que durant toute la période précédant les publications de ses œuvres, ses écrits circulaient « sous le manteau ».
A mon avis, ce monitum n’est pas qu’un simple avertissement, mais une interdiction pure et dure qui n’est toujours pas désactivée. Je suis convaincu de cela car, après quatre années d’animation et de communication de notre Association Lyonnaise Teilhard de Chardin, j’ai pu mesurer l’épaisseur du « mur de silence » construit autour de Teilhard par les hautes autorités de l’Eglise, depuis les Curés de Paroisses jusqu’à l’Archevêque qui, répondant à ma question me dit que Teilhard « avait des trous dans sa théologie ». Ce même Archevêque répondit à un des Curés des Paroisses voisines demandant l’autorisation de nous recevoir pour une controverse concernant Teilhard « à traiter avec une extrême prudence » ce qui signifie en langage pratique une fin de non recevoir.

Voici maintenant des dates et des faits historiques concernant cette affaire Teilhard :
-1920 : après la soutenance de sa thèse de doctorat Teilhard fut chargé de cours de géologie et de paléontologie à l’Institut Catholique de Paris.

-1923 : la hiérarchie catholique de France, à la demande de Rome, lui retire ce poste d’enseignant, au motif que sa théorie sur l’évolution est contraire à la doctrine chrétienne. On lui interdit de publier autre chose que des données scientifiques. Pour lui éviter la mise à l’index, la Direction Générale de l’Ordre des Jésuites le nomme à un poste de direction d’un Institut chinois de paléontologie à Pekin, les chinois en ayant fait la demande aux Jésuites. De plus, on lui interdit de résider en France, mis à part pour les brefs séjours pour raisons familiales. Désormais, il réside officiellement à New-York.

-Entre 1939 et 1946 : il est bloqué à Pekin en raison de la guerre sino-japonaise. Les japonais occupent Pekin et les étrangers sont assignés à résidence. Teilhard met à profit ce « temps libre » pour achever son œuvre maîtresse, Le Phénomène Humain pour laquelle il essayera à maintes reprises d’obtenir l’autorisation de publication auprès des autorités de Rome.
-1948 : il demande et il obtient un rendez-vous avec le Père Général des Jésuites afin de lui présenter une triple requête :
1- Demande d’autorisation pour accéder à la chaire qu’on lui propose au Collège de France.
2- Demande d’autorisation pour publier Le Milieu Divin (écrit entre novembre 1926 et février 1927)
3- Demande de publier Le Phénomène Humain.
Quinze jours après l’entretien, Teilhard est informé que les trois demandes sont refusées. Il est très affecté par cette décision.

-1951 : un de ses amis et supérieur hiérarchique Jésuite, spécialiste en Droit Canon, lui conseille de léguer les droits moraux de ses œuvre à sa secrétaire, Mademoiselle Mortier, afin que son œuvre ne soit ni perdue ni détruite. (Il faut préciser que la famille de Teilhard, très catholique et traditionaliste, n’approuvait pas les idées dérangeantes du Père). Cette disposition testamentaire était d’autant plus urgente que la santé de Teilhard était devenue fragile (cœur et poumons).

-1955 : Teilhard décède à New-York. Mademoiselle Mortier créa la FONDATION TEILHARD pour conserver son œuvre, et L’ASSOCIATION DES AMIS DE PIERRE TEILHARD DE CHARDIN pour la diffuser.
Mademoiselle Mortier constitua un COMITE SCIENTIFIQUE INTERNATIONAL de très haut niveau pour rassembler les textes, les classer par ordre d’intérêt et de sujet afin de composer une douzaine de livres qui paraîtront aux Editions du Seuil dès 1955 pour Le Phénomène Humain et très rapidement, devant le succès mondial des œuvres de Teilhard, le Saint Office demande qu’elles soient mises à l’index. Cette demande est refusée par le Pape Jean XXIII.

-1962 : Pour avoir le dernier mot, le Saint Office promulgue le fameux monitum que nous avons vu plus haut. Cependant, ne pouvant ni interdire la lecture des œuvres de Teilhard ni en enrayer le succès qui durera une décennie, l’Eglise construisit un « mur de silence » autour de lui et de son œuvre. Cette « omerta » arrangeait tout le monde, y compris de nombreux scientifiques, heureux de piocher dans l’œuvre de Teilhard sans avoir à en citer les références.
Le repli des fidèles à l’Eglise catholique s’accentue régulièrement depuis plus d’un siècle. Après analyse pour lutter contre cette tendance alarmante, l’Eglise utilise une certaine partie de l’œuvre de Teilhard, parcimonieusement tout de même, dans l’espoir de se donner une allure plus moderne. La « certaine partie » en question est la facette catholique et mystique de Teilhard, conforme à la doctrine officielle chrétienne.
Le monitum déclare que la pensée de Teilhard « fourmille d’ambiguïtés » et cela dit bien de quoi il s’agit : Teilhard qui avait baigné toute sa jeunesse dans un catholicisme traditionnel, évolua en même temps que ses recherches scientifiques ; lesquelles induisaient en lui des conceptions différentes, compatibles avec les données scientifiques modernes. Ces deux conceptions très différentes provoquèrent en lui une déchirure cornélienne bien normale, contre laquelle il travailla toute sa vie pour la résoudre. Toute sa vie il tenta de réconcilier foi et raison, science et religion ; pour lui c’était très clair, évident et possible mais l’Eglise n’était pas et n’est toujours pas de cet avis, jugeant cet arrangement explosif. Par rapport au grand public chrétien, l’Eglise ne peut pas tenir deux discours : l’un pour les traditionalistes et l’autre pour les progressistes.
Comme pour l’affaire Galilée, après des siècles, les esprits auront suffisamment évolué pour qu’une majorité se dessine dans le rang des progressistes ; ce qui permettra d’envisager la réhabilitation de Teilhard (et pourquoi pas sa canonisation … on a vu pire !)
L’humanité est encore si jeune que tous les espoirs sont permis, à condition de ne pas laisser les choses se faire toute seules mais de les aider un peu.


SUITE ET FIN de l’AFFAIRE TEILHARD (3e partie)
Communication que nous fait parvenir un prêtre

« Veuillez prendre connaissance des extraits d’une biographie du Cardinal Tisserant. Tout le clergé n’était pas hostile à Teilhard. Etienne Fouilloux, a écrit un livre : « Eugène, Cardinal Tisserant, 1884-1972 une biographie » Paris 2011, Editions Desclée de Brouwer, dans la collection « Pages d’Histoire »

Page 275 : « Au fond, le Cardinal Tisserant reste un savant qui compte sur les progrès scientifiques pour démontrer ce qui a toujours été sa conviction profonde : Il n’y a pas, il ne peut pas y avoir d’incompatibilité entre la foi et la science sur ce terrain des origines. D’où son admiration pour l’Université de Louvain qui le reçoit enfin en 1952 : ses professeurs « animés du véritable esprit de recherche scientifique […] ont toujours le désir de pousser plus avant la connaissance des sciences qu’ils enseignent » Prince de l’Eglise accablé de fonctions diverses, le Cardinal regrette visiblement de ne plus pouvoir sacrifier à cet idéal.

Voilà pourquoi il accueille favorablement Le Phénomène Humain du Père Teilhard de Chardin, qu’il n’a jamais rencontré, envoyé par Bruno de Solages (note 118) : « A le lire, l’ouvrage ne m’a pas paru si dangereux. Il m’a fourni plus d’un thème de réflexion. Et je pense qu’il y a lieu de pénétrer comme il l’a fait dans les mystères de la vie du monde matériel, si l’on veut pouvoir défendre le monde spirituel. » écrit-il au baron Blanc le 12 janvier 1956. Et il n’hésite pas à peser du poids qui lui reste, tant auprès d’adversaires déterminés du jésuite que de Jean XXIII lui-même, lorsque circulent des bruits de condamnation en 1959. Des conversations récentes avec quelques savants de réputation mondiale, comme le physicien Louis Leprince-Ringuet l’ont convaincu du mauvais effet que produirait dans le monde scientifique un acte officiel quelconque contre le Père Teilhard (voir aussi la lettre du jésuite Guy de Broglie du 17 janvier 1959) .
« J’ai eu plusieurs fois l’occasion de parler de ses idées et j’ai toujours protesté qu’il était un parfait catholique et un prêtre conscient de sa situation au milieu des hommes » écrit-il ainsi à Henri de Monfreid le 12 décembre 1963. Il ne cessera de défendre Teilhard jusqu’à sa mort, y compris contre certains de ceux qui ont écrit de lui qu’il le connaissait insuffisamment ou l’avait mal compris (lettre à Bruno de Solages, 6 mars 1967). « On peut certes « discuter certaines de ses positions », mais « il faut estimer ses conceptions géniales » (lettre à Jean Obbeliane, 29 juillet 1969)

Page 523 : « Dans votre dédicace (aux profils parallèles) vous dites que je me reconnaîtrai en Pascal en Newman, en Bergson, en Claudel, écrit-il à Jean Guitton, j’aurai bien du mal à me reconnaître dans le personnage de Claudel car je n’ai probablement rien lu de lui (voilez-vous la face !) […] quant à Heidegger, j’ai vu bien souvent son nom dans des ouvrages techniques, mais je n’ai pas touché un seul de ses livres. De Teilhard de Chardin et de Bergson, au contraire, j’ai lu passablement. »

Page 555 : « Celui-ci (le nouveau pape Jean XXIII) le consulte sur certaines questions, tandis que je prends l’initiative de lui parler de certaines autres » Confie-t-il à l’abbé Breuil le 7janvier suivant, à propos de Teilhard de Chardin, dont il se propose de plaider la cause.
Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Lundi 12 Décembre 2011 à 17:09 | Commentaires (0)

Travaux des membres

L'AVENIR DE L'HOMME, éditions du Seuil
(Annule et remplace ma contribution du 11 novembre)



1 –En préambule, Teilhard confirme sa vision d'une humanité convergeant, après une molécularisation – conscientisation de la Vie (Biosphère, Cosmogénèse) et dans le même élan, dans une unanimisation – totalisation affective et spirituelle (Noosphère ou Sociogénèse), par besoin d'amour comme seul lien authentique et non-contraignant vers l'ultra humain.
Mais cet amour interpersonnel peut-il procéder d'une sorte d'élan organique interne (« tension psychique » ou « montée de conscience » ou « goût de vivre ensemble » émanant on ne sait d'où) ou ne peut-il émaner que d'une Personne, de Quelqu'un ? (p.360 à 364)

2 - En réponse à cette question, Teilhard quitte le terrain scientifique. Il trouve pour la première fois explicitement dans ce livre, une réponse définitive dans sa foi chrétienne (p.396) : « L’Affaire Unique du Monde, c’est l’incorporation des fidèles en Christ, qui est à Dieu. » A l’origine des développements de l’Univers, « il fallait une opération d’ordre transcendant qui grefferait la personne d’un Dieu sur le Cosmos-humain. …. Ce fut l’Incarnation, restauration-rénovation de toutes les forces et puissances de l’Univers. »

« Alors quand approchera la fin des temps (p.402) , une pression spirituelle effrayante s’exercera sur les limites du Réel sous l’effort des âmes tendues dans le désir de s’évader de la Terre ! Ce sera la Parousie : action unique d’assimilation et de synthèse qui se poursuivait depuis l’origine des temps; le Christ universel jaillira comme un éclair! Il n’y a pas à nous creuser la tête pour savoir comment l’énormité de l’Univers pourra s’évanouir. Mais ainsi se trouvera constitué le complexe organique « Dieu et le Monde », le Plérôme : « Erit in omnibus omnia Deus » (Dieu sera tout en tous)

Reste l’inconnu de l’option finale, acte totalement humain : « le oui ou le non proféré individuellement en face de Dieu …. en vertu duquel les monades se précipiteront à la place que l’implacabilité de l’Histoire leur destinera (sic) : achèvement sans limite d’une éternelle communion ou affres conscientes d’une interminable décomposition (p.401-402) Mystère redoutable.

3 – Comment alors ne pas rapprocher cette vision de ce que le Christ incarné cette fois dans la personne physique de Jésus, annonce par l’Evangile à ses disciples – et à nous – au sujet de la fin des temps (Luc 20) : « Ce seront des jours de châtiment où tout ce qui a été écrit devra s’accomplir. Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles, les puissances des cieux seront ébranlées. Et alors on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée avec puissance et grande gloire.Veillez donc et priez en tout temps afin d’avoir la force d’échapper à tout ce qui doit arriver et de paraître avec assurance devant le Fils de l’homme. Ce que je dis à vous , je le dis à tous ».
Donc : deux versions d'un même événement inconnu mais inévitable. Chacun de nous peut accueillir l'une et l'autre dans le silence de son intériorité.

4 – Parallélement à cette démarche intime, quoique inévitablement liée à elle, il me semble que nous pouvons trouver chez Teilhard un sens à notre agir personnel au le jour le jour et aussi un sens collectif à notre engagement dans ce groupe de réflexion, dépassant le plaisir de l'académisme et de la simple rencontre . Ecoutons ce qu'il nous a dit dans le chapitre 17 à 21 : « Plus nous nous mettons à croire à cette super organisation possible du monde, plus nous découvrons que nous avons raison d'y croire, et plus nous sommes nombreux qui y croyons. » (p.332)
Croire à quoi ? « A l'heure des Temps qui vient de sonner, nous ne pouvons plus continuer à exister (à agir) à moins de décider sur le champ auquel des deux esprits nous appartenons : à l'esprit de défiance ou a l'esprit de confiance en l'organisation humaine. (p.332)....Nous ne pouvons nous en remettre passivement au jeu statistique des évènements. Il faut nous engager dans le jeu où nous nous trouvons mêlés (est ce un hasard si c'est cet engagement à quoi Benois XVI a exhorté aujourd'hui la communauté chrétienne ? ) « La Vie n'attend pas (p.333) ….. l'Humanité prise sous sa forme actuelle ne peut être scientifiquement regardée (toujours cette volonté de rester scientifique) que comme un organisme n'ayant pas encore dépassé la condition de simple embryon » (p.364)

Ce n'est donc pas le moment de s'arrêter.
Ceci étant , est il plus facile de « croire à une organisation » que de croire à « Quelqu'un » ?
Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Jeudi 8 Décembre 2011 à 12:07 | Commentaires (0)