Le directoire demande immédiatement
« quatre canons et le nombre d'artilleurs nécessaires
». Ce sont « 504 hommes de la garde nationale de Lorient et cent hommes de la garnison du Port-Louis auxquels se [joignent] à Landévant cent cinquante hommes du bataillon auxiliaire des colonies » et « un détachement de la garde nationale du Port-Louis et d'Hennebont » qui arrivent le surlendemain. Sabre en bandoulière, les militaires envahissent la cour de l'évêché et montent jusqu'aux appartements de Mgr Amelot qui s'enfuit par le jardin. Il est repris et gardé militairement dans son palais. La rumeur se répand que l'évêque est prisonnier.
Le 13 février 1791, des paysans des paroisses de l'est de Vannes se dirigent sur la ville pour libérer leur évêque. Les soldats les stoppent au Liziec, sur la route de Rennes. Le commissaire au roi au district de Vannes rapporte : « Les attroupés, que les rapports avaient accusés être d'abord de 1.500 à 1.600, ne lâchèrent pas tous le pied ; on assure qu'il en resta un parti d'environ quatre cents, qui attendirent de pied ferme nos braves dragons de Lorient qui formaient l'avant-garde […] Les attroupés firent plusieurs charges ; on fond sur eux le sabre à la main, et l'on parvient à les dissiper. Plusieurs attroupés sont restés sur le carreau. Le nombre de morts sera toujours un mystère, sûrement deux, peut-être quatre, peut-être dix, ont été tués, les mutins n'ayant pas tardé à enlever les corps morts. Le nombre de prisonniers est de vingt-neuf. »
Après cet affrontement, Mgr Amelot est déchu de son siège épiscopal. Dans le Morbihan, seulement 48 prêtres sur 454 prêtèrent serment à la constitution civile du clergé. Vingt-cinq prêtres furent guillotinés, d'autres furent exilés. Plus de deux cent cinquante se cachèrent dans leur famille ou chez des paroissiens.
Sources :
Archives départementales du Morbihan en ligne