Connu pour sa fougue et sa hargne, Cheikh Yérim Seck était méconnaissable hier devant le juge. Lorsque son dossier est évoqué, il avance tranquillement à la barre, entouré des gardes pénitentiaires. Le regard jeté partout dans une salle d’audience pleine à craquer que les observateurs ont prise d’assaut dès les premières heures de la matinée. Celui qui criait à tort et à travers sur tous les plateaux de télévision pour défendre ses idées, se distingue, cette fois-ci, par un regard baissé et rivé entre ses jambes. A la limite, il ne voulait pas être vu comme la personne ayant commis la pire des inconvenances. De visu, le journaliste semble atteint par cette histoire de mœurs qui bouleverse sa vie. Son visage traduisait tout le sentiment d’une personne au mental affaibli. Sobrement drapé dans un grand boubou bleu, on sentait en lui cette soif de clamer haut et fort son «innocence».
De temps à autre, Cheikh Yérim Seck affiche un sourire forcé, pour cacher son amertume. Mais il est trahi par sa manière d’observer ce qui se passait dans la salle d’audience, ainsi que son comportement devant le juge. Lorsque le dossier est renvoyé en huitaine, il est retourné au box des prévenus en attendant d’être transféré à la Maison d’arrêt de Rebeuss jusqu’au 19 septembre.
Aujourd’hui, au moment où toutes les attentions sont rivées sur le renvoi du procès à mercredi prochain pour la comparution des témoins, un autre aspect du dossier fait l’objet de débat. Il s’agit de ce que les avocats de la prétendue victime appellent «privilège injustifié» du journaliste. Le violeur présumé de la jeune Aïssatou Tall est détenu au secteur des cadres et assimilés à la prison de Rebeuss. Il occupe la chambre 43 ou était détenu le maire de Sacré-Cœur Mermoz, Barthélemy Dias. Les conseils de la partie civile s’offusquent de ce traitement de faveur et estiment que ce dernier «doit être traité au même titre que les autres personnes prévenues de délit sexuel et détenues dans les lieux de droit commun, plutôt que dans le secteur des prisonniers politiques et des cadres». Me Borso Pouye va plus loin que ses confrères en qualifiant le prévenu de «violeur». Ce qui déclenchera la riposte de Me Aly Fall. Qui invite sa consœur à «modérer son langage».
Le report du procès de Cheikh Yérim Seck est pour la comparution des témoins clés de cette histoire. Ce n’est personne d’autre que le personnel du fameux lieu de rendez-vous, Keur Madamel. L’audience d’hier a été le théâtre d’une vive polémique. Les avocats de la partie civile étaient favorables à ce que le dossier soit plaidé séance tenante. Parce que la victime ne doit pas perdre sa virginité et sa pré-inscription, estiment-ils. Aïssatou Tall devrait rejoindre, hier soir, la France pour poursuivre ses études supérieures à Montpellier. «Les témoins ont déjà été entendus par la gendarmerie et leurs déclarations consignées dans le procès-verbal. La victime ne pourra pas sacrifier ses études», plaide Me Ousmane Sèye. La partie adverse voulait, de son côté, le report pour, notamment, «permettre aux avocats nouvellement constitués de prendre connaissance du dossier».
ECHOS DU PROCES
Le «certificat médical» de Aïssatou Tall indispose la défense
Les avocats de la défense ont déjà commencé à peaufiner leur stratégie pour tirer leur client des griffes de la justice. Interrogés sur le plan de défense, ils avancent leur position à s’attaquer au certificat médical qu’ils qualifient de complaisant. Pour Me Idrissa Sakho, ce document médical parle de «perforation de l’hymen sans préciser si celle-ci est récente ou ancienne». Mieux, le «saignement endo-vaginal évoqué dans le document est une notion vague en médecine qui nécessite la comparution d’un spécialiste». Objectif ? Expliquer au tribunal le sens que renferme des notions tel que «traumatisme» en médecine.
Les larmes des actrices de la série Un café avec…
Du monde, il n’en manquait pas au procès de Cheikh Yérim Seck, hier mercredi. Des célébrités ont, elles aussi, effectué le déplacement. Qui pour témoigner de leur soutien et affection au journaliste en ce moment douloureux. Qui pour satisfaire une certaine curiosité. Les personnalités du monde du sport, de la politique ont pris d’assaut les travées du palais de justice de Dakar tôt le matin. Un fait ayant marqué les observateurs : les actrices de la série diffusée sur la chaîne de télévision privée Tfm, Un café avec…, ne se sont pas fait raconter l’événement. Cathy Chimère et Lissa étaient en sanglots le temps de leur présence dans la salle d’audience. Après le renvoi, elles ont vite fait de se procurer un permis de visite pour s’entretenir avec celui qui fait partie des célèbres pensionnaires de la Mac de Rebeuss.
Cheikh Yérim lâché par les siens ?
La solidarité entre confrères n’a pas prévalu lors de la première comparution de Cheikh Yérim Seck. Ce qui taraude les uns et les autres, c’est pourquoi le journaliste n’a pas eu droit à un soutien de taille de la part des gens avec qui ils partagent la même corporation. Comme ce fut le cas lors du procès du journaliste écrivain Abdou Latif Coulibaly contre Thierno Ousmane Sy, dans l’affaire Sudatel. Notre confrère entretient-il de bonnes relations avec ses confrères ? Mystère ! Le constat a été général hier : aucun patron de presse n’a mis les pieds au tribunal. Cette attitude a des explications dont seuls les intéressés pourraient justifier. La forte mobilisation des forces de sécurité, comme il est de tradition lors de grands procès, n’était pas aussi de mise. «Ce dossier est une affaire simple comme toutes les autres histoires de viol», soutient-on.
WALFADJRI Rassemblés par Pape NDIAYE
De temps à autre, Cheikh Yérim Seck affiche un sourire forcé, pour cacher son amertume. Mais il est trahi par sa manière d’observer ce qui se passait dans la salle d’audience, ainsi que son comportement devant le juge. Lorsque le dossier est renvoyé en huitaine, il est retourné au box des prévenus en attendant d’être transféré à la Maison d’arrêt de Rebeuss jusqu’au 19 septembre.
Aujourd’hui, au moment où toutes les attentions sont rivées sur le renvoi du procès à mercredi prochain pour la comparution des témoins, un autre aspect du dossier fait l’objet de débat. Il s’agit de ce que les avocats de la prétendue victime appellent «privilège injustifié» du journaliste. Le violeur présumé de la jeune Aïssatou Tall est détenu au secteur des cadres et assimilés à la prison de Rebeuss. Il occupe la chambre 43 ou était détenu le maire de Sacré-Cœur Mermoz, Barthélemy Dias. Les conseils de la partie civile s’offusquent de ce traitement de faveur et estiment que ce dernier «doit être traité au même titre que les autres personnes prévenues de délit sexuel et détenues dans les lieux de droit commun, plutôt que dans le secteur des prisonniers politiques et des cadres». Me Borso Pouye va plus loin que ses confrères en qualifiant le prévenu de «violeur». Ce qui déclenchera la riposte de Me Aly Fall. Qui invite sa consœur à «modérer son langage».
Le report du procès de Cheikh Yérim Seck est pour la comparution des témoins clés de cette histoire. Ce n’est personne d’autre que le personnel du fameux lieu de rendez-vous, Keur Madamel. L’audience d’hier a été le théâtre d’une vive polémique. Les avocats de la partie civile étaient favorables à ce que le dossier soit plaidé séance tenante. Parce que la victime ne doit pas perdre sa virginité et sa pré-inscription, estiment-ils. Aïssatou Tall devrait rejoindre, hier soir, la France pour poursuivre ses études supérieures à Montpellier. «Les témoins ont déjà été entendus par la gendarmerie et leurs déclarations consignées dans le procès-verbal. La victime ne pourra pas sacrifier ses études», plaide Me Ousmane Sèye. La partie adverse voulait, de son côté, le report pour, notamment, «permettre aux avocats nouvellement constitués de prendre connaissance du dossier».
ECHOS DU PROCES
Le «certificat médical» de Aïssatou Tall indispose la défense
Les avocats de la défense ont déjà commencé à peaufiner leur stratégie pour tirer leur client des griffes de la justice. Interrogés sur le plan de défense, ils avancent leur position à s’attaquer au certificat médical qu’ils qualifient de complaisant. Pour Me Idrissa Sakho, ce document médical parle de «perforation de l’hymen sans préciser si celle-ci est récente ou ancienne». Mieux, le «saignement endo-vaginal évoqué dans le document est une notion vague en médecine qui nécessite la comparution d’un spécialiste». Objectif ? Expliquer au tribunal le sens que renferme des notions tel que «traumatisme» en médecine.
Les larmes des actrices de la série Un café avec…
Du monde, il n’en manquait pas au procès de Cheikh Yérim Seck, hier mercredi. Des célébrités ont, elles aussi, effectué le déplacement. Qui pour témoigner de leur soutien et affection au journaliste en ce moment douloureux. Qui pour satisfaire une certaine curiosité. Les personnalités du monde du sport, de la politique ont pris d’assaut les travées du palais de justice de Dakar tôt le matin. Un fait ayant marqué les observateurs : les actrices de la série diffusée sur la chaîne de télévision privée Tfm, Un café avec…, ne se sont pas fait raconter l’événement. Cathy Chimère et Lissa étaient en sanglots le temps de leur présence dans la salle d’audience. Après le renvoi, elles ont vite fait de se procurer un permis de visite pour s’entretenir avec celui qui fait partie des célèbres pensionnaires de la Mac de Rebeuss.
Cheikh Yérim lâché par les siens ?
La solidarité entre confrères n’a pas prévalu lors de la première comparution de Cheikh Yérim Seck. Ce qui taraude les uns et les autres, c’est pourquoi le journaliste n’a pas eu droit à un soutien de taille de la part des gens avec qui ils partagent la même corporation. Comme ce fut le cas lors du procès du journaliste écrivain Abdou Latif Coulibaly contre Thierno Ousmane Sy, dans l’affaire Sudatel. Notre confrère entretient-il de bonnes relations avec ses confrères ? Mystère ! Le constat a été général hier : aucun patron de presse n’a mis les pieds au tribunal. Cette attitude a des explications dont seuls les intéressés pourraient justifier. La forte mobilisation des forces de sécurité, comme il est de tradition lors de grands procès, n’était pas aussi de mise. «Ce dossier est une affaire simple comme toutes les autres histoires de viol», soutient-on.
WALFADJRI Rassemblés par Pape NDIAYE
Cheikh Yérim Seck détenu au secteur des cadres et assimiles : La parte civile parle de «privilège injustifié»