À époque différente, président différent. François Hollande prend le contrepied de son prédécesseur. Élu sur une promesse de changement, le nouveau président partira simplement en train dans le Var, au fort de Brégançon, résidence de l'État, avec sa compagne.
Le minimum syndical pour un chef d’Etat décidé à dégonfler la baudruche présidentielle pour privilégier le règlement des problèmes des Français. « J’aime les gens plus que l’argent », répète-t-il toujours à ses interlocuteurs. Lors des Jo de Londres, quand il vient encourager les athlètes français, il est un spectateur « normal ». Tout comme à la gare de Lyon où, avant de monter dans le train pour Hyères, il échange quelques mots avec les badauds et affirme que ses vacances seront... « normales ».Pour les Sénégalais, qui ont été dopés, voire drogués au wadisme, jusqu'à saturation, la nouvelle médication « mackyste », toute faite de sobriété, est un motif d’espoir. Le nouveau président est un homme modeste qui s’emploie à replacer l’action étatique au centre des préoccupations citoyennes. Plus question de délégations nombreuses d’officiels sénégalais lors des déplacements du chef de l’Etat réduits à leur strict minimum. Gouvernement réduit, avantages limités, coupes sombres dans les budgets de fonctionnement… Bref, l’Etat modeste prôné par Macky Sall est aux antipodes de la flamboyance du régime précédent. Si les chefs de l’Etat français et sénégalais partagent ce goût de la simplicité et de la modestie, il se trouve des voix qui confondent cette décence politique à une banalisation de l’exercice du pouvoir. La simplicité pourtant, c'est de l'argent économisé dans l'usage des deniers de la République. Reste à savoir si cette posture de sobriété suffit à gouverner. La rigueur n’a pas toujours des adeptes. Six (Macky Sall) et quatre mois (Hollande) après leur élection, les deux présidents ont coché nombre de cases sur la longue liste de leurs promesses électorales, mais la situation de leur pays et l’impatience de leurs concitoyens n’augurent pas de lendemains qui chantent : chômage record, récession menaçante, crise multiforme… Ils devront batailler fermement pour donner la preuve à leurs électeurs que la sobriété et la modestie vont de pair avec l’efficacité.
Par Sidy DIOP
Le Sénégal en Afrique : Sauvegarder l’exemple démocratique…
2000 et 2012. Le Sénégal a connu deux alternances politiques, une période où d’aucuns observateurs et partenaires internationaux désespéraient de l’enracinement de la démocratie dans la majorité des Etats du continent africain.
A l’échelle démocratique, avec un système représentatif, des élections libres dans le multipartisme, une liberté de la presse, une indépendance de la magistrature, etc., le Cap-Vert, le Bénin, et surtout le Ghana, avaient fini de ravir la palme à notre pays. Toujours cité comme exemple démocratique et pionnier parmi les pays africains à mettre en place le multipartisme dès 1974, le Sénégal a, quelquefois, au cours de la décennie 1990, fait douter ses plus grands admirateurs. Pourtant, à la même période, en juin 1990, le président français d’alors, François Mitterrand, invitait ses pairs chefs d’Etat africains au sommet franco-africain à la Baule, à s’appliquer la démocratie.
« Lorsque je dis démocratie, lorsque je dis que c’est la seule façon de parvenir à un état d’équilibre au moment où apparaît la nécessité d’une plus grande liberté, j’ai, naturellement, un schéma tout prêt : système représentatif, élections libres, multipartisme, liberté de la presse, indépendance de la magistrature, refus de la censure… A vous peuples libres, à vous Etats souverains que je respecte, de choisir votre voie, d’en déterminer les étapes et l’allure… », disait alors François Mitterrand. Paradoxalement, à la fin des années 90, l’on a parlé même de « vitrine craquelée », en évoquant la démocratie de la patrie de Léopold Sédar Senghor, premier président africain post- indépendance à quitter volontairement le pouvoir, en décembre 1980. Les coups d’Etat faisaient, en ce moment, rage sur le continent, avec ses cortèges d’assassinats, de complots et de stratagèmes politiques pour garder les rennes de gouvernements.
Mais, l’alternance survenue le 19 mars 2000, avec la défaite acceptée d’Abdou Diouf et l’élection de son opposant historique, Abdoulaye Wade, a rétabli le Sénégal dans une place qu’il ne devait point quitter.
Comment pouvait-il en être autrement pour ce pays, où déjà, en 1848, puis 1879, des citoyens des quatre communes de Saint-Louis, Gorée, Rufisque et Dakar, alors sous régime coloniale, votaient et élisaient des députés pour l’Assemblée nationale française ?
En 2011, veille d’année de joutes électorales, au plus fort de la crise politique, comme c’était arrivé dans la décennie 1990, le monde s’est inquiété pour la démocratie et la stabilité du Sénégal. La classe politique le soupçonnant de hold-up électoral, de coup de force et autres combines de dévolution monarchique du pouvoir, la violence avait fini de s’emparer de Dakar, de sa banlieue et des villes du pays. Entre juin 2011 et mars 2012, mois de l’élection présidentielle, l’économie du pays restait au ralenti, la destination Sénégal évitée par les investisseurs et les touristes, quand les chancelleries ne demandaient pas tout simplement à leurs ressortissants de rester alertes et vigilants. Même les autorités des grandes puissances, les Etats-Unis et la France surtout, mettaient en garde la classe politique sénégalaise quant aux enjeux de cette élection, le respect du jeu démocratique et du choix du peuple. Tous les ingrédients étaient réunis pour faire « craqueler » cette vitrine démocratique souvent citée en exemple.
Mais, à la faveur d’un sursaut citoyen et politique, les Sénégalais ont su dépasser cette étape cruciale dans la marche de leur nation vers l’idéal démocratique. Car, rien n’est définitivement acquis pour la stabilité d’une jeune république qui vient juste de fêter ses 52 ans de souveraineté internationale. D’autres défis… démocratiques se dressent encore devant nous.
Comme on le sait, la France a connu cinq républiques depuis 1792, après l’abolition de la royauté. La patrie de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, a connu une longue marche vers la démocratie. De quoi continuer encore à inspirer nos jeunes démocraties africaines…
Par Omar DIOUF
Des réseaux de la Françafrique aux relations décomplexées
L’actualité en 2011 au Sénégal a été marquée par les révélations d’un homme, conseiller officieux de l’ex-président Sarkozy et considéré comme l’un des derniers mohicans de ce qui reste de la Françafrique.
Ayant reconnu avoir porté des mallettes d’argent remises par des dirigeants africains pour le compte d’hommes politiques français, cet avocat français avait déclaré également avoir été sollicité par le fils de l’ancien président sénégalais, lors des émeutes du 27 juin 2011, pour faire intervenir l’armée française. Tout cela rappelle aux Sénégalais (aux Africains) un passé qu’ils veulent voir révolu à jamais car dégageant les relents détestables de la Françafrique. Cette politique des réseaux, qui, parallèlement à la diplomatie officielle du Quai d’Orsay, menait en Afrique une diplomatie de l’ombre contrôlée depuis Paris par la Cellule africaine de l’Elysée. Des pouvoirs africains ont pu ainsi survivre et des entreprises françaises gagner de juteux marchés en Afrique sans toujours être meilleures que leurs concurrents. Ce face à face « familial » entre la France et ses anciennes colonies d’Afrique ne va pas cependant résister, du moins, dans certains pays, aux alternances générationnelles et à la mondialisation du continent.
Les dirigeants africains, sans se détourner de la France, regardent maintenant vers le grand large et multiplient les partenariats avec de nouveaux acteurs. On se souvient qu’à son arrivée au pouvoir, le président Abdoulaye Wade avait réorienté les relations du Sénégal vers les pays arabes, la Chine, l’Inde et l’Iran.
Toujours dans la même veine, le groupe Bolloré présent au Port autonome de Dakar depuis des décennies avait perdu la concession du port à conteneurs au profit de Dp World (Dubaï) en dépit d’une lutte acharnée. Et la France a dû se résoudre, en 2011, à « fermer » sa base de Dakar, en réduisant les effectifs de 1.200 à 300 hommes. Autre exemple, le président Tandja du Niger avait âprement négocié avec l’entreprise française Areva pour obtenir un relèvement substantiel du prix de l’uranium de la mine d’Imouraren. Tout cela montre que les relations entre la France et l’Afrique sont à un tournant, et ce besoin de changement, ressenti même au sein des peuples africains, semble avoir été pris en compte par la France.
Nicolas Sarkozy, devenu président et sans liens véritables avec les présidents africains catalogués figures de proue de la Françafrique, en dehors de Bongo père, a voulu montrer dans son fameux discours à polémique de Dakar, en juillet 2007, qu’il voulait nouer des relations débarrassées des tabous et complexes du passé avec l’Afrique. Malheureusement, la manière maladroite avec laquelle il a délivré son message a complètement occulté cet aspect pour ne mettre en exergue que ce qui était perçu comme un mépris à l’égard du continent noir. Cependant, il est vrai que malgré cette volonté déclarée, Sarkozy n’a pu échapper totalement à l’emprise des réseaux françafricains. On se souvient des interventions militaires françaises en Côte-d’Ivoire et en Libye, de 2011, qui ont rappelé les pires moments de la Françafrique.
Son successeur, François Hollande, de par son parcours est très éloigné de ces réseaux et semble vouloir, plus que ses prédécesseurs, entretenir avec l’Afrique des relations normales, en président « normal » qu’il est. Gérer les rapports avec le continent à partir d’une cellule peut être considéré comme un déficit de considération à l’égard de partenaires qui, aujourd’hui, veulent des relations d’Etat à Etat, mutuellement avantageuses.
La France, diluée maintenant dans l’Europe, est d’ailleurs obligée de faire évoluer ses relations avec les pays africains francophones pour deux raisons : d’une part, ces derniers ont acquis une plus grande maturité politique et leurs élites ne sont plus exclusivement francophones car formées un peu partout à travers le monde. D’autre part, la mondialisation a amené de nouveaux acteurs (Chine, Inde Brésil, Turquie…) qui se bousculent au portillon de l’Afrique, continent regorgeant de matières premières. De ce fait, parler maintenant de pré-carré ou de chasse gardée appartient à un autre âge, même si les accords de partenariat économique (Ape) que tente conclure l’Ue avec l’Afrique peuvent faire penser le contraire. Le continent africain veut profiter, au maximum, de cette nouvelle redistribution des cartes au niveau international pour s’émanciper sur tous les plans.
A ce titre, il serait utile de revisiter les accords monétaires qui lient la France et les pays africains de la zone Franc depuis 1972, et qui obligent ces derniers à déposer la moitié de leurs réserves de change au Trésor français, ou encore le taux de change fixe entre le FCfa et l’Euro, et l’inconvertibilité monétaire entre les différentes zones Franc.
Par Ibrahima MBODJ
FRANÇOIS HOLLANDE : La consécration d’un professionnel de la politique
Il a su attendre le bon moment pour se lancer à la course à l’Elysée. Et il a triomphé dès sa première tentative. Mais François Hollande est avant tout un professionnel de la politique. Même s’il n’a jamais été ministre, le nouveau président français n’a jamais quitté les hautes sphères du pouvoir depuis ses 25 ans.
« Quand je serai grand, je serai président de la République », aurait déclaré François Hollande à l’âge où d’autres rêvent d’être pompier ou pilote de chasse, rapporte François Bachy, un des biographes du nouveau président français. Fils d’un toubib provincial et d’une assistante sociale, un autre destin semblait bien être tracé pour François Hollande, nait le 12 août 1954 à Rouen : médecin, bourgeois, provincial, conservateur. De ce profil, il n’a gardé que le physique. En effet, il manifeste très tôt son indépendance par rapport au « ronron familial ».
Contrairement à ses parents, traditionnellement de droite voire d’extrême-droite, il choisit la famille de gauche : d’abord le Parti communiste français (Pcf), ensuite le Parti socialiste (Ps). Mais son parcours qui le conduit à l’Ecole nationale d’administration (Ena), après le bac, reste celui d’un fils de bourgeois. Enfant modèle – « mon frère avait choisit le rôle de turbulent ; il ne me restait que celui du sage » –, il a connu un parcours presque sans faute, côtoyant très tôt les hautes sphères du pouvoir.
Dès sa première année à l’Ena, déjà leader et animateur d’une bande qui beigne dans l’engagement, François Hollande se présente au « Carema » (Comité d’action pour la réforme de l’Ena) à son premier scrutin et devient délégué de la promo Voltaire. Premières élections, premier succès ! A sa sortie de l’Ena – classé 8e – « il veut faire de la politique, participer à la campagne présidentielle qui s’annonce ; il a besoin du temps pour militer et ne veut pas trop travailler ». Il choisit donc la Cour des Comptes afin de pouvoir rester à Paris.
Faisant partie des « petites têtes pensantes » de la victoire de Mitterrand en 1981 – une première pour la gauche sous la Ve République – il intègre aussitôt le cabinet « occulte » de Jacques Attali, à l’époque conseiller spécial de Mitterrand. Pour le jeune François, ce passage à l’Elysée est un pas de plus vers la véritable vie politique. A 26 ans, avec ce côté jeune loup, homme pressé qui avait une fringale du pouvoir, l’énarque décide d’aller défier Jacques Chirac sur ses terres de Corrèze lors des législatives de juin 1981. Sans le soutien des éléphants du parti, la cause était perdue d’avance ! Mais malgré ce premier échec, Hollande devient corrézien.
En mars 1983, François entre un peu plus au cœur du « centre » (du pouvoir) en devenant directeur de cabinet de Max Gallo, à l’époque « thuriféraires » de François Mitterrand. « J’avais l’impression d’avoir un étudiant brillant à mes côtés, dit l’historien. C’était un cadet très intelligent. Il développait une agilité intellectuelle et cet humour qui montrait qu’il ne se prenait pas trop au sérieux », rapportent Cécile Amar et Didier Hassoux dans leur biographie consacrée à l’ex-couple Hollande-Royal. Le ministre initie son directeur de cabinet à la presse et aux réseaux. Il lui apprend aussi une des armes essentielles de la politique : le charme, la séduction. Malgré son « physique rond, joufflu et normand », Hollande parvient à manier le verbe et à faire des mots. Pas de « mitterrandolâtres », autrement dit, non versés dans l’aveuglement militant, le courant passe entre les deux. Gallo finit par lui apprendre la « comédie du pouvoir ». « Souvent, je m’amusais à retrouver mes citations anonymes dans la presse », se souvient Hollande, en bon pourvoyeur d’infos pour les journalistes.
Grand spécialiste des médias
Entre 1986-1987, sevré de parrain politique après l’inattendu « non » de Jacques Delors, François Hollande se rapproche de Lionel Jospin, étoile montante du Ps. Le théoricien des « transcourants », sorte d’Arnaud Montebourg avant l’heure, consacre un peu plus son désir d’entrer définitivement en politique, de plonger « les mains dans le cambouis du Ps ». Même si, à cause de son humour, on le prenait pour un « joyeux plaisantin ». En juin 1988, il entre, pour la première fois, à l’Assemblée nationale en tant que député de Corrèze. Mais ni la macroéconomie à la Commission des finances à l’Assemblée ni la politique avec les Transcourants ni les bons mots à la presse n’auront suffi. Hollande perd son siège de député quatre ans plus tard. Toujours pas ministre, puisqu’« il y a Ségolène » (comme le lui avouera le Premier ministre Bérégovoy), M. Hollande connaît un léger moment de doute. A cette époque, « M. Royal » reconnait avoir été jaloux de sa concubine. « Trop bavard, trop persifleur, Mitterrand n’avait pas entièrement confiance en lui », pensent les biographes de Hollande. Ces derniers laissent penser que l’homme est d’abord et avant tout un pragmatiste voire un opportuniste en politique : « Mitterrandiste sous Mitterrand, deloriste sous Delors, jospiniste sous Jospin, il pourrait même être hollandais sous Hollande, voire royaliste sous Ségolène », raillait un cadre du Ps. Du point de vue de ses convictions, François Hollande, c’est « le grand flou », disait-on.
Grand spécialiste des médias, on prête à l’ancien Premier secrétaire (1997-2008) une grande vivacité, une volubilité et un bon esprit de synthèse, mais aussi une capacité à « phagocyter l’époque, à saisir l’air du temps ». Grand orateur, il n’a de pareil pour alterner émotion, humour et attaques virulentes contre l’ennemi du jour : « Il sait faire dans le passionnel, manier l’émotionnel et user du rationnel ». Sa stratégie de conquête du pouvoir se résume en la formule de « pas à pas ». En effet, sauf pour ses déplacements en voitures, François Hollande « n’aime pas trop les accélérations en politique, encore moins les brusques changements de direction ». Partisan d’une gestion rondouillarde des échéances et du « coup de poker permanent » lorsqu’il était à la tête du Ps, on lui reproche son manque d’audace. Lors des derniers primaires socialistes, Martine Aubry l’avait accusé d’incarner la « gauche molle ». Mais son image renvoie plus que tout à l’humour.
En bon analyste de la vie politique française, Hollande a su attendre le bon moment pour se lancer dans la course à l’Elysée. Là aussi, première élection, premier succès, même si on peut penser que la chute spectaculaire de Dsk lui a ouvert la voie. Mais ses premiers pas dans le costume présidentiel son mitigés. Ceci, dans un contexte de crise économique et d’austérité budgétaire. Une situation qui se prête à tout, sauf à l’humour, registre dans lequel Hollande semble le plus à l’aise.
Par Seydou KA
Education : La France, première destination des étudiants sénégalais
La coopération entre la France et le Sénégal est au beau fixe. La Métropole demeure la première destination des étudiants sénégalais qui désirent poursuivre leurs études supérieures à l’étranger. Au Sénégal, la France appuie le système éducatif à tous les niveaux.
La France est la destination première des étudiants sénégalais. Suivent le Maroc et le Canada. Près de 10.000 étudiants officiellement connus sont en France. Il s’agit, plus exactement de 9.600 étudiants selon les chiffres fournis par l’Ambassadeur de France au Sénégal, Nicolas Normand. D’après Son Excellence, chaque année, plus de 2.000 étudiants sénégalais manifestent leur désir de poursuivre leurs études en France. A l’en croire, en 2008, ses services ont reçu 3.900 demandes, 4.900 en 2010, 6.300 en 2011 et en 2012, 6.500 demandes sont, pour l’instant, reçues. Ces étudiants sont dans divers domaines (santé, télécoms, informatique, sciences politiques, journalisme, etc.) Il n’est pas étonnant que le pays de Marianne abrite le bureau des bourses des étudiants sénégalais à l’étranger. Il a été mis à la disposition de ce bureau, selon le Rapport du ministère de l’Enseignement supérieur de 2010, 9.187.305.000 FCFA pour le paiement des bourses, aides et autres allocations (titres de voyage…) des étudiants à l’étranger. Les bénéficiaires sont estimés, en 2010, à 3.258 (bourses) et 2.394 (aides).
C’est dire l’importance de la coopération en matière d’éducation entre les deux pays. La France a aussi largement soutenu et continue de soutenir le système éducatif sénégalais, du Préscolaire au Supérieur en passant par le Moyen et le Secondaire. A titre illustratif, même les Forces françaises du Cap Vert (aujourd’hui devenues Eléments français au Sénégal avec un nombre réduit) ont fortement participé à la construction et à la réhabilitation de salles de classe à travers le pays. Dans le Supérieur, on peut citer le Projet « U 3 E » financé par la Coopération française. Ce projet d’appui aux universités vise à participer à l’extension de la carte universitaire professionnalisée, de constituer des Ecoles doctorales dans les secteurs de l’eau et de la santé et de stimuler l’Entreprenariat dans l’Enseignement supérieur au Sénégal. Après 3 ans d’exercice (en 2010), le projet avait permis le développement de compétences, la fourniture d’équipements et a assuré le fonctionnement de 5 nouvelles filières, de 2 Ecoles doctorales et d’un incubateur d’entreprise. Il a également permis la mise en place de 11 licences professionnelles dans les universités de Dakar, Thiès, Bambey et Ziguinchor. Les premiers titulaires de Licence professionnelle sont déjà sur le marché.
Dans l’Enseignement technique et la Formation professionnelle, la France, à travers son bras financier, l’Agence français de développement (Afd), dans le cadre du Programme de qualifications humaines par la formation professionnelle, accompagne la création de Centres sectoriels dans le cadre du partenariat public-privé (PPP). A ce jour, 3 sont fonctionnels. Il s’agit des centres sectoriels Agroalimentaire, Btp (métiers du bâtiment et des travaux publics) et Activités portuaires.
Daouda MANE
Contexte géostratégique, démographique et économique : Quand Hollande entrera dans l’histoire de « l’homme africain »
L’image de « l’homme africain », armé de sa houe et recalé aux portes de l’Histoire, avait soulevé indignations et répliques en 2007. Cinq ans après son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, François Hollande dira, à son tour, ses mots d’amitié au continent africain dans un contexte géostratégique, politique, économique et social particulier. Jaloux de sa dignité, « l’homme africain » attend que le Chef de l’Etat français entre dans son histoire dans le cadre d’un partenariat bénéfique à tous.
Une petite incursion dans le futur. Horizon 2050 ! « Le monde connaîtra des bouleversements démographiques considérables », selon le Département des études économiques des Nations Unies. Selon cette étude réalisée en 2007, les Africains constitueront 22% de la population mondiale dans près de quatre décennies. Les demandes sociales suivront la courbe de la démographie sur ce continent. Que deviendra « l’homme africain » ? Toujours armé de sa daba, de son outre et de ses psalmodies miraculeuses? Cela est une forte probabilité si rien n’est fait pour propulser cet agent du développement dans la modernité. Au même titre que les industriels et démographes, ce besogneux aux petites récoltes et aux gros besoins en alimentation fera face à sa dure condition. Véritablement, la décolonisation n’a pas été le point de rupture avec la « malédiction » célébrée par les officines idéologiques si allergiques à la couleur noire d’une peau. Une « matière » qui avait, sensiblement, une valeur marchande plus importante que la cire et la soie.
Le président Nicolas Sarkozy a choqué. Son successeur François Hollande hérite des blessures d’intellectuels dans la posture d’âmes invectivées sur la pointe la plus avancée du continent sur l’Atlantique, Dakar. Cet après-midi du 26 juillet 2007, dans un amphithéâtre de l’Ucad II, Sarkozy a démonté, en cinquante minutes, la fierté des contemplateurs de l’Afrique : « Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain qui, depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles… Le problème de l'Afrique, c'est qu'elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l'enfance… Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine ni pour l'idée de progrès ».
Gloire bléssée de l'Afrique
Cinquante minutes pour passer en revue près d’un demi-siècle d’indépendance. Il a suscité indignations et réflexions. Historiens, écrivains, philosophes, sociologues, entre autres, convoquent le devoir de riposte. Ils réécrivent la gloire blessée de l’Afrique. L’un de ces documents a été coordonné par Makhily Gassama et porte vingt-trois signatures parmi lesquelles Boubacar Boris Diop, Mamoussé Diagne, Souleymane Bachir Diagne, Babacar Diop Buuba, Dialo Diop, Koulsy Lamko, Djibril Tamsir Niane, Théophile Obenga, El Hadj Ibrahima Sall. Fallait-il dire à Sarkozy, bien avant le clash de Dakar, le rôle du continent dans l’émancipation de l’humanité de ses grandes peurs que sont l’ignorance, l’instinct primitif rétrograde fatal au progrès ? L’image de la daba est ineffaçable. La politique s’en est mêlée. Candidate malheureuse face à Sarkozy, Ségolène Royal, en met une couche : « Quelqu’un est venu vous dire à Dakar après tout cela que l’homme africain n’est pas entré dans l’Histoire. Pardon, pardon pour ces paroles humiliantes qui n’auraient jamais dû être prononcées. »
L’histoire de « l’Homme africain » est un sujet polémique. Sur le continent, il est parfois question du procès du colonialisme, des dictatures anciennes, des nouvelles « démocratures » (démocraties de façade) et de la tentation islamiste à la lumière de l’occupation des deux tiers du territoire malien. L’Islamisme triomphant exhibe la douleur des hommes et femmes victimes de leurs propres « turpitudes » : amputations pour les voleurs, lapidation pour les coupables d’adultère, expéditions désastreuses contre les symboles du patrimoine collectif à Gao et à Tombouctou, etc. Le Sahel marche avec la peur de tomber dans l’abîme des extrémismes sous la mouture religieuse (Charia) ou identitaire (rébellion touarègue). Arrivant à Dakar, le président Hollande est attendu sur cette histoire de « l’homme africain ». Il y entrera en promouvant un partenariat fondé sur le respect mutuel, la bonne gouvernance et la justice sociale. Il ne devra pas dépoussiérer les vieux réseaux de la Françafrique/Eurafrique. Il ne devra non plus indiquer les sentiers d’un paternalisme dont la Baule est le sanctuaire inoubliable depuis deux décennies.
C’est à ce point précis que l’histoire de cet « homme africain » s’écrit au présent, dans l’inévitable relation entre le rêve (un futur radieux) et la réalité (des chantiers ouverts), entre la nostalgie (l’histoire des empires) et la nécessité de se projeter dans le temps du monde (progrès, sens de l’initiative). Il le sait : cette histoire cristallise les passions à la manière d’une foi à ne pas offenser. François Hollande peut prendre possession de cet espace à la fois affectif et rigoureusement diplomatique. Il a fait un pas important en devenant, en septembre dernier, sur la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies, le porte-voix d’une Afrique sous la menace de l’Islamisme.
Démographie, compétitivité et pauvreté
Le présent de l’Afrique est une anticipation assez pressante sur le futur. Même s’il a prononcé des mots qui fâchent, le président Sarkozy, dans sa campagne électorale de 2007, a attiré l’attention des Français sur la place de l’Afrique dans l’avenir du monde. De 6,7 milliards en 2005, la population mondiale passera à 9, selon l’Onu. L’Afrique a passé le cap du milliard d’habitants en 2009, et 45% d’entre eux ont 15 ans ! Cette population se situera autour de 1,5 à 2 milliards en 2050, selon les démographes. Cela signifie des demandes multiples en emploi, en éducation, en santé, en agriculture, etc. La croissance démographique ouvrira des opportunités au commerce entre la France et l’Afrique. La compétitivité est l’enjeu qui permettra d’exploiter, de manière optimale, les potentialités. L’autre enjeu est l’arrivée massive de jeunes sur le marché de l’emploi. « Avec la forte croissance démographique, on doit s’attendre, dans les 20 ans à venir, à d’importantes augmentations de la population active. L’arrivée sur les marchés du travail ouest-africains de très nombreux jeunes - passant de 6 millions par an, en 2010, à près de 10 millions par an en 2030 - peut s’avérer désastreuse si la croissance et les emplois ne sont pas au rendez-vous », explique l’Onu. Sarkozy avait préconisé l’incitation à rester au pays, en lieu et place d’une immigration débridée et hasardeuse. Ce continent représente encore moins de 3% du commerce mondial. La pauvreté reste encore un défi important. 30% des Africains (soit plus de 200 millions) souffrent de malnutrition. Que pourra faire la daba du paysan face aux besoins évoluant à un rythme quasi-industriel ? Il est appelé à entrer, un peu plus, dans son futur par la porte d’un présent de labeur dans un monde plus humanisé et plus imprégné des valeurs de justice sociale. C’est une œuvre solidaire entre l’Afrique et le reste du monde dans un contexte de crises multiples : politique, économique, géostratégique et sociale. Face à son destin, le visage de l’Africain n’est pas différent de tout autre. La relation au développement ne change pas. C’est le socle humaniste et éthique qui fait la différence. Sarkozy a dit ses vérités par des mots amicaux qui ont choqué. Hollande dira la sienne, sans doute, avec la chance de ceux qui ont eu des éclaireurs sur le chemin des périls ou des susceptibilités. La réalité est immuable : le passage à la postérité est un impératif de labeur autant que de liberté, de fraternité et d’égalité. Hollande ne bâtira pas l’avenir de l’Afrique. Il ne pourra qu’apporter sa pierre.
Par Habib Demba FALL
Environnement et diplomatie écologique : La gouvernance verte point d’orgue d’une coopération sur d’autres bases...
L’osmose totale de vues des deux chefs d’Etat Macky Sall et François Hollande sur les grandes questions de l’heure comme celle de la préservation de l’environnement, du développement durable de la lutte contre la pauvreté qui font le socle de leurs diplomaties respectives sur les grandes questions écologiques du globe n’est seulement un gage la coopération renouvelée entre les deux pays dans le domaine. Elle a aussi et sans doute quelque chose à voir avec l’occurrence de leur arrivée quasi-concomitante au pouvoir.
Cela, comme pour donner corps aux concepts nouveaux d’imputabilité, de redevabilité, de gestion axée sur les résultats et reddition des compte qui, désormais ont droit de cité dans tous les autres domaines mais plus spécifiquement dans le domaine de la gestion de l’environnement où beaucoup d’argent a été injecté dans des projets et programmes sans que hélas on n’en entrevoit les résultats escomptés. Et où, pire encore, des actes de gouvernance et de gestion des ressources du milieu ont été conduits sans tenir des impacts environnementaux souvent négatifs des réalisations sur les communautés censés en être les bénéficiaires et encore moins de cette obligatoire dimension d’équité sociale et de justice écologique qui doit servir d’aiguillon à toute initiative durable dans ce domaine. Une question centrale que la gouvernance vertueuse appliquée au domaine de l’environnement et la gestion saine et équitable des ressources naturelle ne saurait évacuer. La rupture annoncée sur cette question concernant les intérêts des deux pays dans des domaines, il faudra que l’on envisage alors dans cette coopération en construction de développer des stratégies plus équitables et une plus grande justice environnementale dans l’approche des problèmes comme l’exploitation agro-industrielle, les pêcheries, la préservation des océans et ou les industries extractives. Secteurs où, revient comme un marronnier, la question lancinante de la gestion transparente des ressources halieutiques et des terres qui, tout en préservant le capital investi et veille à sa rentabilisation, doit également tenir compte des intérêts des communautés et au maintien de l’équilibre écologique des terroirs dans lesquels ces installations sont implantées. Le sommet de la planète terre dit de Rio+2O que la mégapole brésilienne a abrité pour la seconde fois en vingt a été l’occasion de la démonstration véritable de ce pragmatisme propre aux deux hommes que sont Sall et Hollande qui, à la face du monde et devant la tribune des Nations unies et face de leur pairs ont réussi à montrer que « l’économie verte ne peut être présentée comme la panacée » coupant ainsi court à un débat qui s’enlisait mais aussi ont proposé, au moment où la déception commençait les allées du sommet, (et Macky Sall en « vendant » le nouveau concept plus prégnant et plus productif de « gouvernance verte ») que l’on oriente les débats sur la déclaration qui pouvait permettre d’arriver à des avancées réelles. Ce qui dans les faits devrait se traduire par une feuille de route pour les objectifs de développement durable, des engagements réels pour renforcer le Programme des Nations unies pour l’environnement, des règles nouvelles pour la protection des océans, un début de mobilisation sur l’économie verte et l’affirmation, plus forte que précédemment, de la nécessité de lutter contre la pauvreté. Ce qui n’était possible comme le dira président français « que par la volonté de trouver le compromis, la cohésion des Européens et la mobilisation de la société civile». Lors du sommet sur le développement durable dit Rio+20, le président de la République, Macky Sall, a plaidé pour la mise sur pied de mécanismes intégrés de gouvernance maritime mondiale. A la même tribune du même sommet sur le développement durable Rio+20 qui s’est tenu dans la capitale brésilienne du 20 au 22 juin, François Hollande autant que son homologue sénégalais avait insisté sur la nécessité de créer cette agence spécialisée pour le développement durable qui sera une sorte PNUE renforcée sur le modèle et avec les mêmes prérogatives que l’OMS. Le premier portant la voix de la France sur « le peu d’avancées sur les financements innovants, et notamment la taxe sur les transactions financières à laquelle le président est favorable ». Le Président de la république du Sénégal ayant suggéré à ses pairs et au monde de s´orienter, au delà du débat sur l’économie verte, vers ce qui lui parait plus essentielle. Ce qui, selon lui, consiste à travailler vers l´émergence d´une gouvernance verte a l’échelle du globe. Laquelle, a l´avantage selon le Chef de l´État, de concilier les exigences du développement et social a celui du respect de la préservation de l´environnement que nous empruntons aux générations futures et des valeurs de cultures propres a chaque société et de la dignité et des droits auxquels chaque homme a droit.
Le climat comme défi commun
Cinquième donateur au fonds mondial pour l’environnement, la France est bailleur de fonds majeur au plan multilatéral, elle intervient aussi dans de nombreuses institutions multilatérales. Selon un proche des services consulaires français c’est pour répondre aux alertes données par le GIEC, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat en cours et à la nécessité à agir que « la France accorde un soutien prioritaire aux deux accords adoptés par la Communauté internationale : la Convention cadre des nations unies sur le changement climatiques et le Protocole de Kyoto. Le Sénégal vit les crises cycliques du climat avec beaucoup d’appréhension qui, en plus d’être un pays sahélien à l’orée septentrionale d’un de ces plus grands déserts du monde qu’est le Sahara, s’ouvre sur sa façade maritime longue sur un littoral long plusieurs centaines de kilomètres mais sans un dispositif adéquat de protection qui puisse le mettre à l’abri des risques liés aux aléas d’une proximité avec l’océan qui est le lieu par excellence de manifestation de la vulnérabilité climatique de notre continent. Lequel a le droit, plus que tout autre, à un appui conséquent pour ses efforts d’adaptation même si, paradoxalement, il reste la partie du monde (avec l’espace dit des petits insulaires du pacifique) la moins émettrice de gaz à effet de serre dont notre contient souffre le plus. Du fait de son engagement pour cette cause et de l’expertise et du leadership dont il a su toujours faire montre sur ces questions, le Sénégal a été le premier pays au monde à avoir bénéficié des financements du Fonds d’adaptation… Un bénéfice que son chef depuis avril 2012 semble sublimer au travers d’un engagement sans faille qui fait que son pays ne puisse faire autre chose que de s’inscrire dans la dynamique de Kyoto. Ce qui pour ce pays et sous l’impulsion de son chef Macky Sall va consister à orienter tous les efforts en matière de politique environnementale vers la stratégie de réduction des risques climatiques. Avec comme principaux axes de travail la recherche de financements innovants, la mutualisation par le transfert des moyens technologiques mais aussi à la recherche scientifique et à l’observation systématique des phénomènes naturels liés au climat comme la question redoutable de l’érosion marine et côtière sur lesquelles il est escompté et se mène un appui conséquent de la France qui entend aussi mettre en place des stratégies progressives afin de s’adapter aux effets inévitables du changement climatique. Et ceci grâce à une intervention qui est conduite principalement à travers ces deux organismes que sont l’Agence française de développement (AFD), opératif pivot du dispositif d’aide publique au développement et l’Institut de recherches pour le développement (IRD) L’AFD dont la stratégie est orientée sur la question du développement durable inscrit nous dit –on ses interventions dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le développement, à la croisée des objectifs de croissance économique, de réduction de la pauvreté et la préservation de l’environnement.
Par Moustapha SENE
Coopération sportive : Le principe des vases communicants
La France et le Sénégal ont tissé de puissants liens dans le domaine du sport qui remontent à la nuit des temps. Comme puissance coloniale, la France a participé activement à la promotion de plusieurs disciplines sportives qui ont ainsi permis au Sénégal de s’illustrer sur la scène internationale.
Les meilleurs sportifs sénégalais de l’époque ont très vite intégré les équipes de France et ont brillé de mille feux lors des grands rendez comme les jeux olympiques, les championnats d’Europe et les championnats de France. C’est ainsi que les athlètes Abdou Sèye (médaillé de bronze du 200 m aux JO de Rome en 1960), Habib Thiam (champion du monde universitaire du sprint), Papa Gallo Thiam (Saut en hauteur), Lamine Diack (champion de France de Longueur), Pierre Williams (Triple saut), le footballeur Raoul Diagne, le basketteur Alioune Diop ont porté les couleurs de la France avant l’accession du Sénégal à l’indépendance. Ainsi, grâce à la France, les performances de ces sportifs sont restées des références.
Cette première génération de sportifs « français d’origine sénégalaise » a, plus tard, balisé la voie aux « SENEF » ou « Sénégalais de France », des sportifs de différentes disciplines, dont certains comme le footballeur Jules François Bocandé (meilleur du champion de France en 1986), le basketteur Abdourahmane Ndiaye « Adidas » (révélation des JO de 1968), l’athlète Amadou Dia Bâ (vice champion olympique du 400m haies aux JO de Séoul en 1988) ont donné au sport sénégalais ses lettres de noblesse.
Les « Binationaux », des sportifs nés en France et ayant opté pour la nation d’origine de leurs parents, ont intégré les sélections nationales sénégalaises. Ils ont pour noms Moussa Sow, les frères Ricardo, Momo Diamé, Lamine Sané qui auraient bien pu évoluer au sein de l’équipe de France de football. Par contre, les « faux frères » comme le footballeur Oumar Dieng, les basketteurs Apollo Faye, Bengaly Kaba, Fatou Kiné Ndiaye, les athlètes Cheikh Tidiane Touré et Ibrahima Wade ont préféré porter le maillot tricolore français.
Le sport a ainsi fortifié, par la force des choses, la coopération entre les deux pays, à travers une assistance multiforme de la France en direction du mouvement sportif sénégalais. Récemment, la France a procédé à la remise de matériel sportif destiné à la délégation du Sénégal devant se rendre aux Jeux Olympiques de Londres 2012.
La France soutient de façon continue l’émergence
Ce matériel a été offert par le Comité national olympique français au Comité national olympique et sportif sénégalais (CNOSS). Mais la coopération française avec le mouvement sportif sénégalais ne commence et ne s’arrête pas seulement aux Jeux Olympiques. A travers la CONFEJES, la France soutient de façon continue l’émergence et la préparation de l’élite sportive sénégalaise mais aussi la formation à la gestion d’infrastructures sportives ou l’organisation d’événements destinés à la jeunesse. Des bourses sont attribuées à des pensionnaires du Centre international de lutte FILA de Thiès et du Centre International d’Athlétisme de Dakar.
Ces deux centres, véritables pôles d’excellence régionale, bénéficient en outre chacun de la présence d’un expert technique français. Par leurs actions, ils contribuent au rayonnement de ces disciplines olympiques sur l’ensemble du continent africain et dans l’espace francophone, avec en particulier le souci d’un rapprochement entre les deux formes de luttes (traditionnelle et olympique). Les résultats sont au rendez-vous puisque ces pensionnaires s’illustrent régulièrement dans les compétitions continentales et, pour les plus affûtés, dans les championnats mondiaux ou olympiques.
La coopération française au Sénégal soutient également le judo, notamment l’organisation du tournoi international de Saint-Louis, ainsi que la fédération sénégalaise de rugby, sport qui redeviendra olympique en 2016 à l’occasion des Jeux de Rio. La France accueille par ailleurs sur son sol, de manière permanente, des athlètes olympiques africains qui ont obtenu à Dakar, grâce à l’Office français pour l’immigration et l’intégration et au Consulat général de France, une carte de séjour « compétences et talents ». Ils illustrent l’existence de procédures qui fonctionnent pour peu qu’on veuille bien les suivre et qui permettent à des talents de toute nature d’aller s’épanouir sur le sol français pour mieux servir leur pays d’origine, notamment par l’élaboration d’un projet professionnel en vue du retour au pays.
La France a soutenu financièrement la réalisation de l’Institut de formation Diambars, à Saly, qui est devenu un des principaux réservoirs d’espoirs du football sénégalais, dont la sélection olympique masculine s’est brillamment qualifiée pour les Jeux.
Et, ironie du sport, l’équipe nationale de football du Sénégal essentiellement constituée de pensionnaires du championnat de France, avait infligé à la France, championne du monde en titre, un revers mémorable (1 – 0), en ouverture de la coupe du monde 2002 en Asie.
Par Oumar BA
SOURCE LE SOLEIL
Le minimum syndical pour un chef d’Etat décidé à dégonfler la baudruche présidentielle pour privilégier le règlement des problèmes des Français. « J’aime les gens plus que l’argent », répète-t-il toujours à ses interlocuteurs. Lors des Jo de Londres, quand il vient encourager les athlètes français, il est un spectateur « normal ». Tout comme à la gare de Lyon où, avant de monter dans le train pour Hyères, il échange quelques mots avec les badauds et affirme que ses vacances seront... « normales ».Pour les Sénégalais, qui ont été dopés, voire drogués au wadisme, jusqu'à saturation, la nouvelle médication « mackyste », toute faite de sobriété, est un motif d’espoir. Le nouveau président est un homme modeste qui s’emploie à replacer l’action étatique au centre des préoccupations citoyennes. Plus question de délégations nombreuses d’officiels sénégalais lors des déplacements du chef de l’Etat réduits à leur strict minimum. Gouvernement réduit, avantages limités, coupes sombres dans les budgets de fonctionnement… Bref, l’Etat modeste prôné par Macky Sall est aux antipodes de la flamboyance du régime précédent. Si les chefs de l’Etat français et sénégalais partagent ce goût de la simplicité et de la modestie, il se trouve des voix qui confondent cette décence politique à une banalisation de l’exercice du pouvoir. La simplicité pourtant, c'est de l'argent économisé dans l'usage des deniers de la République. Reste à savoir si cette posture de sobriété suffit à gouverner. La rigueur n’a pas toujours des adeptes. Six (Macky Sall) et quatre mois (Hollande) après leur élection, les deux présidents ont coché nombre de cases sur la longue liste de leurs promesses électorales, mais la situation de leur pays et l’impatience de leurs concitoyens n’augurent pas de lendemains qui chantent : chômage record, récession menaçante, crise multiforme… Ils devront batailler fermement pour donner la preuve à leurs électeurs que la sobriété et la modestie vont de pair avec l’efficacité.
Par Sidy DIOP
Le Sénégal en Afrique : Sauvegarder l’exemple démocratique…
2000 et 2012. Le Sénégal a connu deux alternances politiques, une période où d’aucuns observateurs et partenaires internationaux désespéraient de l’enracinement de la démocratie dans la majorité des Etats du continent africain.
A l’échelle démocratique, avec un système représentatif, des élections libres dans le multipartisme, une liberté de la presse, une indépendance de la magistrature, etc., le Cap-Vert, le Bénin, et surtout le Ghana, avaient fini de ravir la palme à notre pays. Toujours cité comme exemple démocratique et pionnier parmi les pays africains à mettre en place le multipartisme dès 1974, le Sénégal a, quelquefois, au cours de la décennie 1990, fait douter ses plus grands admirateurs. Pourtant, à la même période, en juin 1990, le président français d’alors, François Mitterrand, invitait ses pairs chefs d’Etat africains au sommet franco-africain à la Baule, à s’appliquer la démocratie.
« Lorsque je dis démocratie, lorsque je dis que c’est la seule façon de parvenir à un état d’équilibre au moment où apparaît la nécessité d’une plus grande liberté, j’ai, naturellement, un schéma tout prêt : système représentatif, élections libres, multipartisme, liberté de la presse, indépendance de la magistrature, refus de la censure… A vous peuples libres, à vous Etats souverains que je respecte, de choisir votre voie, d’en déterminer les étapes et l’allure… », disait alors François Mitterrand. Paradoxalement, à la fin des années 90, l’on a parlé même de « vitrine craquelée », en évoquant la démocratie de la patrie de Léopold Sédar Senghor, premier président africain post- indépendance à quitter volontairement le pouvoir, en décembre 1980. Les coups d’Etat faisaient, en ce moment, rage sur le continent, avec ses cortèges d’assassinats, de complots et de stratagèmes politiques pour garder les rennes de gouvernements.
Mais, l’alternance survenue le 19 mars 2000, avec la défaite acceptée d’Abdou Diouf et l’élection de son opposant historique, Abdoulaye Wade, a rétabli le Sénégal dans une place qu’il ne devait point quitter.
Comment pouvait-il en être autrement pour ce pays, où déjà, en 1848, puis 1879, des citoyens des quatre communes de Saint-Louis, Gorée, Rufisque et Dakar, alors sous régime coloniale, votaient et élisaient des députés pour l’Assemblée nationale française ?
En 2011, veille d’année de joutes électorales, au plus fort de la crise politique, comme c’était arrivé dans la décennie 1990, le monde s’est inquiété pour la démocratie et la stabilité du Sénégal. La classe politique le soupçonnant de hold-up électoral, de coup de force et autres combines de dévolution monarchique du pouvoir, la violence avait fini de s’emparer de Dakar, de sa banlieue et des villes du pays. Entre juin 2011 et mars 2012, mois de l’élection présidentielle, l’économie du pays restait au ralenti, la destination Sénégal évitée par les investisseurs et les touristes, quand les chancelleries ne demandaient pas tout simplement à leurs ressortissants de rester alertes et vigilants. Même les autorités des grandes puissances, les Etats-Unis et la France surtout, mettaient en garde la classe politique sénégalaise quant aux enjeux de cette élection, le respect du jeu démocratique et du choix du peuple. Tous les ingrédients étaient réunis pour faire « craqueler » cette vitrine démocratique souvent citée en exemple.
Mais, à la faveur d’un sursaut citoyen et politique, les Sénégalais ont su dépasser cette étape cruciale dans la marche de leur nation vers l’idéal démocratique. Car, rien n’est définitivement acquis pour la stabilité d’une jeune république qui vient juste de fêter ses 52 ans de souveraineté internationale. D’autres défis… démocratiques se dressent encore devant nous.
Comme on le sait, la France a connu cinq républiques depuis 1792, après l’abolition de la royauté. La patrie de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, a connu une longue marche vers la démocratie. De quoi continuer encore à inspirer nos jeunes démocraties africaines…
Par Omar DIOUF
Des réseaux de la Françafrique aux relations décomplexées
L’actualité en 2011 au Sénégal a été marquée par les révélations d’un homme, conseiller officieux de l’ex-président Sarkozy et considéré comme l’un des derniers mohicans de ce qui reste de la Françafrique.
Ayant reconnu avoir porté des mallettes d’argent remises par des dirigeants africains pour le compte d’hommes politiques français, cet avocat français avait déclaré également avoir été sollicité par le fils de l’ancien président sénégalais, lors des émeutes du 27 juin 2011, pour faire intervenir l’armée française. Tout cela rappelle aux Sénégalais (aux Africains) un passé qu’ils veulent voir révolu à jamais car dégageant les relents détestables de la Françafrique. Cette politique des réseaux, qui, parallèlement à la diplomatie officielle du Quai d’Orsay, menait en Afrique une diplomatie de l’ombre contrôlée depuis Paris par la Cellule africaine de l’Elysée. Des pouvoirs africains ont pu ainsi survivre et des entreprises françaises gagner de juteux marchés en Afrique sans toujours être meilleures que leurs concurrents. Ce face à face « familial » entre la France et ses anciennes colonies d’Afrique ne va pas cependant résister, du moins, dans certains pays, aux alternances générationnelles et à la mondialisation du continent.
Les dirigeants africains, sans se détourner de la France, regardent maintenant vers le grand large et multiplient les partenariats avec de nouveaux acteurs. On se souvient qu’à son arrivée au pouvoir, le président Abdoulaye Wade avait réorienté les relations du Sénégal vers les pays arabes, la Chine, l’Inde et l’Iran.
Toujours dans la même veine, le groupe Bolloré présent au Port autonome de Dakar depuis des décennies avait perdu la concession du port à conteneurs au profit de Dp World (Dubaï) en dépit d’une lutte acharnée. Et la France a dû se résoudre, en 2011, à « fermer » sa base de Dakar, en réduisant les effectifs de 1.200 à 300 hommes. Autre exemple, le président Tandja du Niger avait âprement négocié avec l’entreprise française Areva pour obtenir un relèvement substantiel du prix de l’uranium de la mine d’Imouraren. Tout cela montre que les relations entre la France et l’Afrique sont à un tournant, et ce besoin de changement, ressenti même au sein des peuples africains, semble avoir été pris en compte par la France.
Nicolas Sarkozy, devenu président et sans liens véritables avec les présidents africains catalogués figures de proue de la Françafrique, en dehors de Bongo père, a voulu montrer dans son fameux discours à polémique de Dakar, en juillet 2007, qu’il voulait nouer des relations débarrassées des tabous et complexes du passé avec l’Afrique. Malheureusement, la manière maladroite avec laquelle il a délivré son message a complètement occulté cet aspect pour ne mettre en exergue que ce qui était perçu comme un mépris à l’égard du continent noir. Cependant, il est vrai que malgré cette volonté déclarée, Sarkozy n’a pu échapper totalement à l’emprise des réseaux françafricains. On se souvient des interventions militaires françaises en Côte-d’Ivoire et en Libye, de 2011, qui ont rappelé les pires moments de la Françafrique.
Son successeur, François Hollande, de par son parcours est très éloigné de ces réseaux et semble vouloir, plus que ses prédécesseurs, entretenir avec l’Afrique des relations normales, en président « normal » qu’il est. Gérer les rapports avec le continent à partir d’une cellule peut être considéré comme un déficit de considération à l’égard de partenaires qui, aujourd’hui, veulent des relations d’Etat à Etat, mutuellement avantageuses.
La France, diluée maintenant dans l’Europe, est d’ailleurs obligée de faire évoluer ses relations avec les pays africains francophones pour deux raisons : d’une part, ces derniers ont acquis une plus grande maturité politique et leurs élites ne sont plus exclusivement francophones car formées un peu partout à travers le monde. D’autre part, la mondialisation a amené de nouveaux acteurs (Chine, Inde Brésil, Turquie…) qui se bousculent au portillon de l’Afrique, continent regorgeant de matières premières. De ce fait, parler maintenant de pré-carré ou de chasse gardée appartient à un autre âge, même si les accords de partenariat économique (Ape) que tente conclure l’Ue avec l’Afrique peuvent faire penser le contraire. Le continent africain veut profiter, au maximum, de cette nouvelle redistribution des cartes au niveau international pour s’émanciper sur tous les plans.
A ce titre, il serait utile de revisiter les accords monétaires qui lient la France et les pays africains de la zone Franc depuis 1972, et qui obligent ces derniers à déposer la moitié de leurs réserves de change au Trésor français, ou encore le taux de change fixe entre le FCfa et l’Euro, et l’inconvertibilité monétaire entre les différentes zones Franc.
Par Ibrahima MBODJ
FRANÇOIS HOLLANDE : La consécration d’un professionnel de la politique
Il a su attendre le bon moment pour se lancer à la course à l’Elysée. Et il a triomphé dès sa première tentative. Mais François Hollande est avant tout un professionnel de la politique. Même s’il n’a jamais été ministre, le nouveau président français n’a jamais quitté les hautes sphères du pouvoir depuis ses 25 ans.
« Quand je serai grand, je serai président de la République », aurait déclaré François Hollande à l’âge où d’autres rêvent d’être pompier ou pilote de chasse, rapporte François Bachy, un des biographes du nouveau président français. Fils d’un toubib provincial et d’une assistante sociale, un autre destin semblait bien être tracé pour François Hollande, nait le 12 août 1954 à Rouen : médecin, bourgeois, provincial, conservateur. De ce profil, il n’a gardé que le physique. En effet, il manifeste très tôt son indépendance par rapport au « ronron familial ».
Contrairement à ses parents, traditionnellement de droite voire d’extrême-droite, il choisit la famille de gauche : d’abord le Parti communiste français (Pcf), ensuite le Parti socialiste (Ps). Mais son parcours qui le conduit à l’Ecole nationale d’administration (Ena), après le bac, reste celui d’un fils de bourgeois. Enfant modèle – « mon frère avait choisit le rôle de turbulent ; il ne me restait que celui du sage » –, il a connu un parcours presque sans faute, côtoyant très tôt les hautes sphères du pouvoir.
Dès sa première année à l’Ena, déjà leader et animateur d’une bande qui beigne dans l’engagement, François Hollande se présente au « Carema » (Comité d’action pour la réforme de l’Ena) à son premier scrutin et devient délégué de la promo Voltaire. Premières élections, premier succès ! A sa sortie de l’Ena – classé 8e – « il veut faire de la politique, participer à la campagne présidentielle qui s’annonce ; il a besoin du temps pour militer et ne veut pas trop travailler ». Il choisit donc la Cour des Comptes afin de pouvoir rester à Paris.
Faisant partie des « petites têtes pensantes » de la victoire de Mitterrand en 1981 – une première pour la gauche sous la Ve République – il intègre aussitôt le cabinet « occulte » de Jacques Attali, à l’époque conseiller spécial de Mitterrand. Pour le jeune François, ce passage à l’Elysée est un pas de plus vers la véritable vie politique. A 26 ans, avec ce côté jeune loup, homme pressé qui avait une fringale du pouvoir, l’énarque décide d’aller défier Jacques Chirac sur ses terres de Corrèze lors des législatives de juin 1981. Sans le soutien des éléphants du parti, la cause était perdue d’avance ! Mais malgré ce premier échec, Hollande devient corrézien.
En mars 1983, François entre un peu plus au cœur du « centre » (du pouvoir) en devenant directeur de cabinet de Max Gallo, à l’époque « thuriféraires » de François Mitterrand. « J’avais l’impression d’avoir un étudiant brillant à mes côtés, dit l’historien. C’était un cadet très intelligent. Il développait une agilité intellectuelle et cet humour qui montrait qu’il ne se prenait pas trop au sérieux », rapportent Cécile Amar et Didier Hassoux dans leur biographie consacrée à l’ex-couple Hollande-Royal. Le ministre initie son directeur de cabinet à la presse et aux réseaux. Il lui apprend aussi une des armes essentielles de la politique : le charme, la séduction. Malgré son « physique rond, joufflu et normand », Hollande parvient à manier le verbe et à faire des mots. Pas de « mitterrandolâtres », autrement dit, non versés dans l’aveuglement militant, le courant passe entre les deux. Gallo finit par lui apprendre la « comédie du pouvoir ». « Souvent, je m’amusais à retrouver mes citations anonymes dans la presse », se souvient Hollande, en bon pourvoyeur d’infos pour les journalistes.
Grand spécialiste des médias
Entre 1986-1987, sevré de parrain politique après l’inattendu « non » de Jacques Delors, François Hollande se rapproche de Lionel Jospin, étoile montante du Ps. Le théoricien des « transcourants », sorte d’Arnaud Montebourg avant l’heure, consacre un peu plus son désir d’entrer définitivement en politique, de plonger « les mains dans le cambouis du Ps ». Même si, à cause de son humour, on le prenait pour un « joyeux plaisantin ». En juin 1988, il entre, pour la première fois, à l’Assemblée nationale en tant que député de Corrèze. Mais ni la macroéconomie à la Commission des finances à l’Assemblée ni la politique avec les Transcourants ni les bons mots à la presse n’auront suffi. Hollande perd son siège de député quatre ans plus tard. Toujours pas ministre, puisqu’« il y a Ségolène » (comme le lui avouera le Premier ministre Bérégovoy), M. Hollande connaît un léger moment de doute. A cette époque, « M. Royal » reconnait avoir été jaloux de sa concubine. « Trop bavard, trop persifleur, Mitterrand n’avait pas entièrement confiance en lui », pensent les biographes de Hollande. Ces derniers laissent penser que l’homme est d’abord et avant tout un pragmatiste voire un opportuniste en politique : « Mitterrandiste sous Mitterrand, deloriste sous Delors, jospiniste sous Jospin, il pourrait même être hollandais sous Hollande, voire royaliste sous Ségolène », raillait un cadre du Ps. Du point de vue de ses convictions, François Hollande, c’est « le grand flou », disait-on.
Grand spécialiste des médias, on prête à l’ancien Premier secrétaire (1997-2008) une grande vivacité, une volubilité et un bon esprit de synthèse, mais aussi une capacité à « phagocyter l’époque, à saisir l’air du temps ». Grand orateur, il n’a de pareil pour alterner émotion, humour et attaques virulentes contre l’ennemi du jour : « Il sait faire dans le passionnel, manier l’émotionnel et user du rationnel ». Sa stratégie de conquête du pouvoir se résume en la formule de « pas à pas ». En effet, sauf pour ses déplacements en voitures, François Hollande « n’aime pas trop les accélérations en politique, encore moins les brusques changements de direction ». Partisan d’une gestion rondouillarde des échéances et du « coup de poker permanent » lorsqu’il était à la tête du Ps, on lui reproche son manque d’audace. Lors des derniers primaires socialistes, Martine Aubry l’avait accusé d’incarner la « gauche molle ». Mais son image renvoie plus que tout à l’humour.
En bon analyste de la vie politique française, Hollande a su attendre le bon moment pour se lancer dans la course à l’Elysée. Là aussi, première élection, premier succès, même si on peut penser que la chute spectaculaire de Dsk lui a ouvert la voie. Mais ses premiers pas dans le costume présidentiel son mitigés. Ceci, dans un contexte de crise économique et d’austérité budgétaire. Une situation qui se prête à tout, sauf à l’humour, registre dans lequel Hollande semble le plus à l’aise.
Par Seydou KA
Education : La France, première destination des étudiants sénégalais
La coopération entre la France et le Sénégal est au beau fixe. La Métropole demeure la première destination des étudiants sénégalais qui désirent poursuivre leurs études supérieures à l’étranger. Au Sénégal, la France appuie le système éducatif à tous les niveaux.
La France est la destination première des étudiants sénégalais. Suivent le Maroc et le Canada. Près de 10.000 étudiants officiellement connus sont en France. Il s’agit, plus exactement de 9.600 étudiants selon les chiffres fournis par l’Ambassadeur de France au Sénégal, Nicolas Normand. D’après Son Excellence, chaque année, plus de 2.000 étudiants sénégalais manifestent leur désir de poursuivre leurs études en France. A l’en croire, en 2008, ses services ont reçu 3.900 demandes, 4.900 en 2010, 6.300 en 2011 et en 2012, 6.500 demandes sont, pour l’instant, reçues. Ces étudiants sont dans divers domaines (santé, télécoms, informatique, sciences politiques, journalisme, etc.) Il n’est pas étonnant que le pays de Marianne abrite le bureau des bourses des étudiants sénégalais à l’étranger. Il a été mis à la disposition de ce bureau, selon le Rapport du ministère de l’Enseignement supérieur de 2010, 9.187.305.000 FCFA pour le paiement des bourses, aides et autres allocations (titres de voyage…) des étudiants à l’étranger. Les bénéficiaires sont estimés, en 2010, à 3.258 (bourses) et 2.394 (aides).
C’est dire l’importance de la coopération en matière d’éducation entre les deux pays. La France a aussi largement soutenu et continue de soutenir le système éducatif sénégalais, du Préscolaire au Supérieur en passant par le Moyen et le Secondaire. A titre illustratif, même les Forces françaises du Cap Vert (aujourd’hui devenues Eléments français au Sénégal avec un nombre réduit) ont fortement participé à la construction et à la réhabilitation de salles de classe à travers le pays. Dans le Supérieur, on peut citer le Projet « U 3 E » financé par la Coopération française. Ce projet d’appui aux universités vise à participer à l’extension de la carte universitaire professionnalisée, de constituer des Ecoles doctorales dans les secteurs de l’eau et de la santé et de stimuler l’Entreprenariat dans l’Enseignement supérieur au Sénégal. Après 3 ans d’exercice (en 2010), le projet avait permis le développement de compétences, la fourniture d’équipements et a assuré le fonctionnement de 5 nouvelles filières, de 2 Ecoles doctorales et d’un incubateur d’entreprise. Il a également permis la mise en place de 11 licences professionnelles dans les universités de Dakar, Thiès, Bambey et Ziguinchor. Les premiers titulaires de Licence professionnelle sont déjà sur le marché.
Dans l’Enseignement technique et la Formation professionnelle, la France, à travers son bras financier, l’Agence français de développement (Afd), dans le cadre du Programme de qualifications humaines par la formation professionnelle, accompagne la création de Centres sectoriels dans le cadre du partenariat public-privé (PPP). A ce jour, 3 sont fonctionnels. Il s’agit des centres sectoriels Agroalimentaire, Btp (métiers du bâtiment et des travaux publics) et Activités portuaires.
Daouda MANE
Contexte géostratégique, démographique et économique : Quand Hollande entrera dans l’histoire de « l’homme africain »
L’image de « l’homme africain », armé de sa houe et recalé aux portes de l’Histoire, avait soulevé indignations et répliques en 2007. Cinq ans après son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, François Hollande dira, à son tour, ses mots d’amitié au continent africain dans un contexte géostratégique, politique, économique et social particulier. Jaloux de sa dignité, « l’homme africain » attend que le Chef de l’Etat français entre dans son histoire dans le cadre d’un partenariat bénéfique à tous.
Une petite incursion dans le futur. Horizon 2050 ! « Le monde connaîtra des bouleversements démographiques considérables », selon le Département des études économiques des Nations Unies. Selon cette étude réalisée en 2007, les Africains constitueront 22% de la population mondiale dans près de quatre décennies. Les demandes sociales suivront la courbe de la démographie sur ce continent. Que deviendra « l’homme africain » ? Toujours armé de sa daba, de son outre et de ses psalmodies miraculeuses? Cela est une forte probabilité si rien n’est fait pour propulser cet agent du développement dans la modernité. Au même titre que les industriels et démographes, ce besogneux aux petites récoltes et aux gros besoins en alimentation fera face à sa dure condition. Véritablement, la décolonisation n’a pas été le point de rupture avec la « malédiction » célébrée par les officines idéologiques si allergiques à la couleur noire d’une peau. Une « matière » qui avait, sensiblement, une valeur marchande plus importante que la cire et la soie.
Le président Nicolas Sarkozy a choqué. Son successeur François Hollande hérite des blessures d’intellectuels dans la posture d’âmes invectivées sur la pointe la plus avancée du continent sur l’Atlantique, Dakar. Cet après-midi du 26 juillet 2007, dans un amphithéâtre de l’Ucad II, Sarkozy a démonté, en cinquante minutes, la fierté des contemplateurs de l’Afrique : « Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain qui, depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles… Le problème de l'Afrique, c'est qu'elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l'enfance… Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine ni pour l'idée de progrès ».
Gloire bléssée de l'Afrique
Cinquante minutes pour passer en revue près d’un demi-siècle d’indépendance. Il a suscité indignations et réflexions. Historiens, écrivains, philosophes, sociologues, entre autres, convoquent le devoir de riposte. Ils réécrivent la gloire blessée de l’Afrique. L’un de ces documents a été coordonné par Makhily Gassama et porte vingt-trois signatures parmi lesquelles Boubacar Boris Diop, Mamoussé Diagne, Souleymane Bachir Diagne, Babacar Diop Buuba, Dialo Diop, Koulsy Lamko, Djibril Tamsir Niane, Théophile Obenga, El Hadj Ibrahima Sall. Fallait-il dire à Sarkozy, bien avant le clash de Dakar, le rôle du continent dans l’émancipation de l’humanité de ses grandes peurs que sont l’ignorance, l’instinct primitif rétrograde fatal au progrès ? L’image de la daba est ineffaçable. La politique s’en est mêlée. Candidate malheureuse face à Sarkozy, Ségolène Royal, en met une couche : « Quelqu’un est venu vous dire à Dakar après tout cela que l’homme africain n’est pas entré dans l’Histoire. Pardon, pardon pour ces paroles humiliantes qui n’auraient jamais dû être prononcées. »
L’histoire de « l’Homme africain » est un sujet polémique. Sur le continent, il est parfois question du procès du colonialisme, des dictatures anciennes, des nouvelles « démocratures » (démocraties de façade) et de la tentation islamiste à la lumière de l’occupation des deux tiers du territoire malien. L’Islamisme triomphant exhibe la douleur des hommes et femmes victimes de leurs propres « turpitudes » : amputations pour les voleurs, lapidation pour les coupables d’adultère, expéditions désastreuses contre les symboles du patrimoine collectif à Gao et à Tombouctou, etc. Le Sahel marche avec la peur de tomber dans l’abîme des extrémismes sous la mouture religieuse (Charia) ou identitaire (rébellion touarègue). Arrivant à Dakar, le président Hollande est attendu sur cette histoire de « l’homme africain ». Il y entrera en promouvant un partenariat fondé sur le respect mutuel, la bonne gouvernance et la justice sociale. Il ne devra pas dépoussiérer les vieux réseaux de la Françafrique/Eurafrique. Il ne devra non plus indiquer les sentiers d’un paternalisme dont la Baule est le sanctuaire inoubliable depuis deux décennies.
C’est à ce point précis que l’histoire de cet « homme africain » s’écrit au présent, dans l’inévitable relation entre le rêve (un futur radieux) et la réalité (des chantiers ouverts), entre la nostalgie (l’histoire des empires) et la nécessité de se projeter dans le temps du monde (progrès, sens de l’initiative). Il le sait : cette histoire cristallise les passions à la manière d’une foi à ne pas offenser. François Hollande peut prendre possession de cet espace à la fois affectif et rigoureusement diplomatique. Il a fait un pas important en devenant, en septembre dernier, sur la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies, le porte-voix d’une Afrique sous la menace de l’Islamisme.
Démographie, compétitivité et pauvreté
Le présent de l’Afrique est une anticipation assez pressante sur le futur. Même s’il a prononcé des mots qui fâchent, le président Sarkozy, dans sa campagne électorale de 2007, a attiré l’attention des Français sur la place de l’Afrique dans l’avenir du monde. De 6,7 milliards en 2005, la population mondiale passera à 9, selon l’Onu. L’Afrique a passé le cap du milliard d’habitants en 2009, et 45% d’entre eux ont 15 ans ! Cette population se situera autour de 1,5 à 2 milliards en 2050, selon les démographes. Cela signifie des demandes multiples en emploi, en éducation, en santé, en agriculture, etc. La croissance démographique ouvrira des opportunités au commerce entre la France et l’Afrique. La compétitivité est l’enjeu qui permettra d’exploiter, de manière optimale, les potentialités. L’autre enjeu est l’arrivée massive de jeunes sur le marché de l’emploi. « Avec la forte croissance démographique, on doit s’attendre, dans les 20 ans à venir, à d’importantes augmentations de la population active. L’arrivée sur les marchés du travail ouest-africains de très nombreux jeunes - passant de 6 millions par an, en 2010, à près de 10 millions par an en 2030 - peut s’avérer désastreuse si la croissance et les emplois ne sont pas au rendez-vous », explique l’Onu. Sarkozy avait préconisé l’incitation à rester au pays, en lieu et place d’une immigration débridée et hasardeuse. Ce continent représente encore moins de 3% du commerce mondial. La pauvreté reste encore un défi important. 30% des Africains (soit plus de 200 millions) souffrent de malnutrition. Que pourra faire la daba du paysan face aux besoins évoluant à un rythme quasi-industriel ? Il est appelé à entrer, un peu plus, dans son futur par la porte d’un présent de labeur dans un monde plus humanisé et plus imprégné des valeurs de justice sociale. C’est une œuvre solidaire entre l’Afrique et le reste du monde dans un contexte de crises multiples : politique, économique, géostratégique et sociale. Face à son destin, le visage de l’Africain n’est pas différent de tout autre. La relation au développement ne change pas. C’est le socle humaniste et éthique qui fait la différence. Sarkozy a dit ses vérités par des mots amicaux qui ont choqué. Hollande dira la sienne, sans doute, avec la chance de ceux qui ont eu des éclaireurs sur le chemin des périls ou des susceptibilités. La réalité est immuable : le passage à la postérité est un impératif de labeur autant que de liberté, de fraternité et d’égalité. Hollande ne bâtira pas l’avenir de l’Afrique. Il ne pourra qu’apporter sa pierre.
Par Habib Demba FALL
Environnement et diplomatie écologique : La gouvernance verte point d’orgue d’une coopération sur d’autres bases...
L’osmose totale de vues des deux chefs d’Etat Macky Sall et François Hollande sur les grandes questions de l’heure comme celle de la préservation de l’environnement, du développement durable de la lutte contre la pauvreté qui font le socle de leurs diplomaties respectives sur les grandes questions écologiques du globe n’est seulement un gage la coopération renouvelée entre les deux pays dans le domaine. Elle a aussi et sans doute quelque chose à voir avec l’occurrence de leur arrivée quasi-concomitante au pouvoir.
Cela, comme pour donner corps aux concepts nouveaux d’imputabilité, de redevabilité, de gestion axée sur les résultats et reddition des compte qui, désormais ont droit de cité dans tous les autres domaines mais plus spécifiquement dans le domaine de la gestion de l’environnement où beaucoup d’argent a été injecté dans des projets et programmes sans que hélas on n’en entrevoit les résultats escomptés. Et où, pire encore, des actes de gouvernance et de gestion des ressources du milieu ont été conduits sans tenir des impacts environnementaux souvent négatifs des réalisations sur les communautés censés en être les bénéficiaires et encore moins de cette obligatoire dimension d’équité sociale et de justice écologique qui doit servir d’aiguillon à toute initiative durable dans ce domaine. Une question centrale que la gouvernance vertueuse appliquée au domaine de l’environnement et la gestion saine et équitable des ressources naturelle ne saurait évacuer. La rupture annoncée sur cette question concernant les intérêts des deux pays dans des domaines, il faudra que l’on envisage alors dans cette coopération en construction de développer des stratégies plus équitables et une plus grande justice environnementale dans l’approche des problèmes comme l’exploitation agro-industrielle, les pêcheries, la préservation des océans et ou les industries extractives. Secteurs où, revient comme un marronnier, la question lancinante de la gestion transparente des ressources halieutiques et des terres qui, tout en préservant le capital investi et veille à sa rentabilisation, doit également tenir compte des intérêts des communautés et au maintien de l’équilibre écologique des terroirs dans lesquels ces installations sont implantées. Le sommet de la planète terre dit de Rio+2O que la mégapole brésilienne a abrité pour la seconde fois en vingt a été l’occasion de la démonstration véritable de ce pragmatisme propre aux deux hommes que sont Sall et Hollande qui, à la face du monde et devant la tribune des Nations unies et face de leur pairs ont réussi à montrer que « l’économie verte ne peut être présentée comme la panacée » coupant ainsi court à un débat qui s’enlisait mais aussi ont proposé, au moment où la déception commençait les allées du sommet, (et Macky Sall en « vendant » le nouveau concept plus prégnant et plus productif de « gouvernance verte ») que l’on oriente les débats sur la déclaration qui pouvait permettre d’arriver à des avancées réelles. Ce qui dans les faits devrait se traduire par une feuille de route pour les objectifs de développement durable, des engagements réels pour renforcer le Programme des Nations unies pour l’environnement, des règles nouvelles pour la protection des océans, un début de mobilisation sur l’économie verte et l’affirmation, plus forte que précédemment, de la nécessité de lutter contre la pauvreté. Ce qui n’était possible comme le dira président français « que par la volonté de trouver le compromis, la cohésion des Européens et la mobilisation de la société civile». Lors du sommet sur le développement durable dit Rio+20, le président de la République, Macky Sall, a plaidé pour la mise sur pied de mécanismes intégrés de gouvernance maritime mondiale. A la même tribune du même sommet sur le développement durable Rio+20 qui s’est tenu dans la capitale brésilienne du 20 au 22 juin, François Hollande autant que son homologue sénégalais avait insisté sur la nécessité de créer cette agence spécialisée pour le développement durable qui sera une sorte PNUE renforcée sur le modèle et avec les mêmes prérogatives que l’OMS. Le premier portant la voix de la France sur « le peu d’avancées sur les financements innovants, et notamment la taxe sur les transactions financières à laquelle le président est favorable ». Le Président de la république du Sénégal ayant suggéré à ses pairs et au monde de s´orienter, au delà du débat sur l’économie verte, vers ce qui lui parait plus essentielle. Ce qui, selon lui, consiste à travailler vers l´émergence d´une gouvernance verte a l’échelle du globe. Laquelle, a l´avantage selon le Chef de l´État, de concilier les exigences du développement et social a celui du respect de la préservation de l´environnement que nous empruntons aux générations futures et des valeurs de cultures propres a chaque société et de la dignité et des droits auxquels chaque homme a droit.
Le climat comme défi commun
Cinquième donateur au fonds mondial pour l’environnement, la France est bailleur de fonds majeur au plan multilatéral, elle intervient aussi dans de nombreuses institutions multilatérales. Selon un proche des services consulaires français c’est pour répondre aux alertes données par le GIEC, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat en cours et à la nécessité à agir que « la France accorde un soutien prioritaire aux deux accords adoptés par la Communauté internationale : la Convention cadre des nations unies sur le changement climatiques et le Protocole de Kyoto. Le Sénégal vit les crises cycliques du climat avec beaucoup d’appréhension qui, en plus d’être un pays sahélien à l’orée septentrionale d’un de ces plus grands déserts du monde qu’est le Sahara, s’ouvre sur sa façade maritime longue sur un littoral long plusieurs centaines de kilomètres mais sans un dispositif adéquat de protection qui puisse le mettre à l’abri des risques liés aux aléas d’une proximité avec l’océan qui est le lieu par excellence de manifestation de la vulnérabilité climatique de notre continent. Lequel a le droit, plus que tout autre, à un appui conséquent pour ses efforts d’adaptation même si, paradoxalement, il reste la partie du monde (avec l’espace dit des petits insulaires du pacifique) la moins émettrice de gaz à effet de serre dont notre contient souffre le plus. Du fait de son engagement pour cette cause et de l’expertise et du leadership dont il a su toujours faire montre sur ces questions, le Sénégal a été le premier pays au monde à avoir bénéficié des financements du Fonds d’adaptation… Un bénéfice que son chef depuis avril 2012 semble sublimer au travers d’un engagement sans faille qui fait que son pays ne puisse faire autre chose que de s’inscrire dans la dynamique de Kyoto. Ce qui pour ce pays et sous l’impulsion de son chef Macky Sall va consister à orienter tous les efforts en matière de politique environnementale vers la stratégie de réduction des risques climatiques. Avec comme principaux axes de travail la recherche de financements innovants, la mutualisation par le transfert des moyens technologiques mais aussi à la recherche scientifique et à l’observation systématique des phénomènes naturels liés au climat comme la question redoutable de l’érosion marine et côtière sur lesquelles il est escompté et se mène un appui conséquent de la France qui entend aussi mettre en place des stratégies progressives afin de s’adapter aux effets inévitables du changement climatique. Et ceci grâce à une intervention qui est conduite principalement à travers ces deux organismes que sont l’Agence française de développement (AFD), opératif pivot du dispositif d’aide publique au développement et l’Institut de recherches pour le développement (IRD) L’AFD dont la stratégie est orientée sur la question du développement durable inscrit nous dit –on ses interventions dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le développement, à la croisée des objectifs de croissance économique, de réduction de la pauvreté et la préservation de l’environnement.
Par Moustapha SENE
Coopération sportive : Le principe des vases communicants
La France et le Sénégal ont tissé de puissants liens dans le domaine du sport qui remontent à la nuit des temps. Comme puissance coloniale, la France a participé activement à la promotion de plusieurs disciplines sportives qui ont ainsi permis au Sénégal de s’illustrer sur la scène internationale.
Les meilleurs sportifs sénégalais de l’époque ont très vite intégré les équipes de France et ont brillé de mille feux lors des grands rendez comme les jeux olympiques, les championnats d’Europe et les championnats de France. C’est ainsi que les athlètes Abdou Sèye (médaillé de bronze du 200 m aux JO de Rome en 1960), Habib Thiam (champion du monde universitaire du sprint), Papa Gallo Thiam (Saut en hauteur), Lamine Diack (champion de France de Longueur), Pierre Williams (Triple saut), le footballeur Raoul Diagne, le basketteur Alioune Diop ont porté les couleurs de la France avant l’accession du Sénégal à l’indépendance. Ainsi, grâce à la France, les performances de ces sportifs sont restées des références.
Cette première génération de sportifs « français d’origine sénégalaise » a, plus tard, balisé la voie aux « SENEF » ou « Sénégalais de France », des sportifs de différentes disciplines, dont certains comme le footballeur Jules François Bocandé (meilleur du champion de France en 1986), le basketteur Abdourahmane Ndiaye « Adidas » (révélation des JO de 1968), l’athlète Amadou Dia Bâ (vice champion olympique du 400m haies aux JO de Séoul en 1988) ont donné au sport sénégalais ses lettres de noblesse.
Les « Binationaux », des sportifs nés en France et ayant opté pour la nation d’origine de leurs parents, ont intégré les sélections nationales sénégalaises. Ils ont pour noms Moussa Sow, les frères Ricardo, Momo Diamé, Lamine Sané qui auraient bien pu évoluer au sein de l’équipe de France de football. Par contre, les « faux frères » comme le footballeur Oumar Dieng, les basketteurs Apollo Faye, Bengaly Kaba, Fatou Kiné Ndiaye, les athlètes Cheikh Tidiane Touré et Ibrahima Wade ont préféré porter le maillot tricolore français.
Le sport a ainsi fortifié, par la force des choses, la coopération entre les deux pays, à travers une assistance multiforme de la France en direction du mouvement sportif sénégalais. Récemment, la France a procédé à la remise de matériel sportif destiné à la délégation du Sénégal devant se rendre aux Jeux Olympiques de Londres 2012.
La France soutient de façon continue l’émergence
Ce matériel a été offert par le Comité national olympique français au Comité national olympique et sportif sénégalais (CNOSS). Mais la coopération française avec le mouvement sportif sénégalais ne commence et ne s’arrête pas seulement aux Jeux Olympiques. A travers la CONFEJES, la France soutient de façon continue l’émergence et la préparation de l’élite sportive sénégalaise mais aussi la formation à la gestion d’infrastructures sportives ou l’organisation d’événements destinés à la jeunesse. Des bourses sont attribuées à des pensionnaires du Centre international de lutte FILA de Thiès et du Centre International d’Athlétisme de Dakar.
Ces deux centres, véritables pôles d’excellence régionale, bénéficient en outre chacun de la présence d’un expert technique français. Par leurs actions, ils contribuent au rayonnement de ces disciplines olympiques sur l’ensemble du continent africain et dans l’espace francophone, avec en particulier le souci d’un rapprochement entre les deux formes de luttes (traditionnelle et olympique). Les résultats sont au rendez-vous puisque ces pensionnaires s’illustrent régulièrement dans les compétitions continentales et, pour les plus affûtés, dans les championnats mondiaux ou olympiques.
La coopération française au Sénégal soutient également le judo, notamment l’organisation du tournoi international de Saint-Louis, ainsi que la fédération sénégalaise de rugby, sport qui redeviendra olympique en 2016 à l’occasion des Jeux de Rio. La France accueille par ailleurs sur son sol, de manière permanente, des athlètes olympiques africains qui ont obtenu à Dakar, grâce à l’Office français pour l’immigration et l’intégration et au Consulat général de France, une carte de séjour « compétences et talents ». Ils illustrent l’existence de procédures qui fonctionnent pour peu qu’on veuille bien les suivre et qui permettent à des talents de toute nature d’aller s’épanouir sur le sol français pour mieux servir leur pays d’origine, notamment par l’élaboration d’un projet professionnel en vue du retour au pays.
La France a soutenu financièrement la réalisation de l’Institut de formation Diambars, à Saly, qui est devenu un des principaux réservoirs d’espoirs du football sénégalais, dont la sélection olympique masculine s’est brillamment qualifiée pour les Jeux.
Et, ironie du sport, l’équipe nationale de football du Sénégal essentiellement constituée de pensionnaires du championnat de France, avait infligé à la France, championne du monde en titre, un revers mémorable (1 – 0), en ouverture de la coupe du monde 2002 en Asie.
Par Oumar BA
SOURCE LE SOLEIL
Le président François HOLLANDE à DAKAR : La coopération avec l’Afrique prend un nouvel élan