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TABASKI- LA BELLE FAMILLE COURTISEE Le gigot fait débat

Pour faire plaisir à la famille du mari, certaines femmes donnent, le jour de la fête de Tabaski, un gigot à la belle leur belle. Certes, une pratique bien ancrée dans les traditions sénégalaises, mais aujourd’hui décriée par des couples qui estiment que c’est du gaspillage.



TABASKI- LA BELLE FAMILLE COURTISEE Le gigot fait débat
La Tabaski ou fête des moutons est un bon moment, pour certaines épouses, pour se rapprocher davantage de la belle famille. Elles offrent un gigot ou des tissus à la famille du mari. Une manière de se faire aimer ou apprécier des parents de l’époux. Aminata Kane la trentaine, teint clair, annonce que pour rien au monde elle ne renoncera à cette pratique, « parce qu’elle lui fait gagner des points auprès de sa belle famille ».

Cette habitante de Keur Massar estime que même si sa belle mère a de quoi s’acheter un mouton, elle est obligée de lui remettre sa part. Pour Aïcha Dieng, jeune mariée, une femme tient toujours à avoir les faveurs de sa belle famille. D’où son profond attachement à cette pratique : «Je suis dans les liens du mariage depuis deux ans, mais chaque fois cette pratique provoque des disputes entre mon époux et moi. Qu’à cela ne tienne, je le fais, car les hommes ne comprennent pas la réaction de leur maman si l’on refuse de lui envoyer le fameux gigot», dit-elle.

D’autres épouses se rebellent contre cette pratique. Parmi elles, Marième Gueye : « Je n’y pense même pas, chacun à son mouton », lance-t-elle. Habillée en tenue traditionnelle, assise devant son étale de légumes, Marième Gueye informe qu’elle ne connait pas cette tradition, et elle n’a jamais vu sa mère envoyer un gigot à sa belle famille. Et se demande pourquoi elle le ferait. Quant à Maïmouna Seck, employée de banque : « je ne cherche pas à faire plaisir à ma belle-famille. Ces histoires de gigot de belle-famille ne sont que du voyez-moi», fustige-t-elle. Elle avoue : « ma belle famille me traite de tous les noms d'oiseau, mais ça ne me dérange pas, ça ne fait pas partie de mes convictions ».

Certains hommes interrogés considèrent cette tradition comme un gaspillage. Moussa Kane, chauffeur de taxi, et père de famille, dénigre cette situation : « Ce n’est même pas recommandé par l’Islam, c’est une tradition qui, chaque année, sème la zizanie entre ma femme et moi», rapporte le taximan. Avant d’ajouter : « dès qu'on finit de dépecer le bélier, mon épouse prend un bon gigot qu’elle garde pour ma mère alors qu’elle a son propre bélier ». De son côté, Mambaye Mbaye, la quarantaine, ne rejette pas cette pratique : « On sait que ce n'est pas recommandé par l’Islam, c'est juste pour faire plaisir à notre propre famille, je n'y trouve aucun inconvénient ».

C’est pourquoi il soutient : «laissons les faire, c'est juste une demi-journée». Pour sa part, Abdoulaye Diop, polygame et enseignant, trouvé dans un bus souligne : « je ne trouve aucun inconvénient à ce que mes femmes donnent le gigot à mes sœurs et à mes épouses, ça leur fait plaisir et c’est l’essentiel »
Sud Quotidien par Aissatou DOUCOURE

Mardi 23 Octobre 2012




1.Posté par KOCC le 23/10/2012 17:21
MAIS!!! ON DIRAIT DE LA VIANDE DE PORC...

2.Posté par de le 24/10/2012 10:26
C'est de la viande de Porc

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