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A.R.A.S.M.
           

Campagne de fouilles 2004

L'épave romaine de Purtichju (IIIème Siècle)

L’épave de Porticcio a été découverte le 4 avril 1990, lors d’une recherche autour des secs, nombreux dans le voisinage de la plage de Porticcio dans le golfe d’Ajaccio. Elle fait l’objet d’études depuis octobre 2001, sous la direction d’Hervé Alfonsi - L'autorisation de fouilles est délivrée par le Ministère de la Culture après examen et accord annuels du Conseil Supérieur de la Recherche.



1. L’Historique.

Campagne de fouilles 2004
L’épave de Porticcio a été découverte le 4 avril 1990, lors d’une recherche autour des secs, nombreux dans le voisinage de la plage de Porticcio dans le golfe d’Ajaccio. Elle fait l’objet d’études depuis octobre 2001, sous la direction d’Hervé Alfonsi, N° de déclaration aux affaires maritimes : 4/90, N° de déclaration à la DRASSM (Ministère de la Culture) N° 72/90. L'autorisation de fouilles est délivrée par le Ministère de la Culture après examen et accord annuels du Conseil Supérieur de la Recherche.

2. La localisation.

L'Aurata sur site
L'Aurata sur site

Peu profonde, 6 m, l’épave est située à l’extrémité sud du golfe d’Ajaccio, un peu avant la pointe de Porticcio et à quelques dizaines de mètres du rivage entre deux abris.
L’accès de ces derniers est rendu dangereux par des secs remontant par endroits à moins de 1 mètre de la surface et constituant une véritable barrière récifale naturelle.
Les secs sont constitués par des grès de plage appelés aussi « beach rock ». Ils sont interprétés comme les restes d’anciens niveaux marins.

Les découvertes :


3.1 : les restes du navire.

Campagne de fouilles 2004

Principalement une portion de la quille et les restes de quinze membrures sous une importante couche de lest.

Les fragments de bois sont accompagnés de nombreux clous en bronze et en cuivre, de restes de corde et de plaques de plomb de 1 mm d’épaisseur interprétées comme du doublage de coque.

3.2 : les amphores.

Campagne de fouilles 2004

Il s’agit plus précisément de fragments plus ou moins bien conservés, les nombreuses tempêtes ayant détruit la quasi-totalité des matériaux en terre cuite. Les fragments ont cependant permis de reconstituer :
. Des amphores africaines de type « I » et « II ». Les premières servant au transport de l’huile, les secondes à celui du poisson en « conserve » ou de sauce de poisson : garum.
· Des amphores orientales de type « Kapitan I » et « Kapitan II ». Ce type d’amphore provient des îles de la mer Egée et de la côte de l’Asie mineure de l’époque hellénistico-romaine et devaient certainement contenir du vin produit en méditerranée orientale.
· Différents autres types : « Forlimpopoli/Agora K114 », « Almagro 50 », « Almagro 51C », « Egypte romaine », « Tripolitaine »….

3.3 : les céramiques.

Campagne de fouilles 2004

Il s’agit là aussi de fragments de :
· Céramique de cuisine africaine : coupes, couvercles, restes de marmite…
· Céramique à pâte grise : fragments de bassine, fond de récipient…
· Céramique africaine claire C, notamment des fragments d’assiette profonde à pâte fine de couleur rouge-orangé. De telles céramiques étaient utilisées pour manger et servir dans la période 200/300 après JC.

· De mortiers dont un pratiquement entier qui s’apparente au type 3 de Hayes, originaire de Syrie. découvert à Cnide et ayant circulé de 250 à 350 après JC.

3.4 : le verre

Campagne de fouilles 2004

Les fouilles ont permis de mettre à jours de nombreux fragments de vaisselle de verre mais l’originalité du gisement réside dans la découverte de fragments de verre à vitres répartis sur tout le site.
Il est intéressant de noter qu'à six siècles d'intervalle deux transporteurs de verre ont naufragé dans le golfe d'Ajaccio. Le premier, au IIIième siècle avant Jésus-Christ transportait le verre sous forme de lingots bruts trouvés sur l'épave Sanguinaires A. Le second, au IIIième siècle après Jésus-Christ est chargé de produits en verre manufacturés tels que vitres et vaisselles.
· La vaisselle de verre : fonds de bouteilles, de gobelets, de coupes ou d’assiettes de couleurs incolores et bleutées.
· Les vitres : les fragments sont omniprésents sur le site de fouille, il s’agit de verre à vitres de couleur verdâtre, avec de nombreuses bulles d’air, présentant une surface lisse et brillante d’un côté, mate et granuleuse de l’autre. Leur épaisseur varie de 1mm pour les plus fins à plus de 8 mm. Plus de mille fragments ont été récoltés à ce jour pour un poids de plus de 170 Kg.
Dans l’ouvrage sur l’architecture dans l’antiquité, François BENOIT achève le dénombrement des matériaux de construction en « notant que l’architecture romaine de l’ère impériale disposait d’un verre d’une composition chimique toute analogue à celle du nôtre et dont on fabriquait, d’une part des plaques opalines (obsidianum), de l’autre, deux sortes de vitres, l’une translucide (translucidum), l’autre cristalline (purum), toutes deux en calibrage atteignant 1 mètre de côté. ».

3.5 : Les statues de marbre

Campagne de fouilles 2004

Deux statues de marbre ont été mises à jour et identifiées ; l'une, fragmentée semble représenter Philippe l'Arabe en empereur, l'autre, monolithe de près de 2 mètres de long serait plutôt une représentation féminine.
C'est une découverte exceptionnelle. À notre connaissance aucune statue de ce type n'a jamais été retrouvée en Corse - voir l'article "découverte exceptionnelle à Purtichju"

3.6 : Autres découvertes

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· Les restes d’une semelle de cuir.
· deux anneaux de bronze
· des os en cours d’analyse
· un fragment d’ardoise usée, sans doute utilisé comme polissoir.
· Deux pièces de monnaie en bronze, une à l'effigie de Philippe 1er l'Arabe et l'autre à l'effigie de son fils Philippe 2

4. La synthèse.


La découverte de cette épave dans une zone riche en écueils n’est pas véritablement une surprise. Les navires de l’époque ne possédaient pas une très grande maniabilité et le déchaînement des éléments naturels scellaient souvent le destin des marins. Il faut aussi noter que de nombreux travaux ont permis d’évaluer le niveau des mers à l’ère romaine. Il était dans nos régions plus bas d’une quarantaine de centimètre ce qui faisait affleurer encore plus les récifs et rendait le lieu encore plus dangereux.
La richesse et l’originalité de la cargaison de ce navire de commerce mis à jour, nous amènent à formuler de nombreuses interrogations.
· Que venait donc faire ce navire prés de nos côtes ? Que lui est-il arrivé ?
· Venait-il se ravitailler, avant de reprendre la mer, dans un abri connu protégé du Libecciu ?
· A-t-il été surpris par une soudaine tempête ?
· S’est-il échoué sur les récifs après une mauvaise manœuvre ?
· Venait-il livrer une partie de sa cargaison dans le golfe d’Ajaccio avant de repartir ?

Ce dernier point soulève une question passionnante. En effet, la précédente découverte d’une autre épave du IIIième siècle après JC dans le port de l’amirauté, excellente protection contre le mistral cette fois-ci, et situé en face de Porticcio, pourrait être un bon indicateur du développement du commerce dans notre région.
De plus la découverte du sarcophage dit « du bon pasteur » aux environs d’Ajaccio, daté du IIIième siècle après JC, la présence de tombes sur l'espace Alban, confirment une présence romaine à cette époque, dans le golfe d’Ajaccio.
Les nombreux travaux restant encore à réaliser sur cette fouille pourront à l’avenir préciser, nous l’espérons, l’origine et le devenir de la cargaison.

4. L’équipe permanente de l’ARASM.

©photo La Corse-Hebdo  4/11/04
©photo La Corse-Hebdo 4/11/04


· Alfonsi Hervé.
· Bastiani Marie-France.
· Cubells Jean-François.
· Gandolfo Philippe.
· Horst Dominique.
· Ottavi Dominique.
· Tenti Muriel.

L’équipe de L’ARASM tient à remercier,
pour l’aide apportée :
la Collectivité Territoriale de Corse,
Le Ministère de la Culture (DRASSM)
La Fédération Française d’Etude et de Sports Sous-Marins,
Le Conseil Général de la Corse-du-Sud,
Le Posidonia Club Ajaccio,
La Base Navale d'Aspretto

pour leurs travaux réalisés permettant de mieux comprendre le contexte historique des découvertes :
L’Université de Corse, Laboratoire des Sciences de la Terre, Jean et Michelle Ferrandini, Elisabeth Peirera.
L’Université d’Aix-Marseille I et II, Institut Méditerranéen d’Ecologie, et de Paléoécologie, UMR 6116, F.
Guibal. L’Université de Bordeaux III, Institut de Recherche sur les Archéomatériaux, UMR 5060, CNRS-Université, G. Poupeau.

Mercredi 27 Octobre 2004
ARASM
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