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Qui sommes-nous?

Loïc Damilaville


Editeur de DNS News depuis 1998, Loïc Damilaville travaille depuis 1997 sur les problématiques liées aux noms de domaine.

Il a fondé en 2005 le Club Noms de domaine, destiné à réunir les personnes en charge des noms de domaine au sein des grandes enteprises.

Il est auteur du Livre blanc sur la gestion des noms de domaine parrainé par l'ACSEL, l'AFNIC, l'APCE, l'APRAM, la CCIP, le CEFAC, le CIGREF, le Club de l'économie numérique, l'INPI, l'ISOC France, le MEDEF, le Ministère de l'économie, des finances et de l'emploi, et l'Union des Fabricants.

Loïc Damilaville est adjoint au directeur général de l'AFNIC.

Il mène aussi des missions de conseil auprès des grands comptes pour les assister dans l'élaboration, la mise en place et le suivi de leurs stratégies de nommage et de présence sur internet.

Contact:
loic[at]dns-news.fr
ou 01 49 73 79 06


Edito septembre 2021 : pas de 2e Round avant 2024…

Etat statistique des nTLDs au samedi 01/10/21 (données publiées)

Le mois de septembre a vu les nTLDs continuer à décliner, franchissant le seuil des 25 millions de noms avec une perte de 400 000 noms. Celle-ci reste toute relative en regard des hécatombes vécues depuis un an.
Curieusement, et c’est là le phénomène le plus « inquiétant », cette perte de 400 000 noms n’a pas été due aux « leaders » du TOP 5 mais aux challengers qui n’apparaissent pas dans notre tableau. La part de marché du TOP 5 s’est mécaniquement appréciée, même si aucun n’enregistrait de croissance très significative.
Pour quoi cette tendance pourrait-elle devenir « inquiétante » ? Simplement parce que le TOP5, à l’exception du .CLUB, est composé de TLDs pratiquant des politiques de quasi-gratuité : leurs variations de fortes amplitudes, à la hausse comme à la baisse, ne témoignent pas vraiment de la santé du marché. En revanche, si des TLDs pratiquant des stratégies de pricing « normales » sont affectés par de fortes pertes, le signal est plus significatif.

Le marché des noms de domaine vu par Verisign (2e trimestre 2021)

La Verisign Industry Brief (1) publiée en septembre couvre le 2e trimestre 2021. Les données permettent d’avoir une vision du marché mi-année. Rappelons que les chiffres de Verisign, que nous reproduisons sans rien y changer, nous paraissent biaisés :
a) parce qu’ils additionnent le .COM et le .NET, qui suivent des trajectoires opposées ; la performance globale affichée amoindrit celle du .COM tout en cachant celle du .NET.
b) parce qu’ils intègrent des « penny TLDs » fortement volatiles comme le .TK, avec pour effet de surévaluer l’importance des variations positives ou négatives.
Le marché a perdu 3 millions de noms en 1 an, après la vague de créations du printemps 2020 mais aussi du fait de la purge radicale du .TK comptabilisé par Verisign. En réalité, les ccTLDs devraient être dans le vert et le marché aussi.
L’analyse des chiffres des gTLDs est plus intéressante parce que moins biaisée. On constate que ce segment est grosso modo à l’équilibre, la croissance du COM (minorée par le .NET) étant compensée presque exactement par les pertes des nTLDs (-28%), tandis que les « Autres Legacys » sont en léger déclin.
On ne peut cependant pas en conclure qu’il y a eu un « report » des nTLDs sur les .COM : les nTLDs, dopés par l’emblématique .ICU, n’ont fait que « se dégonfler » de leurs noms gratuits comme il était logique que cela se produise. Quant au .COM, l’accélération de sa croissance par rapport à 2020 (+5,4% versus +4%) peut s’expliquer par le fait que le chiffre du T2 2020 ne contenait déjà plus les créations des domainers qui « surévaluaient » les performances du .COM d’environ 10%. La disparition de ces créations massives a pesé sur les résultats du .COM en 2020, mais en 2021 les chiffres correspondent mieux à la réalité du marché et traduisent l’impact de l’accélération de la transition numérique sur les ventes du .COM.
En somme, le .COM se porte bien, les nTLDs sont assainis par la saignée des grandes extensions low cost et la situation des ccTLDs n’est pas si dramatique que Verisign veut bien le dire. Le marché continue globalement sur sa lancée de 2020. Est-ce le signe d’une véritable évolution de fond dans les pratiques ou bien la simple force d’inertie qui aboutira à un essoufflement en 2022 ?

nTLDs et prochain round

Quelques .Marques ont encore été abandonnés en septembre, le .VOLKSWAGEN étant le plus connu (5) mais s’ajoutant au .LIXIL japonais (6) et à 6 autres « liquidés » par SC Johnson, les .GLADE, .SCJOHNSON, .AFAMILYCOMPANY, .OFF, .RAID et .DUCK (7). Certains, comme les trois derniers, intéresseront sans doute des sociétés spécialisées dans la reconversion d’anciens .Marques en nTLDs génériques.
La décision de ces groupes est rationnelle en apparence : pourquoi conserver des TLDs inutilisés et qui coûtent chaque année à l’entreprise au minimum 25 000$ de frais ICANN ? Mais la vraie question – que se posent les experts du marché des noms de domaine – reste de savoir pourquoi ces TLDs sont restés inutilisés alors que dans un « quizz » portant sur la maturité de la stratégie digitale d’une entreprise, « Avez-vous votre .Marque ? » serait sans doute l’une des premières questions à poser, car structurante pour tout le reste.
Quant à ce qui pourrait répondre aux besoins d’autres grands groupes – la possibilité de créer de nouveaux .Marques ou de changer le leur – il ne faut pas trop compter sur l’ICANN pour s’en soucier. C’est dans ces moments-là qu’elle se souvient que sa mission est d’assurer la « coordination technique de l’internet » plus que de répondre aux besoins des utilisateurs.
Ainsi, ceux qui attendaient avec impatience un « second round » pour 2022 en ont été pour leurs frais le 12 septembre (8, 9). Nous citons de larges extraits de l’article source qui disent tout ce qu’il y a à dire :

On September 12, the board gave CEO Göran Marby $9 million from the 2012 round’s war chest and told him to kick off the so-called Operational Design Phase of the New Generic Top-Level Domain Subsequent Procedures Policy Development Process (SubPro).
What this means is that ICANN will take the community-created policy recommendations approved by the GNSO Council in January and try to figure how they specifically could be implemented, before the board decides whether they should be implemented.
The ODP will “assess the potential risks, anticipated costs, resource requirements, timelines, and other matters related to implementation” the board resolution states.
[…]
While the resolution says the ODP should be completed “within 10 months”, that clock starts ticking when the Marby “initiates” the process, and that does not appear to have happened.
Given that, and ICANN’s habitual tardiness, I’d guess we’re looking at closer to a year before the Org has a document ready to put before the board for consideration.
With all the other stuff that needs to happen following the board’s approval, we’re probably talking about a 2024 application window. That would be 12 years after the last round and 11 years later than the next round was originally promised.

L’échéance de 2024 reste encore optimiste, car il le « ODP » est réglé en un an, soit au 3e trimestre 2022, il restera encore à mettre en place concrètement tout le processus. Et si l’appel à candidature a bien lieu d’ici la fin 2024, le dépouillement des probables milliers de dossiers prendra encore quelques années. La seule échelle de comparaison que nous avons est celle du 1er round : l’appel à candidatures avait été lancé en avril 2012, la liste des dossiers connue en juin, et les tous premiers nTLDs introduits dans la racine au 4e trimestre 2013, le plus gros des créations s’étant échelonné en 2015-2016, donc 3 ans après l’appel à candidatures pour 1930 dossiers. Que se passera-t-il si l’ICANN reçoit de 5 000 à 10 000 dossiers ?
Il est tout-à-fait probable que si la conquête de l’espace avait été confiée à l’ICANN, nous en serions encore, en 2021, à un « expedited process » analysant la faisabilité de la fusée V1.
C’est triste de voir toutes ces intelligences, toutes ces énergies, tout ce temps, investis par des centaines – des milliers ? – de personnes dans le monde aboutir à si peu de choses. Il manque manifestement à l’organisation le levier capable de la soulever. Mais est-ce vraiment un problème pour elle ? Avec son demi-milliard de $ en caisse (10), son avenir est serein.

(1) Verisign Industry Brief, T2 2021
https://www.verisign.com/assets/domain-name-report-Q22021.pdf
(2) Domain industry SHRINKS again… except of course it doesn’t
http://domainincite.com/26980-domain-industry-shrinks-again-except-of-course-it-doesnt
(3) Verisign Domain Name Industry Brief: 367.3 Million Domain Name Registrations in Q2 2021
https://circleid.com/posts/20210902-verisign-q2-2021-domain-name-industry-brief-367-million-domains
(4) Registered domains jump in Q2 but still down from last year
https://domainnamewire.com/2021/09/02/registered-domains-jump-in-q2-but-still-down-from-last-year/
(5) Volkswagen drives IDN dot-brand off a cliff
http://domainincite.com/26994-volkswagen-drives-idn-dot-brand-off-a-cliff
(6) Toilet-maker’s dot-brand gets flushed
http://domainincite.com/26978-toilet-makers-dot-brand-gets-flushed
(7) SC Johnson terminates remaining dot-brand top level domains
https://domainnamewire.com/2021/09/20/sc-johnson-terminates-remaining-dot-brand-top-level-domains/
(8) ICANN won’t vote on new gTLDs for another year
http://domainincite.com/27016-icann-wont-vote-on-new-gtlds-for-another-year
(9) Next Steps in ICANN's Preparations for a New gTLD Subsequent Procedures ODP
https://www.icann.org/en/blogs/details/next-steps-in-icanns-preparations-for-a-new-gtld-subsequent-procedures-odp-14-9-2021-en
(10) ICANN now has half a billion bucks in the bank after huge pandemic profits
http://domainincite.com/27014-icann-now-has-half-a-billion-bucks-in-the-bank-after-huge-pandemic-profits