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Qui sommes-nous?

Loïc Damilaville


Editeur de DNS News depuis 1998, Loïc Damilaville travaille depuis 1997 sur les problématiques liées aux noms de domaine.

Il a fondé en 2005 le Club Noms de domaine, destiné à réunir les personnes en charge des noms de domaine au sein des grandes enteprises.

Il est auteur du Livre blanc sur la gestion des noms de domaine parrainé par l'ACSEL, l'AFNIC, l'APCE, l'APRAM, la CCIP, le CEFAC, le CIGREF, le Club de l'économie numérique, l'INPI, l'ISOC France, le MEDEF, le Ministère de l'économie, des finances et de l'emploi, et l'Union des Fabricants.

Loïc Damilaville est adjoint au directeur général de l'AFNIC.

Il mène aussi des missions de conseil auprès des grands comptes pour les assister dans l'élaboration, la mise en place et le suivi de leurs stratégies de nommage et de présence sur internet.

Contact:
loic[at]dns-news.fr
ou 01 49 73 79 06

Edito mars 2021 : l’anniversaire du 1er confinement



Etat statistique des nTLDs au samedi 27/03/21 (données publiées)

La chute des nTLDs engagée en octobre dernier s’est poursuivie en mars, la perte pour ce mois dépassant le million de noms contre presque 3 millions en février (ce qui pourrait annoncer un début de stabilisation). Entre le plus haut atteint courant octobre à 35,5 millions de noms et le stock actuel à 27,1, ce sont pas moins de 8,4 millions de noms qui ont disparu en six mois soit 24%.
L’analyse des performances des 5 principaux nTLDs en volume montre que la perte de 1 170 000 noms du mois de mars leur est attribuable en totalité, leur perte consolidée étant de 1 260 000 noms.
Comme en février, c’est le .ICU qui fait l’essentiel de cette perte avec 920 000 noms. Depuis son pic historique en avril 2020, le .ICU est passé de 6,7 millions de noms à 2,5 aujourd’hui, matérialisant les prédictions pessimistes quant au taux de renouvellement des noms déposés en 2019. Mais l’exemple du .XYZ peut l’aider à garder courage : ce nTLD était grimpé jusqu’à 6 millions avant de retomber à 2, et il est actuellement remonté à 3,5.
Ces variations de très forte amplitude sont hors norme et masquent la réalité du marché, puisqu’en reprenant les chiffres des tableaux ci-dessus on peut calculer que les nTLDs dans leur ensemble, hormis les 5 premiers, ont gagné 90 000 noms en mars (1,26 - 1,17) : eux sont donc en progression, même si celle-ci reste modeste et peu représentative des situations particulières de chacun.

Le marché des noms de domaine vu par Verisign (4e trimestre 2020)

La Verisign Industry Brief (1, 2) publiée en novembre couvre le 4e trimestre 2020. Cette période concerne donc les mois du second confinement en France et dans de nombreux autres pays. Les données permettent d’avoir une vue d’ensemble sur l’année 2020. Rappelons que les chiffres de Verisign, que nous reproduisons sans rien y changer, nous paraissent biaisés :
a) parce qu’ils additionnent le .COM et le .NET, qui suivent des trajectoires opposées ; la performance globale affichée amoindrit celle du .COM tout en cachant celle du .NET.
b) parce qu’ils intègrent des « penny TLDs » fortement volatiles comme le .TK, avec pour effet de surévaluer l’importance des variations positives ou négatives.
Ces limites étant rappelées, que nous disent les chiffres ?
En premier lieu, la croissance des COM & NET en 2020 a été sensiblement identique en 2020 à celle de 2019. Ce « non effet COVID » pourrait s’expliquer par une compensation entre d’une part le boom de créations provoquées dans le monde entier par l’accélération de la transformation numérique, et d’autre part le fort ralentissement de l’activité des domainers chinois. Ce raisonnement se tient à taux de maintenance constant, mais rien n’indique pour l’instant que les suppressions de .COM aient brutalement augmenté en 2020.
Les Autres Legacys ont perdu du stock, mais à un rythme à peine supérieur à ce qu’il était déjà en 2019 (et les années précédentes). Là aussi, pas de variations spectaculaires. Mais l’explication pourrait être différente que dans le cas du .COM. Ces TLDs étant moins touchés par le domaining, l’affaiblissement des créations serait dû à une prioritisation des dépôts qui auraient été moins « défensifs » que d’habitude, ceci étant conjugué à une possible hausse des suppressions à la suite de nettoyages de portefeuilles. Ces « Autres Legacys » relativement peu utilisés (à l’exception sans doute du .ORG) et mal connus du public dans le monde restent des variables d’ajustement dans les portefeuilles.
Les nTLDs perdent 10%, mais comme nous l’avons vu ci-dessus, ce phénomène est largement dû au .ICU et aux autres membres de la top list. Ces variations empêchent de pousser les interprétations plus loin. Sans doute de nombreux nTLDs ont-ils souffert d’une baisse de leurs créations, mais certains qui sont liés à des activités de commerce électronique ont bien sorti leur épingle du jeu.
Les ccTLDs pour leur part sont à peine à l’équilibre, du fait des pertes importantes des .CN, .UK et .TK. Ces extensions masquent la relative prospérité de ce segment en 2020, si l’on en croit les communiqués de nombreux registres de ccTLDs. Les créations liées au contexte COVID ont apparemment privilégié les extensions de proximité sur les extensions génériques, ce facteur étant accentué par le fait que le .COM reste fortement dépendant du marché américain, tandis que dans les autres régions du monde ce sont les ccTLDs qui ont en général la faveur du public.
En somme, le chiffre de Verisign montrant un marché en faible croissance en 2020 (en chute notable par rapport à la croissance de 2019) est un faux-ami qui ne nous dit pas grand-chose sur sa réalité. Après avoir « encaissé » le choc positif pour lui des créations liées aux confinements, le marché des noms de domaine va devoir affronter en 2021, à partir d’avril, les arrivées à échéance des noms déposés il y a un an. Il va devoir aussi compter sur les effets tantôt positifs, tantôt négatifs, de la situation persistante, entre « transformation numérique » et crise économique de moins en moins latente. Le phénomène sera long à décanter, car les horizons sont différents : les créations sont immédiates tandis que les suppressions liées aux défaillances d’entreprises mettront plus de temps à se concrétiser.

(1) Verisign Q4 2020 Domain Name Industry Brief: 366.3 Million Domain Name Registrations in Q4 2020
https://www.circleid.com/posts/20210304-verisign-q4-2020-domain-name-industry-brief-366-3-million-domains/
(2) Domain industry shrank in Q4, but as usual there’s a big BUT
http://domainincite.com/26389-domain-industry-shrank-in-q4-but-as-usual-theres-a-big-but



Samedi 27 Mars 2021
Loic Damilaville
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