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Qui sommes-nous?

Loïc Damilaville


Editeur de DNS News depuis 1998, Loïc Damilaville travaille depuis 1997 sur les problématiques liées aux noms de domaine.

Il a fondé en 2005 le Club Noms de domaine, destiné à réunir les personnes en charge des noms de domaine au sein des grandes enteprises.

Il est auteur du Livre blanc sur la gestion des noms de domaine parrainé par l'ACSEL, l'AFNIC, l'APCE, l'APRAM, la CCIP, le CEFAC, le CIGREF, le Club de l'économie numérique, l'INPI, l'ISOC France, le MEDEF, le Ministère de l'économie, des finances et de l'emploi, et l'Union des Fabricants.

Loïc Damilaville est adjoint au directeur général de l'AFNIC.

Il mène aussi des missions de conseil auprès des grands comptes pour les assister dans l'élaboration, la mise en place et le suivi de leurs stratégies de nommage et de présence sur internet.

Contact:
loic[at]dns-news.fr
ou 01 49 73 79 06

Edito mars 2022 : l’heure de vérité pour la gouvernance de l’Internet



Etat statistique des nTLDs au samedi 26 mars (données publiées)

Les nTLDs ont continué de progresser en mars, dépassant les 28.5 millions de noms. Le nombre de registrars proposant des nTLDs est toujours orienté à la hausse.
La reprise amorcée depuis l’été 2021 se poursuit et le seuil des 29 millions de février 2021 pourrait être à nouveau franchi au T2 2022. Cependant la hausse de mars est essentiellement due au Top 5.
Les 5 premiers nTLDs représentent en effet 360 000 noms sur la progression de 482 000 enregistrée en mars soit 75%. On peut craindre que cette croissance alimentée par des noms de domaine low cost ou quasi gratuits ne soit aussi fragile que les précédentes.

L’agression russe contre l’Ukraine : un « acid test » pour la gouvernance de l’Internet.

Déclenchée le 24 février, l’agression russe contre l’Ukraine est source d’émotion et d’indignation, mais aussi d’une infinité de renseignements à bien des égards. Nous essaierons ici de l’analyser froidement sous l’angle de la gouvernance de l’internet, en évitant d’entrer dans des polémiques à caractère politique. Ce qui nous intéresse ici n’est pas tant le fond du conflit lui-même que son rôle de révélateur sur le fonctionnement de la gouvernance. La crise a en effet fait apparaître au grand jour des réalités dont on se doutait bien mais qui étaient restées jusqu’à présent enfouies sous la surface.

L’Internet, arme de destruction massive potentielle

Le premier enseignement est que l’Internet peut être utilisé non seulement comme champ de bataille, ce que l’on savait depuis longtemps, mais aussi comme arme de guerre à l’égard d’un pays entier. En demandant (1) à l’ICANN la suppression pure et simple des TLDs russes de la racine (.RU, .РФ et .SU) l’Ukraine n’utilisait plus internet comme champ de bataille. Elle voulait tout simplement supprimer la Russie de l’Internet, ou tout au moins les sites russes fonctionnant sous leurs TLDs nationaux. Ce qui, à l’échelle de l’Internet, est l’équivalent d’une bombe atomique ciblant un pays mais aussi tous ceux qui, pour une raison ou pour une autre, utilisent des services reposant sur ses TLDs. Notons que la Russie pouvait elle aussi avoir intérêt à éliminer le .UA, ce qui a contraint le TLD à s’exiler (2).

Un système de gouvernance dépendant techniquement et politiquement des Etats-Unis

Le second enseignement découle du fait que la structure actuelle de la gouvernance de l’Internet est très centralisée puisque la « racine » dépend de la fonction IANA gérée depuis les Etats-Unis sous l’égide de l’ICANN. Cette « fonction IANA » a autorité sur l’opérateur du serveur racine A aujourd’hui géré par Verisign et sur lequel les autres serveurs racine viennent se répliquer. Si l’ICANN décidait de supprimer un TLD, elle pourrait en donner instruction à Verisign qui n’obtempèrerait qu’après avoir reçu l’accord de la NTIA – la branche du Department of Commerce supervisant les affaires de gouvernance de l’Internet.
La NTIA a certes dû abandonner tout « contrôle » effectif sur les décisions de l’ICANN, mais elle a toujours eu un rôle de validation « administrative » – et hautement politique – sur les demandes de l’IANA adressées à Verisign. Il est douteux que dans un cas aussi grave que la suppression d’un ccTLD contre le gré d’un pays – acte de guerre s’il en est – le gouvernement américain laisse faire sans s’en mêler (et ne pas être à l’initiative de l’opération). La gouvernance au point de vue géopolitique reste donc fondamentalement soumise aux Etats-Unis, pour le meilleur et pour le pire. Certains Etats comme la Chine, mais aussi la Russie et quelques autres, avaient depuis longtemps émis des réserves ou des protestations quant à cet état de fait. La réalité a aujourd’hui prouvé que ces préoccupations étaient bien fondées.

Une réflexion à chaud sur la neutralité et l’unicité de l’Internet

La demande ukrainienne a suscité à chaud de profondes interrogations non seulement sur l’organisation de la gouvernance, mais aussi sur la finalité de l’Internet elle-même. La question posée à l’ICANN était de savoir si elle acceptait de collaborer à cet ultima ratio qu’est la suppression hostile d’un ccTLD de l’Internet (3). La réponse, du moins pour l’instant, a été négative (4) et cette approche est partagée par de nombreux organismes dont dépend le fonctionnement technique de l’Internet (5-12), dont l’Afnic (13) et le ccNSO de l’ICANN (14). Ces organismes mettent avant la neutralité de l’Internet en tant que valeur fondamentale de celui-ci.
Outre les dommages potentiellement vitaux occasionnés à de nombreux innocents, une telle action aurait en effet pour conséquence probable la fin de l’Internet tel que nous le connaissons aujourd’hui. La Russie a certainement pris ses précautions pour pouvoir continuer à faire fonctionner ses ccTLDs en autarcie. « L’Internet russe » serait coupé de l’Internet mondial, mais il ne s’effondrerait pas pour autant. Mais surtout, la concrétisation d’une telle menace pourrait faire basculer des pays hostiles à ce système de racine unique dans un schéma où ils se doteraient de leur propre racine nationale, quitte à connecter cette racine avec d’autres. Dans ce scénario alternatif, on imagine sans peine un internet « eurasiatique » qui naîtrait de la réunion des « racines » russe et chinoise, peut-être bientôt rejointes par l’Inde et d’autres pays dont les relations avec Washington ne sont pas des plus amicales.
L’ICANN est donc parfaitement dans son rôle en refusant de supprimer les extensions russes, quels que soient les sentiments personnels de ses dirigants (15) et les pressions qui s’exercent sur eux (16). En revanche, l’organisation californienne semble tentée de profiter des circonstances pour solder le dossier du .SU qui chagrine depuis des années son âme bureaucratique (17, 18). Le .SU correspond en effet au code de l’URSS de triste mémoire. Lorsque l’ICANN voulut jadis appliquer le règlement stipulant que les ccTLDs doivent correspondre aux codes pays de la liste ISO 3166-1, de nombreux titulaires russes dépendant de noms en .SU protestèrent avec véhémence. La presse anglo-saxonne les avait naturellement qualifiés de nostalgiques de l’époque stalinienne, mais les choses en étaient restées là. Aujourd’hui, une fenêtre d’opportunité s’est ouverte pour éliminer à moindre frais cette anomalie insupportable tout en faisant plaisir à ceux qui veulent que l’ICANN « ne reste pas inactive ».

La chasse aux Russes est ouverte

Dans le climat d’émotion légitime suscité par l’agression russe, « l’inaction » semble être une position difficile à soutenir si l’on en juge par l’ardeur combative de nombreux acteurs de la gouvernance.
On voit le CENTR exclure les représentants du registre russe (19), le registre britannique Nominet « suspendre » tous les registrars russes (20) et le tchèque CZ.NIC protéger son TLD de tout risque de prolifération de la propagande russe par son intermédiaire (21). Quant aux fournisseurs d’accès, il est possible qu’ils n’aient pas été en reste mais sans le dire ouvertement. Ainsi du site du registre russe (ccTLD.ru) naturellement hautement suspect de convoyer de la propagande, qui est inaccessible depuis la France tout en étant consultable à partir d’autres pays. Il est sans doute jugé sage de protéger les utilisateurs, pour leur propre bien naturellement, des mensonges auxquels ils pourraient être exposés lorsque ceux-ci proviennent de Russie.
Peut-être certains de ces acteurs auraient-ils dû réfléchir au fait qu’étant dotés par leurs fonctions techniques du pouvoir de vie et de mort sur les services internet dépendant de leurs extensions, ils s’exposent, en les utilisant sans instruction d’autorités légitimes, à endosser ultérieurement toute la responsabilité de laisser actifs des services ou sites parfois nettement plus dérangeants que les pages personnelles d’étudiants russes. Si l’on prend sur soi de couper « préventivement » des sites russes, alors comment justifier de ne pas faire la même chose à l’égard de sites pédo-pornographiques ou utilisés à des fins criminelles ? Jusqu’à présent les registres et registrars signalaient en général ces sites aux autorités compétentes lorsqu’ils les détectaient, mais en attendant l’instruction légale d’agir pour couper les noms de domaine. Il s’agit en outre, dans le cas présent, de censure d’ordre politique, dont le besoin « massif » n’est pas avéré puisque certains des sites russes rendus inaccessibles auraient probablement pu servir à convoyer en Occident une opinion dissidente de la position officielle de leur gouvernement.
Des jalons ont bougé, et des précédents ont été créés.
Les registrars ont eux aussi participé à la curée. L’Américain GoDaddy a entre autres décidé de cesser de commercialiser des .RU et de ne plus accepter les paiements en roubles (22). L’Allemand IONOS « chasse » ses clients russes (23), emboîtant le pas à Namecheap (24) et suivi par 101domain (25). Sedo n’est pas en reste (26), ce qui évidemment ne fera pas l’affaire des domainers tant russes qu’occidentaux, puisque les vendeurs et les acquéreurs se répartissaient sans doute des deux côtés du nouveau rideau de fer digital qui s’est formé depuis quelques semaines. Citons enfin le Français Gandi (27), qui parmi les registrars ayant publiquement affirmé leur position est le seul à avoir refusé de s’engager dans la « chasse aux Russes » tout en affirmant son soutien à l’Ukraine.
Le résultat de toutes ces actions de bonne volonté ne se fera pas attendre. Les utilisateurs russes n’ont plus beaucoup d’autre choix que de passer par des bureaux d’enregistrement russes, beaucoup plus susceptibles d’être soumis aux autorités russes que GoDaddy ou Ionos. On peine à imaginer l’heureuse surprise des responsables du Kremlin voyant se refermer sur leurs citoyens les dernières portes encore ouvertes pour échapper au contrôle des autorités. Inspirées par des sentiments pour la plupart nobles et légitimes, certaines sanctions irréfléchies conduisent à la remise en cause de principes fondateurs, quand elles n’aboutissent pas à la solidarisation de la population russe avec des dirigeants dont elle aurait pu vouloir se distancier si on ne les avait pas hâtivement rejetés dos à dos.




UDRP : quelques chiffres

Les dernières données publiées (28) montrent que le nombre d’UDRP a dépassé les 5 000 en 2021, avec une croissance de 22% par rapport à 2020, laquelle montrait déjà une progression. La dynamique s’est notablement accentuée depuis 2018. En 2021 les requérants étaient orignaires de 132 pays, 35% des cas émanent des Etats-Unis, 19% de France, 9% du Royaume-Uni. Ils appartenaient principalement aux secteurs de la Banque et Finance (13%), de l’Internet et des nouvelles technologies (13%) et de la Biotechnologie et de la Pharmacie (11%).
Le rapport de l’ICANN (29) indique que les requérants ont gagné dans 78% des cas depuis le début de l’UDRP, un chiffre ne prenant pas en compte les cas retirés et résolus entre les parties. Selon un expert, les plaignants auraient en réalité pu récupérer les noms litigieux dans 92% des cas.

Controverse persistante autour des « closed generic gTLDs » lors du futur round ICANN

Les « closed generic gTLDs » sont des termes du dictionnaire qu’un délégataire réussi à s’approprier en s’en réservant l’usage. Il en existe un certtain nombre depuis 2014, mais ces cas restent assez controversés. Aucun consensus quant à leur autorisation ou à leur interdiction lors du prochain round n’ayant été atteint, l’ICANN s’oriente pour l’instant pour le statu quo, c’est-à-dire pour l’autorisation. Cette position n’est pas du goût du GAC (Goverment Advisory Comittee) (30). Il reste encore bien des cailloux sur le chemin qui mène au 2e round…


(1) Ukrainian Representatives to ICANN Ask for Russia’s Domain to Be Revoked, Local DNS Root Servers Shut Down
https://circleid.com/posts/ukrainian-representatives-to-icann-ask-russias-domain-to-be-revoked-local-dns-shut-down
(2) As Russia advances on Kyiv, .ua moves out-of-country
https://domainincite.com/27565-as-russia-advances-on-kyiv-ua-moves-out-of-country?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=as-russia-advances-on-kyiv-ua-moves-out-of-country
(3) The Danger of Weaponising the DNS in the Ukraine Russia Conflict and Good News
https://circleid.com/posts/20220312-danger-of-weaponising-the-dns-in-the-ukraine-russia-conflict-and-good-news
(4) ICANN rejects Ukraine's request to block Russia from the internet
https://www.zdnet.com/article/icann-rejects-ukraines-request-to-block-russia-from-the-internet/
(5) Why Over Compliance With Sanctions at Internet Infrastructure Level Can Have Devastating Effects on Ordinary People
https://circleid.com/posts/20220307-why-over-compliance-with-sanctions-at-the-internet-infrastructure-level-can-have-devastating-effects
(6) Ukraine asks ICANN to turn off Russia’s internet, but it’s a bad idea
https://domainincite.com/27580-ukraine-asks-icann-to-turn-off-russias-internet-but-its-a-bad-idea?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=ukraine-asks-icann-to-turn-off-russias-internet-but-its-a-bad-idea
(7) How Not to Take Russia Off the Internet
https://circleid.com/posts/20220307-how-not-to-take-russia-off-the-internet
(8) The unintended consequences of severing Russia from the internet
https://www.centr.org/index.php?option=com_acym&ctrl=fronturl&task=click&urlid=322&userid=42&mailid=74
(9) ICANN and the Global Public Interest
https://domainnamewire.com/2022/03/07/icann-and-the-global-public-interest/
(10) Ukraine, Russia and internet policy
https://domainnamewire.com/2022/02/28/ukraine-russia-and-internet-policy/
(11) How the domain ecosystem is responding to Russia’s invasion of Ukraine
https://domainnamewire.com/2022/03/02/how-the-domain-ecosystem-is-responding-to-russias-invasion-of-ukraine/
(12) Creating a Russian No-Cyber Zone
https://circleid.com/posts/20220305-creating-a-russian-no-cyber-zone
(13) L’Afnic déconseille fortement le retrait des TLD russes de la racine d’Internet
https://www.nextinpact.com/lebrief/50005/lafnic-deconseille-fortement-retrait-racine-dinternet-tlds-russes
(14) ccNSO Council Statement on the neutrality of the ccNSO – 4 March 2022
https://ccnso.icann.org/en/workinggroups/council-statement-04mar22-en.pdf
(15) ICANN bigwigs support sanctions on Russian domains
https://domainincite.com/27643-icann-bigwigs-support-sanctions-on-russian-domains
(16) ICANN, RIPE, and ISP War Crime Complicity Exposure
https://circleid.com/posts/20220306-icann-ripe-and-isp-war-crime-complicity-exposure
(17) Maybe now’s the time for ICANN to start dismantling the Soviet Union
https://domainincite.com/27553-maybe-nows-the-time-for-icann-to-start-dismantling-the-soviet-union?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=maybe-nows-the-time-for-icann-to-start-dismantling-the-soviet-union
(18) Soviet Union “no longer considered eligible for a ccTLD”, ICANN chair confirms
https://domainincite.com/27636-soviet-union-no-longer-considered-eligible-for-a-cctld-icann-chair-confirms?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=soviet-union-no-longer-considered-eligible-for-a-cctld-icann-chair-confirms
(19) The CENTR Board suspends Coordination Center for TLD RU/РФ’s membership
https://www.centr.org/news/news/suspension-ru.html
(20) Nominet Suspends Russian Registrars
https://www.internetnews.me/2022/03/10/nominet-suspends-russian-registrars/
(21) CZ.NIC blocked websites spreading disinformation concerning the russian-ukrainian conflict
https://www.nic.cz/page/4301/cznic-blocked-websites-spreading-disinformation-concerning-the-russian-ukrainian-conflict/
(22) GoDaddy stops selling .ru domains, commits money to support Ukraine
https://domainincite.com/27602-godaddy-stops-selling-ru-domains-commits-money-to-support-ukraine
(23) Now IONOS kicks out Russian customers
https://domainincite.com/27597-now-ionos-kicks-out-russian-customers
(24) Namecheap boss goes nuclear on Russian customers
https://domainincite.com/27570-namecheap-boss-goes-nuclear-on-russian-customers
(25) 101domain throttles its business in Russia
https://domainincite.com/27648-101domain-throttles-its-business-in-russia
(26) Now Sedo pulls the plug on Russians
https://domainincite.com/27630-now-sedo-pulls-the-plug-on-russians
(27) Gandi says it supports Ukraine but WON’T cut off Russians
https://domainincite.com/27599-gandi-says-it-supports-ukraine-but-wont-cut-off-russians
(28) UDRP cases in WIPO increased by 22% in 2021
https://onlinedomain.com/2022/03/21/domain-name-news/udrp-cases-in-wipo-increased-by-22-in-2021/
(29) ICANN publishes UDRP data and asks for feedback
https://domainnamewire.com/2022/03/04/icann-publishes-udrp-data-and-asks-for-feedback/
(30) Closed generic gTLDs likely to be allowed, as governments clash with ICANN
https://domainincite.com/27650-closed-generic-gtlds-likely-to-be-allowed-as-governments-clash-with-icann


Samedi 26 Mars 2022
Loic Damilaville
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