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Qui sommes-nous?

Loïc Damilaville


Editeur de DNS News depuis 1998, Loïc Damilaville travaille depuis 1997 sur les problématiques liées aux noms de domaine.

Il a fondé en 2005 le Club Noms de domaine, destiné à réunir les personnes en charge des noms de domaine au sein des grandes enteprises.

Il est auteur du Livre blanc sur la gestion des noms de domaine parrainé par l'ACSEL, l'AFNIC, l'APCE, l'APRAM, la CCIP, le CEFAC, le CIGREF, le Club de l'économie numérique, l'INPI, l'ISOC France, le MEDEF, le Ministère de l'économie, des finances et de l'emploi, et l'Union des Fabricants.

Loïc Damilaville est adjoint au directeur général de l'AFNIC.

Il mène aussi des missions de conseil auprès des grands comptes pour les assister dans l'élaboration, la mise en place et le suivi de leurs stratégies de nommage et de présence sur internet.

Contact:
loic[at]dns-news.fr
ou 01 49 73 79 06

IL Y A DIX ANS - DNS News n°129 – Janvier 2009



Second marché en pleine forme et nouvelles extensions en panne

Le rapport Sedo du second marché des noms de domaine publié ce mois-ci (1) met en lumière l’excellente santé du second marché en 2008, avec le franchissement du seuil des 50 millions d’euros en volume transactionnel. Les statistiques sont éloquentes avec 35% de croissance par rapport à 2007 en nombre de transactions, mais des phénomènes contrastés se sont faits jour durant ces derniers mois. Le prix moyen est ainsi en réduction de 21%, un chiffre qui masque différentes lignes de fractures.
Tout d’abord, le « prix moyen » ne signifie pas grand-chose dans un marché où une poignée de noms se vendent plusieurs centaines de milliers de dollars sinon quelques millions, tandis que la grande majorité des transactions tourne plutôt autour de quelques centaines de dollars. La baisse constatée signifie essentiellement que les très fortes valorisations sont en repli (2), mais on ne peut en tirer de conclusions définitives quant à la « base » du marché, c’est-à-dire les 95% de transactions de montants faibles ou modérés qui sont pour leur part peut-être en hausse (l’étude Sedo ne fournit pas ce détail).
Seconde ligne de fracture, la dissociation d’extensions génériques plutôt orientées à la baisse (du fait notamment des très fortes valorisations mentionnées ci-dessus) et d’extensions géographiques encore orientées à la hausse, phénomène que l’on peut expliquer par une certaine saturation des génériques en regard des « marchés émergents » constitués par les extensions géographiques, riches d’opportunités et jusqu’à présent relativement sous-valorisées.
L’étude Sedo ne cache pas cependant qu’un ralentissement s’est fait jour en nombre de transactions au dernier trimestre 2008, attribuant cette évolution à l’impact de la crise. Morosité passagère ou crise plus profonde liée à la désillusion de certains domainers déçus par les rendements décroissants des systèmes de parking (3) ? On peut aussi penser que ce marché littéralement dopé par l’arrivée des fonds d’investissement en 2006-2007 risque d’être confronté à une crise de liquidités, certains acteurs commençant d’ailleurs déjà à céder des noms « stratégiques » pour pouvoir financer leurs activités.
La tendance observée sur le Second marché, où les extensions génériques stagnent ou sont moins recherchées alors que les extensions géographiques sont toujours en forte expansion, paraît se retrouver dans les mêmes termes sur le Premier marché, celui des enregistrements. Un rapport de la société australienne MAP (4) note cette tendance duale tout en s’efforçant de chiffrer le secteur des noms de domaine dans son ensemble. Selon cette étude, la croissance du marché au niveau mondial aurait été de 20% en 2008 (15% pour les génériques), avec 185 millions de noms déposés et une trajectoire à de près de 300 millions de noms en 2011. En volume, le chiffre d’affaires du secteur est estimé à 3.6 milliards de dollars aujourd’hui et à 5.3 milliards en 2011. Ces projections sont toutefois à prendre avec réserves, car la crise économique et le processus de créations de nouvelles extensions pourraient fortement biaiser les hypothèses qui sous-tendent l’analyse, même si celles-ci sont déjà conservatrices.
Le « front » des nouvelles extensions paraît pour sa part devoir connaître une accalmie après l’effervescence du second semestre 2008. Suite au courrier reçu du DoC le 18 décembre dernier, l’ICANN a dû revoir à la baisse ses ambitions et admettre qu’un certain nombre de questions de fond devaient être tranchées avant de pouvoir créer ces extensions (5). Un aveu de bon sens qui décale le calendrier prévisionnel sans que de nouveaux jalons puissent facilement être identifiés. La réunion ICANN de Mexico, début mars, nous en dira sans doute plus.
Une certaine littérature continue de fleurir sur le sujet, certains s’efforçant de prouver par la logique (6) que des centaines de nouvelles extensions ne coûteraient pas plus cher aux ayant droits : l’exercice de style mérite d’être signalé, car le bon sens s’oppose ici à la démonstration logique... D’autres s’interrogent toujours sur le sens pour les entreprises de candidater à leur « DotBrand », les arguments développés par DomainWire (7) me paraissant tout-à-fait pertinents sur le court-moyen terme mais peut-être exagérément pessimistes quant à l’appropriation de ces nouveaux « outils » par les utilisateurs si un nombre critique vient à être dépassé.
Toujours dans cette mouvance liée aux nouvelles extensions, une étude approfondie réalisée par Paul Stahura (8) sur les noms de domaine enregistrés sous diverses extensions mérite d’être lue. Prouvant statistiquement que les ayant droits ne protègent pas leurs marques dans toutes les extensions génériques, et a fortiori dans l’ensemble des extensions, l’auteur en déduit qu’ils ne protègeront vraisemblablement pas ces marques dans toutes les nouvelles extensions. Par conséquent, l’intérêt économique de créer une extension DotBrand n’est pas avéré dans la logique où cette DotBrand serait censée remplacer les enregistrements réalisés dans les autres extensions. Ce qui est ici analysé d’un strict point de vue défensif et économique peut aussi être envisagé sous l’angle marketing : on peut difficilement croire qu’une entreprise quelle qu’elle soit puisse faire du jour au lendemain l’économie de tous les noms de domaine génériques et géographiques sur lesquels elle a capitalisé depuis 10 ans en termes de notoriété, de trafic et de référencement. Aussi peut-on douter de l’intérêt d’un DotBrand si le seul objectif était d’abandonner tous ces noms. Non seulement elle n’y aurait pas intérêt du point de vue de sa visibilité sur internet, mais le risque de voir des tiers se jeter sur ces noms précieux devrait dissuader les responsables Noms de domaine d’abandonner brutalement les joyaux de leurs couronnes.
(1) Rapport Sedo 2008 du second marché des noms de domaine
http://www.sedo.fr/presse/EtudeMarcheSedo2008.pdf
(2) Domain Industry Tops and Flops of 2008
http://www.sedo.com/links/showhtml.php3?Id=2282
(3) The State of the Industry January 2009: 15 Leading Experts Break Down What Went Wrong in 2008 and Predict What Will Happen in 2009. Voir notamment:
« The PPC (pay per click) business was the first to run aground, falling by close to 50% according to most accounts. By the third quarter rough water had started roiling the aftermarket as well. That storm was still intensifying when the end of the year arrived and damage was becoming evident, especially at the high end of the market.”
http://www.dnjournal.com/cover/2009/january.htm
Voici au passage, pour les passionnés de cette problématique des mots-clefs et du PPC, deux autres articles traitant de ce sujet. Le premier (a) évoque la fraude aux clics, apparemment toujours d’actualité, et le second (b) les relations complexes entre les marques et les mots-clefs commercialisés par les moteurs de recherche.
(a) Click Fraud Higher Than Ever Reaching 17.1% in Q4 2008
http://www.domainnamenews.com/news/click-fraud-higher-than-ever-reaching-171-in-q4-2008/3833
(b) Keywords - debate intensifies as Dutch court raises questions with the ECJ
http://www.domainnews.com/en/general/keywords-debate-intensifies-as-dutch-court-raises-questions-with-the-ecj.html
(4) MAP Research Releases Global Domain Registration Industry Report
http://www.domainnews.com/en/general/map-research-releases-global-domain-registration-industry-report.html
(5) L’Icann freine sur l’implémentation des nouvelles extensions
http://www.mailclub.info/article.php3?id_article=969
(6) Logical Deduction on Why New TLDs Will Not Increase Costs for Trademark Holders
http://www.circleid.com/posts/20090202_new_tlds_no_increase_cost_trademark_holders/
(7) Why .eBay and .IBM Make No Sense
http://domainnamewire.com/2009/01/26/why-ebay-and-ibm-make-no-sense/
(8) Analysis of Domain Names Registered Across Multiple Existing TLDs and Implications for New gTLDs
http://www.circleid.com/posts/20090202_analysis_domain_names_registered_new_gtlds/


Vendredi 1 Février 2019
Loic Damilaville
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