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Qui sommes-nous?

Loïc Damilaville


Editeur de DNS News depuis 1998, Loïc Damilaville travaille depuis 1997 sur les problématiques liées aux noms de domaine.

Il a fondé en 2005 le Club Noms de domaine, destiné à réunir les personnes en charge des noms de domaine au sein des grandes enteprises.

Il est auteur du Livre blanc sur la gestion des noms de domaine parrainé par l'ACSEL, l'AFNIC, l'APCE, l'APRAM, la CCIP, le CEFAC, le CIGREF, le Club de l'économie numérique, l'INPI, l'ISOC France, le MEDEF, le Ministère de l'économie, des finances et de l'emploi, et l'Union des Fabricants.

Loïc Damilaville est adjoint au directeur général de l'AFNIC.

Il mène aussi des missions de conseil auprès des grands comptes pour les assister dans l'élaboration, la mise en place et le suivi de leurs stratégies de nommage et de présence sur internet.

Contact:
loic[at]dns-news.fr
ou 01 49 73 79 06

IL Y A DIX ANS - DNS News n°137 – septembre 2009



Un marché rattrapé par la morosité ambiante

La lettre de Verisign, devenue avec le temps une source de référence pour les professionnels, fait état d’évolutions préoccupantes dans son numéro de septembre portant sur le 2e trimestre 2009 (8). Le nombre de noms de domaine déposés dans le monde n’a certes jamais été aussi important, à 184 millions. La croissance reste positive : 9% au global dont 14% pour les extensions géographiques, qui continuent de se développer plus vite que les extensions génériques comme le .COM ou le .ORG. Mais ces quelques chiffres trahissent déjà le mal dont souffre le marché : la croissance s’affaiblit de mois en mois depuis un an. Le rapport de septembre 2008 annonçait en effet (9) une croissance annuelle de 22% dont 27% pour les extensions géographiques, qui ont réussi à conserver leur écart de 5 points à la moyenne en 2009. Mais les extensions génériques, qui représentent plus de la moitié des noms déposés, semblent particulièrement souffrir de la crise. En termes de nouveaux enregistrements d’abord, avec une chute de 15% des dépôts ; en termes de renouvellements ensuite, le taux étant passé de 74% au 2e trimestre 2008 à 70% au 2e trimestre 2009. On peut aussi noter, sans que ce soit nécessairement corrélé, que le parking semble gagner du terrain : les sites d’une seule page représentaient 24% des sites en .COM et .NET au T2 2009 contre 22% au T2 2008. Les sites comprenant plusieurs pages perdent pour leur part 3 points, de 68% à 65%. Et les noms inactifs représentaient 11% contre 10% un an auparavant.
Jusqu’alors « miraculé », le marché des noms de domaine a donc encaissé en 2009, avec un certain décalage, les effets de la morosité économique. Encore faut-il souligner qu’on ne parle pas ici de la récession qui frappe d’autres secteurs : tout au plus s’agit-il d’un ralentissement prononcé de la croissance. Mais celui-ci peut causer bien des dégâts chez certains opérateurs dont les modèles économiques étaient fondés sur des marges faibles sur les noms de domaine combinées à de plus fortes marges sur des produits complémentaires. La baisse des nouveaux enregistrements s’ajoutant à la perte de terrain des « sites à plusieurs pages » laisse à penser que le phénomène révélé par les statistiques des noms de domaine est beaucoup plus profond.
Face à cette situation préoccupante, mais encore loin d’être désespérée, les registrars disposent de quatre possibilités (10). La première consiste à accentuer les efforts d’évangélisation auprès des personnes physiques qui n’ont pas encore découvert l’intérêt de posséder leur propre nom de domaine (de nombreux registres signalent que le segment des particuliers est nettement plus dynamique que celui des entreprises, déjà bien équipées). La deuxième stratégie se focalise sur les parts de marché, nouveaux enregistrements comme transferts de portefeuille. De plus en plus, les registrars devront séduire dans l’instant comme sur la durée et surveiller leur taux de fidélisation clients. La troisième est liée à l’exploitation des bases clients, avec l’objectif de vendre plus à chaque client en enrichissant les offres autour des noms de domaine. La quatrième stratégie enfin consiste à essayer de vendre toujours plus d’extensions à chaque client. Bien que cette approche semble avoir montré ses limites lors des introductions des dernières nouvelles extensions (.MOBI, .ASIA, .TEL...) elle repose sur la conviction fondée que toute nouvelle extension, même si elle ne draine que 100 000 noms de domaine supplémentaires, profite potentiellement à tous les acteurs. Le cas du .ME est un bon exemple de génération spontanée de marché.
La situation économique incertaine du marché des noms de domaine va peser lourd dans les semaines à venir sur les positions de la communauté des registrars à l’égard des nouvelles extensions. En effet, la « planche à billets » envisagée par l’ICANN est celle des quatre stratégies qui coûte le moins cher. La première peut s’avérer très onéreuse en termes de communication ; la seconde débouche presque inévitablement sur des guerres de tarifs qui tuent les plus faibles ; la troisième exige des évolutions de l’offre que certains registrars spécialisés dans les noms de domaine ne pourront pas facilement apporter, au risque de voir leurs clients préférer des concurrents capables de proposer plus au même prix. La quatrième stratégie est pour sa part comparable à une sorte de vague sur laquelle surferait le registrar qui ne peut se permettre les trois premières. Mais ce schéma qui a prévalu depuis une décennie pourra-t-il être encore longtemps maintenu ?


(8) Verisign Domain Name Report septembre 2009
http://www.verisign.com/domain-name-services/domain-information-center/domain-name-resources/domain-name-report-sept09.pdf
(9) Verisign Domain Name Report septembre 2008
http://www.verisign.com/domain-name-services/domain-information-center/domain-name-resources/domain-name-report-sept08.pdf
(10) As New Domain Registrations Fall, Domain Registrars Get Desperate
http://domainnamewire.com/2009/09/22/as-new-domain-registrations-fall-domain-registrars-get-desperate/



Samedi 28 Septembre 2019
Loic Damilaville
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