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Qui sommes-nous?

Loïc Damilaville


Editeur de DNS News depuis 1998, Loïc Damilaville travaille depuis 1997 sur les problématiques liées aux noms de domaine.

Il a fondé en 2005 le Club Noms de domaine, destiné à réunir les personnes en charge des noms de domaine au sein des grandes enteprises.

Il est auteur du Livre blanc sur la gestion des noms de domaine parrainé par l'ACSEL, l'AFNIC, l'APCE, l'APRAM, la CCIP, le CEFAC, le CIGREF, le Club de l'économie numérique, l'INPI, l'ISOC France, le MEDEF, le Ministère de l'économie, des finances et de l'emploi, et l'Union des Fabricants.

Loïc Damilaville est adjoint au directeur général de l'AFNIC.

Il mène aussi des missions de conseil auprès des grands comptes pour les assister dans l'élaboration, la mise en place et le suivi de leurs stratégies de nommage et de présence sur internet.

Contact:
loic[at]dns-news.fr
ou 01 49 73 79 06

IL Y A DIX ANS - DNS News n°140 – Décembre 2009



Vivent les IDNs !

Les quelques semaines de la fin 2009 ont rendu célèbre cet acronyme mystérieux qui signifie « Internationalized Domain Names », du point de vue anglo-saxon bien sûr car il s’agit en réalité de noms de domaines « localisés » dans des graphies particulières, le côté « international » étant perdu. Après la décision de l’ICANN de donner son feu vert aux projets d’extensions « .IDN » en faisant fi des questions jugées bloquantes pour les projets d’extensions « classiques », les candidats se sont multipliés et atteignent aujourd’hui la quinzaine. Sont connus des projets dans la zone cyrillique (Russie, Bulgarie, Ukraine), dans la zone arabophone (Egypte, Tunisie), et bien sûr en Asie (Chine, Hong-kong, Singapour, Japon...). D’autres viendront certainement s’ajouter à cette liste dans les prochaines semaines, et l’ICANN continue de travailler à ce processus (5).
La perspective de voir s’ouvrir des extensions en caractères non latins, si elle est parfois difficile à décoder par les média (6), a semble-t-il agi comme un stimulant sur plusieurs registres qui lancent ces jours-ci les enregistrements en caractères non latins dans leurs extensions respectives. Phénomène soudain d’autant plus étonnant que le standard est techniquement au point depuis 2003, et que c’est bien l’absence d’intérêt des registrars comme des utilisateurs pour cette possibilité technique qui a ralenti sa diffusion. Les extensions ayant proposé ces noms de domaine en « langage naturel » affichent en effet, après plusieurs années d’activité, des taux de pénétration de l’ordre de 5% en moyenne, ce qui ne peut être qualifié de bouleversant (la proportion de titulaires communiquant réellement et uniquement sur leurs adresses IDN est bien entendu encore plus faible). Cette demande ténue en Europe se retrouve moins en Asie, mais cette région possède ses usages propres en matière d’identifiants sur Internet, et les noms de domaine ont par exemple à subir la concurrence des mots-clefs, eux aussi en langage naturel. Tout comme pour les futurs « .IDN » où l’on voit se dessiner assez précisément des intentions politiques plutôt qu’économiques, ces évolutions des chartes semblent plus répondre à la pression d’un fait extérieur qu’à une véritable demande du marché.
Il ne fait pourtant aucun doute que les noms de domaine en langage naturel sont l’avenir, car le fait de s’habituer à composer les adresses sans accents (pour les « occidentaux »), et dans un alphabet étranger (pour les autres), est assurément une contrainte. Les arguments de type « balkanisation de l’Internet », qui ont fleuri depuis 2000 dans le monde anglo-saxon, sont d’ailleurs de moins en moins recevables à mesure que ledit monde anglo-saxon perd de son poids en termes d’utilisateurs connectés à l’Internet. Pour des millions de personnes en voie de s’approprier internet, les IDN seront le seul format de nommage connu et paraîtront aussi évidents que si les noms « ascii » n’avaient jamais existé, lorsqu’elles surferont dans leur environnement culturel et linguistique.
Car il ne faut pas parer les IDN de vertus qu’ils ne peuvent pas avoir... Ces adresses seront par nature localisées, accessibles au public comprenant leur graphie. Toute ambition de communiquer à l’intention d’une audience mondiale continuera d’être assise sur des adresses « classiques », et sauf exception, aucun entreprise ne s’amputera volontairement d’une chance de vendre ses produits à l’étranger. Les adresses « localisées » seront donc des auxiliaires intéressants, et peut-être un jour stratégiques, dans la conquête de clients locaux. Mais elles ne pourront pas remplacer les noms de domaine traditionnels.
L’impact des futures extensions elles-mêmes est difficile à déterminer. Si certains domainers restent volontairement à l’écart des lancements actuels pour mieux se concentrer sur les « .IDN », force est de constater qu’à court terme c’est l’offre qui va tirer la demande, et que dans ces conditions les paris sont ouverts. Au-delà des éventuels problèmes techniques aux niveaux des systèmes de résolution et des applications, au-delà des intérêts commerciaux de court terme, le discours promotionnel autour des IDN paraît clairement fondé. Mais le retour sur investissement de ces dépôts s’inscrit incontestablement dans le moyen –long terme pour les aspects visibilité, et reste difficile à évaluer d’un point de vue défensif. Si la visibilité d’un nom cybersquatté est faible, la nuisance l’est aussi, et les stratégies défensives doivent être paramétrées en conséquence.

(5) IDNs: Final Report on Three-Character Requirement and Variant Management Now Available for Public Comment
http://www.icann.org/en/announcements/announcement-2-03dec09-en.htm
(6) Poor IDNs. The Media Will Never Understand.
http://domainnamewire.com/2010/01/04/poor-idns-the-media-will-never-understand/


Samedi 4 Janvier 2020
Loic Damilaville
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