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Qui sommes-nous?

Loïc Damilaville


Editeur de DNS News depuis 1998, Loïc Damilaville travaille depuis 1997 sur les problématiques liées aux noms de domaine.

Il a fondé en 2005 le Club Noms de domaine, destiné à réunir les personnes en charge des noms de domaine au sein des grandes enteprises.

Il est auteur du Livre blanc sur la gestion des noms de domaine parrainé par l'ACSEL, l'AFNIC, l'APCE, l'APRAM, la CCIP, le CEFAC, le CIGREF, le Club de l'économie numérique, l'INPI, l'ISOC France, le MEDEF, le Ministère de l'économie, des finances et de l'emploi, et l'Union des Fabricants.

Loïc Damilaville est adjoint au directeur général de l'AFNIC.

Il mène aussi des missions de conseil auprès des grands comptes pour les assister dans l'élaboration, la mise en place et le suivi de leurs stratégies de nommage et de présence sur internet.

Contact:
loic[at]dns-news.fr
ou 01 49 73 79 06

IL Y A DIX ANS - DNS News n°144 - Avril 2010



Le Second Marché en pleine mutation

Les temps sont durs pour beaucoup, mais aussi pour les acteurs du Second Marché et plus généralement pour tous ceux qui avaient fondé leur modèle économique sur la transformation en monnaie sonnante et trébuchante du trafic spontané apporté par les noms de domaine.
Ainsi de Live Current Media (16), l’une des premières sociétés de « domaining » à avoir été cotée en bourse. Résultat : beaucoup de fonds, beaucoup d’achats de noms de domaine intéressants et envolée des prix du marché en 2006-2007. Deux ans plus tard, la gueule de bois a succédé à l’ivresse des premiers temps : à court de cash, la société brade peu à peu les noms de domaine de son portefeuille, n’ayant aucun intérêt à les mettre massivement sur le marché mais contrainte par un burning ratio menaçant de lui être fatal.
Premier acteur du marché, Sedo vient d’annoncer la mise en place de la version bêta de son propre service de publicité en ligne (17). Une réponse ambitieuse, mais probablement inévitable, à la pression continue que font peser les grandes plates-formes déjà en place – dont Google – sur les marges de la société et par contrecoup, sur la rentabilité des noms de domaine qui lui sont confiés en « parking ». Son concurrent Namemedia, qui gère AfterNic et BuyDomains, parie pour sa part sur le renforcement de ses liens avec les gros registrars, comme en témoigne un récent partenariat signé avec Register.com (18). Expert de ce secteur, David Chelly formule (19) un diagnostic sans appel : « Nécessairement, un domaining de troisième génération émergera prochainement. Si les Sedo, DomainSponsor et autres Namedrive continuent à s’accrocher aux dernières branches d’un arbre mort, c’est probablement tant par nostalgie des époques fastes d’argent facile que du fait de l’absence de vision stratégique. Il n’est pas illogique de croire que le renouvellement du secteur entraînera un renouvellement de ses acteurs, et que l’avenir appartient à ceux capables de tirer profit de la valeur intrinsèque des noms de domaine, de manière éthique et durable. »
Le parking et certains registrars entretiennent d’ailleurs des liens aussi étroits que sulfureux, s’il faut en croire un certain nombre de cas d’UDRP (20). Cette pratique, baptisée Warehousing, consiste pour un registrar à pointer vers une page par défaut les noms de domaine déposés par ses clients et non utilisés. Sur cette page figurent des liens payés au clic, le trafic généré par les noms de domaine venant enrichir le registrar sans guère profiter au client heureux d’avoir enregistré un nom sans se douter qu’un autre tire les marrons du feu. Une variante, moins brutale, consiste pour le registrar à faire pointer les noms non utilisés par ses clients vers sa page d’accueil ou vers une page par défaut présentant ses services. Autant de moyens de capter un trafic qui devrait profiter, en toute logique, à ceux qui ont payé pour les noms de domaine... L’idée de partager la valeur de ce trafic et de rémunérer les titulaires en conséquence, pourrait un jour devenir un service différenciant intéressant.
La situation n’est guère meilleure du côté des domainers, qui doivent apprendre, en ces temps périlleux, à défendre leurs noms de domaine contre des tentatives de vols (21, 22). D’après les témoignages recueillis, le point le plus vulnérable du dispositif de sécurité n’est rien d’autre que les supports des registrars concernés, lesquels auraient accepté de fournir aux attaquants les mots de passe des comptes de gestion des noms. Les choses ont apparemment pu être maintenues sous contrôle, mais ces exemples militent pour une formation solide des supports à ces techniques d’attaques « sociales » parfois fort sophistiquées. Ils plaident aussi pour la mise en place de services de « registry lock » au niveau des registres, une double sécurité apportant plus de lourdeur mais permettant de mieux sécuriser des noms stratégiques.

(16) Can Live Current Media Hold On?
http://domainnamewire.com/2010/04/06/can-live-current-media-hold-on/
(17) Sedo Launches Domain Advertising Network
http://domainnamewire.com/2010/04/12/sedo-launches-domain-advertising-network/
(18) In Battle Over Retail Distribution, NameMedia Leaving Sedo in the Dust
http://domainnamewire.com/2010/04/06/in-battle-over-retail-distribution-namemedia-leaving-sedo-in-the-dust/
(19) Vers un Domaining 3.0 ?
http://www.mailclub.info/?vers-un-domaining-3-0,1331
(20) Registrar Ads on “Coming Soon” Pages Need to Be Addressed
http://domainnamewire.com/2010/04/07/registrar-ads-on-coming-soon-pages-need-to-be-addressed/
(21) Warning: YH.com Domain Name Stolen
http://domainnamewire.com/2010/04/02/warning-yh-com-domain-name-stolen/
(22) VL.com Domain Name Stolen, Too. Here’s the Inside Story.
http://domainnamewire.com/2010/04/03/vl-com-domain-name-stolen-too-heres-the-inside-story/

Samedi 2 Mai 2020
Loic Damilaville
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