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Qui sommes-nous?

Loïc Damilaville


Editeur de DNS News depuis 1998, Loïc Damilaville travaille depuis 1997 sur les problématiques liées aux noms de domaine.

Il a fondé en 2005 le Club Noms de domaine, destiné à réunir les personnes en charge des noms de domaine au sein des grandes enteprises.

Il est auteur du Livre blanc sur la gestion des noms de domaine parrainé par l'ACSEL, l'AFNIC, l'APCE, l'APRAM, la CCIP, le CEFAC, le CIGREF, le Club de l'économie numérique, l'INPI, l'ISOC France, le MEDEF, le Ministère de l'économie, des finances et de l'emploi, et l'Union des Fabricants.

Loïc Damilaville est adjoint au directeur général de l'AFNIC.

Il mène aussi des missions de conseil auprès des grands comptes pour les assister dans l'élaboration, la mise en place et le suivi de leurs stratégies de nommage et de présence sur internet.

Contact:
loic[at]dns-news.fr
ou 01 49 73 79 06

IL Y A DIX ANS DNS News n° 145 – Mai 2010



L’ICANN : un budget en hausse permanente

L’aide de l’ICANN, pour autant qu’elle survienne, n’est cependant pas gratuite, comme tous l’ont compris depuis bien longtemps. Le budget 2011 est de l’ordre de 60 millions de dollars (4), en hausse constante par rapport aux années précédentes, et ceci malgré la formation de réserves à hauteur de 47 millions de dollars montrant que l’organisme est loin de dépenser tout ce qu’il perçoit.
Les revenus de l’ICANN sont essentiellement indexés sur le nombre de noms de domaine dans les extensions génériques, sans être directement rattachés à des projets précis qu’il conviendrait de financer. Nous nous trouvons donc dans le schéma original où le problème pour l’ICANN est moins de justifier ses dépenses que de justifier ses revenus. Il faut sans doute voir là la cause principale de la floraison de projets qui voient le jour dans l’organisation, tous n’étant pas reliés à sa mission de coordination technique, loin s’en faut. Et si l’accent est mis sur la transparence des processus décisionnels, cette ardeur ne se retrouve pas dans la présentation des comptes, qui demeurent souvent opaques. Le fait que les questions budgétaires aient été « oubliées » dans le périmètre de compétence des futurs « comités d’audit » en charge de la supervision de la structure est particulièrement significatif.
A noter enfin que ce budget possède deux autres points d’originalité. En premier lieu, une partie des dépenses n’est apparemment considérée par l’ICANN que comme une avance de trésorerie, comme on peut le constater dans le projet de création de nouvelles extensions où les frais de 185 000 dollars sont « justifiés » par la nécessité de recouvrer les 13 millions de dollars que l’ICANN aurait investis dans la préparation du processus.
L’autre point d’originalité est que ce budget est partiellement théorique, reposant sur des « contributions » que l’ICANN n’a pas de certitude d’encaisser un jour, notamment celles des ccTLDs. On marche donc un peu à l’envers du modèle « classique » où le budget serait établi en fonction d’un plan d’actions et où les bailleurs de fonds, ayant approuvé ledit plan d’actions, apporteraient la garantie de son financement.
Peu abordée par les grands spécialistes de la gouvernance, cette question est-elle si mineure qu’elle le parait ? Ne peut-on craindre des effets cliquets par lesquels l’ICANN, engagée dans un trop grand nombre de projets, serait incapable de contraindre ses coûts en cas de renversement du marché aboutissant à une réduction de l’assiette de calcul de ses revenus ? Deux solutions s’offriraient alors : augmenter la part de la dîme prélevée par l’ICANN sur chaque nom de domaine, ou « faire marcher la planche à billets » en créant les conditions propices à la multiplication de nouveaux marchés au moment où les extensions traditionnelles perdent de leur dynamique (5). Il pourrait donc y avoir un lien direct entre l’hégémonie budgétaire incontrôlée de l’ICANN et le processus de création de nouvelles extensions, quel que soit l’accueil que leur réservera le marché.

(4) How ICANN Plans to Spend $60 Million of Your Money This Year
http://domainnamewire.com/2010/05/18/how-icann-plans-to-spend-60-million-of-your-money-this-year/
(5) Statistiques Dot and Co sur les extensions génériques
http://www.dotandco.com


Samedi 30 Mai 2020
Loic Damilaville
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