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Qui sommes-nous?

Loïc Damilaville


Editeur de DNS News depuis 1998, Loïc Damilaville travaille depuis 1997 sur les problématiques liées aux noms de domaine.

Il a fondé en 2005 le Club Noms de domaine, destiné à réunir les personnes en charge des noms de domaine au sein des grandes enteprises.

Il est auteur du Livre blanc sur la gestion des noms de domaine parrainé par l'ACSEL, l'AFNIC, l'APCE, l'APRAM, la CCIP, le CEFAC, le CIGREF, le Club de l'économie numérique, l'INPI, l'ISOC France, le MEDEF, le Ministère de l'économie, des finances et de l'emploi, et l'Union des Fabricants.

Loïc Damilaville est adjoint au directeur général de l'AFNIC.

Il mène aussi des missions de conseil auprès des grands comptes pour les assister dans l'élaboration, la mise en place et le suivi de leurs stratégies de nommage et de présence sur internet.

Contact:
loic[at]dns-news.fr
ou 01 49 73 79 06

IL Y A DIX ANS - DNS News n°146 – Juin 2010



Les registrars sont-ils « mauvais » ?

A bout de patience, une personne au tempérament affirmé travaillant chez le plus gros registrar au monde témoignait lors du Public Forum [de la Réunion ICANN de Bruxelles] de son indignation à voir les registrars considérés comme des complices en puissance, sinon en actes, des dérives mafieuses dont est victime le monde des noms de domaine. Je n’ai plus les termes précis en tête, mais c’est ainsi qu’elle traduisait le ton de la réunion de Bruxelles : « Registrars are BAD ».
Le sont-ils ? Pour commencer, sans vouloir botter en touche, il faut souligner que le pluriel est abusif, qui laisse entendre que les registrars forment un tout homogène et solidaire. Une communauté d’intérêts, sans aucun doute, dès lors que tous dépendent du marché ; mais les modèles économiques, les segments de clientèles ciblés et, naturellement, les pratiques commerciales, diffèrent souvent profondément. Qu’un registrar se sente agacé de se voir reprocher son statut, par délit de « sale gueule » alors qu’il a toujours exercé sa profession avec une scrupuleuse honnêteté, on peut bien le comprendre. Mais force est de constater que le raisonnement inverse tient aussi la route : un certain nombre d’abus pourraient-ils avoir lieu si des registrars n’y prêtaient pas la main ?
La société KnujOn a frappé un grand coup lors de la réunion de Bruxelles en publiant les résultats d’une étude menée depuis janvier sur le respect par les registrars des obligations contractuelles qui les lient à l’ICANN (12). L’étude ne cache pas son ambition : mettre au pilori les « mauvais élèves » (13, 14, 15), pour rester dans l’euphémisme, mais aussi mettre l’ICANN face à ses responsabilités.
Créée il y a douze ans pour organiser le marché en cassant le monopole détenu par NSI (racheté en 2000 par Verisign), l’ICANN est confrontée à l’accusation grave, et semble-t-il fondée, d’avoir laissé se développer un marché dont un certain nombre d’acteurs peuvent se livrer à des pratiques illégales en toute impunité (16). Cette négligence coupable était en partie due au fait que l’organisme californien bandait ses forces pour d’autres combats, ne réservant que peu de moyens à la « police ». En partie due aussi à sa dépendance financière vis-à-vis des registrars, qui ne manquent jamais de lui rappeler qu’ils la financent – oubliant volontiers que l’argent vient plutôt des poches de leurs clients. En partie due enfin à la force importante que constituent les registrars dans l’écosystème de l’ICANN, puisque au fond, en l’absence de représentation significative des clients finaux, ce sont eux les vrais clients du système. En l’espèce, la solidarité découlant de la communauté d’intérêts n’a pas tardé à se faire jour (17), et c’est un constat un peu triste car une occasion a été perdue pour cette profession de montrer qu’elle ne mérite pas dans sa globalité l’opprobre dont certains la couvrent.
Les résultats de ces années de négligence se font sentir actuellement : certains gouvernements envisagent des lois pour contraindre les registrars à jouer un rôle qu’ils ne seront certainement pas heureux de remplir (18), et l’ICANN, peut-être stimulée par l’étude de KnujOn ou par d’autres pressions (19), semble enfin décidée à mettre à plat les différents types d’abus pour s’efforcer d’y apporter des solutions (20).

(12) KnujOn Releases Internet "Doomsday Book"
http://www.circleid.com/posts/20100621_knujon_releases_internet_doomsday_book/
(13) KnujOn Calls eNom “Active Facilitator of Illicit Criminal Traffic”
http://domainnamewire.com/2010/06/21/knujon-calls-enom-active-facilitator-of-illicit-criminal-traffic/
(14) Who is Blocking WHOIS?
http://www.circleid.com/posts/who_is_blocking_whois/
(15) Who Is Blocking WHOIS? Part 2
http://www.circleid.com/posts/who_is_blocking_whois_part_2/
(16) Internet Registrars Accused Of Supporting Online Criminals
http://www.informationweek.com/news/security/vulnerabilities/showArticle.jhtml?articleID=225700879
(17) Domain registrars push back on law enforcement changes
http://www.theregister.co.uk/2010/06/22/domain_registrars_push_back_on_law_enforcement_changes/
(18) Australia Takes Further Step Towards Police State With Cyber Crime Proposals
http://www.inquisitr.com/76554/australia-takes-further-step-towards-police-state-with-cyber-crime-proposals/
(19) ICANN Urged To Crack Down On Registrars
http://techdailydose.nationaljournal.com/2010/06/icann-urged-to-crack-down-on-r.php
(20) Registration Abuse Addressed
http://www.icann.org/en/announcements/announcement-29may10-en.htm

Vendredi 26 Juin 2020
Loic Damilaville
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