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Qui sommes-nous?

Loïc Damilaville


Editeur de DNS News depuis 1998, Loïc Damilaville travaille depuis 1997 sur les problématiques liées aux noms de domaine.

Il a fondé en 2005 le Club Noms de domaine, destiné à réunir les personnes en charge des noms de domaine au sein des grandes enteprises.

Il est auteur du Livre blanc sur la gestion des noms de domaine parrainé par l'ACSEL, l'AFNIC, l'APCE, l'APRAM, la CCIP, le CEFAC, le CIGREF, le Club de l'économie numérique, l'INPI, l'ISOC France, le MEDEF, le Ministère de l'économie, des finances et de l'emploi, et l'Union des Fabricants.

Loïc Damilaville est adjoint au directeur général de l'AFNIC.

Il mène aussi des missions de conseil auprès des grands comptes pour les assister dans l'élaboration, la mise en place et le suivi de leurs stratégies de nommage et de présence sur internet.

Contact:
loic[at]dns-news.fr
ou 01 49 73 79 06

IL Y A DIX ANS - DNS News n°147 – 148 – Juillet – août 2010



Du renforcement de la sécurité de l’Internet au renforcement de la sécurité par l’Internet

Bien que ces deux problématiques ne procèdent pas des mêmes logiques, on peut observer qu’elles tendent de plus en plus à se rejoindre.
En matière de renforcement de la sécurité de l’Internet, on ne compte plus les communiqués, brèves et analyses portant sur le déploiement progressif de DNSSEC (26). La racine étant signée et la plupart des registres ayant signé leurs zones ou étant en passe de le faire, le challenge se porte à présent sur les registrars, FAIs et utilisateurs finaux gérant eux-mêmes leurs DNS. L’implémentation de DNSSEC, auxquels nombre d’entre eux ne sont guère préparés, sera sans doute la grande affaire de 2011-2012 (27, 28).
En matière de renforcement de la sécurité par l’Internet, on entend des échos d’initiatives de la Maison blanche en direction de l’ICANN, mais aussi de registrars et de registres, visant à les impliquer dans la lutte contre des pratiques illégales sur l’Internet (29). La démarche se comprend, mais elle revient d’une certaine manière à faire de ces acteurs clefs des agents d’exécution des politiques publiques, avec les dangers que cela comporte en termes d’équilibre des pouvoirs.
A l’intersection de ces deux problématiques se situe le grand projet de « DNS-CERT » de Rod Beckstrom, CEO de l’ICANN et ancien directeur de la cyber sécurité au Départment for Homeland Security. Globaliser la gestion de la sécurité de l’internet est un concept intéressant, mais présentant un certains nombre de désavantages. En premier lieu, cela pourrait à terme donner un certain pouvoir de contrôle à la future instance, donc aux Etats-Unis, sur la sécurité internet des autres Etats. En second lieu, cela revient à ignorer les actions déjà menées au niveau local, souvent mieux adaptées au contexte. On comprend bien l’intérêt des Etats-Unis, mais nettement moins celui de leurs partenaires, et les acteurs de référence du secteur de se font pas faute d’exposer leurs réserves (30)… sans d’ailleurs susciter beaucoup d’émotion côté ICANN.
Un article intéressant (31) mentionne en passant que le Government Accountability Office américain a identifié pas moins de 19 organisations jouant un rôle significatif dans la sécurité et la gouvernance du cyber espace. On y retrouve bien sûr l’ICANN, aux côtés de l’IETF, du Conseil de l’Europe, du G8, de l’ISO, etc. Le panorama est vaste, mais le fait que ce recensement ait été effectué est instructif quant aux intentions de moyen terme de Washington, qui s’est dressé là une liste de partenaires – et de cibles – pour ses actions en vue de construire un dispositif de « cyber sécurité collective » dont elle cherchera naturellement à s’assurer les leviers de contrôle.
Instrument d’une politique américaine globale, l’ICANN doit cependant compter sur de fidèles ennemis, au premier rang desquels figure l’UIT (Union Internationale des Telecom) comme le rappelle un observateur (32). Bien que les avis soient souvent nuancés lorsqu’on évoque l’UIT en particulier et le monde onusien en général, il est sans doute souhaitable que des contre-pouvoirs existent, à tous les niveaux, pour empêcher que l’on glisse insensiblement de la nécessité d’avoir un Internet sécurisé mondialement, à une « sécurisation » du monde au moyen de l’Internet.

(26) DNSSEC now fully deployed on the Internet root
http://gcn.com/articles/2010/07/19/dnssec-fully-deployed-at-internet-root.aspx
(27) Registrars “unprepared” for DNSSEC
http://domainincite.com/registrars-unprepared-for-dnssec/
(28) Moving DNSSEC Forward: Help for Registries, Registrars, ISPs/Hosting, Enterprises, and Name Owners
http://www.circleid.com/posts/20100720_moving_dnssec_forward_help_for_registries_registrars_isps_hosting/
(29) White House To Meet With ICANN On Illegal Online Pharmacies
http://techdailydose.nationaljournal.com/2010/09/white-house-to-meet-with-icann.php
(30) CENTR Comment on DNS-CERT
https://www.centr.org/main/5548-CTR.html?branch=1&language=1
(31) Who really sets global cybersecurity standards?
http://www.networkworld.com/community/blog/who-really-sets-global-cybersecurity-standard
(32) The Geo-Politics of ICANN vs ITU
http://www.circleid.com/posts/the_geo_politics_of_icann_vs_itu/


Dimanche 30 Août 2020
Loic Damilaville
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