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Qui sommes-nous?

Loïc Damilaville


Editeur de DNS News depuis 1998, Loïc Damilaville travaille depuis 1997 sur les problématiques liées aux noms de domaine.

Il a fondé en 2005 le Club Noms de domaine, destiné à réunir les personnes en charge des noms de domaine au sein des grandes enteprises.

Il est auteur du Livre blanc sur la gestion des noms de domaine parrainé par l'ACSEL, l'AFNIC, l'APCE, l'APRAM, la CCIP, le CEFAC, le CIGREF, le Club de l'économie numérique, l'INPI, l'ISOC France, le MEDEF, le Ministère de l'économie, des finances et de l'emploi, et l'Union des Fabricants.

Loïc Damilaville est adjoint au directeur général de l'AFNIC.

Il mène aussi des missions de conseil auprès des grands comptes pour les assister dans l'élaboration, la mise en place et le suivi de leurs stratégies de nommage et de présence sur internet.

Contact:
loic[at]dns-news.fr
ou 01 49 73 79 06

IL Y A DIX ANS - DNS News n°173 – Septembre 2012



Fadi Chehade devance l’appel

Le successeur de Rod Beckstrom a créé la surprise en prenant officiellement ses fonctions le 14 septembre, 15 jours avant la date initialement prévue (1). Il y a tout lieu de penser que cette décision n’a été que la formalisation d’une situation de fait : le principal intéressé indique lui-même avoir « consacré tout l’été » à étudier l’ICANN, les problèmes auxquels elle doit faire face et les solutions qu’il peut lui apporter.
En application de méthodes éprouvées, certaines décisions touchant à l’organisation ont été rendues publiques et effectives dès le « premier jour » du nouveau patron, qui a eu l’originalité de recruter sur des postes très sensibles deux de ses rivaux au poste de CEO de l’ICANN (2). Sally Costerson, spécialiste des relations publiques, se voit ainsi confier la communication et les relations avec la « communauté », tandis que Tarek Kamel, ancien ministre des telecom égyptien, gèrera les relations avec les gouvernements. Quelques membres de l’équipe dirigeante ayant survécu à l’ère Beckstrom ont été promus ou affectés à d’autres missions ; un certain nombre de personnes recrutées par l’ancien CEO ont en revanche du faire place nette.
Cette approche se fait de manière assez politique, avec le souci de « donner des signaux forts ». On peut aussi y voir le fruit d’une analyse approfondie de la situation de l’ICANN, qui, pour reprendre un adage, « a été désorganisée par sa communauté faute de pouvoir l’organiser ».
L’impression de cacophonie et de confusion donnée par les réunions et travaux de l’ICANN depuis quelques années tient peut-être à ce qu’elle avait un peu trop « subi » les diverses influences, généralement antagonistes, qui se rencontrent et s’affrontent en son sein. L’équilibre est très difficile à trouver entre les missions de « coordination » et celles de « consensus-building », qui s’articulent bien sur le papier mais sont souvent en opposition dans la réalité. A cet égard, la vision que son dirigeant a du rôle de la structure de permanents est fondamentale, et la vision que les permanents eux-mêmes ont de leurs missions n’est pas moins essentielle.
Navire voguant au gré des éléments, passant de tempêtes en tsunamis, l’ICANN a besoin d’une main ferme à la barre, qui sache quel cap adopter pour la mener vers un havre sûr. Le renouvellement récent du contrat IANA est une bénédiction pour Chehade, car il prive le DoC d’un instrument de pression assez largement utilisé ces derniers mois. Les relations ne peuvent qu’en être assainies entre l’ICANN et Washington au moment où s’amorcent entre gouvernements des discussions difficiles autour des nouveaux TLDs.
La position de l’ICANN a là aussi été clarifiée sous l’ère Beckstrom. Ainsi que l’exprimait Akram Atallah, CEO par interim, au début septembre (3): “That is the beauty of the process—it is not ICANN that is deciding the outcome. ICANN is implementing the process that the community developed. Our job is to make sure it happens in a transparent and efficient way.”
En somme, après avoir suscité des problèmes à de nombreux gouvernements et organisations dans le monde entier, l’ICANN se lave les mains de leurs soucis et s’en remet à plus compétents qu’elle… oubliant volontiers qu’in fine, c’est bien son Board qui va devoir prendre les décisions ultimes. Un peu facile, cette approche sort néanmoins l’ICANN d’une ornière où elle s’était embourbée pendant des mois.
Restent les questions pendantes dans le processus des nouveaux TLDs, où la foire d’empoigne se poursuit toujours. Aux récriminations des représentants des ayants droits exigeant de nouveaux ajustements de l’URS ou de la Trademark Clearing House, Chehade a pour l’instant opposé une attitude assez nette : les décisions ont déjà été prises, à l’issue d’un long processus, pourquoi les remettre en cause alors que la 25e heure est déjà bien avancée (4) ?

(1) Fadi Chehade starts at ICANN today, immediately shakes up senior management
http://domainincite.com/10458-fadi-chehade-starts-at-icann-today-immediately-shakes-up-senior-management
(2) New ICANN CEO is Out of the Blocks with Ambitious Operational Plans
http://www.icann.org/en/news/announcements/announcement-14sep12-en.htm
(3) ICANN New CEO Interview With WSJ: “Beauty of the Process Is That ICANN Is Not Deciding the Outcome Of Objected Strings”
http://www.thedomains.com/2012/09/18/icann-new-ceo-interview-with-wsj-beauty-of-the-process-is-that-icann-is-not-deciding-the-outcome-of-objected-strings/
(4) New ICANN chief pours cold water on new gTLD trademark protection demands
http://domainincite.com/10538-new-icann-chief-pours-cold-water-on-new-gtld-trademark-protection-demands


Samedi 1 Octobre 2022
Loic Damilaville
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