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Loïc Damilaville


Editeur de DNS News depuis 1998, Loïc Damilaville travaille depuis 1997 sur les problématiques liées aux noms de domaine.

Il a fondé en 2005 le Club Noms de domaine, destiné à réunir les personnes en charge des noms de domaine au sein des grandes enteprises.

Il est auteur du Livre blanc sur la gestion des noms de domaine parrainé par l'ACSEL, l'AFNIC, l'APCE, l'APRAM, la CCIP, le CEFAC, le CIGREF, le Club de l'économie numérique, l'INPI, l'ISOC France, le MEDEF, le Ministère de l'économie, des finances et de l'emploi, et l'Union des Fabricants.

Loïc Damilaville est adjoint au directeur général de l'AFNIC.

Il mène aussi des missions de conseil auprès des grands comptes pour les assister dans l'élaboration, la mise en place et le suivi de leurs stratégies de nommage et de présence sur internet.

Contact:
loic[at]dns-news.fr
ou 01 49 73 79 06

VIE DES EXTENSIONS - Décembre 2010



.42: une association a récemment annoncé (1) la création d’une extension pas comme les autres : destinée à abriter des contenus essentiellement ouverts et non commerciaux, elle ne dépend pas de la racine de l’ICANN. Provocant, le projet l’est à plus d’un titre, car il semble considérer que l’Internet d’aujourd’hui a en quelque sorte trahi les espoirs de ses fondateurs. Pour revenir aux origines et renouer avec la tradition, il conviendrait de se réfugier dans un espace encore plus virtuel que le précédent, puisque alternatif. Le fait de se détacher de la racine de l’ICANN est en effet le péché le plus marquant de l’extension, et suscite un grand intérêt chez tous les spécialistes – qu’ils croient ou non au succès (2). A l’instar d’autres initiatives comme le .P2P, le .42 menace l’une des plus puissantes vaches sacrées de l’Internet actuel : le dogme d’un système de nommage construit sur une racine unique contrôlée – pour le meilleur et pour le pire – par les Etats-Unis. A suivre…
(1) Des noms de domaine en .42 pour un web libre et ouvert
http://www.numerama.com/magazine/17668-des-noms-de-domaine-en-42-pour-un-web-libre-et-ouvert.html
(2) TLD .42 = Fahrenheit 451?
http://www.sansblog.com/?p=1136

AFRICA: l’Union africaine a déclaré (1) vouloir s’investir dans le projet de .AFRICA, notamment pour la désignation du futur opérateur technique. Un passage significatif de l’article mentionne les soupçons nourris à l’égard de certains candidats, qui ne seraient motivés que par la recherche du profit, tandis que la communauté internet africaine préfèrerait un acteur au service de l’intérêt général. Le débat est fort, car il touche à la vision qu’ont les parties prenantes de ce projet potentiellement structurant que serait cette extension, symbole d’un continent africain uni.
(1) Africa Union joins .africa debate
http://www.cio.de/news/cio_worldnews/2010/2258750/index.html

AT (Autriche) : le registre autrichien a publié (1) son 3e « AT-Report », plus spécialement consacré aux aspects techniques de la vie de l’extension : la charge sur les différents serveurs, mais aussi un profil de l’utilisation des .AT : 59% conduisent à des sites web contenant plusieurs pages, 17% sont des redirections, 8% conduisent vers des pages de « parking » et 16% sont inactifs.
(1) at-Report with focus on technology
http://www.nic.at/en/uebernic/current_issues/nicat_news/news_view/article/81/at-report-rund-um-die-technik/

AU (Australie) : consultation publique jusqu’au 21 janvier quant à l’opportunité de faire évoluer les conditions d’attribution du .AU. L’ouverture du .AU sera-t-elle l’événement du second semestre 2011 dans la zone Asie-Pacifique ?
(1) Public Consultation Opens .AU Registration Policies Review
http://www.domainpulse.com/2010/11/26/public-consultation-opens-au-registration-policies-review/

BE (Belgique): le .BE a franchi le seuil des 1,1 million de noms le 20 décembre dernier (1).
(1) BE passes 1.1 million domain name registrations
http://www.domainnews.com/en/be-passes-1.1-million-domain-name-registrations.html

BG (Bulgarie): le rejet par l’ICANN du projet d’extension bulgare en cyrillique, la transcription de “.BG” dans cet alphabet ressemblant trop au .br brésilien, a suscité force indignation en Bulgarie (1). L’association Uninett, porteuse du projet, a récemment exigé de l’ICANN (2) qu’elle publie le détail des motifs de sa décision (pour une raison inconnue, la « transparence » de l’organisme californien se serait arrêtée à ce document). L’ICANN semble pour l’instant s’être réfugiée derrière le prétexte que la procédure d’appel de ses décisions concernant les dossiers d’extensions en IDN n’ayant pas encore été finalisée, elle ne peut pas donner suite à la requête bulgare. Sans doute… mais ferait-elle la même réponse si la demande émanait de Washington ?
(1) Rejected Bulgarians want ICANN appeal
http://domainincite.com/rejected-bulgarians-want-icann-appeal/
(2) ICANN rejects Bulgarian IDN info request
http://domainincite.com/icann-rejects-bulgarian-idn-info-request/

CH (Suisse) : à l’orée de son 25e anniversaire, Switch a fêté l’enregistrement du 1,5 millionième .CH (1). Fin novembre, le registre suisse communiquait aussi sur ses efforts pour lutter contre les virus et autres « malwares » (2). Une nouvelle procédure consiste à alerter les titulaires et les bureaux d’enregistrement de noms de domaine liés à des sites infectés et à bloquer les noms si rien n’est fait dans un délai d’un jour ouvré.
(1) Swiss registrar registers 1.5 millionth .ch domain name
http://www.telecompaper.com/news/swiss-registrar-registers-15-millionth-ch-domain-name
(2) Improved Security for .CH Domains
http://www.domainpulse.com/2010/11/25/improved-security-for-ch-domains/

CO (Colombie, co…): deux informations en apparence contradictoires, mais sans doute plutôt complémentaires, au sujet du .CO. Le 2 décembre, le registre faisait état d’une nouvelle politique destinée à lui permettre d’intervenir par tous moyens sur un nom de domaine posant des problèmes de sécurité ou utilisé à des fins criminelles (1). Et le 22 décembre, GoDaddy, premier registrar mondial et directement intéressé au succès du .CO, annonçait (2) qu’il proposait des services d’anonymisation des whois pour les titulaires de .CO. C’est une manière de pousse-au-crime : qu’importe à un « phisher » de voir le nom coupé dans les 24 heures s’il coupe de toute manière son site dans les 12 heures, pourvu qu’il puisse rester anonyme ? On voit bien qu’un certain équilibre est recherché entre protection des données personnelles et lutte contre la cybercriminalité au sens large, mais qu’il est bien difficile à trouver.
(1) Rapid Domain Compliance Process
http://www.cointernet.co/global-responsibility/rapid-domain-compliance
(2) Go Daddy offers Whois privacy for .co domains
http://domainincite.com/go-daddy-offers-whois-privacy-for-co-domains/

COM (COM): deux articles intéressants ce mois-ci, portent sur le .COM. Le premier (1) s’interroge sur l’impact qu’auront les nouvelles extensions sur la reine des extensions. La réponse semble être plutôt rassurante pour le .COM en termes de concurrence pure, mais l’auteur ne creuse pas assez deux autres paramètres dignes de considération. Le premier est que la multiplication des extensions pourrait à ce point créer de la confusion chez les utilisateurs que ceux-ci n’utiliseraient plus guère les noms de domaine en navigation directe – à l’exception peut-être des COM et des extensions nationales, déjà très connues. Le second est que l’irruption de centaines de nouvelles extensions rompra l’équilibre délicat de certains portefeuilles de noms, provocant un mûrissement des titulaires en regard de leurs problématiques de renouvellement. Avec à la clef un certain nombre d’abandons, mais peut-être aussi un certain essor du Second marché.
Le 2e article (2) se penche sur le risque juridique que l’on court à utiliser un .COM – ou toute extension générique, au fond – si la partie adverse veut prouver que les contenus du site associé au nom de domaine ciblent bien tel ou tel pays. Une récente décision de la Cour de justice européenne serait en tout cas susceptible de créer un précédent à ce sujet.
(1) The Dotcom Kingdom
http://www.circleid.com/posts/the_dotcom_kingdom/
(2) A .Com Domain Name Increases A Company's Exposure To Foreign Lawsuits, Rules European Court
http://www.domainnews.com/en/a-.com-domain-name-increases-a-company-s-exposure-to-foreign-lawsuits-rules-european-court.html

CZ (République tchèque) : à compter du 1er février prochain, le prix du .CZ (1) passe à 140 couronnes tchèques (5,70 euros). Le registre tchèque est aussi en charge, depuis le 16 décembre dernier, de la gestion du CSIRT (Computer Security Incident Response Team) national (2).
(1) CZ.NIC to change prices of .CZ domains
http://www.nic.cz/page/834/cz.nic-to-change-prices-of-.cz-domains/
(2) CZ.NIC will watch over cybernetic security of the Czech Republic
http://www.nic.cz/page/830/cz.nic-will-watch-over-cybernetic-security-of-the-czech-republic/

DE (Allemagne) : le DENIC a pu se féliciter (1) de terminer 2010 en beauté, avec l’enregistrement le 26 novembre du 14-millionième .DE. Aujourd’hui, 1 Allemand sur 6 possède au moins un nom de domaine en .DE.
(1) 14 Millionth .de Domain Now Online
http://www.denic.de/en/denic-in-dialogue/news/3040.html?cHash=8825ea8996929288176e65f50866b2de

FI (Finlande): FICORA a baissé les tariffs d’enregistrement du .FI à 12 euros pour 1 an, 33 euros pour 3 ans et 50 euros pour 5 ans.
(1) The Finnish Communications Regulatory Authority (FICORA) proposes reduction of fi-domain name fees
http://www.ficora.fi/en/index/viestintavirasto/uutiset/2010/P_44.html

FR (France) : suite à la décision du Conseil constitutionnel du 6 octobre 2010, il importe pour le législateur de réaménager le dispositif juridique des noms de domaine en France avant le 1er juillet prochain. Le coup d’envoi a été donné début décembre (1) avec une proposition du député Tardy. L’AFNIC a de son côté réalisé une campagne de communication à l’intention des prescripteurs (2), tous ces acteurs économiques qui oeuvrent au contact des clients finaux et sous-traitent aux bureaux d’enregistrement les enregistrements des noms de domaine.
(1) Le débat sur le nouveau cadre législatif des noms de domaine est lancé à l'Assemblée nationale
http://www.afnic.fr/actu/nouvelles/269/le-debat-sur-le-nouveau-cadre-legislatif-des-noms-de-domaine-est-lance-a-l-assemblee-nationale
(2) L'AFNIC lance auprès des prescripteurs une nouvelle campagne de communication destinée à promouvoir le .fr
http://www.afnic.fr/actu/nouvelles/268/l-afnic-lance-aupres-des-prescripteurs-une-nouvelle-campagne-de-communication-destinee-a-promouvoir-le-fr

GOV (gouvernement US): registre des .COM et .NET notamment, Verisign vient d’ajouter (1) le .GOV à son escarcelle.
(1) VeriSign takes over .gov
http://domainincite.com/verisign-takes-over-gov/

GR (Grèce): le .GR est signé avec DNSSEC depuis le 15 décembre 2010 (1).
(1) [.gr] zone is signed (DNSSEC) using cryptographic electronic signatures
https://grweb.ics.forth.gr/dnssec.jsp?lang=en#dnssec-gr

IE (Irlande): IEDR a publié fin novembre son premier “Domain Name Industry Report” (1), indiquant entre autres que la part de marché du .IE est de 41%, légèrement supérieure à la moyenne mondiale des parts de marché des différents ccTLDs (39%). Le marché est relativement concentré, les 5 plus grands registrars comptant pour 62% des noms de domaine déposés sous .IE, et pour 79% des nouveaux dépôts. Le taux de renouvellement reste élevé en regard des moyennes mondiales, à 85%. Le comté de Dublin concentre le plus de noms de domaine (44% du total). Et comme cela s’est produit dans d’autres pays, le .IE a plutôt bénéficié de l’apparition du .EU – grâce sans doute à une meilleure sensibilisation globale des utilisateurs aux noms de domaine.
(1) First Domain Name Industry Report Published by IEDR
http://www.iedr.ie/index.php/component/content/article/50-general/242-friday-26th-november-2010-first-domain-name-industry-report-published

IL (Israël) : les dépôts de noms de domaine en caractères hébreu sont possibles sous .IL depuis le 26 décembre dernier (1).
(1) Hebrew Domain Names
http://www.isoc.org.il/domains/idn_eng/

INFO: Afilias a publié son Rapport annuel 2010 pour le .INFO. Une année faste, avec une croissance de 30%, le développement du réseau de distributeurs (360 registrars représentant 90% des extensions génériques déposées) et une place particulièrement importante (44%) dans les nouveaux enregistrements sous les extensions génériques. La répartition géographique des titulaires est sans surprise : Amérique du nord, 58%, Europe, 27%, Asie-Pacifique 12%, les 3% restant couvrant l’Amérique latine et l’Afrique. Si 70% des .INFO sont aujourd’hui actifs, le taux de renouvellement n’est toujours pas précisé.
(1) Afilias Releases .INFO Domain 2010 Annual Report
http://www.afilias.info/news/2010/12/07/afilias-releases-info-domain-2010-annual-report

IS (Islande): le registre islandais ISNIC vient de mettre en place un mécanisme bloquant les transferts de noms de domaine faisant l’objet d’un litige (1). Ce mécanisme ne peut être activé qu’en prouvant qu’une plainte a bien été déposée auprès d’un tribunal islandais.
(1) Dispute lock - A new service from ISNIC
http://www.isnic.is/

JOBS : un article explicite ce mois-ci (1) les complexités byzantines des évolutions en cours sous .JOBS, le registre ayant obtenu l’aval de l’ICANN pour modifier sa charte tout en ne pouvant pas, en principe, mener son assouplissement aussi loin qu’il le voudrait. L’auteur de l’article semble penser que le registre a trouvé une méthode pour contourner les dernières restrictions. A suivre.
(1) Did .jobs win or lose in Cartagena?
http://domainincite.com/did-jobs-win-or-lose-in-cartagena/

KP (Corée du nord): le .KP serait de retour en ligne… du moins, les quelques noms accessibles en .KP (1, 2). Peu d’extensions doivent avoir été aussi volontairement atrophiées par leurs propres autorités locales… un peu aidées, jusqu’en 2007, par les Etats-Unis qui ne se hâtaient pas de procéder à la délégation.
(1) North Korea moves to bring KP top-level domain back online
http://www.networkworld.com/news/2011/010311-north-korea-moves-to-bring.html
(2) .KP To Go Back Online After Few Months Offline
http://www.domainnews.com/en/kp-to-go-back-online-after-few-months-offline.html

LA (Laos… Los Angeles…): un observateur avisé recommande (1) aux porteurs de projets de nouvelles extensions d’étudier les stratégies de commercialisation mises en place par les registres d’extensions locales cherchant à marketer leurs extensions autrement que comme de simples ccTLDs. De fait, l’histoire des 10 dernières années est assez riche en expériences aux résultats contrastés. Une analyse approfondie des causes de succès ou d’échec serait certainement précieuse pour les candidats. A vue de nez, les trois mots clefs seraient Sens, Proximité, Appropriation. Sens, parce qu’une extension qui ne signifie rien a peu de valeur ajoutée, surtout dans un univers qui sera de plus en plus concurrentiel. Proximité, parce qu’un utilisateur n’entrera en sympathie qu’avec la poignée d’extensions qui, pour une raison ou pour une autre, lui parleront particulièrement. Appropriation, parce que c’est l’usage qui fera le succès et la pérennité d’une extension. Or si le Sens est adressé par le marketing et la Proximité par un ciblage adéquat des attentes de la communauté visée, l’Appropriation requiert des moyens considérables pour faire connaître, reconnaître, et connaître toujours un peu plus l’extension. Le .TEL, le .ASIA, le .MOBI s’y sont usés, et ce ne sont pas des échecs comparés aux .AERO et autres .COOP. Toute la difficulté vient du fait que l’on doive convaincre à la fois les clients finaux – futurs titulaires – et les utilisateurs – ceux qui composeront les noms de domaine dans leurs navigateurs pour accéder aux contenus recherchés. Rien ne sert de convaincre les clients finaux si les utilisateurs ignorent jusqu’à l’existence de l’extension : le taux de renouvellement sera sans appel. De ce point de vue, l’argument que les frais ICANN sont bien modestes rapportés au budget global de promotion nécessaire, ne manque pas de pertinence.
(1) gTLD Applicants Should Keep Eye on .LA & Other ccTLD Marketing
http://www.elliotsblog.com/gtld-applicants-should-keep-eye-on-la-other-cctld-marketing-1253

LU (Luxembourg): depuis le 1er janvier, les noms des collectivités luxembourgeoises ne font plus l’objet de protections particulières et peuvent être enregistrés par tout un chacun (1).
(1) Removal of the reservation of domain names of Luxembourg municipality and village names on behalf of local authorities
http://www.dns.lu/en/about-dnslu/news/

ME (Montenegro): le registre monénégrin a annoncé le 18 décembre qu’il déployait DNSSEC sous son extension (1).
(1) ME - Next Top-Level Domain to Sign with Domain Name System Security Extensions
http://www.domainnews.com/en/me-next-top-level-domain-to-sign-with-domain-name-system-security-extensions.html

NG (Nigeria): le nom de domaine “ThisDay.ng”, enregistré au 2e niveau alors qu’il aurait dû l’être au 3e, est peut-être le signe annonciateur d’une ouverture plus large des enregistrements directement sous .NG (1).
(1) .NG Registry Registers 2nd Level Domain
http://www.domainnamenews.com/up-to-the-minute/level-ng-registered/8536

NL (Pays-bas) : avec l’introduction par l’ISO de trois nouveaux codes correspondent à des territoires néerlandais (.BQ, .CW et .SX), le registre néerlandais accroît potentiellement son portefeuille d’extensions caribéennes. Le code AN en revanche disparaît.
(1) Code elements for Bonaire, Saint Eustatius and Saba, Curaçao and Sint Maarten (Dutch part), update of other territories and minor corrections"
http://www.iso.org/iso/iso_3166-1_newsletter_vi-8_split_of_the_dutch_antilles_final-en.pdf

NO (Norvège): NORID a enregistré le 500 000e .NO le 3 janvier dernier (1). Une bonne manière de commencer l’année !
(1) Half a million Norwegian domain names
http://www.norid.no/nytt/pressemelding20110104.en.html

P2P: émus par les actions musclées du gouvernement américain en matière de contrôle de l’Internet et plus spécifiquement des noms de domaine, un certain nombre d’acteurs se sont regroupés en vue de créer une extension alternative (1, 2), ne dépendant pas de la racine ICANN et ne risquant donc pas d’être exposée à des mesures coercitives gouvernementales – c’est du moins la théorie. Les experts du DNS, et même certains que l’on ne peut guère soupçonner de servir les intérêts de l’ICANN, se montrent nettement plus réservés (3) dans leurs analyses des chances de succès ou du bien-fondé de telles initiatives. Il est intéressant de constater que ce .P2P apparaît sur la scène en même temps que le .42 et d’autres projets d’extensions dépendant de racines dites « ouvertes », dans le double contexte du processus de création de nouvelles extensions – qui devrait répondre à d’éventuels besoins de ce genre – et d’une volonté manifeste de nombre de gouvernements de mieux « policer » l’Internet. La clef d’analyse est donc (au moins) double : d’une part, le processus ICANN est fort coûteux et ses reports successifs commencent à relever du comique de répétition ; d’autre part, le système géré par l’ICANN semble trop vulnérable aux intentions coercitives – et potentiellement liberticides ? – des Autorités pour être vraiment intéressant. Que ces projets marchent ou non, une véritable révolution est en train de se produire dans la manière dont un certain nombre d’acteurs appréhendent le modèle de l’Internet. On ne parlera peut-être bientôt plus de l’Internet mais des Internets, que ce terme désigne l’infiniment grand – l’ensemble des racines interconnectées ou non – ou l’infiniment petit – le réseau interne d’une TPE disposant de son propre système de nommage, partagé avec un cercle de clients ou de partenaires. Avec à la clef, bien certainement, des maux de tête pour les responsables noms de domaine. S’il devient déjà compliqué de passer des deux dimensions classiques (« Quels termes dans quelles extensions ? ») à la 3D (les deux précédentes en ajoutant « Dans quelle graphie ? »), les stratégies de nommage en 4D (en ajoutant « Dans quelles racines ? ») relèveront sérieusement du casse-tête…
(1) File-sharers try to create .p2p domain
http://domainincite.com/file-sharers-try-to-create-p2p-domain/
(2) The Pirates Want Their Own Internet
http://news.avn.com/articles/The-Pirates-Want-Their-Own-Internet-418576.html
(3) Un DNS en pair-à-pair?
http://www.bortzmeyer.org/dns-p2p.html

PH (Philippines): DotPH, registre privé autrefois en guerre contre les autorités Philippines voulant récupérer le contrôle de l’extension, se félicite (1) d’une décision récente du Ministère des Affaires étrangères de désigner le pays sous le sigle « PH » plutôt que « RP » pour République des Philippines.
(1) It's Official: The Philippines is Now PH
http://dotph.domains.ph/node/318

PL (Pologne): Le 2-millionième .PL a été enregistré le 3 janvier dernier (1).
(1) NASK: 2 million of .pl domain names!
http://www.dns.pl/english/index.html

RS (Serbie): le registre serbe (1) a signé le 23 décembre un Accord de coopération avec le Ministère de l’Information et des télécommunications, précisant les modalités de gouvernance et de fonctionnement du registre ainsi que les actions à entreprendre en cas de problème.
(1) Serbian National Register of Internet Domain Names and Ministry of Telecommunications and Information Society signed Agreement on Cooperation
http://www.nic.rs/en/node/67?lang=en

RU (Russie) et .РФ (Fédération de Russie) : nous avons la chance d’accueillir dans ce numéro une interview de M. Kolesnikov, directeur du registre russe, qui revient sur l’ouverture du .РФ. A noter que le .РФ compte plus de 700 000 noms de domaine à présent (1), avec une moyenne de 897 enregistrements par jour (2).
Le conflit entre le registre (ccTLD.ru) et un certain nombre de registrars ayant tenté de profiter de l’ouverture pour s’approprier de « beaux » noms se poursuit, le tribunal saisi ayant reporté sa décision au mois de janvier. En attendant, les parties prenantes font assaut d’articles présentant l’évolution de la situation – parfois sous des jours assez différents (3, 4, 5, 6, 7).
ccTLD.ru a par ailleurs publié (8) son Bulletin sur l’évolution de l’internet en Russie en 2010, avec d’intéressants indices telle que la perception de l’intérêt d’une connexion à l’Internet. Aujourd’hui, 85% des utilisateurs russes se connectent depuis leur domicile, et cette connexion n’est plus considérée comme un luxe mais comme une nécessité, juste après la nourriture et les vêtements. La quantité d’informations échangées par les utilsateurs russes aurait par ailleurs doublé en 2010 par rapport à 2009. Le succès du lancement du .РФ tend à démontrer la vitalité et la taille de ce marché.
(1) В зоне .РФ - 700000 доменов!
http://cctld.ru/ru/press_center/news/news_detail.php?ID=1204
(2) Statistiques du .РФ en continu
http://cctld.ru/en/statistics/rfdomains.php
(3) Recent Developments in the .РФ Domains Public Registration
http://www.nic.ru/news/en/2010/rf_issue.html
(4) Open War for the РФ Domain. FAS was really FAST!
http://www.nic.ru/news/en/2010/war.html
(5) РФ Domains to Be Released
http://www.nic.ru/news/en/2010/rf_block_stop.html
(6) 60,000 .рф Domain Names Unblocked by Coordinator
http://www.times.spb.ru/index.php?action_id=2&story_id=33090
(7) The Federal Anti-Monopoly Service of Russia has set a new date to hear the case of registrars’ unscrupulous activities
http://www.cctld.ru/en/news/news_detail.php?ID=1180
(8) The new issue of The CC’s Bulletin “The Runet evolution rating”
http://www.cctld.ru/en/news/news_detail.php?ID=1198

SA (Arabie saoudite): la sunrise period pour les noms directement sous .SA (1) est en cours depuis le 6 décembre et durera jusqu’au 7 mars. La « Landrush Phase » débutera le 7 avril.
(1) Saudi Registry To Open Second Level Registrations
http://www.domainnews.com/en/saudi-registry-to-open-second-level-registrations.html

SI (Slovénie) : le registre slovène fait évoluer sa politique de publication des données whois liées aux titulaires. Ces données continueront d’être accessibles via l’interface web mais ne le seront plus par le port 43, sans doute pour limiter les abus (1). Registry.si propose aussi un retour original sur l’année 2010 au travers d’un nuage de mots pondérés par le nombre de fois où ils ont été recherchés (2).
(1) New rules for use of WHOIS
http://www.registry.si/news/news-item/article/new-rules-for-use-of-whois/267.html
(2) Looking back at 2010
http://www.registry.si/news/news-item/article/looking-back-at-2010/267.html

SO (Somalie): article très critique et souvent très confus (1) à l’égard de la prise en gestion de l’extension somalienne par l’opérateur japonais GMORegistry. Mais éclairant sur la perception que peuvent avoir les citoyens de pays du Sud dont l’extension est, disons, « détournée » par des sociétés venues du Nord.
(1) Japan - One of the Top Pirates in Somalia
http://www.groundreport.com/Business/Japan-One-of-the-Top-Pirates-in-Somalia/2932423

SU (Soviet Union) : intéressant article (1) sur le .SU, vestige toujours bien vivant de l’URSS. Perçue comme un symbole par les nostalgiques de la période soviétique comme par ses contempteurs, l’extension ne devrait théoriquement plus exister puisque le pays qu’elle désignait a disparu. Mais les maladresses bureaucratiques de l’ICANN ont fait beaucoup pour protéger le .SU de l’extinction, rassemblant un dernier carré de citoyens russes n’appréciant pas qu’une organisation américaine dispose d’une partie de leur passé. Quant à savoir si les « partisans » du .SU sont de féroces staliniens n’ayant rien oublié ni rien appris, ou de simples citoyens réagissant face à un présent jugé saumâtre en se réfugiant dans une vision idéalisée du passé, mieux vaut ne pas trancher. C’est sans doute une erreur de la part des medias anglo-saxons que de s’y hasarder en se fondant sur des stéréotypes manichéens.
(1) Domain name echoes Soviet times
http://www.theworld.org/2010/12/29/domain-name-echoes-soviet-times/

UK (Royaume-Uni): Nominet a marqué deux grands coups dans les derniers jours de 2010, le premier en franchissant le seuil des 9 millions de .UK (1) et le second en collaborant activement avec la police pour mettre hors d’état de nuire 1800 sites web egagés dans des activités d’escroquerie ou de contrefaçon (2).
(1) 9 millionth .uk domain registered
http://www.nominet.org.uk/news/latest/?contentId=8069
(2) British Police With Nominet Help Shuts 1,800 Websites
http://www.domainpulse.com/2010/12/27/british-police-with-nominet-help-shuts-1800-websites/

UZ (Ouzbékistan): le.UZ a franchi le seuil des 11 000 noms de domaine en décembre (1).
(1) The Number of UZ domain names reaches 11,000
http://www.domainnews.com/en/the-number-of-uz-domain-names-reaches-11000.html

XXX (porno) : le .XXX va son bonhomme de chemin, l’ambiance étant plutôt à l’ouverture de l’extension après des années de placardisation du dossier. Mais cette bataille bureaucratique n’est rien : il faudra ensuite convaincre le marché et les utilisateurs. Et là, le lobbying et les plaidoiries ne sont d’aucun effet.
(1) ICANN intends to contract with ICM Registry for the use of .XXX
http://www.domainnews.com/en/icann-intends-to-contract-with-icm-registry-for-the-use-of-.xxx.html
(2) ICM Registry announced the launch if the .XXX Founders program
http://www.domainnews.com/en/icm-registry-announced-the-launch-if-the-.xxx-founders-program.html

ZA (Afrique du sud): le.CO.ZA a franchi le seuil des 600 000 noms de domaine en décembre (1).
(1) CO.ZA Domain Hits 600,000 Registrations Milestone
http://www.domainnews.com/en/co.za-domain-hits-600000-registrations-milestone.html

Dimanche 9 Janvier 2011
Loic Damilaville
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