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Qui sommes-nous?

Loïc Damilaville


Editeur de DNS News depuis 1998, Loïc Damilaville travaille depuis 1997 sur les problématiques liées aux noms de domaine.

Il a fondé en 2005 le Club Noms de domaine, destiné à réunir les personnes en charge des noms de domaine au sein des grandes enteprises.

Il est auteur du Livre blanc sur la gestion des noms de domaine parrainé par l'ACSEL, l'AFNIC, l'APCE, l'APRAM, la CCIP, le CEFAC, le CIGREF, le Club de l'économie numérique, l'INPI, l'ISOC France, le MEDEF, le Ministère de l'économie, des finances et de l'emploi, et l'Union des Fabricants.

Loïc Damilaville est adjoint au directeur général de l'AFNIC.

Il mène aussi des missions de conseil auprès des grands comptes pour les assister dans l'élaboration, la mise en place et le suivi de leurs stratégies de nommage et de présence sur internet.

Contact:
loic[at]dns-news.fr
ou 01 49 73 79 06

VIE DES EXTENSIONS - Juillet août 2019



AU (Australie) : auDA a fait savoir (1) que l’ouverture des noms directement sous .AU était reportée de quelques mois, et n’aurait lieu qu’au 1er semestre 2020 au lieu du 4e trimestre 2019 initialement prévu.
(1) Update on the Introduction of Second Level Registrations and the new .au Licensing Rules
https://www.auda.org.au/news/update-on-the-introduction-of-second-level-registrations-and-the-new-au-licensing-rules/

BE (Belgique) : le registre du .BE s’inquiète de la faiblesse de ses créations (1). Selon lui, celles-ci ont battu un record en passant en 2019 sous le niveau de 2008, phénomène traduisant une certaine maturité du marché et qui, selon DNS.BE, se rencontre dans la plupart des ccTLDs européens. L’article fournit de nombreuses autres informations au sujet de l’extension belge, qui jouirait d’une part de marché de 54% et serait utilisée à 82% pour des sites web, 75% pour des emails et 70% pour les deux. Mais le registre constate avec honnêteté que parmi les noms pointant vers un site web, 59% pointent vers des pages de parking ou d’attente (« en construction »). Ceci a sans doute poussé DNS.BE à mener une action de sensibilisation autour des noms de domaine et de leurs usages (2). Il communique aussi ce mois-ci autour de son nouveau service de « locking », « Domain Guard » (3).
(1) BE New Registrations At Lowest Level in 10 Years
http://www.domainpulse.com/2019/07/10/be-new-registrations-lowest-10-years/
(2) Les noms de domaine restent mal connus
https://www.dnsbelgium.be/fr/nouvelles/les-noms-de-domaine-restent-mal-connus
(3) Domain Guard protects your .be domain name
https://www.dnsbelgium.be/en/domain-guard-protects-your-be-domain-name

BJ (Bénin) : le .BJ a été transmis au gouvernement béninois via son « ARCEP » locale (1), après avoir été depuis 2012 aux mains de Benin Telecom SA. Mais cette transmission ne concerne que la délégation administrative de l’extension : celle-ci restera gérée par l’opérateur à qui elle a été confiée depuis 2018, la société béninoise Jeny.
(1) .bj / Reassigned to Government
https://toweb.domains/2019/07/09/bj-reassigned-to-government/

CN (Chine) : le .CN comptait, selon son registre CNNIC (1), 21.4 millions de noms à la fin 2018, chiffre qui parait assez bas par rapport aux estimations réalisées par des sources externes (CNNIC n’avait pas communiqué de chiffre depuis février 2017). Mais la nouvelle la plus intéressante est surtout le fait que l’OMPI propose à présent des services de résolution des litiges pour le .CN et pour le .中国 (2, 3), un événement qui intéressera fortement tous les ayants droits jusqu’à présent condamnés à faire valeir leurs droits en passant par des organiations chinoises.
(1) China domain smaller than expected
http://domainincite.com/24484-china-domain-smaller-than-expected
(2) New Dispute Service for .CN and .中国 (China)
https://www.wipo.int/amc/en/new/cn.html
(3) WIPO Becomes First Non-Chinese Entity to Provide Domain Dispute Resolution Services for China's .cn
http://www.circleid.com/posts/20190820_wipo_first_non_chinese_entity_to_provide_domain_disputes_in_china/

CO (Co… lombie) : le contrat liant le Gouvernement colombien au registre actuel, racheté par Neustar en 2014, arrive à échéance à la fin de l’année (1). Un appel d’offres devrait donc avoir lieu prochainement et l’on peut penser qu’il sera chèrement disputé, le .CO comptant environ 2 millions de noms de domaine et jouissant de sa forte proximité avec le .COM. Les redélégations récentes des .IN (Inde) et .AU (Australie) qui virent s’affronter Neustar et Afilias ont montré combien la concurrence était intense entre les quelques opérateurs techniques de registre capables de jouer à l’échelle mondiale.
(1) .co / Up for Tender
https://toweb.domains/2019/06/27/co-up-for-tender/

EE (Estonie) : le registre du .EE a décidé de publier son fichier de zone à compter du 5 juillet denrier (1).
(1) The Estonian Internet Foundation to Publish .ee Zone File on 5 July
https://www.internet.ee/eif/news/the-estonian-internet-foundation-to-publish-ee-zone-file-on-5-july

EU (UE) : bonne nouvelle pour les titulaires de .EU situés en Grande-Bretagne, le BREXIT ne les exposera finalement pas à perdre leurs noms de domaine. Mieux encore : tous les titulaires « européens » pourront avoir un .EU, où qu’ils se trouvent dans le monde (1, 2). Mais cela ne signifie pas pour autant que les titulaires britanniques puissent conserver les leurs, le critère d’éligibilité strictement géographique n’ayant fait que se déporter sur la « nationalité ». Ceci conduit à des situations ubuesques telles que la « relocalisation » massive d’entreprises britanniques en Irlande (3). Un mouvement qui n’empêche pas le déclin actuel du .EU, celui-ci ayant subi une perte en stock d’environ 167 000 noms entre juin 2018 et juin 2019 (4). Le taux de renouvellement restant assez élevé (82.1%), on en déduit que cette perte en stock est essentiellement due à une baisse notable des créations. Avec 165 000 créations au Q2 2019, le ratio « annualisé » de nouvelles créations sur le stock à fin juin 2019 s’établit à 16%, ce qui est 3 à 4 points inférieur aux autres ccTLDs européens. Le TLD se ressent évidemment fortement du Brexit, tout en voyant – faut-il s’en étonner – l’Irlande en tête des pays déposants… (5).
(1) EC Confirms April Directive: EU Registrants in UK, And Anywhere Else In The World, Can Register .EU Domains
http://www.domainpulse.com/2019/07/24/ec-confirms-registrants-uk-anywhere-register-eu-domains/
(2) Owners of .eu domain names in United Kingdom may keep their domains after BREXIT
https://onlinedomain.com/2019/07/22/domain-name-news/owners-of-eu-domain-names-in-united-kingdom-may-keep-their-domains-after-brexit/
(3) “We’re Irish!” claim Brits as .eu shrinks yet again
http://domainincite.com/24636-were-irish-claim-brits-as-eu-shrinks-yet-again
(4) EU domain extension is shrinking
https://onlinedomain.com/2019/08/20/domain-name-news/eu-domain-extension-is-shrinking/
(5) EURid`s Q2 2019 quarterly statistics and developments available
https://eurid.eu/en/news/eurid-s-q2-2019-quarterly-statistics-and-developments-available/

FANS : le .FANS, qui avait été récupéré par CentralNIC au début de l’année, aurait déjà changé de mains au proit d’un opérateur chinois (1). Le trading de TLDs serait-il un marché en voie de développement ? C’était je pense la vision des fondateurs de Donuts, mais les choses n’ont pas tourné comme ils en avaient rêvé.
(1) Looks like .fans has a new Chinese owner
http://domainincite.com/24552-looks-like-fans-has-a-new-chinese-owner

GR (Grèce) : mauvaise passe pour le .GR dont le registre aurait été « piraté » du 19 au 24 avril 2019 (au moins) dans le cadre d’une campagne de piratage baptisée « Sea Turtle » (1). Le registre grec va aussi voir apparaître un concurrent avec la nouvelle extension d’Eurid, signifiant « .EU » en grec – du moins aux yeux de Bruxelles : un observateur explique ironiquement pourquoi une telle extension est absurde, « .EU » désignant l’Union européenne mais sa transcription visuelle en cyrillique n’ayant aucun sens en grec (2). Ceci – et les performances modestes de la plupart des IDN-TLDs - laissent à penser que le nouvel entrant ne sera pas trop redoutable pour le .GR.
(1) GR Hijacked By Sea Turtles
http://www.domainpulse.com/2019/07/12/gr-hijacked-sea-turtles/
(2) Worst domain extension will soon launch
https://onlinedomain.com/2019/08/12/domain-name-news/worst-domain-extension-will-soon-launch/

ICU : le .ICU fête son premier million de noms de domaine, mais cette belle performance a son revers : le spam utilisant les .ICU aurait triplé en passant selon SpamHaus de 6.4% d’emails utilisant des .ICU classés comme « spam » à 17,4% en juin. La forte dynamique du TLD enregistrée ces derniers mois serait donc essentiellement due à l’affection des spammers, ce qui est moins glorieux. Le modèle économique du TLD favorise cet engouement, avec des prix à la création tourant autour de 1-2$ et des tarifs de renouvellement plus proches des 10$. Sans être à proprement parler un « penny-TLD », le ICU est donc l’un de ces nTLDs engagés dans une stratégie de volume dont on ne sait pas trop à quoi elle aboutira, le stock étant sujet à de fortes variations du fait de la fragilité des taux de renouvellement.
(1) .icu joins the million-domains club in one year, but spam triples
http://domainincite.com/24469-icu-joins-the-million-domains-club-in-one-year-but-spam-triples

ID (Indonésie) : le .ID s’ouvrira au monde entier dès la fin 2019, le registre ayant décidé de surfer sur la signification « générique » de son TLD associant « ID » aux notions d’identité et d’identifiant. Cette mesure pourrait propulser l’extension indonésienne parmi les « millionnaires », le stock actuel de 318 000 noms étant détenu à 96% par des Indonésiens. Le caendrier de l’ouverture ne semble pas encore connu.
(1) ID Coming to Everyone, Everywhere
http://www.domainpulse.com/2019/07/22/id-coming-to-everyone-everywhere/

IE (Irlande) : le registre du .IE affirme (1) vivre un âge d’or, et ceci s’explique par les facteurs exogènes ayant affecté aussi bien le TLD lui-même (assouplissement) que son environnement de marché (économie, Brexit etc.). A ces différents facteurs s’ajoute aussi probablement un effet de rattrapage significatif, le TLD étant l’un des derniers à s’être « libéralisé » en dépit des récriminations de longue date d’acteurs éminents de la communaité internet irlandaise, tel Michele Neylon de Blacknight.
(1) Ireland’s country domain .ie grows 40% in five years, fuelled by registration rule change, a buoyant economy, Brexit and social network limitations
https://www.iedr.ie/irelands-country-domain-ie-grows-40-in-five-years-fuelled-by-registration-rule-change-brexit-and-social-network-limitations/

KIDS : le .KIDS a fini par être délégué à DotKids, société de Hong-kong restant seule en lice après l’abandon de ses deux principaux rivaux Amazon et Google (1). Le TLD devrait donc être lancé courant 2020.
(1) Amazon and Google have been BEATEN by a non-profit in the fight for .kids
http://domainincite.com/24590-amazon-and-google-have-been-beaten-by-a-non-profit-in-the-fight-for-kids

LU (Luxembourg) : le .LU a fêté fin juin l’enregistrement de son 100 000e nom de domaine ! (1). Le registre souligne que cela conduit à un ratio théorique de 1 nom pour 6 habitants, ratio théorique dans la mesure où il ne tient pas compte du fait que 75% des .LU sont déposés par des entreprises. En somme, ce ccTLD reste un peu en friche du point de vue des particuliers.
(1) 100,000th .lu registered
https://www.dns.lu/en/support/general-information/100k/

MADRID : le .MADRID arrive sur le marché (1) ! Sa sunrise period a commencé le 16 juillet et durera jusqu’au 3 octobre. L’ouverture générale aura lieu le 10 octobre. D’après la brève qui me sert de source, il semblerait que l’exigence de présence locale ne soit pas trop sévère, ce qui permettra des dépôts par des non-résidents.
(1) After five-year wait, .madrid domains coming this month
http://domainincite.com/24476-after-five-year-wait-madrid-domains-coming-this-month

MUSEUM : échos du .MUSEUM en provenance de… l’Afnic, son nouvel opérateur technique (1). Le communiqué met en avant le grand potentiel du segment des musées de par le monde, et souligne les trois axes de la stratégie de développement adoptée : assouplissement des règles d’éligibilité, développement du réseau de distribution et baisse sensible des tarifs.
(1) .museum, the new alternative for museums on the internet
https://www.afnic.fr/en/about-afnic/news/general-news/11544/show/museum-the-new-alternative-for-museums-on-the-internet.html

MX (Mexique) : deux nouvelles en provenance du .MX, tout d’abord le franchissement du seuil du million de noms déposés (1), et ensuite la signature de la zone au moyen de DNSSEC (2).
(1) Registry .MX hits its first Million
https://www.registry.mx/jsf/news_list/search/info.jsf?Id=1671&type=1
(2) Registry .MX releases DNSSEC service for .MX domains
https://www.registry.mx/jsf/news_list/search/info.jsf?Id=1225&type=1

NZ (Nouvelle-Zélande) : l’été a été marqué par une victoire du registre néo-zélandais dans sa bataille judiciaire contre DomainTools (1, 2, 3), victoire qui a permis le règlement amiable d’un autre contentieux avec WHOIS API, concurrent de DomainTools (4, 5). Cette décision judiciaire constitue un précédent marquant clairement que les registres sont maîtres de leurs données (à défaut parfois d’en être les propriétaires stricto sensu). Elle est donc « rassurante » dans son principe, bien que problématique pour les sociétés telles que DomainTools et WHOIS API faisant leur fonds de commerce de l’exploitation des bases WHOIS. La « silotisation » continue des données n’aidera pas non plus à bien connaître les réalités des évolutions du marché. Il y aurait peut-être là un grand projet dont pourrait se saisir l’ICANN, qui s’interdirait de revendre ou de partager les données transmises par les registres, tout en communicant des aggrégats comparables à ceux que l’on trouve déjà, pour les gTLDs, dans les « Transaction Reports ».
1) New Zealand’s Domain Name Commission Wins Appeal in Lawsuit Against US DomainTools
http://www.circleid.com/posts/20190719_new_zealands_dnc_wins_appeal_in_lawsuit_against_domain_tools/
2) Appeals court affirms injunction against DomainTools
https://domainnamewire.com/2019/07/19/appeals-court-affirms-injunction-against-domaintools/
3) NZ domain 'scraping' win in US court upholds global privacy precedent
https://www.reseller.co.nz/article/664207/nz-domain-scraping-appeal-us-sets-global-privacy-precedent/
4) .NZ domain manager sues Whois API
https://domainnamewire.com/2019/07/11/nz-domain-manager-sues-whois-api/
5) Whois API removes .NZ records to settle lawsuit
https://domainnamewire.com/2019/07/25/whois-api-removes-nz-records-to-settle-lawsuit/

ORG : la décision attendue de l’ICANN de supprimer le « plafonnement » des tarifs du .ORG (1, 2) a continué à produire de nombreux remous cet été. Le registre PIR se défend lui-même de toute intention d’augmenter les prix (3) tout en affichant des résultats ne justifiant en rien la décision de l’ICANN (4). Mal à son aise, celle-ci tente de justifier cette mesure et le mépris dans lequel elle a tenu les 3 200 messages de protestation reçus par la seule volonté d’uniformiser les contrats des Legacys TLDs avec celui des nTLDs, qui date de 2012 (5). Mais il semble que le Board n’ait pas été appelé à voter, bien qu’il n’ait sur le moment « manifesté aucune opposition » au projet, ce qui pose une nouvelle fois la question de son utilité, ou bien de sa composition. Car il est évident que les intérêts des utilisateurs ont ici été lésés au profit de ceux de l’ICANN, du registre et de son opérateur technique, si les prix augmentent un jour – ce qu’ils ne sauraient manquer de faire dans un contexte de morosité sur les volumes, et à présent que la voie est juridiquement déblayée (6).
Plusieurs acteurs sont déjà montés au créneau pour faire appel de cette décision, dont le statut est peu clair dès lors qu’elle n’a pas été formellement avalisée par le Board (7, 8, 9, 10, 11). On voit d’ailleurs se profiler une autre raison pour ces acteurs, notamment l’ICA, de combattre la manœuvre de l’ICANN (12). L’ICA notamment lutte depuis toujours contre l’application de la procédure URS (blocage rapide des noms manifestement litigieux) aux Legacys. L’uniformisation des contrats, si elle supprime les plafonds de prix, impose dans le même temps aux registres d’appliquer cette fameuse URS…
Le débat se porte aussi, et c’est tout naturel, sur la gouvernance de l’ICANN elle-même, dans la mesure où les 2% de réponses favorables à la suppression des plafonds de prix émanent d’acteurs directement intéressés à voir ceux-ci sauter (13, 14). L’intérêt de l’étude mentionnée en référence dans ces articles est qu’elle pose des chiffres sur le phénomène bien connu du lobbying exerçant des pressions sur les décisions de l’ICANN. Mais les réflexions soulevées portent aussi à des interrogations plus fondamentales, notamment que l’approche « fondée sur le consensus » n’est pas nécessairement démocratique : dans une démocratie, la majorité l’emporte. Dans le système du consensus, toute décision devrait remporter 100% des suffrages à moins de faillir, par définition, à refléter un consensus. Le terme même de consensus est finalement obscur, car il peut exister des consensus « absolus » ou des consensus partiels, d’où se dégage toutefois une tendance suffisamment forte. C’est ici le cas, mais l’ICANN a montré une fois de plus qu’elle savait ignorer en toute bonne conscience les avis de la communauté lorsqu’ils ne s’accordent pas au sien.
En tout état de cause, outre le problématique démocratie / consensus (il y aura toujours plus d’utilisateurs que d’acteurs du marché), la question se porte plutôt sur le rôle (ou le non-rôle) des membres du Board, et sur le fait qu’on n’ait pas jugé souhaitable de les faire voter. S’il y avait une opposition latente au sein même du Board, celui-ci a été victime d’un « court-circuit » et devrait au minimum s’en émouvoir…
(1) The .Org Price Caps Removed Under New Agreement With ICANN
http://www.circleid.com/posts/20190701_dot_org_price_cap_removed_under_new_agreement_with_icann/
(2) Domain overseer lifts all price caps on .Org domain names
https://domainnamewire.com/2019/06/30/domain-overseer-lifts-all-price-caps-on-org-domain-names/
(3) .org now has no price caps, but “no specific plans” to raise prices
http://domainincite.com/24458-org-now-has-no-price-caps-but-no-specific-plans-to-raise-prices
(4) « Solid » 2018 Sees PIR Reorganising and Boosting Revenues and Renewals in Challenging Times
http://www.domainpulse.com/2019/07/19/solid-2018-pir-reorganising-boosting-revenues-renewals/
(5) ICANN explains how .org pricing decision was made
http://domainincite.com/24523-icann-explains-how-org-pricing-decision-was-made
(6) Thoughts on domain price increases, two weeks later
https://domainnamewire.com/2019/07/16/thoughts-on-domain-price-increases-two-weeks-later/
(7) ICA Asks ICANN for Explanation of .org Decision
https://www.internetcommerce.org/ica-asks-icann-for-explanation-of-org-decision/
(8) ICA Lambasts ICANN After .Org Price Caps Removed
https://domaininvesting.com/ica-lambasts-icann-after-org-price-caps-removed/
(9) Namecheap files reconsideration request over removing .Org, .Info price caps
https://domainnamewire.com/2019/07/23/namecheap-files-reconsideration-request-over-removing-org-info-price-caps/
(10) EFF files reconsideration request over .Org decision
https://domainnamewire.com/2019/08/07/eff-files-reconsideration-request-over-org-decision/
(11) EFF becomes second to appeal new .org contract
http://domainincite.com/24616-eff-becomes-second-to-appeal-new-org-contract
(12) URS Is a Bad Fit for .ORG, Says EFF
http://www.circleid.com/posts/20190806_urs_is_a_bad_fit_for_dot_org_says_eff/
(13) Regulatory Capture at ICANN
https://domainnamewire.com/2019/06/25/regulatory-capture-at-icann/
(14) Responding to "The Case for Regulatory Capture of ICANN"
http://www.circleid.com/posts/20190628_responding_to_the_case_for_regulatory_capture_of_icann/

PL (Pologne) : à l’instar du .BE, le registre polonais note une baisse des créations au 2e trimestre 2019, mais aussi une augmentation des renouvellements (1). Ce phénomène est difficile à interpréter dans le cas du .PL, autrement que par un retour progressif à la « normale ». Le .PL a en effet longtemps prospéré sur un schéma de fortes créations associées à des taux de renouvellement particulièrement bas (de l’ordre de 60% soit 20 à 25 points de moins que les autres TLDs européens). Une réduction de la dynamique des créations assortie à une amélioration du taux de renouvellement montre que le TLD a peut-être atteint les limites de ce modèle et qu’il est rattrapé, avec un décalage, par les contraintes qui s’imposent à ses homologues.
(1) PL Registrations Down, Renewals Up, in Second Quarter
http://www.domainpulse.com/2019/08/28/pl-registrations-down-renewals-up-second-quarter/

PT (Portugal) : le registre portugais annonce (1) la mise en place d’un « Security Operations Center » approuvé et financé par l’Union européenne. Cet organe a débuté ses activités en août.
(1) .PT implements Security Operations Center
https://www.dns.pt/en/news/pt-implements-security-operations-center/

PR (Porto Rico) : les 30 ans du .PR ont été l’occasion d’une fête organisée par le registre et son opérateur technique Afilias – mais aussi une opportunité pour des critiques de se donner libre cours (1). Celles-ci rappellent que le TLD était autrefois géré par l’Université de Porto-Rico, jusqu’à ce qu’il soit transmis en 2007 à une société privée créée par le propre chef du département en charge de la gestion de l’extension. Les niveaux de prix rédhibitoires (1000$ par an) ont en outre fait la fortune du registre et de son opérateur, mais pas celle du TLD qui se voit la plupart du temps préférer le .COM par les entreprises et particuliers porto-ricains. Le registre travaillerait à un programme de pricing plus adapté aux besoins des PME.
(1) .pr / Registry Faces Criticism
https://toweb.domains/2019/08/26/pr-registry-faces-criticism/

RU (Fédération de Russie) : le registre russe a continué d’augmenter ses tarifs en 2018 (1), mesure qu’il avait précédemment justifiée en invoquant la répartition très inégalitaire des revenus entre lui-même et ses bureaux d’enregistrement. L’intérêt de cette opération – pour les observateurs extérieurs – est qu’elle permet de mesurer l’élasticité-prix : le .RU aurait en effet perdu 350 000 noms en 2018, soit 6.5% de son stock, et ces suppressions auraient majoritairement été effectuées par les titulaires de 100 noms et plus, qualifiés de « domain investors » par le registre. Mais le fait que 79% des .RU soient détenus par des particuliers a aussi pu jouer : la sensibilité aux variations de tarifs est assez logiquement plus forte auprès d’un public de particuliers qu’auprès d’un public d’entreprises, même pour des portefeuilles inférieurs à 100 noms. En corollaire, on note que les registrars russes n’ont vraisemblablement pas accepté la nouvelle « répartition » des revenus imposée par le registre, et qu’ils se sont contentés de répercuter intégralement la hausse dans leurs propres prix. Cet effet de pricing « à double détente » qui est l’une des caractéristiques du marché des noms de domaine rend souvent complexes, et parfois inopérantes, les stratégies fondées sur le prix sauf si le registre s’aventure jusqu’à la quasi-gratuité.
(1) .RU Increases Registration Fee in 2018 and Domainers Bolt
http://www.domainpulse.com/2019/07/29/ru-increases-registration-fee-in-2018-and-domainers-bolt/

RW (Rwanda) : à l’instar de plusieurs autres Etats africains, le Gouvernement rwandais se penche sur le sort de son extension nationale et voudrait bien l’aider à se développer plus rapidement (1). Une campagne visant à promouvoir le TLD auprès des entreprises rwandaises a été élaborée et durera trois mois.
(1) Rwanda Looks To Boost Awareness And Adoption Of .RW
http://www.domainpulse.com/2019/08/08/rwanda-boost-awareness-adoption-rw/

UK (Grande-Bretagne) : si le stock de .UK a été doppé en juin par la fin de la période de protection sous .UK des termes déposés sous .CO.UK, NET.UK etc., un assez grand nombre de ces noms « de second niveau » n’ont pas bénéficié du dépôt préventif (au minimum) sous .UK fortement recommandé par le registre. Il ne s’agit pas de « pertes » puisque ces noms n’ont jamais été déposés, mais de « droits éteints » au moment de l’expiration de la période de « grandfathering ». Une aubaine sans doute pour les domainers, avec en perspective une augmentation probable du nombre de litiges dans les mois à venir… Nominet nous confie par ailleurs ses rélfexions sur un thème toujours brûlant, à savoir celui de l’impact des noms de domaine sur le référencement (2). Après un bref historique de la problématique et des évolutions de l’algorithme de Google, l’auteur explique que les « exact match domains » contenant le mot-clef recherché par l’utilisateur restent des choix appréciables, ne serait-ce que parce qu’ils sont lus par l’utilisateur et que celui-ci a vraisemblablement tendance à cliquer sur des adresses contenant les termes qu’il recherche. Cet argument doit être souligné (même s’il n’est pas nouveau) car il permet de relativiser l’intérêt d’une approche uniquement fondée sur les algorithmes des moteurs de recherche et leurs caprices (ou dysfonctionnements). Une autre dimension souvent négligée par les non spécialistes est le coût relatif du clic, dans le cadre d’une campagne de SEO au pay-per-click : celui d’un .COM peut s’avérer exorbitant en regard des résultats, tandis que certains « challengers » peuvent tirer leur épingle du jeu.
(1) 1.8 million UK grandfathers die after Nominet deadline hits
http://domainincite.com/24441-1-8-million-uk-grandfathers-die-after-nominet-deadline-hits
(2) Do keywords in TLDs really matter
https://www.nominet.uk/do-keywords-in-tlds-really-matter/
https://www.nominet.uk/registry-services/the-complete-guide-to-seo-and-gtlds/

US (Etats-Unis d’Amérique) : intéressant article d’une personne de Neustar, opérateur technique du .US récemment reconduit dans ses fonctions, présentant son expérience du marketing d’un « teenage TLD » (1). Sont listés tous les angles de promotion du TLD, depuis le « .Americain » évident jusqu’au plus glamour « .US » (« .NOUS ») pour les jeunes mariés – le taux de renouvellement de ce segment spécifique de clientèle pouvant être un peu décalé par rapport à celui des autres, mais présentant un indéniable intérêt pour les sociologues. En résumé, du ccTLD quasi-nationaliste aux variantes plus ou moins génériques, le registre fait flèche de tout bois pour promouvoir son TLD, ce qui est logique, tout en posant une question de fond sur l’identité – le sens – d’un tel couteau suisse. A ce compte-là, pourquoi donc ne pas tenter le très disruptif « Union Soviétique »… ? ;-)
(1) Marketing a Teenage TLD
https://domainnamewire.com/2019/07/18/marketing-a-teenage-tld/

XXX : MMX (acquéreur d’ICM Registry) a lancé son offre « AdultBlock » destinée à permette aux ayants droits de « bloquer » l’enregistrement de noms identiques ou proches de leurs marques (1, 2). Un modèle qui va certainement rapporter gros au registre (3, 4), mais dont on peut questionner le sens ou la moralité dès lorsqu’il s’agit de faire payer des tiers pour les autoriser à faire respecter des droits qu’ils ont déjà acquis auprès des instances compétentes (INPI et autres). On décèle ici une faiblesse ou une inadéquation du système de la propriété intellectuelle face aux possibilités de l’Internet : quelle est au fond la valeur d’une marque si ce droit doit en permanence être « racheté » auprès de N acteurs faisant comme s’il n’existait pas ? N’est-ce pas précisément un déni de droit(s) aimablement toléré par l’ICANN pour le plus grand profit d’acteurs que les scrupules n’embarrassent guère ?
(1) AdultBlock launched to block .XXX and other domains
https://domainnamewire.com/2019/07/16/adultblock-launched-to-block-xxx-and-other-domains/
(2) MMX Releases AdultBlock and AdultBlock+
https://domaininvesting.com/mmx-releases-adultblock-and-adultblock/
(3) Porn blocks could be worth millions to MMX
http://domainincite.com/24542-porn-blocks-could-be-worth-millions-to-mmx
(4) Porn-block retail prices revealed. Wow.
http://domainincite.com/24647-porn-block-retail-prices-revealed-wow

ZW (Zimbabwe) : le Zimbabwe semble décidé à prendre le taureau par les cornes, manifestant son intention de « reconstruire son extension en repartant de zéro » (1). Les détails fournis par l’article montrent qu’une telle résolution paraît indispensable et qu’au moins en termes de focntionnalités il n’y aura pas grand effort à faire pour atteindre les bases du nouveau départ. Un autre article fournit quelques informations sur les intentions des parties prenantes en termes de « refondation » du système de gouvernance du TLD, étape préliminaire qu’il convient de bien franchir avant de songer à l’éventuelle délégation technique à un opérateur tiers.
(1) Zimbabwe wants to rebuild its domain market from scratch
http://domainincite.com/24490-zimbabwe-wants-to-rebuild-its-domain-market-from-scratch
(2) .zw / Plans to Modernize
https://toweb.domains/2019/07/16/zw-plans-to-modernize/


Samedi 31 Août 2019
Loic Damilaville
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