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Qui sommes-nous?

Loïc Damilaville


Editeur de DNS News depuis 1998, Loïc Damilaville travaille depuis 1997 sur les problématiques liées aux noms de domaine.

Il a fondé en 2005 le Club Noms de domaine, destiné à réunir les personnes en charge des noms de domaine au sein des grandes enteprises.

Il est auteur du Livre blanc sur la gestion des noms de domaine parrainé par l'ACSEL, l'AFNIC, l'APCE, l'APRAM, la CCIP, le CEFAC, le CIGREF, le Club de l'économie numérique, l'INPI, l'ISOC France, le MEDEF, le Ministère de l'économie, des finances et de l'emploi, et l'Union des Fabricants.

Loïc Damilaville est adjoint au directeur général de l'AFNIC.

Il mène aussi des missions de conseil auprès des grands comptes pour les assister dans l'élaboration, la mise en place et le suivi de leurs stratégies de nommage et de présence sur internet.

Contact:
loic[at]dns-news.fr
ou 01 49 73 79 06

VIE DES EXTENSIONS - Octobre 2020



AU (Australie) : un récent rapport (1) du .AU met en exergue le cas du .AU qui tout en étant pratiquement à l’équilibre sur 12 mois, signale avoir connu une augmentation de 31% des créations de .COM.AU entre avril et septembre 2020, par rapport à la même période en 2019. Détail intéressant, 85% des .COM.AU ont été enregistrés par des entreprises existant déjà avant 2020, un tiers d’entre elles existant depuis plus de 10 ans. L’effet « transition numérique » existe donc bien sous le .AU, puisque ce sont des entreprises qui auraient largement eu le temps de s’équiper avant la pandémie, qui se sont précipitées sur leurs noms de domaine. Autre point exemplaire dans cette situation, le fait que la « croissance zéro » n’ait été obtenue que grâce au « boom » lié au COVID. Sans cet impondérable, la croissance se serait vraisemblablement muée en récession larvée, ce qui est aussi le cas de nombreux ccTLDs. Que nous réserve 2021 dans ce contexte où la probable récession économique se doublera de la première arrivée à échéance des noms déposés en 2020 ?
(1) .au domain names growth highlights businesses pivoting online during COVID-19
https://www.auda.org.au/news/au-domain-names-growth-highlights-businesses-pivoting-online-during-covid-19/

CONTACT : la sunrise period du .CONTACT a débuté le 29 septembre et se poursuivra jusqu’au 28 novembre (1). L’ouverture générale devrait avoir lieu le 9 décembre, précédée d’une semaine où les noms seront enregistrables par tous, mais à des prix plus élevés que la normale et déclinant peu à peu jusqu’au 9 décembre.
(1) Donuts to launch .contact next week
http://domainincite.com/25876-donuts-to-launch-contact-next-week

CPA : ce TLD fermé désigne les « Certified Public Accountants » américains. Selon une brève (1), sa sunrise se passait au mieux à la fin septembre, avec au moins 2 000 noms déposés, soit la 3e ou 4e sunrise la plus réussie de l’histoire des nTLDs. La sunrise semble être un peu particulière, et d’autre part le registre a sans doute motivé tous les comptables américains par le biais de leurs associations professionnelles. Mais si cet essai est transformé, le .CPA pourrait devenir source d’inspiration pour de nombreux TLDs professionnels.
(1) Could .cpa be the most successful new gTLD sunrise yet?
http://domainincite.com/25892-could-cpa-be-the-most-successful-new-gtld-sunrise-yet

EU (UE) : la Commission européenne a officiellement lancé le processus de sélection du « futur » registre du .EU, position occupée par EURID depuis 2005 (1). Le contrat sera conclu jusqu’au 13 octobre 2022. Les candidats peuvent soumettre leur dossier jusqu’au 30/12/20. Ils doivent être situés dans l’UE (ainsi qu’au Royaume-Uni…) (2), être des organisations à but non lucratif et témoigner d’au moins 7 ans d’expérience dans la gestion d’extensions internet – ce qui exclut tous les registres et opérateurs techniques ne gérant que des nTLDs, puisque les tous premiers ne sont apparus qu’en 2014. Les sociétés privées peuvent créer un « véhicule » associatif si elles veulent candidater. Il y a tout de même de bonnes chances qu’EURID reste en place, faute de concurrents à la fois éligibles et motivés.
EURID rappelle par ailleurs aux 135 000 titulaires britanniques détenant encore un .EU qu’ils vont perdre leurs noms de domaine à compter du 31/12/2021 (3).
(1) The Competition to Become the Next .eu TLD Registry Is Now Open
http://www.circleid.com/posts/20201006-the-competition-to-become-the-next-eu-tld-registry-is-now-open/
(2) .eu registry contract up for grabs
http://domainincite.com/25933-eu-registry-contract-up-for-grabs-2
(3) First Brexit notice to registrants and registrars
https://eurid.eu/en/news/first-brexit-notice/

JP (Japon) : le .JP annonce avoir dépassé les 1.6 millions (1).
(1) JP Domain Names Surpassed 1.6 Million
https://jprs.co.jp/en/topics/2020/201002.html

KH (Cambodge) : le registre du .KH a trouvé une main secourable (1) auprès du registre russe, qui avait déjà annoncé il y a quelques mois apporter son soutien au .VN. Tout se passe comme si le registre russe menait campagne en Extrême-orient…
(1) Coordination Center for TLD .RU/.РФ to support Cambodian ccTLD upgrades
https://cctld.ru/en/media/news/kc/26692/

NZ (Nouvelle-Zélande) : le registre néeo-zélandais a publié les recommandations de son « Advisory Panel » sur sa vision des mesures à mettre en œuvre pour améliorer la gestion du .NZ. Le disocurs du communiqué est très orienté « sécurité ».
(1) Advisory Panel makes its recommendations to InternetNZ
https://internetnz.nz/news-and-articles/nz-advisory-panel-makes-its-recommendations-to-internetnz/

SPA : ce nTLD avait été fortement disputé entre son délégataire actuel, Asia Spa and Wellness Promotion Council, Donuts et la ville de Spa en Belgique. Les choses se sont réglées depuis, Donuts ayant abandonné ses revendications et le registre s’étant engagé à reverser 25% de ses profits à la ville de Spa. Le nTLD vient en tout cas d’être créé, même si la période ne s’y prête guère.
(1) The internet just got its first proper new gTLD of the year, and the timing couldn’t be worse
http://domainincite.com/25993-the-internet-just-got-its-first-proper-new-gtld-of-the-year-and-the-timing-couldnt-be-worse

SUCKS (SUCKS) : le .SUCKS est l’un des exemples les plus frappants de modèles économiques de nTLDs implicitement fondés sur le rackett. Son principe est simple et en apparence tout innocent : offrir aux gens mécontents un espace de nommage pour leur permettre de déverser leur bile à l’égard d’une marque. Un phénomène nouveau s’est toutefois produit ces derniers mois, avec une vague de dépôts.
Celle-ci a été rapidement suivie de la mise en ligne d’une volée de pages présentant, sous un format très homogène, des récriminations produites ou collectées à la volée, dénigrant des marques notoires (curieusement, ICANN.SUCKS ne semble pas avoir intéressé le ou les titulaires à l’origine de cette « campagne »). Ainsi que le note Kevin Murphy :

« It’s a network of hundreds of .sucks micro gripe-sites, each targeted to a specific brand and each populated with content scraped, usually without citation, from Wikipedia, social media, and consumer-review aggregator web sites ».(2)

Le même Kevin Murphy a aussi découvert un mécanisme mis en place par le registre pour encourager et faciliter la revente des noms « à des tiers » (comprenez : les ayants droits victimes de ces pratiques) et les tarifs sont ici aussi assez homogènes, le minimum rencontré étant de 199$ (prix plancher au-delà duquel les prix peuvent s’envoler, jusqu’à 599$ par exemple chez Uniregistry).
Le « deal » est clair : « Chers ayants droits, qui n’avez pas voulu protéger vos marques sous .SUCKS à des tarifs prohibitifs, passez donc aujourd’hui à la caisse si vous voulez voir cesser la nuisance ». L’étude des données whois du titulaire du nom utilisé dans l’exemple ci-dessus, « jackdaniels.sucks », montre qu’il s’appelle « Privacy Hero Inc. » et qu’il serait situé dans les Iles Turques et Caïques. Nous n’en saurons pas plus, RGPD oblige.
La question est d’autant plus délicate à traiter que le .SUCKS est protégé, du moins jusqu’à un certain point, par le nécessaire principe de la liberté d’expression : des ayants droits ayant voulu récupérer leurs noms en UDRP ont pu l’apprendre à leurs dépens (3). Ce n’est donc pas tant au niveau des noms, ni même de « Privacy Hero Inc. », qu’il faudrait agir, et encore moins au niveau de l’ICANN qui n’a rien fait depuis 2012 en dépit des alertes qui lui furent adressées. L’organisation californienne s’efforce d’ailleurs, à raison car elle ne saurait devenir un « gendarme de l’Internet », de dégager sa responsabilité à l’égard des contenus mis en ligne quels qu’ils soient (4). Mais les modèles économiques viciés qu’elle a entérinés restent entièrement de sa responsabilité, ce qu’elle affecte volontiers d’oublier.
La seule réponse possible serait sans doute une « class action » auprès des tribunaux des Iles Caymans où le registre Vox Populi a eu la prudence de se domicilier (5). Toutefois, il existait dans l’Applicant Guidebook de 2012 une possibilité offerte aux ayants droits de demander à l’ICANN la suspension d’un registre qui enfreindrait leurs droits de manière volontaire et répétée, précaution doublée pour certains nTLDs « bizzarres » de Public Interest Commitments renforcés. Ce serait peut-être une voie à explorer, afin de mettre Vox Populi devant l’alternative la moins confortable pour lui : voir suspendre son TLD ou mettre fin à la campagne d’un titulaire auquel on peut au minimum reprocher d’avoir « optimisé » un schéma déjà border line à l’origine. La question de fond demeure irrésolue : comment l’ICANN a-t-elle pu accepter un tel nTLD ?
(1) Something weird’s going on at .sucks
http://domainincite.com/25955-something-weirds-going-on-at-sucks
(2) That .sucks weirdness? Worse than I thought
http://domainincite.com/25964-that-sucks-weirdness-worse-than-i-thought
(3) Free speech, or bad faith? UDRP panels split on Everything.sucks domains
http://domainincite.com/25995-free-speech-or-bad-faith-udrp-panels-split-on-everything-sucks-domains
(4) Has ICANN cut off its regulatory hands?
http://domainincite.com/25906-has-icann-cut-off-its-regulatory-hands
(5) Fiche IANA du .SUCKS
https://www.iana.org/domains/root/db/sucks.html

UK (Royaume-Uni) : Nominet s’est de nouveau attiré des critiques en supprimant un forum de discussion hébergé sur ses serveurs, forum dans lequel certaines critiques devenaient intolérables au registre. Celui explique que les contestataires ont beaucoup d’autres moyens pour se faire entendre. Mais c’est une manière assez directe de réduire drastiquement l’audience de ces mêmes contestataires. Liberté d’expression quand tu nous tiens…
(1) Nominet shuts down “hostile” discussion forum
http://domainincite.com/25878-nominet-shuts-down-hostile-discussion-forum

WEB : selon Verisign, la question du .WEB ne devrait pas être réglée avant le début 2021, dépendant du processus baptisé « Independant Review Process ». Toutefois cet IRP pourrait être biaisé en ce que si la décision donne tort à Verisign, elle donnera aussi tort à l’ICANN dont la responsabilité serait ainsi reconnue en termes d’instruction insuffisante des pièces de la candidature. Or l’ICANN ne pouvait guère juger que sur les pièces qui lui avaient été fournies, et c’est plutôt de la mauvaise foi du candidat vainqueur qu’il faudrait parler, celui-ci, secrètement financé par Verisign, s’étant engagé à se revendre à son bailleur de fonds en cas de succès. Il est étonnant que les juristes de Marina del Rey n’aient pas choisi cette voie. Peut-être existe-t-il d’autres éléments que personne ne juge vraiment opportun d’exposer au public – en toute « transparence », naturellement.
(1) .web ruling might not come this year
http://domainincite.com/26000-web-ruling-might-not-come-this-year

WED : le .WED détiendra pour la postérité le privilège douteux d’avoir été le premier nTLD à être « coupé » par l’ICANN à l’initiative de celle-ci, trois ans après la faillite de son registre (1). Le process ICANN prévoit qu’un TLD appartenant à un tel registre puisse continuer à fonctionner pendant trois ans (les candidats devaient apporter les garanties financières nécessaires). Le .WED est donc aujourd’hui « terminated » et sera vraisemblablement remis en circulation dans un proche avenir. L’ICANN ayant la main, il est probable que ce sera par le biais d’enchères.
(1) Forty weddings and a funeral? .wed is dead but may come up for auction
http://domainincite.com/25945-forty-weddings-and-a-funeral-wed-is-dead-but-may-come-up-for-auction


Samedi 31 Octobre 2020
Loic Damilaville
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