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Qui sommes-nous?

Loïc Damilaville


Editeur de DNS News depuis 1998, Loïc Damilaville travaille depuis 1997 sur les problématiques liées aux noms de domaine.

Il a fondé en 2005 le Club Noms de domaine, destiné à réunir les personnes en charge des noms de domaine au sein des grandes enteprises.

Il est auteur du Livre blanc sur la gestion des noms de domaine parrainé par l'ACSEL, l'AFNIC, l'APCE, l'APRAM, la CCIP, le CEFAC, le CIGREF, le Club de l'économie numérique, l'INPI, l'ISOC France, le MEDEF, le Ministère de l'économie, des finances et de l'emploi, et l'Union des Fabricants.

Loïc Damilaville est adjoint au directeur général de l'AFNIC.

Il mène aussi des missions de conseil auprès des grands comptes pour les assister dans l'élaboration, la mise en place et le suivi de leurs stratégies de nommage et de présence sur internet.

Contact:
loic[at]dns-news.fr
ou 01 49 73 79 06

Vie des Extensions - Janvier 2019



AMAZON: l’ICANN s’est engagée à prendre une décision ferme en mars prochain à Kobé (1), suite aux courriers incendiaires reçus des pays de la région d’Amazonie exigeant qu’elle renonce à la délégation à la société Amazon. Cette décision est un peu conçue dans un mode arbitral, puisqu’elle aura lieu seulement en cas d’absence d’accord entre les parties.
(1) ICANN puts deadline on .amazon talks
http://domainincite.com/23841-icann-puts-deadline-on-amazon-talks

.BEST: Jean Guillon poursuit sa série d’interviews autour du .BEST, en abordant cette fois un sujet qui intéressera tous les ayants droits : la protection des marques (1). Il ressort de cet échange avec Cyril Frémont que les ayants droits peuvent soumettre au registre une liste de termes (jusqu’à 1 000) correspondant exactement à leurs marques. Les noms en .BEST correspondants sont bloqués (donc inutilisables) pour des périodes initiales de 5 ou de 10 ans. La protection pourra être renouvelée par la suite pour des durées de 1 à 10 ans. Le prix du service n’est pas communiqué.
(1) The .BEST Brand Protection (Interview)
http://www.circleid.com/posts/the_best_brand_protection_interview/

CL (Chili): le registre du .CL annonce accepter tous les registrars ICANN où qu’ils soient basés (1, 2). Un projet pilote lancé en 2016 avait attiré 11 registrars, mais le registre considère vraisemblablement qu’il lui faut passer à l’échelle supérieure.
(1) Chile opens .cl to all ICANN registrars
http://domainincite.com/23809-chile-opens-cl-to-all-icann-registrars
(2) NIC Chile anuncia programa de agentes registradores para .CL
https://www.nic.cl/anuncios/20190107-agentes-registradores.html

CLUB: le registre du .CLUB a annoncé (1) qu’il allait augmenter ses tarifs « registrars » de 1.9 $ sur les trois prochaines années. Celui-ci passera donc de 8.05 $ aujourd’hui à 8.95 $ le 1/07/19, puis à 9.45 $ le 1/07/20, puis à 9.95 $ le 1/07/21. Selon notre source, les dépôts de .CLUB auraient fortement augmenté en 2018 du fait d’une politique de discount en Chine, le registrar Ali Baba proposant des tarifs de 0.44 $. Ce tarif correspond à 5.5% du prix « registrar ». On mesure à quel point les registres sont prêts à tout pour s’assurer une part de ce marché. En ce qui concerne l’augmentation de tarif, celle-ci est symptomatique des temps actuels où les registres les plus performants sont en mesure d’adapter peu à peu leurs niveaux de prix aux réalités du marché. Le tarif cible de 9.45 $ placera le .CLUB dans une fourchette où il restera compétitif par rapport au .COM (qui sur les 6 prochaines années devrait passer à 11.50$). Le mouvement des prix de gros du marché s’oriente donc à la hausse pour un certain nombre d’extensions pouvant considérer leur socle de clientèle comme suffisamment stable pour « décaisser » ces surcoûts sans broncher.
(1) .CLUB announces three years of price increases
http://domainincite.com/23829-club-announces-three-years-of-price-increases

EU (UE) : l’actualité du .EU en ce début d’année est dominée par la perspective du Brexit. Les autorités britanniques ont initié une campagne de sensibilisation auprès des titulaires britanniques de .EU en leur recommandant de migrer vers un… .COM ou (tout de même) un .CO.UK (1). Mais elles ignorent manifestement les graves dommages qu’une migration de ce genre peut causer aux détenteurs d’un nom de domaine si elle est menée trop précipitamment. La « rémanence » d’un nom de domaine augmente avec l’intensité de l’utilisation de celui-ci : liens vers ce nom, marques-pages, habitudes et notoriété, carnets d’adresses pour les adresses emails… La migration d’un nom stratégique ne s’improvise donc pas et doit surtout se concevoir dans la durée. L’échéancier suggéré aujourd’hui en cas d’accord indique que les .EU détenus par des titulaires britanniques cesseraient de fonctionner le 2 mars 2021 et retomberaient dans le domaine public à partir du 1er janvier 2022. Le temps existe donc pour réaliser cette migration en douceur, mais il faut s’y prendre dès à présent.
Eurid pour sa part a mis en place une page dédiée où sont consignées les évolutions des discussions en cours avec la Commission (2). Le 24 janvier, une mise à jour indiquait que la date butoir était le 30 mai 2019 si aucun accord n’était signé pour gérer une période de transition. Michele Neylon propose une synthèse des scénarios possibles (3). Entre autres points d’attention, le fait que même des entreprises et citoyens européens vivant en Grande-Bretagne pourraient perdre leur .EU, dès lors que l’adresse postale est le seul critère (4).
Le sort de nombreuses entreprises utilisant un .EU est donc partiellement suspendu à l’existence ou non d’un accord. Cela étant, le Brexit touche tant d'autres aspects de leurs activités que les noms de domaine risquent de passer en priorité basse, aggravant de ce fait les conséquences de migrations mal conduites. Les articles insistent sur l’aubaine que va représenter pour les domainers la « libération » de nombreux noms (273 000 .EU sont concernés) génériques et/ou à fort trafic.
Sur un autre plan, Eurid indique que son système de prix « discountés » pour la gestion des litiges sous .EU restera en vigueur en 2019 (5). Une statistique montre que les ayants droits ont récupéré les noms litigieux dans 75% des cas en 2018.
(1) UK tells .eu registrants to lawyer up as no-deal Brexit looms
http://domainincite.com/23791-uk-tells-eu-registrants-to-lawyer-up-as-no-deal-brexit-looms
(2) Brexit update on the .eu extension
https://eurid.eu/en/register-a-eu-domain/brexit-notice/
(3) EURid Updates Post-Brexit
http://www.circleid.com/posts/20190124_eurid_updates_post_brexit/
(4) Brexit won’t just affect Brits, .eu registry says
http://domainincite.com/23868-brexit-wont-just-affect-brits-eu-registry-says
(5) Discounted Alternative Dispute Resolution procedure with CAC and WIPO remains in 2019
https://eurid.eu/en/news/discounted-alternative-dispute-resolution-procedure-with-cac-and-wipo-remains-in-2019/

HOMES: nouvelle “relance” d’un nTLD dont les prix, les critères d’éligibilité et le réseau de distribution ont été “toilettés”. On serait même tenté de dire : « éternelle histoire », car ce schéma où les registres croient fonder la valeur ajoutée de leur extension sur des tarifs élevés et des règles d’éligibilité draconiennes ont montré leurs limites. Le raisonnement peut s’avérer légitime dans le « monde réel » mais curieusement, il ne fonctionne pas dans le contexte du marché des noms de domaine. Nous touchons-là à la perception de valeur par les utilisateurs, mais aussi au pouvoir des registrars qui conditionnent en large partie le succès ou l’échec d’un TLD et sont donc à même de dicter leurs préférences en termes de process.
(1) Registry to relaunch .Homes top level domain
https://domainnamewire.com/2019/01/10/registry-to-relaunch-homes-top-level-domain/

IE (Irlande): IEDR, registre du .IE, se félicite d’une augmentation de 30% de ses créations en 2018, le seuil des 50 000 ayant même été dépassé. Il attribue ce succès aux évolutions du système d’enregistrement mises en œuvre en mars 2018. Le .IE Domain Profile Report fournit un grand nombre de statistiques autour de cette extension. Il indique notamment que la grande majorité des titulaires (81%) sont des entreprises, mais que la dynamique de dépôts par les particuliers s’est accentuée après l’assouplissement des règles. Les titulaires restent aujourd’hui très concentrés à Dublin (43% des noms déposés) suivie par Cork et Galway. IEDR souligne (2) un accroissement sensible des dépôts réalisés par des Britanniques, attribuant ce phénomène au Brexit et à la relocalisation de nombreuses entreprises britanniques en Irlande (ce que confirmerait le Irish Passport Service).
(1) New .ie domain registrations jump 30% following registration rule change
https://www.iedr.ie/blog/ie-domain-profile-report-2018/
https://www.iedr.ie/uploads/IE-Domain-Registry-.ie-Domain-Profile-Report-2018.pdf
(2) Brexit boost for Irish domains
http://domainincite.com/23872-brexit-boost-for-irish-domains

NZ (Nouvelle-Zélande) : DomainTools a fait appel de la décision de justice lui interdisant de se servir des données whois du .NZ sans le consentement du registre (1).
(1) DomainTools appeals injunction decision in .NZ case
https://domainnamewire.com/2019/01/17/domaintools-nz-appeal/

SS (Soudan du Sud) : la reconnaissance du Soudan du Sud comme pays indépendant par les Nations-Unies en juillet dernier a remis à l’ordre du jour le projet de création du « .SS ». Cette extension évoquant des souvenirs pénibles en Occident (mais n’ayant évidemment aucune connotation particulière au Soudan du Sud) est le code-pays attribué au pays dans la liste ISO-3166-1. L’ICANN a donné son feu vert à l’insertion du TLD dans la racine le 27 janvier dernier (1, 2).
(1) Nazis rejoice! A TLD for you could be coming soon
http://domainincite.com/23849-nazis-rejoice-a-tld-for-you-could-be-coming-soon
(2) Approved Board Resolutions | Regular Meeting of the ICANN Board
https://www.icann.org/resources/board-material/resolutions-2019-01-27-en

Vendredi 1 Février 2019
Loic Damilaville
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