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Marie-Jean Vinciguerra

Nouvelle toponymie : Attention danger !


L'article de Marie-Jean Vinciguerra a paru dans le magazine Corsica


Nouvelle toponymie : Attention danger !

L’établissement d’une nouvelle signalétique sera bientôt à l’ordre du jour de notre assemblée territoriale.

Paul Colombani a présenté à la presse * un manifeste de mise en garde contre les risques de dérapage qui pourraient menacer ce projet et obtenir des effets contraires à ceux souhaités .

Aussi, qu’il me soit permis d’appeler l’attention de nos compatriotes sur quelques points de nature à mieux éclairer nos choix .

Le débat sur l’intérêt du dédoublement de la signalétique (langue toscane/langue corse) doit se distinguer de la revendication de co-officialité (langue française/ langue corse), même si l’objectif affirmé est, dans les deux cas, de renforcer le statut du corse et de donner plus d’extension à son emploi.

Commençons par dénoncer une idée erronée, celle qui laisserait croire que la toponymie telle qu’elle est établie en Corse, depuis des siècles, serait une toponymie en langue française ! 

Un quarteron de chantres de la « décolonisation », engagés sur cette fausse piste, en a tiré argument pour remplacer « la signalétique en langue française par une signalétique en langue corse »…Or, c’est à peine si l’on peut compter sur les doigts d’une main les noms de lieux en français (Saint-Florent, Ile-Rousse… l’appellation de Tox ?). L’Etat, en préférant la désignation de Montegrosso à la proposition qui lui fut faite, en 1972, de donner à cette nouvelle commune le nom de Saint –Régnier- de- Balagne,  a sonné le glas de cette fausse querelle.

Oui, le code retenu jusqu’ici est bien celui d’une transcription en toscan. Il s’est établi avant même l’occupation génoise. Gênes l’a conservé pendant 5 siècles, Paoli, qui trempait sa plume dans une encre toscane, l’a reconduit, l’administration française, enfin, l’a confirmé.

Les noms de lieux en toscan sont ainsi devenus les sentinelles et les balises de notre plus ancienne mémoire. Le blason de notre histoire. Nous habitons avec fierté nos noms toscans. Ils se confondent avec notre identité profonde . Voudrions-nous changer les patronymes des Alessandri et des Geronimi en ceux de Lisandri e de Ghjilormi ? Nous portons des noms toscans sans nous sentir pour autant colonisés. Enfin, le Dio vi salvi Regina, notre hymne corse, depuis 1735, n’est-il pas écrit en italien ?

Le toscan ne fut pas la langue d’un Etat qui l’aurait imposée par les armes.  Mais, il fut la langue d’une civilisation. Bien loin de nous asservir, il nous a ouvert une magnifique culture qui dépasse les frontières d’un Etat. Supprimer ce code au profit d’une seule appellation locale- souvent sujette à controverse - et au prétexte de mieux traduire notre authenticité, aboutirait au résultat inverse. La graphie toscane rend compte de la richesse de notre histoire. Elle n’en trahit pas la complexité. On y entend en écho les voix du passé. 

Elle présente également l’avantage de ne pas entraver la prononciation du corse. Porto-Vecchio n’empêche pas de prononcer Portivechju. Faisons chanter notre identité dans ce chjam’è risponde !

Passons sur le procès fait au O final des patronymes. Il relève d’une dérisoire chasse aux sorcières.

Enfin, retenir la seule toponymie en langue corse aurait l’inconvénient de «  dérouter » le voyageur étranger au pays et d’isoler davantage notre île. Le contexte économique et social de l’Ile étant ce qu’il est, couper le corse de l’italien serait le condamner à s’étioler et mourir.

Si nous disons non à la suppression du code toscan, nous disons oui à une intelligente transcription in lingua nustrale, de nature à faire encore mieux entendre notre voix et parler le génie du lieu. L’idéal serait que les deux versions soient complémentaires. Cela nécessite encore de la part de nos linguistes beaucoup de travail. Un travail d’orfèvre..

 Gardons le trésor de notre toponymie en langue toscane comme nous gardons nos noms de famille ! Ce qui ne nous empêche pas de jouer sur un dédoublement de la signalétique.

Ce double registre désignera davantage une complétude de notre personnalité plutôt que son dédoublement !

Ainsi, supprimer la signalétique en langue toscane serait plus qu’une erreur : Ce serait une faute !

Dans la fameuse querelle des inscriptions latines sur les monuments, Louis XIV trancha en faveur du français. Il inaugurait de façon symbolique une démarche de rupture avec la culture latine, racine essentielle de la civilisation française. Mais le français était suffisamment vigoureux pour voler de ses propres ailes. Le corse est encore trop fragile pour se priver des sucs de la langue toscane.

L’Histoire a doté la Corse de deux   « armes miraculeuses » : la langue toscane et la langue française. Conservons- les précieusement pour le plus grand bénéfice de notre culture insulaire !

Et cultivons avec la même ferveur, à côté de la langue toscane-la langue de Dante et de Pasquale Paoli - l’expression singulière de notre langue corse !

 

Marie-Jean Vinciguerra

 

 

* rédigé en commun par Paul Colombani, Jean- Claude Casanova, Pascal Marchetti,M-J Vinciguerra Voir corse-matin du 4 octobre 2012


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