A Viva Voce
Alcuni uomini e alcune donne di Corsica, premurosi del rinverdimento della lingua dotta dei nostri antenati hanno deciso di pubblicare questa rivista in lingua italiana. Essa è un nostro retaggio e un puntello per mantenere viva la lingua còrsa.
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Paul Colombani

Sfarente


Que nos lecteurs italiens (et même de nombreuxCorses) ne se laissent pas épouvanter par cet étrange vocable


Sfarente

 

 
Que nos lecteurs italiens (et même de nombreux Corses) ne se laissent pas épouvanter par cet étrange vocable. Il a fait fureur toutes ces dernières années durant lesquelles il était utilisé avec le sens de "differente". Or s'il est vrai que par le passé ce mot existait il est vrai aussi qu'on l'entendait fort peu (dans certains villages uniquement), et il était également peu connu (et même, me dit-on, avec un signification un peu différente, laquelle exactement, je ne saurais le dire, il n'appartient pas au lexique de ma région).

Alors, me direz-vous, pourquoi cet étrange succès? La réponse est à rechercher dans la volonté d'utiliser des termes considérés (à tort ou à raison d'ailleurs) comme plus authentiques, plus corses. En bref, il s'agit de se détacher de l'italien en prenant dans chaque région, dans chaque village le terme qui s'en éloigne le plus, au risque de devenir parfois incompréhensibles. Attitude bien évidemment absurde, contraire, par exemple, a ce qui a été fait en Italie où les écrivains ont pris soin de ne pas recevoir dans la langue, quand il était possible de faire autrement, des formes trop municipales et trop éloignées du latin.
Or on ne peut oublier une tradition latine et humaniste présente dans toutes les langues néolatines, dont le français et l'italien, et que nous avons tous absorbée au moins indirectement. On peut encore moins construire une langue néolatine en accumulant les particularismes.

Je me souviens qu'enfant j'avais inventé un alphabet: j'ai vite fait de l'abandonner, j'étais le seul à l'utiliser. Certains écrivains corses actuels ressemblent à des enfants qui jouent à s'inventer un langage ésotérique et se plaignent ensuite que personne ne le parle. Mais qu'y faire s'il est rebutant pour des gens qui ont entendu parler corse autour d'eux par des parents et des grands-parents dont il était la langue maternelle? Comment peuvent-ils espérer le faire adopter par les nouvelles générations? La vérité est que si Pascal Paoli revenait maintenant et parlait le corse de son époque, on lui ferait le reproche d'être trop "italien", et pas seulement à Paoli, d'ailleurs, mais même simplement à nos grands-parents. Il arrive souvent que l'on doive renoncer à certaines expressions que nous avons entendu utiliser quand nous étions enfants et qui seraient taxées d'étrangères, alors que nous sentons nos cheveux se dresser sur nos têtes en entendant employer des formes qui sont des inventions disgracieuses ou de simples adaptations du français.

Cette folie de fabriquer des mots sans faire référence à l'italien conduit parfois à des créations divertissantes. J'invite mes lecteurs à faire une expérience. Il existe des livres qui comportent des versions en plusieurs langues, parmi lesquelles l'italien et le corse. Qu'ils aillent y voir et qu'ils me disent de quelle langue ils se sentent le plus proches, l'italien ou le néocorse.
Comme si cela ne suffisait pas, ce municipalisme ou provincialisme linguistique ne représente qu'un aspect de ce que nous pouvons définir comme une tendance générale à l'autarcie. Le monde moderne, au contraire, nous oblige à nous ouvrir. Mais cette ouverture n'est souhaitable que si elle se fait en direction de la modernité et non d'aspects archaïques et tiers- mondistes du monde extérieur et la défense de notre particularisme ne sera bénéfique que si elle est solidement ancrée dans une identité évolutive.

Un des aspects les plus négatifs de cette tendance à l'enfermement concerne l'économie. Il se fait aujourd'hui une certaine propagande en faveur d'un étrange concept d'économie identitaire à propos de laquelle on ne réussit pas bien à comprendre ce qu'il en est. Il semble que pour d'aucuns les Corses doivent se contenter d'un certain type d'économie (que l'on nous pardonne de considérer comme arriéré ou tout au moins sans grand avenir) parce qu'entre autres, nous ne serions pas (génétiquement?) faits pour l'économie marchande. On se trouve là en présence d'un cas étrange de déterminisme biologique, valable, à ce qu'il semble, uniquement pour les Corses. Ils seraient les seuls à être prédéterminés et exclus pour toujours du monde moderne. En somme, comme il a été remarqué, le dernier racisme autorisé les concerne. Malheur à qui dirait qu'une tribu amazonienne n'est pas en mesure de donner le jour à brève échéance à une économie californienne. Mais pour les Corses, cela leur est refusé pour toujours. D'ailleurs il est incroyable que l'on puisse écrire tout un volume sur les perspectives économiques de la Corse sans jamais parler des possibilités offertes par l'Italie voisine.

En fait, en flattant les défauts des Corses (vanité, individualisme, sentiment jaloux de leur identité) on risque de les condamner àl'isolement linguistique, culturel et économique. Tout ceci équivaut à court terme à une condamnation à mort. Et pourtant tout le monde sait qu'il n'existe pas d'économie ethnique. Les Corses doivent se secouer et évoluer vers une économie moderne. Mais une économie de ce genre ne se crée pas à partir de rien et ne s'enseigne pas à l'école. Elle s'apprend par osmose, au contact des voisins s'il y en a. Nous, nous les avons: l'Italie centro-septentrionale peut en même temps nous servir de marché et de pédagogue. A son contact nous pourrons apprendre et nous moderniser en conservant notre langue et en plaçant notre évolution dans le prolongement de sa trajectoire historique.

Paul Colombani. A Viva Voce. N°22 (1998).

 
Paul Colombani
11/02/2002

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