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Alcuni uomini e alcune donne di Corsica, premurosi del rinverdimento della lingua dotta dei nostri antenati hanno deciso di pubblicare questa rivista in lingua italiana. Essa è un nostro retaggio e un puntello per mantenere viva la lingua còrsa.
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Paul Colombani

Toponymie


Une proposition délirante


Toponymie
Nous publions une protestation rédigée par Jean-Claude Casanova, Pascal Marchetti, Marie-Jean Vinciguerra et Paul Colombani contre le projet de modification de la toponymie officielle corse de la part de l'Exécutif corse. Ce texte a été remis à Pierre Ghionga, membre de l'exécutif et porteur de la proposition.

Les Corses qui craignent de voir défigurer la physionomie de leur île peuvent envoyer leur adhésion à Marie-Jean Vinciguerra, 15 bd Hyacinthe de Montera. 20200 Bastia.
Vous pouvez également faire art de votre soutien en envoyant un mail à morosaglia@free.fr. Mais le courrier papier est préférable.
Le texte de la protestation est téléchargeable en pdf à partir du fichier ci-joint.
toponymie.pdf Toponymie.pdf  (51.08 Ko)

La question de la toponymie en Corse.
 
 

La toponymie corse fait parfois l'objet de demandes de modification. Un courant de pensée voudrait lui ôter son aspect traditionnel au motif qu'à quelques exceptions près les noms de lieux revêtent une forme italienne qui a été conservée après le passage de la Corse dans l'orbite française. Cela nous paraît extrêment dommageable.
 
 

Nul ne s'oppose évidemment à la double inscription qui figure déjà sur de nombreuses plaques signalétiques corses. Mais la suppression, partielle ou totale, du toponyme traditionnel rencontre nombre d'obstacles théoriques et pratiques.
 
 

Du point de vue théorique il faut bien se rendre compte qu'il s'agirait là d'une rupture avec une tradition multiséculaire. Il est au moins paradoxal qu'au moment où la Corse s'attache à retrouver ses racines on lui inflige un déracinement supplémentaire. Ces toponymes ont été considérés unanimement au cours des siècles comme la forme écrite connue dans toute la Corse, à côté de la prononciation locale qu'elle n'a nullement contrariée.
 
 

Voyons l'argument « colonialiste ». La République de Gênes aurait imposé par la force sa langue à une population corsophone parlant une langue étrangère. Cette interprétation fait fi de toute l'histoire linguistique de l'aire géographique et culturelle italienne. Il convient tout d'abord de remarquer que le parler propre de Gênes, le génois, est bien plus éloigné de l'italien que ne l'est le corse. On se trouve donc en présence d'un colonisateur qui aurait « imposé » au colonisé un idiome plus proche de celui du colonisé que le sien propre. Ce qui ne peut que conduire à s'interroger. En fait, au cours des siècles, dans cette aire géographique, une koinè, une langue de communication, s'est peu à peu imposée aux différents états (et avant les états aux différents usagers), qui l'ont adoptée tour à tour. C'est une langue basée certes sur le toscan (c'est pourquoi on l'appelait toscan), mais pas uniquement, dont l'histoire est relativement complexe. Ce qui est certain c'est qu'elle a été adoptée peu à peu sans conquêtes, que son usage a précédé en Corse la conquête génoise, qu'elle a été considérée comme la leur par les Corses et que son usage a persisté longtemps après que la Corse fut devenue française. Il est certain qu'en raison de la proximité géographique et linguistique elle aurait été adoptée par un hypothétique état Corse indépendant, qu'elle a été celle de la Corse de Paoli et celle du royaume anglo-corse. On doit donc remercier Gênes et la France d'avoir respecté cet état de fait, il serait paradoxal que les Corses eux-mêmes en viennent à renier leur tradition. On peut regretter que Bastia, Corte ou Ajaccio n'aient pas été Florence, mais l'Histoire a parlé, nous sommes ce qu'elle a fait de nous. Remarquons par ailleurs que cette chasse aux italianismes pourrait s'étendre aux patronymes. Va-t-on imposer aux Alessandri de s'appeler Lisandri ?
 
 

L'héritage culturel et linguistique de la Corse, dans ses diverses expressions, représente une valeur de civilisation et l'élément essentiel de notre identité communautaire.Les différents usages et niveaux, ceux frappés par la désuétude et ceux encore vivants, de la langue que nos ancêtres, oralement ou par écrit, ont pratiquée au long des siècles, sont tous également respectables. Nous n'entendons en renier aucun, ni les opposer artificiellement l'un à l'autre. Nous n'accordons aucun crédit à la fable selon laquelle appartiennent à une langue qui nous serait étrangère nos propres noms, ceux de nos villes et de nos villages et de la moindre portion de notre sol, nos ancienne chroniques et nos archives. S'il en était ainsi, nous serions tous des étrangers dans notre propre pays et la connaissance de notre passé nous serait interdite, ce que nous ne pouvons évidemment admettre.
 
 

Mais ces changements risquent également de rencontrer des difficultés pratiques.
 
 

Du point de vue touristique, est-on sûr que des vacanciers habitués à entendre parler de Propriano, Calvi etc. vont les reconnaître lorsqu'on leur parlera de Prubbià, Carbi etc. ? Les Corses eux-mêmes ne s'y retrouveront pas dès que l'on sortira de leur région. Et Ajaccio ? La prononciation française actuelle ne s'explique qu'en raison de la vieille orthographe italienne Ajaccio (au lieu du moderne Aiaccio). Va-t-on demander aux habitants du monde entier de parler d'Aiacciu (prononcé Ayatchou ou Ayaxiou) ville natale de Napoléon ? L'Ajaccienne va-t-elle devenir l'Ayaxienne, les ayaxiens vont-ils chanter « Dans Ayaxiou ville sacrée » ? Sans compter que toute la Corse dit « Aiacciu », mais la forme locale est « Aghjacciu ». Laquelle choisira-ton ?
 
 

Enfin on propose de laisser le choix aux communes qui le désireront de garder leur ancien nom. A-t-on réfléchi à l'hétérogénéité qui en résulterait ? Est-il envisageable que Castellu di Rustinu voisine avec Valle di Rostino, qu'il y ait des San Gavino et des San Gavinu, des Lugo et des Lugu etc. ? Evitons un massacre qui n'aboutirait d'ailleurs qu'à donner à la Corse un aspect sarde. En Sardaigne, une histoire différente en a décidé autrement. La toponymie corse actuelle est le produit de l'Histoire, respectons-la
 
 

 
 
 

 


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