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Affaire Bidault : la page est tournée


Franck Martin


Une manipulation réussie...

L'affaire Bidault est close, dans la peine et la douleur. Hier soir, j'ai perdu un ami. Jacky Bidault en a perdu beaucoup plus.

J'ai toujours peine à croire ce qui s'est passé... La dernière fois que je lui ai parlé, nous avions certes négocié autour d'un désaccord. Courtoisement et sans nullement rompre. Nous nous étions quittés après avoir réaffirmé explicitement une estime mutuelle et une amitié partagée depuis six ans.

Puis il y eut ce jeudi dernier, ce jeudi noir, où j'ai découvert - avec stupéfaction -  ses propos de combat dans la Dépêche, mêlant mensonges, insultes pour l'équipe municipale et venin lancé contre le maire. Propos se terminant par l'annonce qu'il voterait et ferait voter pour l'opposition, opposition qu'il n'excluait pas de rejoindre... Le ciel me tomba sur la tête.

Peut-on aller plus loin dans la provocation ? Oui. Jacky Bidault ouvre le feu sans sommation, plante le couteau dans le dos de ses amis, mais réussit à faire gober qu'il n'était pas l'agresseur... mais une pitoyable victime, sacrifiée sur l'autel de l'union de la gauche !

Sacrifié ? Le mot est à la mode dans l'opposition ! Ce fut le titre de la Dépêche, alors que, tout au contraire d'un sacrifice, j'avais proposé à Jacky Bidault une promotion dans l'ordre du tableau ! Bravo l'artiste, l'impudent camouflage a réussi.

Il va de soi que de le choix délibéré de publier de tels propos rendaient impossible son maintien dans la municipalité.

Impensable que le même homme insulte la municipalité le jeudi, puis, dès le vendredi, commande les services municipaux par délégation du maire puis, le week-end, représente officiellement et auprès du public une municipalité insultée par ses soins !

ll fallait donc clarifier la situation en remplaçant Jacky Bidault par un jeune talent. Clarification portée à l'ordre du jour du conseil municipal, lundi soir. Cela ne s'est pas bien passé. Face à une telle stratégie de provocation, il fut impossible de tourner la page sans cris ni chuchotements.


La triple faute... d'un maire indigné

J'ai commis une triple faute : une faute de casting en allant chercher, en accueillant, en vantant l'homme et l'adjoint, bref en donnant mon amitié à Jacky Bidault.

Une faute de lucidité, aveuglement sentimental qui m'a fait ignorer les avertissements de nombre de ceux qui avaient tôt cerné le personnage. Il a fallu ce jeudi noir pour que mes yeux se dessillent. C'est bien tard, me disent mes copains, que je remercie pour leur soutien exprimé, hier soir.

La troisième faute est d'avoir manqué de maîtrise durant la séance du conseil municipal. Par mes parents, j'ai été élevé dans l'horreur du mensonge. Le mensonge me met hors de moi, m'indigne excessivement, au point de me laisser emporter par la colère, toujours mauvaise conseillère.

Une faute de plus...

Tous les "pros" de la communication le savent : en public, il ne faut jamais s'emporter si l'objet de votre colère est physiquement présent dans la salle. Le public s'identifie à l'objet de votre colère et prend peur, inconsciemment, d'être visé à son tour par l'homme en colère. Le public s'apitoie sur le plus faible et, comme en Coupe de France de football, prend parti pour le «petit» contre le «grand» !

Ainsi, quelle que soit l'impudence du mensonge proféré, votre indignation, habilement provoquée par la mise en scène de l'affabulateur, masque la vérité de vos propos, la sincérité de votre colère.

Je ne me fais donc aucune illusion.

Pendant quelques semaines, celui qui a trompé passera pour homme d'honneur, celui qui négociait un poste de premier adjoint comme un marchand de tapis passera pour Monsieur Propre, celui qui a trahi son équipe et l'a insulté dans la presse passera pour un homme digne et courageux.

Une pauvre victime du grand méchant maire. Un martyr de la politique. Allons donc... Un opportuniste banal.



Un silence qui en dit long

Je nourris ma vie à de bonnes sources : Zola, Hugo, Jaurès. Il m'ont appris qu'à la longue, la vérité finit par se faire jour. Dans la houle et le tumulte du conseil municipal, j'ai quand même réussi à poser trois questions à laquelle un simple oui, un simple non suffisaient à répondre ?

1 / Avant ce jeudi noir, n'ai-je pas toujours soutenu mon adjoint, vantant son travail et l'assurant de mon estime et de mon affection ? A sa demande, lui ai-je proposé une promotion dans l'ordre du tableau, sous la menace de son départ ?

2 / Ne m'a t-il pas répondu " Je veux être premier adjoint, je veux une vice-présidence à la CASE. Si je n'ai pas cette "compensation", je quitte l'équipe"

3 / Est-ce là le "sacrifice" dont parle la presse ? Sinon, en quoi consiste ce prétendu sacrifice ?

Une réponse honnête à ces questions aurait dessiné une autre image... Une réponse vraie aurait décrit un tout autre scénario.
Son refus de répondre est un triple aveu : le germe d'une vérité qui finira par éclore... si tant est que cette péripétie nauséabonde intéresse quiconque après les élections !



Jacky Bidault n'est ni un martyr, ni Saint Sébastien ! Juste un politicien opportuniste. Il voulait être premier adjoint et vice président de la CASE. J'ai dit non, il va chercher ailleurs... Bon vent !
Jacky Bidault n'est ni un martyr, ni Saint Sébastien ! Juste un politicien opportuniste. Il voulait être premier adjoint et vice président de la CASE. J'ai dit non, il va chercher ailleurs... Bon vent !
Toute l'affaire Bidault est là : un manipulateur, dont l'ambition est déçue, claque la porte, crache dans la soupe et sur ses amis. C'est tristement banal. Mais en période électorale, un pauvre adjoint "sacrifié" c'est pain bénit pour l'opposition.

Le Crucifié de la mairie sera-t-il pour autant accueilli comme le Messie ?

J'en doute. Certes, l'opposition fera tout pour exploiter cet incident, gonfler cette affaire dérisoire. Mais mais je suis convaincu qu'à l'avenir aucun responsable politique sérieux ne confiera de vraie responsabilité à un politicien aussi peu fiable que versatile. Et son poids politique est infiniment plus petit que son ego ! Bref, il s'est grillé.

Son vrai visage fera surface sous le masque du Crucifié. Qui trahit un jour trahit toujours. Pour moi, la page est tournée. Le conseil municipal l'a remplacé par un jeune adjoint de talent : Axel Daché. N'en parlons plus.



Mais on peut lire aussi Café Radical  : « Jacky, tu vas trop loin »




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