Élisabeth Borne, éloge du sérieux républicain


Franck Martin

Elle publie un livre, quitte la direction de Renaissance, crée son propre mouvement.

Autant l'avouer d'emblée : j'éprouve respect et admiration pour Elisabeth Borne. Sa force de caractère, son intelligence supérieure, son intégrité n'ont été et ne seront jamais au service d'une ambition médiocre ou d'un narcissisme trop courant.

Son intransigeance sur la défense de l'Etat de Droit et des institutions républicaines ont été illustrée par sa loyauté vis-à-vis du chef de l'Etat, une attitude de grande serviteur.e de l'Etat, et d'une femme d'Etat intraitable sur le respect de la Constitution et la défense des valeurs républicaines.

Quoi qu'elle ait pu penser de la mission commandée par Jupiter : faire passer une réforme économiquement crédible, mais socialement injuste, elle a fait le job.

C'est dit !



Élisabeth Borne, éloge du sérieux républicain

Une hauteur de vue et un sens du possible rares.


C'est dit et j'entends déjà les hurlements de la meute des trolls aux œillères bornées :

« Elle est de droite ! Tu trahis la gauche »
« Tu oublies la réforme des retraites ! »
Aboiements sans intérêt, réflexes de chiens de Pavlov lobotomisés. 

Pour m'en abstraire, je cours acheter le livre d'Elisabeth Borne « Réveillons-nous ».

Je suis certain d'y trouver une hauteur de vue et un sens du possible rares. Loin de la vacuité d'un Bardella ou du narcisso-populisme d'un Attal.

 

Elisabeth Borne y propose une ligne, un cap, une méthode. C'est un appel à un « rassemblement républicain et démocrate » Tiens, tiens... J'en connais d'autres... Mais elle ne sera pas, dit-elle aujourd'hui, candidate à l'élection présidentielle.

 

Dans ce livre, elle défend la proposition que la gauche a été incapable d'offrir comme débouché politique au plus puissant mouvement social que la France ait connu.

 La retraite à points, économiquement crédible, socialement juste et soutenue depuis longtemps par le premier syndicat de France, la CFDT.


Le sérieux républicain
Le sérieux républicain

Une ligne, un cap, une méthode

Élisabeth Borne n’a jamais appartenu à la politique des effets de manche.


Polytechnicienne, haute fonctionnaire, préfète, ancienne patronne de la RATP, ministre des Transports, du Travail, puis Première ministre, elle incarne une tradition : celle de l’État qui travaille, qui connaît les dossiers, qui préfère la solidité des réformes au tumulte des slogans. 


Avec Réveillons-nous ! publié chez Robert Laffont, elle ne se contente pas de solder un passé gouvernemental. Elle propose une ligne, un cap, une méthode.

Son appel à un « rassemblement républicain et démocrate » affirme une conviction simple mais forte : la France peut encore se réformer sans se renier, regarder les difficultés en face sans céder aux outrances. 


Dans un paysage politique saturé de postures et d’invectives, elle rappelle qu’il existe encore une place pour la compétence, la responsabilité et le courage tranquille. 


Critique du pouvoir solitaire de Macron et des positions de Gabriel Attal.

Elisabeth Borne a aussi des critiques envers celui qui a été son Président pendant un an et demi, Emmanuel Macron. Dans son livre, l'ancienne Première ministre, qui a fait passer des budgets et la réforme des retraites à coup de "49.3" dénonce « une pratique du pouvoir inadaptée » 

« Je suis contre un pouvoir solitaire et un peu vertical », explique-t-elle sur France Inter.  J'ai gouverné en majorité relative. Tous mes successeurs, en tout cas ceux qui ont eu à faire passer un budget, ont dû recourir au 49.3, parce que ça fait partie des règles dans notre cinquième République », se défend la députée du Calvados.

Hier, sur les ondes de France-Inter ( vidéo ci-dessous ), Visant les récents propos Gabriel Attal, elle martèle « que l'on peut protéger notre pays dans le respect du droit international ».  Elle ne supporte pas que le dirigeant de Renaissance critique le Conseil constitutionnel, déclare que la Constitution est un carcan. Elle est convaincue que l'on peut protéger les Français sans porter atteinte à l'Etat de droit ni céder à la tentation de contourner la Constitution.


De la gauche réformiste à la droite modérée

Elle propose « d'introduire une dose de proportionnelle » « un impôt minimal de 15 %" sur les personnes les plus aisées et la création d'un ministère de l'Immigration et de l'Intégration. »

 En lançant son mouvement "Bâtissons ensemble", tout en prenant ses distances avec la direction de Renaissance, Élisabeth Borne tente d’ouvrir un chemin central, exigeant, allant de la gauche réformiste à la droite modérée.

Dans un paysage politique saturé de postures et d’invectives, elle rappelle qu’il existe encore une place pour la compétence, la responsabilité et le courage tranquille. 



Jeudi 7 Mai 2026

Franck Martin