Franck Martin, le retour ?


Franck Martin


Je fais

Nous vivons une période dramatique. Dans le monde entier, les régimes démocratiques s'effondrent sous les coups de boutoir du populisme. En France, la République est en danger. Lors de l'élection présidentielle de 2027, notre pays risque de basculer à son tour, entraînant l'Europe dans sa dérive.
Je vis douloureusement cette situation.
Comparaison n'est pas raison, mais il m'arrive de me réveiller dans la peau d'un démocrate allemand durant les années 30, assistant dans la souffrance à la résistible ascension du nazisme.
Souffrance de l'impuissance à trouver les mots pour défendre la République de Weimar.
Chacun fait ce qu'il peut de son temps et de son âme.
J'ai donc décidé de sortir du silence pour faire le peu que je peux faire : écrire, parler publiquement.
Comme le petit colibri de la fable, je sais que la goutte d'eau que je transporte n'éteindra pas l'incendie mondial.
Mais je ne suis pas seul, loin de là.
Je m'inscris dans une histoire collective. J'espère participer, avec mes colistières et colistiers, avec tous ceux qui prendre à la défense de la République, dans le cadre de cette élection.
Ce qui nous rassemble est la certitude, énoncée par John Stuart Mill que
 « Tout ce qui est nécessaire pour le triomphe du mal, c'est que les hommes de bien ne fassent rien ».
De surcroit, l'élection sénatoriale est un champ de bataille essentiel pour qui veut défendre la République. Pour deux raisons.


Les démocraties dites illibérales ne sont pas des démocraties, même s'il arrivent au pouvoir par les urnes, comme Trump, Orban, Mussolini et Hitler.
N'oublions pas qu'à l'instar de Trump et de Poutine les néo-bonapartistes d'aujourd'hui utilisent le suffrage universel lorsqu'il leur est favorable, il y a des élections en Russie, n'hésitent pas à nier le résultat des élections lorsqu'il est défavorable. Le populiste Trump  cohérent lorsqu'il lance ses partisans à l'assaut du Capitole pour empêcher le pouvoir législatif de valider sa défaite électorale.
Le point commun de ces élus populistes est de s'attaquer à la structure institutionnelle de la véritable démocratie, en utilisant le pouvoir exécutif pour s'affranchir des contre-pouvoirs, des remparts contre l'arbitraire que les démocrates ont mis des siècles, depuis Montesquieu, à fortifier pour protéger les minorités et les libertés individuelles. 

Nous sommes en France, en 2026...

Précisément. L'orage monte à l'horizon. La vie politique française est sur-déterminée par l'élection présidentielle de 2027. Elle sera décisive pour sauver la République. Le Pen et Mélenchon, ne cachent pas leurs volonté, en cas de victoire, de changer la règle du jeu, de bouleverser la Constitution de la Vème République, d'aller vers une 6ème République. 
En France, il a fallu 3 républiques et 5 constitutions pour enraciner et stabiliser notre modèle républicain. La République est menacée. Elle est menacée par 2 populismes celui de Le Pen et celui de Mélenchon. Ils ne sont pas de même origine, mais ils jouent sur la même chanson populiste : le seul combat politique, c'est le peuple contre les élites. Comme il n'y a qu'un seul peuple, disent les 2 compères, j'en suis la seule voix légitime. Une fois élu, je détruirais les contre pouvoirs institutionnels, les élites, les opinions contraires  à la volonté populaire dont je suis le seul représentant. 
Bref, un seul peuple, dans un Etat tout puissant, dirigé par une femme ou un homme à poigne. Ein Reich, ein Volk, ein Fuhrer.
 

Vous n'exagérez pas un peu ?

Voyez ce que fait Trump dans ce qui fut naguère la plus grande démocratie du monde !
Création d'une milice ultra-violente, l'ICE,  responsable de 19 meurtres qui resteront impunis, pour traquer détenir dans des conditions atroces et expulser les familles de sans papiers sans qu'ils puissent exercer leurs droits de recours. 
Après avoir affirmé que le rôle de l'armée était de lutter contre "l'ennemi intérieur" envoi de l'armée ( Garde nationale ) dans les grandes villes dirigées par des élus démocrates pour y "maintenir l'ordre". Répétition inavouée d'un coup d'Etat si les élections sont défavorables à un président qui laisse entendre qu'il briguera un 3eme mandat ?
Mise au pas des universités dont les études scientifiques contredisent le climato-scepticisme du président, suppression des agences gouvernementales suspectées de wokisme, censure des mots utilisés dans toute l'administration, purges massive de fonctionnaires supposés politiquement déloyaux.
Pour minorer le poids électoral des minorités noires et latinosCharcutage des circonscriptions électorale, suppression du vote par correspondance , contournement des avis de la Cour Suprême qu'il a pourtant noyauté, le ministère de la Justice qui multiplie les procès politiques contre les opposants, nomination d'un ministre de la Santé antivax qui annule l'administration de vaccins contre la rougeole contre tous les avis des professionnels de la Santé...

Vous n'éxagèrer pas un peu

Non. Le populisme séduit bien au delà de ses partisans déclarés. Son succès se mesure aux attaques démagogiques portées contre le prétendu "gouvernement" des juges va jusqu'à remettre en cause le Conseil constitutionnel, clé de voûte des institutions républicaines. 
Je ne prévois pas plus d'un an de gouvernement Le Pen pour qu'à la suite d'un attentat terroriste ( Provoqué ? Remember l'attentat du Reichstag ) ou de l'émotion mise en scène après un crime pédophile, un référendum ne rétablisse la peine de mort. Sans parler du référendum à prévoir sur l'immigration ou le port du voile. 
A gauche, n'oublions pas le référendum révocatoire, par lequel Mélenchon voulait destituer un Président normalement élu. Je parierais plutôt pour la "socialisation" des médias...

Vendredi 21 Août 2026

Franck Martin