On ne trie pas les cadavres


Franck Martin

Si un enfant se noie sous vos yeux, vous lui tendrez la main, n'est-ce pas ? A moins d'être un ignoble salaud, on ne discute pas le principe de sauvetage en mer, gravé dans le marbre du droit international.

J'enrage de voir mon pays, par lâcheté politicienne, fouler au pied les obligations de la morale et du droit. Mais lorsque l'Etat faillit, les citoyens doivent agir.

Faites comme moi : un don à SOS Mediterranée, pour que nul ne meure au large ou sur les plages d'Europe.

L'Aquarius ne sauve pas seulement des vies, mais l'honneur et la dignité de notre pays, bafoués par la lâcheté d'un Gérard Collomb...

SOS Méditerranée http://www.sosmediterranee.fr/


Tout être humain en danger doit-être secouru

Maud Veith est photographe à bord de l'Aquarius. Voici la photo qu'elle a choisi de partager
Maud Veith est photographe à bord de l'Aquarius. Voici la photo qu'elle a choisi de partager
Quand des gens se noient, on les sauve. Point final. Fin de la discussion, immorale par essence. Pour les gens de mer, le sauvetage est une valeur morale indiscutable, universellement connue depuis la bulle du pape Pie V de 1586...

On dira que les papes ont fait beaucoup de bulles pour rien, mais celle-ci ne faisait qu'exprimer un principe immémorial du droit maritime, tout imprégné de l'esprit de solidarité des gens de mer.

Le droit international a formalisé et étendu ce principe de solidarité en instituant des obligations pour les capitaines de navire et surtout pour les Etats côtiers. ( lire plus loin )

A moins d'être un salaud, on ne discute pas l'obligation collective du sauvetage en mer, on l'aide, on l'encourage. Et si on a le pouvoir, on l'organise !


 

On ne trie pas les cadavres...

Il est insupportable que l'Etat français foule aux pieds le droit international, se rende coupable de non-assistance à personne en danger et mette des bouts dans l'hélice  - pardon, des bâtons dans les roues, pour les non-navigants - de l'Aquarius, de son magnifique équipage et des armateurs ( bénévoles ! ) qui font don de leur temps et/ou de leur argent pour l'immense devoir de secourir leur prochain.

Un Rainbow Warrior, ça suffit !

Il est révoltant de voir des barbares mélanger des problèmes, qui, pour être liés, ne sont pas moins radicalement différents : le sauvetage des hommes, le droit d'asile et l'accueil des migrants.

Certes, on peut discuter, faire évoluer la politique de l'immigration, qui a souvent varié. A condition de sauver les vies d'abord et de sanctuariser le droit d'asile...

Une fois secourus, soignés, remis aux autorités du pays riverain, il est évidemment nécessaire que les services de l'Etat ( ou de l'Union européenne... rêvons un peu) étudient la situation de chaque migrant et de sa famille.

Un sale boulot. Faut-il faire la part du feu ? Avoir peur d'une France divisée entre intolérance et solidarité ? Peut-on se passer de faire le tri entre réfugiés qui fuient la guerre et réfugiés qui fuient la misère ?

Je déplore que la France n'accorde pas droit de séjour à tous les migrants. Mais au moins, ces familles ont échappé à la noyade. Aussi difficile que soit leur vie à venir, les réfugiés que l'on trie dans les centres de rétention sont vivants. On ne trie pas les cadavres.


Ce qui dit le droit...

La Convention de Montego Bay prévoit que les Etats côtiers doivent participer au sauvetage par la création d’un service de sauvetage et également collaborer en la matière avec leurs Etats voisins.

Cette disposition est corroborée par la Convention SOLAS qui précise que les Etats ont l’obligation de prendre des mesures dans leurs zones de responsabilité. Cela concerne notamment l’établissement de moyens de communication, de détection, ainsi que la mise en œuvre de matériel de sauvetage.

Enfin, la Convention recherche et sauvetage dite « SAR » consacrée spécifiquement aux opérations de secours en mer dispose que les Etats « s’assurent qu’une assistance est fournie à toute personne en mer » .

. Enfin, la Convention SAR prévoit également que les Etats doivent assurer les premiers soins médicaux aux naufragés ainsi que les mettre dans un lieu sûr.

Il est clair que la France, en Méditerranée, ne respecte pas le droit international.

Sauvons des vies, aidons...

Clairement, la France ne répond pas aux obligations du droit international, de la morale universelle des droits de l'homme.

Les bénévoles de l'Aquarius ne sauvent pas seulement des vies, ils sauvent notre dignité. Aidons-les... Ils sont dignes d'un don... Cliquons...

 


Jeudi 13 Septembre 2018


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