Privatisation du cinéma (1/3) : le bras de fer se termine en marché de dupes

Le Tabarly du Grand Forum roule dans la farine le Gribouille de la mairie


Franck Martin

A Louviers, la vie du cinéma local n'a jamais été un fleuve tranquille.

Médusés, nous venons de vivre deux épisodes d'une saga dont le tournage a commencé... avant la municipalité Fromentin, lors de la fermeture de l'Eden et du Normandy.

Cette fois, après «L'été meurtrier», François-Xavier et Jean-Edouard nous ont joué «Le Corniaud».

Votée au dernier conseil municipal, la privatisation du cinéma municipal s'avère une affaire en or pour Jean-Edouard Criquioche et une lourde perte pour la Ville.

Dans ce marché de dupes, le maire de Louviers n'a pas pesé lourd face à l'exploitant du cinéma.

Le Tabarly du Grand Forum a roulé dans la farine le Gribouille de la mairie.


Jean Edouard Criquioche, amoureux du septième art et... redoutable bussinessman
Jean Edouard Criquioche, amoureux du septième art et... redoutable bussinessman
« Ah ! Il m'épate, il m'épate, il m'épate... » serinait Louis de Funès. Dans un film où le péquenot normand finissait par plumer l'arrogant Parisien. Epatant, Jean-Edouard ?

Sa forte personnalité l'a imposé comme acteur de premier plan sur la scène culturelle, capable de porter des  projets ambitieux, des partenariats de grande envergure.

J'ai toujours éprouvé de l'admiration pour ce cinéphile averti, cet homme d'affaires avisé, cet entrepreneur à succès parti de rien, ce marin d'exception aussi, capable de décrocher une 7ème place dans la Route du Rhum, première place amateur.

Fonceur, créatif, toujours en mouvement,  l'exploitant du cinéma de Louviers aura toujours un projet d'avance au service de sa passion pour le septième art.

Cette fois, Jean-Edouard a fait très, très fort !

A l'issue d'un marché de dupes, il se retrouve propriétaire des 4 salles du cinéma municipal et du terrain attenant.

Dans un montage financier où l'apport de la mairie est supérieur à son propre apport.  Autant dire qu'il devient propriétaire... gratuitement.  Avec, en prime, un bonus pour financer la construction d'une nouvelle salle.

Un deal super-gagnant pour le privé... super-perdant pour la Ville, qui perd sur tous les tableaux !

Le Tabarly du Grand Forum empoche toutes les manches de la régate, un match-racing avec le maire qu'il a dominé de la tête et des épaules.

Comme toujours, Jean-Edouard a foncé Pleine Balle ! pour larguer, sans peine, un élu incapable de suivre son sillage, incapable de défendre les intérêts de la Ville dans une négociation avec plus malin que lui.

*Pleine Balle ! est le titre du livre autobiographique écrit par Jean-Edouard Criquioche ( ci-contre )
 

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«L'été meurtrier» ou «Règlement de comptes à OK Corral»

Cet été à Louviers, entre le maire et l'exploitant du cinéma, « Règlement de comptes à OK Corral » tenait le haut de l'affiche. Par presse interposée, une bagarre en «cinq colonnes à la une» faisait le feuilleton de l'été.

Tout a commencé par un motif dérisoire : une panne d'électricité.

Dans l'urgence, pour éviter l'interruption des séances, le gestionnaire du cinéma  fait réparer et paie de ses deniers la réparation du transformateur électrique alimentant l'équipement municipal.

Ensuite, il présente la facture au maire qui refuse de payer la réparation.

Menaces, bluff, chantage...

Pour un transformateur en panne, l'ambiance était plus qu'électrique : haute tension entre le maire et l'exploitant.

La légendaire mesquinerie d'un maire, surnommé "Bout d'chandelle" par nombre d'employés municipaux qu'il prive des moyens de bien travailler; son tout aussi légendaire entêtement enveniment la querelle au point de remettre en cause la convention d'exploitation du Grand Forum !

Pour ne pas payer la réparation d'un transformateur en panne, il donne tout le bâtiment !

Comme Gribouille, qui sautait dans la rivière pour éviter les gouttes de pluie !



Le Gribouille de la mairie, qui saute dans la rivière pour éviter les gouttes de pluie
Le Gribouille de la mairie, qui saute dans la rivière pour éviter les gouttes de pluie

Depuis l'arrivée de la droite, plus de projet, plus d'ambition culturelle pour Louviers

Priollaud tentera de se justifier en disant que c'était le prix à payer pour que le cinéma continue à vivre à Louviers.

Mais avant lui et ses querelles d'Harpagon, le cinéma vivait très bien à Louviers ! 

Depuis la création de la salle de cinéma-théâtre, Le Grand Forum avait augmenté sa fréquentation jusqu'à devenir le premier cinéma indépendant de Haute-Normandie.

Grâce au soutien financier de la Ville, le cinéma de Louviers a été le premier cinéma de Normandie à proposer aux spectateurs la qualité de projection numérique.

Sous l'impulsion de Smaïl Chibane, conseiller municipal délégué à l'action culturelle, le Ciné d'Or pour les seniors, le Ciné-Club pour les esthètes et de nombreuses animations co-produites par la Ville et l'exploitant. Que vont-elles devenir ? Mystère. Tout est à craindre.

Aujourd'hui, la Ville se retrouve en charge de la grande salle de cinéma-théâtre, dont elle ne sait, visiblement, que faire... en l'absence de tout projet culturel cohérent.

Pleine Balle ! C'est la devise de Jean-Edouard et le titre du livre qu'il a écrit.
Pleine Balle ! C'est la devise de Jean-Edouard et le titre du livre qu'il a écrit.

Le plus grave n'est pas de brader le patrimoine...

Cette privatisation est typique de l'incompétence de Priollaud : on brade les équipements publics ( Moulin de Bigars, école Jules Ferry ) parce qu'on ne sait quoi en faire.

Comme tous les ringards de la droite conservatrice, Priollaud  considère que la culture est une dépense inutile.

Il casse un partenariat innovant. Il rabougrit les moyens des équipements que nous avons créé ( gare aux musiques, Moulin, théâtre, ludothèque ). Il réduit les subventions à tous les acteurs de la culture à Louviers.

Sa conception de l'action culturelle publique est aussi ringarde qu'élitiste et méprisante : considérant que la province est un désert, il fait venir à Louviers son petit réseau privé.

On a déjà donné : Odile Proust et son réseau nous ont infligé le « musée Wakhévitch », cet énorme gaspillage... qui  avait fait de Louviers, la risée des acteurs de l'action culturelle publique et de la culture populaire. Un musée parce qu'Odile Proust fréquentait le salon de la veuve Trauner !

Sans gêne, Priollaud, sans orientation ni projet d'ensemble, mais au coup par coup, fait venir la pièce de théâtre du cousin de Madame. Organise un concert, entre soi et soi, avec des copains pianistes venus de Paris.

Il a roulé le maire dans la farine, mais aux dépens du contribuable !
Il a roulé le maire dans la farine, mais aux dépens du contribuable !

« Dans un village, le folklore suffit aux villageois » pense le maire

Comme tous les élus qui savent de quoi ils parlent, j'avais fixé à Louviers une règle claire : les élus ne doivent pas se mêler de la programmation des équipements culturels ni de l'achat des œuvres d'art. Et surtout pas avec leur goût personnel ou leurs amitiés.

Leur rôle reste capital : donner le cap à la politique culturelle, fixer les grandes orientations, définir les publics prioritaires, construire les équipements et les faire fonctionner avec du personnel compétent.

Seuls les professionnels de la culture ont la connaissance des tendances artistiques, le carnet d'adresses national et international pour programmer ou acheter les œuvres qui cadrent avec les orientations données par les élus.

Las... Pour Priollaud « Louviers est un village » . Pour lui, dans les villages, pas besoin de culture populaire de qualité : le folklore suffit aux villageois.


Jeudi 28 Mars 2019


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